CHAPITRE I
La vingtième satrapie, celle de l’Inde, payait 360 talents d’or ou euboïques. Pour faire l'addition générale, l’historien réduit ces diverses sommes en talents euboïques d’argent dans la proportion, dit-il, de 60 mines babyloniennes pour 70 mines euboïques et de 1 : 13 pour le rapport de l’or à l’argent. Il trouve alors un total de 9,540 talents euboïques pour le tribut payé en argent, et de 4,680 pour la valeur du tribut payé en or, en tout 14,560. 11 y a évidemment dans ce compte au moins deux erreurs, une de copiste et l’autre de calcul. Ce qui se rapporte au tribut payé en or est exact, car 3G0 x 13 = 4,680; mais il n’en est pas de même de la seconde addition. D'abord, ou bien il faut lire 14,320 au lieu de 14,560 }MÂTK au lieu de MÂ<t>î] ou bien dans le premier chiffre mettre 9,880 au lieu de 9,540 iënn au lieu de 0<J>Mj. Ce dernier changement, qui est bien plus facile à admettre et à comprendre, se trouve déjà dans un des manuscrits d’Hérodote, probablement par suite d’une rectification faite à une époque postérieure. Secondement, 60 mines babyloniennes ne peuvent pas égaler 70 mines euboïques, si 7,600 talents babyloniens valent 9,540 ou 9,880 talents euboïques. En effet, ou bien 60 = 70, et dans ce cas 7,600 talents babyloniens égalent 8,866 2/3 talents euboïques, ou bien 7,600 = 9,540, alors 60 mines babyloniennes égalent 75 6/19 mines euboïques, ou bien enfin 7,600 = 9,8SO, alors 60 mines babyloniennes égalent 78 mines euboïques. La seule rectification possible est donc dans la dernière proportion : d’abord Hérodote en écrivant v* ôfc B?6oXûvtov TiXavrov Sivïwi eù6o(8*< ISSo^.iJxovxs |ms< a sans doute voulu
porte en compte 7,740 talents d'argent au lieu de 7,600, le problème n’en sera pas résolu pour cela d'une manière plus satisfaisante.
Examen de ce texte.
INTRODUCTION HISTORIQUE
Etflllf AtiOQ do
l'erreur apparente d'Ilcrodote.
exprimer une simple proportion; ensuite nous avons: 7,000 : 9,880 :: 60 : 78 , et l’évidence des chiffres nous amène à remplacer 70 par 78; il semble donc inutile de chercher une autre correction. En effet, si nous essayons, par exemple, de substituer 80 à 70, il faudrait faire subir au texte un troisième changement, éliminer 190 talents d’une des sommes partielles afin d’arriver àun total de 7,410 au lieu de 7,000. Nous nous contenterons donc de chercher comment on peut expliquer cette singulière proportion 60 = 78 au lieu de cette autre 00 = 80, qui se trouve de fait dans les monnaies perses.
Le poids du talent d’or des Perses (ou comme on le nommait en Grèce, du talent euboïque), était dans l’origine, et nous en verrons la preuve plus loin, tout à fait semblable à celui du talent attique. Peu de temps avant l’époque d’Hérodote, ce dernier fut un peu augmenté, de sorte que 78 drachmes athéniennes égalèrent, en poids, 80 drachmes perses d’or ou 00 drachmes perses d’argent.
Malgré ce changement, la force de l’habitude ayant fait conserver l’usage de l’ancienne expression , le talent alti- </ue s’appelait toujours talent euboique, et l’on continuait à regarder la drachme d’or perse comme valaut une drachme d’or attique. Hérodote, qui ne se pique pas dans ces sortes de choses d'une exactitude par trop rigoureuse, a, sans doute par inadvertance, évalué la proportion existant entre les monnaies perses d’or et celles d'argent d’après la valeur qu’on leur donnait habituellement à Athènes en drachmes attiques, et non telle qu’elle existait en Perse. Il en est résulté que, d’après lui, 60 dariques d’argent égalent 78 drachmes attiques d’argent, et une darique d’argent égale 1 drachme 3/10. Au reste, cette évaluation est moins éloignée du rapport exact du sicle avec la drachme