‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 20 sur 255 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Ainsi tous les auteurs se trouvent d'accord, excepté Festus, dont le texte a probablement été altéré; le passage dans lequel il évalue le talent euboïque tantôt en cistophores, tantôt en deniers , semble d’ailleurs se rapporter à un tout autre ordre d’idées et n’infirme en rien les résultats que nous avons obtenus.

11 reste donc acquis à la science, d’une part, que le talent euboiqw des Grecs est bien l’antique talent d’or asiatique pesant sur le pied des dariques 25080 gr., et d’autre part, que l'on donnait anciennement le même nom au talent attique qui pesait en réalité 26190*', 3. Nous pouvons supposer que ce nom lui venait de ce que les Grecs du continent l’avaient reçu des Chalcidiens de l’ile d’Eubée (1) .

Les Grecs comptent bien plus rarement par talents babyloniens, et de fait nous ne trouvons ce poids positivement mentionné que deux fois dans leurs auteurs, et toujours à l’occasion de l’histoire des Perses : d’abord dans le passage d’Hérodote, dont nous venons de parler, et dans Élien (2) , à propos des présents offerts aux ambassadeurs étrangers par le roi de Perse, qui donnait, dit-il, à chacun d’eux un talent babylonien d’argent monnayé. On remarque que chaque fois qu’ils en font mention ces auteurs ont eu soin de donner des explications qui prouvent que le talent babylonien était resté

(1) C’est avec raison que M. Itackb ( Sletral. tinter s. , p. 104 et sulv.) considère le talent euboïque comme un poids d’or fort ancien et d’origine orientale. Le roi Phldon aurait, d’après une tradition fabuleuse, frappe les premières monnaies d’or dans le petit endroit de l’Argolide nommé Buboea, ce qui tendrait i prouver une fois de plus que ce poids était dans l’origine un poids d’or; quant à l’évaluation, la valeur de 6>',06t ( = 114 I/O grains) qu'il propose de donner à la drachme euboïque, n’est confirmée ni par le poids réel des monnaies perses ni par les historiens. — Compares la note 2 de la page suivante,

(2) Fur. Ilitl., I, 22.

Conclusion.

Le

talent babylonien presque Inconnu aux Grecs.

I INTRODUCTION 11 I8T0R IQUK .

étranger à la Grèce ou du moins qu’il y était d'un usage fort ■ valeur. restreint. Nous avons vu que c'est par suite d’une erreur de copiste, que le texte d’Hérodote l’évalue à 70 mines au lieu de 78. Pollux (1 ) , ou peut-être un autre grammairien plus ancien que lui, appuyé sur cette fausse donnée et partant du principe que la mine attique et la mine euboîque sont parfaitement identiques, a trouvé que le talent babylonien valait 70 mines attiques, c’est-à-dire 7,000 drachmes attiques. Quant à Élien, qui évalue ce talent à 72 mines attiques, son erreur vient probablement de ce que dans les habitudes de la vie on comptait en compte rond 6 drachmes au lieu de 6 drachmes 2/5 attiques pour 5 dariques d’argent. Cette différence, imperceptible pour les petites sommes, n’est pas sans importance pour les sommes plus considérables, et conduit, comme on le voit, à un faux résultat. De même si l’on calculait d’après Xénophon la darique d’argent à 7 oboles 1/2, on arriverait à 75 mines attiques par talent, ce qui est à peu près aussi inexact (2).

(I) IX, 88. Il est évident qu’il s'nppuic principalement sur Hérodote.

(J) Dieckh (ïAi'rf., p. 104 et sulv. ) évalue la drachme de Babylone à 7«*,Î8 (=134 grains), mais son opinion nous semble manquer de fondement. Ce poids ne peut s’appliquer 3 aucune des monnaies des rois de Perse que nous con naissons; celles qui portent des inscriptions araméennes et dont le poids s'accorde avec celui-ci n'ont jamais pu être frappées par les rois de Perse, comme l'a fort bien démontré M. Bcrckh lui-même, pour l’époque des Séleucidcs (p. CS et sulv.). Supposer que ces pièces sont des dariques d'argent do poids réduit ( Bu'ckli, p. 50), me semblerait une explication forcée, quand bien meme il ne serait pas facile d'en trouver une autre plus satisfaisante. Il est également impossible d'arriver 4 ce résultat d'après le texte des auteurs. Bœckh, d'après Pollux et Ëllen , évalue le talent attique à 70 ou 72 mines attiques, il suppose que cette valeur est celle qu’il avait antérieurement au temps de Solon. Mais comment admettre que Pollux, Elien ou tout autre auteur grec ont pu employer l’ancien talent attique, qui était lui-même un poids local et tombé en désuétude, pour déterminer la valeur d’un autre

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