CHAPITRE I
g VI.
L'étalon grec dérivé do l'étalon perse. — Evaluation do la monnaie grecque en monnaie romaino.
La monnaie grecque se divise en deux classes principales qui répondent à sa double origine ; le talent euboïque d’or et le talent babylonien d’argent. Ces deux classes se subdivisent ensuite en plusieurs variétés.
Nous allons examiner dans quelle proportion se trouvaient, relativement à l’argent romain, celles de ces monnaies qui existaient encore à l’époque de la conquête romaine. Pour rendre cet examen plus facile, nous ne séparerons pas la valeur des monnaies avant cet événement , de celle qu’elles ont eue après , quoique ce sujet rentre dans le cadre du chapitre qui traitera spécialement des monnaies provincidles. On a trop souvent pris pour une valeur réelle celle que leur accordaient les tarifs romains en tolérant leur circulation même dans des limites assez restreintes, et de là est née une regrettable confusion.
Voyons d’abord les textes qui peuvent nous fournir les meilleurs renseignements.
L’inscription de Cibyra, relative à Q. Veratius Philagros à l’occasion du don de â00,000 drachmes de Rhodes pour la fondation d’un gymnase, se termine par la formule sui-
poids également local et tombé de même en désuétude? Or comme on estime le talent atlique tantôt A 70 ou 72 mines attiqucs do l’époque avant Solon, tantôt à 70 mines euboiques, M. Bircth en conclut que le talent euboïque n’est autre que le talent antérieur à Solon. Nous croyons avoir démontré, d’une part, que son évaluation du talent babylonien n’cet pas exacte, et de l’autre que le nombre 70 du texto d’Hérodote est une erreur.
Donble origine de U
monnaie grecque.
Évaluation des Romains.
Inscription de Cibvra.
INTRODUCTION HISTORIQUE
Vante : Toü Pu|iaïxoü £r,vaipi ou lajrûovTOç iasipta 5sxzi$ f\ Poîlx tpi- /iir) toutou Toi îr.vipioo loyju èv Ki6ûpf iooipia Gsxz , Iv fj tpiypr,
Poîfa ôéîorai t) ôupsd. La donation eut lieu l’an à9 de Cibyra (71 ans après J. C.) (1) .
Festus, p. 359: Talenlorutn non unum genus. Atticum est sex milium denarium; Rhodium et cistophorum quattuor milium et quingentorum denarium; Alexandrinum XII (2) denarium; Neapolitanum sex denarium; Syracusauum trium denarium; Rheginum victoriati. — Et dans l’extrait, p. 78: Euboirum talentum nummo Graeco seplem milium et quingentorum cistophorum est, nostro quattuor milium denariorum (3).
Josephe (De bello Jud., 11, 21, 2), dit en parlant d'un citoyen qui avait acheté le monopole de l’huile : £uvu>voû|uvo« xoi
(1) Voy. Corp. inscr. gr., n" 4380, et les observations de Franz.
(2) Ikrckh, loc. cil., p. 151, voudrait qu’on lût XII milium , mais nous ne pouvons pas admettre cette correction, parce que la série des nombres va régulièrement en décroissant.
(3) M. Pinder (Cistophoren, p. 550) propose le changement suivant : Euboicum talentum nummo Graeco septem milium denariorum est : Cistophorum nostro quattuor milium et quingentorum. Mais cette leçon n’est d’accord ni avec leé règles de la grammaire ni avec celles de l’épigraphie ancienne. Le denier n’est jamais désigné par D, et par conséquent, on ne peut songer A lire denarii au lieu de quingenti. M. Pinder lui-même s'étonne de voir le Denarius , appelé nummus Graecus, et c’est pour cela qu’il propose plus loin de substituer VU milium drachmarum , quattuor milium et quingen torum denariorum , ce qui s'éloignerait complètement de la tradition. Ce changement a de plus l’inconvénient de rendre l'auteur coupable d’un double contre-sens, car il aurait confondu le talent euboïque et le talent des cistophores, qui n’ont rien de commun, et quoiqu'auteur romain, fl aurait expliqué à des lecteurs romains un talent grec par une monnaie grecque, nummo Graeco. Il est évident que Festus veut donner pour le talent euboïque, peu connu de ses lecteurs, deux explications, l’une en monnaie romaine, l’autre en monnaie circulant de son temps dans l'Asie Mineure. Nous parlerons plus tard des chiffres qui ont été probablement mal copiés.