CHAPITRE I
tique de 4»', 37, et elle n’est ordinairement comptée que comme le denier romain. Ce denier pesait 3'r,90, ou 1/84 de la livre romaine sous la république et les premiers empereurs, et valait 1/25 de l’aureus; ce poids fut réduit à 1/96 de la livre ou 3'*, 41 depuis Néron.
D’après ces principes, le métrologue alexandrin compte 96 deniers romains ou drachmes attiques (1) pour une livre ou mine romaine, et 100 pour une mine attique; d’après le même principe, Festus compte 6,000 deniers pour un talent attique, mais ce talent n’est pas non plus le véritable talent de 80 livres, c’est celui de l’époque romaine, qui ne pèse que 71 livres 3/7 avant Néron , et seulement 60 livres 1/2 après Néron.
Par conséquent, lorsque dans les auteurs grecs de l'époque impériale il est fait mention de drachmes alexandrines ou attiques, il faut toujours se demander s’ils veulent parler de l’ancienne drachme, ou bien s’ils traduisent par ce mot la locution semi-barbare deôr,viptov, qui est ordinairement employée dans le langage officiel des inscriptions. Cette amphibologie a bien souvent induit en erreur les auteurs anciens comme les auteurs modernes. Pollux , qui se pique d’exactitude en sa qualité de grammairien, a voulu désigner la véritable drachme attique , et c’est pour cela qu’il se sert de l’imparfait tôüva-o au lieu du présent Slvonat. il serait naturel de calculer sur la même base ce qu’il dit du talent babylonien d’après Hérodote et Aristote; mais en comparant ses données sur le talent de Syrie et le talent des Ptolémées avec ce que nous en dit l’Anonyme d’Alexandrie, nous verrons que très-souvent c’est le denier impérial qu’il
(I) Ruckli traite ce 6ujct in cxlenso , foc. #»i/., p. 208 cl riiIv.
Second*
base de» calcula :
Valeur lotrinaèqu* des monnaies on Icnr valeur conventionnelle.
40 INTBOÜÜC'riOSI HISTORIQUE*
prend pour lerine de comparaison, et que c’est probablement à cette dernière valeur que se rapporte l’expression :
<*>< irpè; xbt xr^ Arcixr(< Spaj^fiî;; Xoyisjjiiv.
Quand on compare entre elles diverses sortes de monnaies, on peut le faire d’après leur poids réel et d’après leur titre, ou d’après leur valeur nominales ainsi l’Anonyme d’Alexandrie estime la drachme des Ptolémées à 1 denier pour le poids, à 1/4 de denier pour la valeur. On peut se demander alors dans quel sens il faut prendre chacune de ces données?
Dans l’inscription de Cibyra il n’est évidemment question «pie de la valeur nominale des monnaies, et l’évaluation en deniers n’y est stipulée que pour fixer en termes officiels le taux de la donation.
La même remarque s’applique au texte du métrologue d'Alexandrie toutes les fois que cet auteur ne dit pas explicitement que c’est du poids des monnaies qu’il entend parler; car la drachme des Ptolémées qui lui sert de point de comparaison étant une monnaie de billon, n’avait qu’une valeur de convention, et il eût été par trop extraordinaire de la mettre en parallèle avec la valeur intrinsèque des monnaies étrangères. La plupart des particuliers ont sans contredit plus d’intérêt à connaître la valeur nominale des monnaies que leur valeur réelle évaluée d’après leur poids et leur titre; il est donc en général plus souvent question de la première de ces deux valeurs que de la seconde.
En étudiant chaque espèce de monnaie, nous tiendrons compte des différentes évaluations qui en ont été faites, et pour plus de clarté nous réduirons en deniers toutes les valeurs exprimées en talents romains comme dans l’inscription de Cibyra.
Cet examen fera le sujet des paragraphes suivants.