CHAPITRE I
Al
g VII.
Le tiers du stature babylonien d'argent devient la drackmo du système monétaire en Asie Mineure, au nord do la Grèce et chez les Phocéens de la mer occidentale. — Les tétradrachmes do cette série se confondent avec l’ancien statère d'argent babylonien, qui devient nn tridrachme
La base de la monnaie asiatique est l’or, celle de la monnaie grecque esti’argent : le point de départde cette dernière est le statère babylonien, dont le poids est de 11 grammes, ou le tiers de ce statère valant 3 ou à grammes. Les îles de la Grèce trouvèrent au statère une valeur trop considérable pour en faire leurunité, et elles le remplacèrent par une fraction de ce même statère, qu’elles appelèrent drachme : cette fraction est la moitié dans la série d’Égine et le tiers dans le reste de la Grèce, Athènes et Corinthe exceptées. Les pièces d’une drachme formées de ce tiers de statère sont rares, les didrachmes et les tétradrachmes qui en dérivent sont plus connus ; ces derniers surtout sont fort communs en Asie et dans une grande partie de l’Europe, et pèsent 15 grammes. Ils sont trop faibles pour être des tétradrachmes de la série attique, trop forts pour des didrachmes d'Êgine, mais on peut parfaitement leur donner pour base le tiers du statère babylonien , qui pèse de 3 à 4 grammes.
Les savants modernes n’ont pas donné de nom particulier à cet ensemble de monnaies, et il est fort douteux qu’on lui en donnât un dans l’antiquité; cependant la preuve de leur communauté d'origine se retrouve clairement dans toutes les divisions et tous les poids.
La pièce perse égalait donc trois fois la valeur de cette nouvelle unité grecque, et l’on comprend parfaitement que la facilité qui eu résultait pour les transactions commer-
Point de départ de U
monnaie grecque.
Tiers de statbin égale la drachme.
Sa ressemblance avec
le système perso loi ouvre l'Asie et
rexclotdelaOrtce
proprement dite.
INTRODUCTION HISTORIQUE
OcUtlrachmu et dl drachmes <le ce système H Itabylune.
Il s'étend au Cypre.
cialea ait contribué à étendre ce système, aussi le trouvet-on en vigueur là où la monnaie perse était acceptée ; mais on ne le voit dans aucun des pays qui suivaient les systèmes monétaires d’Itgine et d’Athènes, et il serait inutile de le chercher dans la Grèce proprement dite, dans File de Crète, aux Cycladcs, en Sicile, ni dans la Grande Grèce.
Nous avons vu que le tridr.achme primitif se rencontre souvent parmi les monnaies à légendes araméennes des satrapes, tandis que le tétradrachnic ne s’y voit que rarement. Ce dernier, au contraire, est fort commun parmi les pièces dont les légendes sont grecques et qui ont été frappées dans les villes de Syrie (1).
On trouve souvent à Babylone, où elles ont été probablement frappées, de belles pièces dont le type représente le roi de Perse sur un char attelé d’un grand nombre de chevaux et une galère au revers; il en existe deux variétés, pesant l’une 28»', 04 et l’autre 7»', 01 au maximum. On peut les considérer comme les octadrachmes et les didrachmes de cette série (2).
Dans l’ile de Cypre, où le tétradrachme est inusité.
(I) 13*', 89 ( duc de Luyncs, Sum. des Satrnp., p. 91 ); 13*’, 77 (ibid., p. 4, monnaie de Pharnabaïc avec une légende grecque); 13*',07 ( ibid ., p. 93); 13*', SS ( ibid., p. 01).
(3) Lee monnaies les plus fortes que nous connaissions pèsent 3g", 04 (=S28 d'après Mionnct, VIII, Suppl., p, 420, n“ 33), et 7",01 (= 132, Mionncl, V, p. 017, n" 39). — Mionnet (V, p. 040 et sulv.), Pinder ( Kànigl. Mus. zu Berlin, p. 84 ), K. Lenormant (Cal. Behr, p. 1S1, ISS) donnent d'autres poids. Le nombre des chevaux parait avoir Ici, comme dans d'autres circonstances analogues, servis indiquer la valeur des pièces. Voy. à ce sujet Mionnet, VIII, Suppl., p. 427. — Cumuliez, pour les légendes, Blau, De munis Aehaemenidarum, p. 3, cl pour le lieu où ces monnaies ont etc trouvées le même auteur, d'après Lavard.— Les décadrachmes d'Alexandre le Grand appartiennent éga lemcnt aux monnaies de Babylone ou de Suie ( Vaux , Sum. Chron , XIII, p 71 ) ; ils ont probablement remplace les octadiachmcs