CHAPITRE I
l’ancien tridracbme est remplacé par le didrachme (1) dans la série des pièces royales d’une date plus récente. En Cilicie, Pisidie, Pamphylie, Lycie, au contraire l’usage du tridraclimc se conserve; le tétradrachme ne s'y rencontre que rarement, et toutes les pièces d’argent d’un poids élevé qui ne se rattachent pas au système introduit par Alexandre appartiennent au système asiatique.
Les anciennes monnaies de l’ile de Rhodes sur lesquelles on voit les noms des villes de Camirus, Ialysus et Lindus, sont des tridrachmes et des tétradrachmes (2). Le tridrachme disparaît dans les séries plus récentes frappées au nom collectif des Rhodiens ; ces séries ne contiennent que le tétradrachme, le didrachme et surtout les drachmes, trèsrecherchées dans ces contrées. 11 en est de même de la Carie, qui subissait l’influence des Rhodiens. Ces monnaies circulaient avec les pièces analogues de la série de3 satrapes et avec les dariques d’argent; on les trouve souvent ensemble, ce qui n’arrive jamais pour les pièces du système macédonien (3).
(1) Mionnct, Poids, p. 1 Ci, 165. La pièce d’argent de Nicoclès dont 11 parle pèse 2I'’,09 (=17 den. 21 gr. florentins) et est un hcxadraclune.
(2) Comp. les savantes recherches de Borrell, Hum. Chron., IX, p. 166 et saiv. Les monnaies de Camirus sont des tridrachmes pesant I M',79 (= 182, Borrell); 1 1 '',31 (=175, LcaVe, Hum. htll., huul. Creece), ainsi que celles d’Aslyra, qui pèsent 9'',C9 ( = MB 1/2, Borrell); celles d'Ialysus sont des tétradrachmes qui pèsent 14*',45 (=223, Hunier, pl. LXVl, flg. lg); 13*r,B6 ( = 215 1/2, Borrell).
(3) Le trésor considérable trouve A Calymna, petite ile delà Carie, contenait des dldrachmes, des drachmes et des trloholes indigènes, des monnaies de Hhodcs et de Cos (la plupart didrachmes et drachmes), un tétradrachme et beaucoup de drachmes de Cnide, quelques tétradrachmes de Mausole, un grand nombre de petites pièces d’argent de ce prince et des autres rois de Carlr, quelques tétradrachmes des satrapes (Mionnct, V, p. GH, n* 26), et plusieurs milliers do dariques d'argent ( Borrell , Num. Chron., IX, p. 165; — l’rohesch,
Monuales de l'ilo de Rhodes
A4 INTRODUCTION HISTORIQUB.
Sur lus côtes de l’Asie Mineure et dans les lies de l’Archipel qui en dépendent, les tridrachmes et les tétradrachuies se trouvent ensemble ; ces derniers sont cependant plus communs que les premiers. On trouve des tridrachmes et des moitiés du tridrachme à Milet, à Colophon, k Lesbos, en Rithynie, dans le Pont; des tétradrachmes à Éphèse, à Abydos, à Cyzique, à Samos, .A Chios et à Thasos. Quelquefois, mais rarement, et seulement pour les pièces les plus anciennes, on s’est contenté du didrachme, comme nous l’avons remarqué plus haut (page 26) pour les pièces de Clazomène. uacedoine. La même observation s’applique aux séries de la Thrace, nirhf. je ja xiacédoine et de l'illyrie; les deux principales pièces y paraissent d’abord ensemble , mais on peut suivre sur les monnaies des rois de Macédoine, la diminution progressive du nombre des tridrachmes, qui finissent par disparaître et céder la place aux tétradrachmes. ArchélaQs 1" et Amyntas II ont encore des tridrachmes ; Philippe, fils de ce dernier et père d’Alexandre, n’a plus que des tétradrachmes qui appartiennent au système asiatique et non au système attique. OcudODt. Enfin ce système a pénétré de bonne heure et sous sa forme primitive dans l’Occident; les colonies phocéennes l’importèrent sur les côtes de la Gaule et de l’Italie, où l’on ne trouve dans l’origine que la drachme du poids de 3*r,09, et plus tard le didrachme qui en dérive, mais jamais le tridrachme.
Il n’entre pas dans notre cadre d’étudier les détails de ce système partout où il a pénétré ; nous n’examinerons
Inedita, p. 289). Ccd no prouve pas, comme on l’avait d'abord pense, que ces monnaies aient cto enfouies avant le règne d'Alexandre, mais nous apprend seulement do quels éléments se composait la monnaie courante en Carie et * Rhodes.