CHAPITRE I
donc que celles de ces monnaies qui circulaient encore à l’époque de la conquête romaine , et que les vainqueurs acceptèrent dans leurs caisses moyennant certains tarifs : nous étudierons en particulier les monnaies de Tyr, de Rhodes et de l'Égypte.
g VIII.
Diverse» monnaies de cette catégorie. — Monnaies syriennes et lenr vnlenr d’après le tarif romain.
D’après le témoignage explicite de l’historien Joscphe, la Monnaie tyrienne. série tyrienne d’argent comprend le tétradrachme pesant de 1 4*r,3A à 13fr,46, le didracluue et la drachme, qui sont rares (I).
A l’époque impériale, sous le nom générique de monnaies tyriennes, on confondait les pièces de Tyr, celles de Sidon (2), les monnaies juives des Machabées portant la légende Schekel Israël (3), il est môme probable que les tétradrachmes d’Aradus, malgré leur poids élevé (de 15*\2$) à 14er,85), se trouvaient mêlées dans le commerce avec des pièces beaucoup plus légères. Josephe et l’Anonyme . d’Alexandrie nous apprennent qu’on admettait légalement
(1) Les plus forts des nombreux tétradrachmes de Tyr cités par Mionnet, Poids, p. 189, 190, pèsent tout au plus 1 (=270), trois d’entre eux seulement ne pèsent que 13", 46 ( — 253 1/3). Les moitiés et les quarts, qui sont beaucoup plus rares, s’accordent avec ce poids. Breckh, l. cil., p. 06, arrive A peu près au même résultat.
(2) Entre 13*', 97 (=263J et 13", II (=246 3/4), Mionnet, Poids, p. 189.
(3) Entre 14>',65 et 13", 7 (F. de Saulcy, \ui/i judaïque, p. 17-20); entre 14", 23 (=268) et 13",54 (=255), Mionnet, Poids, p, 192. Les poids donnés par Bn-ckh, I. cil., p. 56, s’accordent avec cette appréciation. Dans le Talniud, on voit que la monnaie juive d’argent avait été frappée sur le pied de la monnaie tyrienne. Itœckli, I. cil., p. 67.
Son assimilation nu dénier romain.
AO
et sur le môme pied que les deniers romains les drachmes de Tyr, pesant 3‘r, 51) au maximum (ou 3S', 82, si on y comprend celles d’Aradus) (1), et qui valaient par conséquent, les premières un peu plus que le denier de Néron et les secondes autant que le denier de la république (2). D’après le texte de ces historiens on pourrait supposer que cette assimilation n’eut lieu que pour les deniers de Néron, ce qui est déjà assez curieux; mais en y réfléchissant on peut admettre que cette mesure s’étendit môme aux deniers plus anciens sans que ce fait soit aussi extraordinaire qu’on pourrait le penser au premier moment. Toutes ces pièces sont d’une époque antérieure à la conquête, puisque nous savons qu’immédiatement après la réduction de ces contrées en province romaine par Pompée, la fabrication de l’argent, ou du moins des tétradrachmes, fut interdite à Sidon, à Tyr et à Aradus (3), et que les Juifs mêmes ne purent plus frapper que delà monnaie de cuivre (A). En fermant ces ateliers mo-
(1) La pim forte do ces pièces pèse 15'’, 29 (=230, Thomas, p. 393 ), et la plus falblo 13'', 8i ( = 200 1/2, Mlonnet, I. V, p. 454, n“ 7G3). Il est h remarquer que cette dernière est en même temps la plus ancienne de toutes celles que nous connaissions : clic est de l’an 9G (591 de Home), Sur les dix-neuf exemplaires bien conserves cites par Mionnct (Poids, p. 191, 192), trots seulement descendent au-dessous de I4'',85 (=279 1/2). Comp. BiccU), p. CG, 09.
(2) Itieckh (Met. Unters., p. 03, 08) a compris de la même manière co que les auteurs disent à ce sujet, et il est évident que la drachme de Tyr se rapproche beaucoup plus du denier que de la drachme attique. Mais ceci no s’entendrait que des pièces qui ont le poids du denier, contrairement au texte de l’Alexandrin, qui peut servir de commentaire ou passage de Josèphc relatif i ce sujet.
(3) Eckhcl, D. N., t. III, p. 395. Comp. p. 300.
(4) Les dates indiquées sur les monnaies autonomes d’argent sont généralement attribuées à l’ère de Tyr pour les chiffres compris entre 4 et 182 (Eckhel, f). .V.,t. III, p. 382) et ce monnayage n’aurait par conséquent cessé que vers l’an 50 après Jésus-Christ. Il n’y a pas en effet d’autro signification admissible