‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 36 sur 255 · CI1AP1T11L I · texte numérisé non relu

CI1AP1T11L I

11 est difficile de se rendre un compte exact de la valeur monétaire du cistophore; tantôt il est considéré comme un didrachme, par analogie avec le statère d’Ëgine, tantôt on en a fait un tétradrachme, en le comparant au tétradrachme attique (1); Plutarque a adopté ce dernier point de vue (2).

Festus nous dit qu’un talent de cistophores valait 4,500 deniers; alors la drachme cistophore devait valoir 3/4 de denier. Tandis que, d’après l'Anonyme d’Alexandrie, la drachme d’Égine, semblable à celle de Rhodes, valait 5 drachmes des Ptolémées, ou 1 denier 4/4. Cette différence, au reste, n’est qu’apparente, et elle peut s’expliquer comme nous l’avons fait pour les pièces de Rhodes. L’auteur romain considère le cistophore comme un tétradracbme, tandis que l’Alexandrin en fait un didrachme; de sorte que, en les réduisant à la même expression, le 4/4 de cistophore vaut 3/4 de denier d’après le premier, et 5/8 de denier d’après le second.

Nous avons trouvé au paragraphe précédent exactement les mêmes chiffres pour la drachme de Rhodes, et cette coïncidence nous semble décisive. 11 est clair que le cistophore et la drachme de Rhodes appartenant à la même province et à la catégorie des monnaies provinciales (3) , ces

Sa valenr,

Ce qu'en dit Featu».

Contradiction appareute entre Fettus et l'Alexandrin.

Son explication.

(I) Breckh [Meir. Vntert., p. 101), a parfaitement Jugé la question. L’exislence des moitiés et des quarts queM. Plnder {/oc. ci/., p. Ml ) constate, n'a aucune Importance. En elfet, pourquoi un didrachme el un triokole ne pourraient-ils pas se trouver dons le même système?

(J) Syll., 25. — Les vterapa «vpdîpaxpa que Sylla fit payer A chaque soldat romain par ceux qui les logeaient 11e peuvent avoir été que des cistophores. •

(3) Voit* pourquoi 011 a souvent surfrappe des didrachmes de Rhodes pesant u>',20 pour en faire des deml-clsfophores. (Plnder, lue. cil., p. 551 .)

INTRODUCTION HISTORIQUE

Discussion sur Pollux et son évaluation.

Si Pollux a Toula parler de l'ancienne drachme.

Il ae trompe.

deux pièces étant le quart l’une de l’autre, appartiennent au même système local et ont dû être tarifées dans la même proportion. C’est précisément ce que nous trouvons dans le tarif romain. En effet, si la réduction a été uniformément d’un sixième, le cistophore a dû tomber de S à 2 1/2 et la drachme rhodienne de 3/4 à 3/8. L’ancienne évaluation, qui assimile le cistophore à 3 deniers antérieurs à èéron (11",70), coïncide assez exactement avec son poids primitif (12»', 64 au maximum); et de même la nouvelle évaluation prenant pour base le denier néronien et attribuant par conséquent 8", 32 au nouveau cistophore , coïncide également avec le poids effectif de ces deux pièces, qui de fait descend assez souvent jusqu’à un minimum de 10 grammes.

Pollux nous fournit il est vrai une autre donnée qui n’est pas d’accord avec celle-ci, et qui demande à être soigneusement étudiée. Cet auteur évalue le talent éginète à 10,000 drachmes athéniennes. De tous les documents que M. Bœckh a employés (1) pour ses recherches, c’est celui dont il fait le plus de cas-, il lui a servi de base pour son estimation de la drachme éginète à une drachme et demie d’Athènes, c’est-à-dire à 7*r,28.

On pourrait croire que Pollux n’a pas voulu parler de la drachme attique de l’époque romaine, mais bien de la véritable drachme attique; prise dans ce sens, son explication est inexacte. Nous savons, par l’examen des monnaies, que la drachme éginète pesait non pas une drachme attique et deux tiers, mais une drachme et un tiers. D’après ce calcul, Pollux aurait dû évaluer le talent d’Égine à 8,280 drachmes attiques et non à 10,000.

(I) toc. ciï., p. 11-81.

ui.U'iriîL î.

Pollux, dans une autre partie de son travail ( M. Bœckli lui-même en convient), avait déjà confondu la drachme de l’époque impériale avec l’ancienne drachme, et il peut bien avoir commis ici la même erreur; mais ladilTiculté pourrait être à peu près résolue (1), en admettant avec M. Hussey (2) qu’il parle en eiïet de la drachme valant le denier impérial. Comment supposer d’ailleurs que Pollux se soit amusé à faire des rapprochements entre la drachme d’ivgine et le denier impérial, si éloignés l’un de l’autre comme époque et comme valeur? N’est-il pas plus probable que, dans le passage en question, il a voulu établir un parallèle entre deux monnaies contemporaines ?

Cette dernière hypothèse nous semble d'autant plus vraisemblable que, suivant toute probabilité, Pollux n’a fait que copier l’estimation de l'Anonyme alexandrin ; or celuici, nous l'avons vu plus haut, par drachme éginètc entend le cistophore. Cette explication du texte de Pollux, résout toutes ces contradictions apparentes. Le cistophore étant pour l'Alexandrin un didrachmc, 6,000 deniers romains égalent 2,400 cistophores ; tandis que Pollux, qui à l’exemple de Festus, l’appelle un tétradrachme, de même qu’il donne le nom de tridrachme à la drachme de l’ile de Crète, a dû trouver pour le talent romain une valeur de 9,600 drachmes cistophores. La différence entre ce dernier chiffre et 10,000 est si petite qu’elle a pu être ajoutée au total pour faire un compte rond.

probuMc tjnc »on aa>imUation a pour otijet dea monnaie" contrmporainca.

Cea monnaie»

sont l« cWtophoro et )e denier romain.

(1) Mémo «vec colle explication , In difficulté n'est pas encore entièrement résolue, et M. Bœckh trouve que ce résultat 1 1 drachme d'fcglne égale I denier impérial et 2/3, = 5‘\09, est trop faille de 0,5.

(2) An essny on lhe ancienl veights, etc., p. 31-33, 55, CI. — Le reproche que M. Rieckh adresse à M. Hussey d'avoir évalué la livre romaine plus haut qu'elle ne l’est en général , n'est pas fondé.

INTRODUCTION HISTORIQUE

Prépondérant* de l'or.

Influence de 1s dartque en Grtce.

a xiii.

Monnaies grecques d’or et d'argent dérivées du poids eubolqu* d'or.

Nous avons vu qu'à l'époque reculée où les monnaies n’avaient de type que d'un seul côté, le peu d’or qui se fabriquait à Égine et à Argos se réglait sur l’étalon de Milet, tandis que l’argent était basé sur un tout autre principe. Avec le temps l’or l'emporta et servit de point de départ aux monnaies des deux métaux ; l’étalon choisi ne fut cependant pas le slatère de Phocée, qui , dans sa forme primitive, n’a pas laissé de traces dans la Grèce européenne, mais la darique. Nous savons par le témoignage unanime des historiens et par les inscriptions que les dariques étaient répandues en très-grande quantité et généralement acceptées sur le continent grec. Il en est résulté une influence marquée du système perse sur l’ancien monnayage d’or del’Attique, monnayage dont nous parlerons plus loin, et même plus tard sur celui de toute la Grèce. Les pays étrangers à l’hellénisme, comme l’Égypte et Carthage, eurent un système de monnayage d’or très-développé sur une autre base que cet étalon primitif. Dans la Grèce européenne nous voyons fort rarement la monnaie d’or frappée sur l’étalon éginète d’argent (ci-dessus p. 58, note 1) $ quelques villes de l’Asie Mineure en ont frappé , comme nous l’avons remarqué plus haut, d’après l’étalon d’argent perse (ci-dessus p. 16, note 2) ; mais ce fait est fort rare et ne se rencontre que dans les villes où le monnayage d’or n’était pas habituel. A une époque plus rapprochée, partout où les Grecs frappèrent des monnaies d’or en assez grande quantité, nous les trouvons fidèles aux principes de l’ancien

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