CHAPITRE I. S
A Athènes. A Corinthe.
Un statère vaut 2 drachmes. 3 drachmes.
(Deux tiers I 1/3 — 2 . —
(La moitié t — lt/2 —
Un tiers i oboles. 1 —
Un sixième 2 — 3 oboles.
(Un dixième 1 t ;'S — t 4/5 —
(Un douzième I — t t/8 —
Un dix-huitième 8/3 — t —
(Un vingtième 3/5 — 9/10 —
Il est difficile de justifier dans la série corinthienne la présence des pièces, rares du reste, d’une drachme et demie et d'une obole et demie; quoi que frappées à Corinthe elles semblent dues à une influence attique, que pourrait indiquer leur type le Goryonium.
Lorsque nous étudierons les monnaies siciliennes, nous pourrons nous rendre compte des circonstances qui ont amené plus tard les Corinthiens à diviser leur statère en dix petites unités au lieu de dix-huit; nous ferons seulement remarquer en passant que le statère de Syracuse se divisait par dix et que le onrf.p Ô£xiXctpo< corinthien dont parle Aristote, qui avait cours aussi bien à Corinthe qu’en Sicile, était pour ainsi dire la monnaie nationale de cette lie.
g XIV.
Lw eyatàmt* fVAthfcnoji ot «î»* Corinthe passent en Arie Minoar**.
Les monnaies altiques et corinthiennes étaient encore fort peu répandues dans le reste de la Grèce avant Alexandre le Grand. A cette époque, le système monétaire des Athéniens, en particulier, n'avait été adopté ni par leurs propres colo-
Tableau comparut if de la valeur des plfeecs de mPtne dé nom! nation il Athènes et h Corinthe.
Monnaies slculocoilntlilenncft.
Circulation restreinte des monnaies athéniennes et corinthiennes avant Alexandre.
pftces d‘Kri{tric rapprochera du*r«tôaicntti«|Me.
84 INTRODUCTION HISTORIQUE
nies, comme Néapolis sur le Strymon, ni par aucun des États de la Grèce, excepté toutefois Mégare (1) et peut-être quel que autre ville voisine sans importance.
Une série de monnaies peu commune et qui a pour type le taureau d’un côté et au devers le polype dans un carré creux , mérite d’ètre remarquée plus particulièrement. La lettre E se voit sur les deux faces (2) , on attribue ces sortes de monnaies à Erétrie dans l'îlc d'Eubéc, et elles appartiennent au système euboïque, sans être cependant frappées sur le pied des monnaies d’Égine généralement adopté dans l’îlc d'Eubée. Les pièces de cette série sont des tétradrachmes, des didrachmes, des trioboles et des hémioboles assez semblables aux pièces analogues (3) qui remplacèrent à Athènes les monnaies de Solon; on les trouve à Athènes mêlées avec les anciennes monnaies de l’Attique (4). Sans aucun doute la puissance exercée par Athènes sur une partie de Me d’Eubée, à une époque reculée, n’a pas été étrangère à cette fabrication , et on pourrait peutêtre la faire remonter au séjour des Pisistratides à Ërétrie. C’est cette série d’Érétrie qui a fait dire à Héro-
(I) Tête d'Apollon. Ijî Lyre; METAPEflN (Mlonnct, II, p. 140, n" 310}, 4*',I3 (=63,8, Thomas, Cal., p. 307).
(J) Mlonnct, II, p. 278, n- 161, pl. L, n* 8.
(3) I7*',45(=269 1/4, Hunter, p. 147); — 7<*,80(= 121,3, Thomas, Cal., p. 228); 7<\8I (121, Leake ) ; — l^i» ( = 30 1/4, Hunier; l»’,60 ( = 25,7, Leake); f’,30 (= 20, Hunter) ;f',28 (= 18,7, Leake) ; 0«',29 (=4,5, Leakc). — Les monnaies authentiques de Carystua, qui , du reste, sont plut récente*, sont de la même valeur : 8<\03 (= 124, Mus. Brit.); 7»', 73 ( = 145 1/2, Mionnet, Poids, p. 124, n* 15); 7«',5« ( = 116 3/4, Hunter); — 3*’, 03 ( = 56, Leake); — 3«',12 (= 64 1/2, Mionnet, loe, cil., n* 12); - 0>',62 (=11 3/4, Mionnet, loc.cit., n* 13). Il faut remarquer que le didraehme se trouve également dans rette üérle.
(41 Mionnet, H, p 113, n- 16, 17 et 18.
CliAPlTRL I.
dote et d’après lui à presque tous les historiens romains que les monnaies attiques appartenaient au système euboïque, tandis que les monnaies euboïques proprement dites, celles de Chalcis en particulier, sont entièrement différentes ; c'est peut-être aussi ce qui a fait regarder par quelques auteurs le didrachme au type du taureau (1) comme la plus ancienne des monnaies attiques. Néanmoins, après avoir comparé soigneusement entre elles toutes ces diverses monnaies, il nous parait certain que les pièces dont nous parlons ne sont pas antérieures à celles d’Athènes, et qu'au contraire elles ont été frappées à Érétrie sur le modèle des pièces athéniennes.
Le système corinthien, mais non toutefois à une époque ville, et fort ancienne, fut plus répandu que celui d'Athènes. Les plus anciennes mounaies du Péloponnèse et un bon nombre «rintiifta. de celles que leur fabrique ou leurs légendes font classer parmi les plus récentes dérivent de l’étalon éginète ; nous citerons en particulier les monnaies de Sicyone, celles d’Argos, de l'Arcadie, de l’Ëlide et de la Messénie (2). Les monnaies de la ligue achéennc frappées après l’an de Rome h~k (Olymp. cxxv-1), ainsi que celles de Mégalopolis et de Sparte de la môme époque , sont entièrement différentes.
Elles ont toutes été frappées sur le môme modèle, et leur
(1) Btt'Ckh, Met. Uniers., p. 121.
(2) On doit ranger dans la même categorie les stnléres frappes des deux eûtes et avec U légende APfEIflN, pesant 12”, 55 (=189) et au-dessous, ainsi que les moitiés et les quarts qui s’y rattachent (Borrell, Sum. Chron., VI, p. 12. — Thomas, Cal. p. 222, 223). — On peut en dire autant des sta têres avec la légende ME22ANIfiN, de 12”, 20 (= 188,3, Thomas, p. 222), des nombreuses petites monnaies d'Argos (Mionnct, Poith, p. 116.— Thomas, p. 72-11, et qu'on peut regarder comme des trlnbnlcs et des oboles d'Rgine.
introductios historique.
poids varie de 2‘r,77 à 2 grammes (1). Le traité d'alliance stipulait que tous les Etats de la ligue devaient avoir une seule et môme monnaie (2) ; mais Corinthe et le Péloponnèse avaient eu jusqu’alors des systèmes monétaires complètement distincts, et il fallait choisir entre les deux. Il est certain que les pièces de la ligue achéennc se rapprochent plus de la drachme corinthienne dont le poids normal est de 26,,91 que du triobole éginète qui pèse 3", 10.
Dans le nord de la Grèce les monnaies des Locriens Ozoles sont quant au poids et au type de fidèles copies des pièces de Corinthe (3). On peut en dire autant des monnaies particulières aux villes de l’Acarnanie et du golfe d’Ambracic, telles que Anactorium, Leucas, Argos Amphilochium et Ambracie, tandis que par une anomalie singulière celles qui appartiennent à la confédération étolienneet acarnanienne sont toutes différentes et dérivent du statère d’argent perse (h). Les pièces archaïques, frappées d'un seul côté
(1} Une monnaie semblable et ancienne gravée dans l'ouvrage de Cousinéry, Essai sur Us monnaies de ta ligue achèenne, pl. I, n* I (Mionnet, IV, Suppl., p. I, n* 1), pèse 2*', 77 (=42, 7, Thomas, Cal., p. 20*), et la plu* forte de toutes celle* que donne Mionnet ( Poids, p. 105-107 ) , est de 2"', 51 (=47 3/4).
(2) Polyb., Il, 37.
(3) Los deux pièces les plus forlesde cette série ont été décrites par Leake, qui le premier les a restituées à leur véritable pairie; elles pèsent 8‘\G3 ( = 133,2), et 2<',ti2 ( = 40,5). Les petites monnaies de 0,r,(i3 ( = 9,7 ) et au-dessous, appartiennent aux Locriens de l’Italie.
(4) Vng. liockh (Jfef. Inters., p. 97). La monnaie attribuée à Lvslmachia d'Étolie, d’après Hunier, appartient plutôt à Anactorium; les tétrndrachmcs plus récents de l’Étoile n’ont rien de commun arec le système monétaire de Corinthe, mais ils npparUcnncnt déjà à l'époque macédonienne. La série monétaire la plus ancienne de l’Étoile se compose de trois pièces pesant 10<r,i* ( = 199 1/4, Mionnet, Poids, p. 90 ) ; 5", 30 ( = 82,8, Leake ) ; 2‘’,55 ( = 48, Mionnet, ibid.,), qui représenlent l’unité, la moitié et le quart. La série acarnanienne n’esl pas différente.