‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 52 sur 255 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

tarif est le plus ancien de cette espèce qui ait été publié par les Romains; il doit remonter à la conquête de l’Achaïe et de la Macédoine, car avant cette époqne les Romains n’avaient jamais eu occasion de tarifer la drachme attique (1). Depuis lors cette drachme devint la monnaie officielle du gouvernement dans les provinces helléniques. Mais malgré ce tarif et les décrets romains on continua dans le commerce à faire une distinction entre l’ancienne drachme et la nouvelle; on désigna la première sous le nom de drachme euboïque, nom déjà ancien qui n’était pas encore tout à fait tombé en désuétude (2).

Cette évaluation officielle doit s’appliquer également aux monnaies de la province de Syrie; si les tétradrachmes des villes étaient tarifés à quatre deniers, ceux d’Alexandre qui étaient d’un poids supérieur valaient certainement autant. Il est probable que Pompée ne fit qu’un seul et même tarif, et fixa à quatre deniers les tétradrachmes royaux ou municipaux sans distinction (3). Ces derniers ne durent vraisemblablement la valeur singulièrement favorable qui leur était ainsi attribuée qu’à l’impossibilité où l’on était d’abaisser au-dessous de quatre deniers le taux des tétradrachmes d’Alexandre, et peut-être aussi à l’embarras qu’aurait causé à l’administration romaine la conservation de deux monnaies

(1) En Sicile, oit l'on ne complaît ordinairement que par lltrae et par lalenle, il e>t tout simple que la drachme ne soit pas nommée dans les tarifs officiels.

(2) Cf. Husscy, p. 31, noie I.

(3) C'est pour cela que l'an 71 1 de Rome on comptait encore en Syrie en tétradrachmes : ternit tetrachmis, dit Cassius, en écrivant 3 Cicéron [Ad

fam., XII, 13, 4) friticum apud Dolabellam est. Le manuscrit de Florence donne celte leçon, qui re'pond au grec vtvpiypov; il en est de mémo dans les mnnusrrlts de Maerlanus, |45

En Syilo.

INTRODUCTION HISTORIQUE

I>*n»la province d'Aile.

semblables, mais d'une valeur différente, ou la suppression complète de l'une d’elles. 11 en résulta que les pièces du système attique, pour peu qu elles fussent de bonne conservation et de poids, prirent toutes le chemin du creuset, et que les plus légères restèrent seules dans la circulation. Ce fait peut expliquer la rareté actuelle des tétradrachmes de Tripolis et de quelques autres villes qui continuèrent encore longtemps à en frapper. Aradus, mieux inspirée que Tripolis, renonça aux tétradrachmes et ne frappa plus que des drachmes qui, à cause delà rareté des anciennes pièces de cette valeur, furent peut-être considérées comme une nouvelle monnaie. L’émission des tétradrachmes recommença en Syrie dans des conditions plus avantageuses sous Auguste ; il en sortit un assez grand nombre de l’atelier municipal d’Antioche.

Nous savons par Festus que le tarif appliqué aux monnaies de la province d’Asie différait essentiellement du précédent. Lorsque cet auteur évalue en cistophores la drachme qu’il nomme euboique, il ne prétend pas en donner la valeur intrinsèque, mais seulement sa valeur au change ou au cour* , car il procède presque toujours ainsi ; la drachme euboique dont il parle est certainement l’ancienne drachme attique qui circulait encore en Asie. Malheureusement les chiffres ont été altérés dans le passage qui nous a été conservé par Paul Diacre ; mais avec une légère modification, en changeant le sept en six et en transportant et quingentorutn du premier membre de la phrase dans le second, on parvient aisément à rétablir le texte d’une manière satisfaisante et à lui donner un sens qui doit être le véritable : Euboicum talentum nummo Graeco sex milium cistophorum est, nostro quottuor milium et quingentorum denariorum. Ce qui prouve la justesse de

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