‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 53 sur 255 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

cette correction c'est que dans un autre passage Festus dit que 0,000 cistophores valent 4,500 deniers. De leur côté Tite-Live et Priscien estimaient l’ancien tétradrachme attique à trois deniers comme poids ou plutôt comme évaluation parfaitement applicable, selon nous, aux cistophores; car toutes les fois qu’il s’agit de monnaie grecque dans les auteurs latins, c'est toujours la monnaie grecque de l’Asie Mineure qu’ils sous-entendent. 11 en résulte donc que le tétradrachme attique a dû être dans la province d’Asie légalement assimilé au cistophore (1). Qu’on ne nous objecte pas qu'une monnaie pesant l7|r,46 n’a pas pu être tarifée au même taux qu'une autre pesant seulement 12*,,64. Ne trouve-t-on pas des tétradrachmes de Sidé et d’Aspendus en Pamphylie (2) poinçonnés avec la contre-marque des cistophores? Ces monnaies, frappées (3) par des villes libres étrangères, n’avaient pas de cours légal dans la province romaine, et ce poinçon était destiné à le leur donner en les assimilant aux cistophores. Cette mesure appliquée à des monnaies étrangères pouvait l’être à plus forte raison aux tétradrachmes de la province conquise, et cela d'autant plus facilement que les tétradrachmes attiques qui circulaient alors étaient fort anciens, fort usés, et perdaient en moyenne 1 ou 2 grammes de leur poids (4). Le but qu’on

(1) M. Pinder (Citloph., p. 552 ) estime le tétradrachme attique A 5 l/î drachmes-clstophores, mais seulement d’après le poids; mais il est clair que ce n’est point uniquement par le poids des pièces que i'on peut juger du cours des monnaies, surtout de leur cours légal.

(2) Sidé a frappé des tétradrachmes Jusqu'au temps de Marc-Antoine (Burgon, Num. Chron., VIII, p. 82 et suis.).

(î) Eckhel, Doct. Num. Vet., III, p. 15. — Plnder, Citloph., p. 552.

(4) Les tétradrachmes de Sidé, que Burgon a publiés ( Num. Chron., VIII , p. 90 et suis.), pèsent de I6‘',!H A 15*' ,71 ; ceux d’Amyntas, roi de Galatie. du temps de Marc-Antoine, pèsent 15», 99 (Pinder, p. 75), I5>’,97

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se proposait pouvait être de favoriser la nouvelle monnaie et de déprécier l’ancienne ; mais de plus c'était une excellente opération financière, qui produisait de précieux bénéfices; avec 100 tétradracbmes euboïques en bon état de conservation on fabriquait 125 cistophores et l’on payait ensuite en cistophores les dettes contractées en tétradracbmes. Ce n'était ni juste ni loyal, mais les circonstances exceptionnelles dans lesquelles se trouvait alors la province d’Asie, pouvaient expliquer cette banqueroute, du reste plus excusable que celle de Solon. 11 y avait donc dans la province d’Asie deux tétradrachmes, l’euboïque et le cistophore, ayant tous deux légalement la même valeur, comme en Syrie le tétradraebme attique et celui de Tyr. Dans la pratique continua-t-on A faire une différence entre les deux monnaies, et les vit-on longtemps encore circuler concurremment? C’est probable, mais d’abondantes découvertes de monnaies, si toutefois on prend soin de les décrire avec exactitude, pourront seules résoudre ces questions.

L’intention du gouvernement romain était certainement de faire disparaître en Asie comme en Syrie toute l’ancienne monnaie attiqne, et en attendant que cela fût possible, de la faire descendre au second rang ; on voulait arriver petit à petit à ce qu’il ne restât plus avec le denier romain que des cistophores dans la première de ces provinces et des pièces tyriennes dans la seconde.

( = 346,4), 1&*%83 (Placier, itirf.)e t 15*',82 ( = 244,2) (Burgon , Inc. al., p. 10 et sul*.). Ce» tctradrar.hmc» sont peut-être le» plus légers, et en même temps les derniers qui aient été frappés d’après le système attique Les derniers tétradraclunes avec la tête d’Alexandre pèsent en moyenne tff’.S ( Muller, Sum. d'Alexandrr, p. 8. — Cf. I'inder, Cisloph., p. S49).

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