CHAPITRE II
drachme attique; il n’est pas en cela tout à fait d’accord avec Aristote, mais il y a si peu de différence que l’on peut bien admettre que c’est du môme fait qu’il veut parler, l’eu de temps après il y eut une seconde réduction semblable, qui fit du nummus ou litra d'argent une pièce de 10 litrac de compte; ce fut une nouvelle banqueroute de 50 p. 100. Cette proportion de 10 litrae de compte pour une litra d’argent subsistait eucore du temps d’Aristote. La litra de compte était devenue si petite que, d’après les inscriptions de Tauroraenium, c’était la plus petite fraction possible : il en résulta que les onces de cuivre, dont on s’était servi autrefois dans les comptes, en disparurent complètement.
S ra.
Le système de la litra appliqué aux principales pièces d’argent de Syracuso depuis Iliéronyme, et co qu'il devient sous la domination romaine.
Les tétradrachmes d’Agathocle sont les derniers que l’on puisse rattacher au système des litrae. Les monnaies de Pyrrhus et d’IIiéron sont taillées d’après un tout autre principe; nous y reviendrons plus tard. Enfin un troisième système fut mis en vigueur sous le règne si court d’IIiéronyme (538-539 de Rome) , et fut conservé sous le gouvernement romain (1).
ivrl ptie. Il s'agit Ici de deux operations monétaires : l'émission de monnaies d'ctaln pour remplacer celles d'argent (ce qui fait que les monnaies d'argent des deux Denvs manquent dans toutes les collections ), et l'élévation de la valeur des monnaies d'argent existantes au quadruple ou plutôt au quintuple de leur ancienne valeur.
(I) Le grand médaillon qui porte la legendo BA2IAE02 IEPHN02 appartient à ce système ( ce médaillon n'a sans doute pas etc frappe sous
1 1 A ivrnnnif.rioN histomqce.
M. le <luc de Luynes nous en a développé toutes les particularités dans un traité aussi concis que bien fait (1). Ce savant en employant ce que nous serions tenté d’appeler la méthode empirique a trouvé une unité pesant 0",85. Celte unité est évidemment ce même nunnnus de 0«r,87 qui, multiplié par 5 et par 10, et ensuite par 2, 4, 6, 8, 12, 16, 24, et 32, a servi de base à deux séries distinctes : la première correspond aux drachmes et aux didrachmes attiqnes, la seconde au talent de cuivre composé de 12 litrae (2). On ne trouve guère de monnaies de cette espèce qu’à Tauromenium (3) ou à Syracuse, et toujours dans les limites des possessions d’Hiéron, c’est-à-dire dans cette partie de la Sicile que les Romains enlevèrent aux
le règne d’Hiéron, puisque ce prince ne prend pas le litre de roi sur aucune de ses autres monnaies) ; toutes les monnaies de i'Iiilistis et de Gélon, appar tiennent également au même système; mais rien ne nous oblige A tes classer avant .VIS. Kn somme, excepté les litrae d’argent, on ne peut pas citer une seule pièce, frappée sur ce pied monétaire, qui soit antérieure à la mort d'Iliéron II.
(I) Rev. num., 18V3, p. 5 et suiv. — Leake, dans son article sur les monnaies de Syracuse ( Transactions of the lt. Society, seconde série, III, p. 3Vt et suiv.}, se trouve presque toujours d’accord avec M. le duc de Luynes, dont Il ne parait pas cependant avoir connu te travail.
(I) Ceci est confirmé par les monnaies elles-mêmes, surtout par celles de
grand module qui sont d’une exécution plus soignée. Ainsi la grande pièce d’argent d'Iliéron II pèse 28*', 090 ( = 433,0, Thomas, p. 88); sa valeur étant de 32 litrae, elle donne A la litra le poids de 0",878. Un autre exemplaire de la même pièce (collection de lord Norlhwick) pèse 270,70 (=427 1/2). Celle d'Hiéronyme, qui pèse ( = 308 1/2, Mionnel,
Poids, y. 39, il” 91), étant une pièce de 21 litrae, donne 0",82 pour la litra.
(J) Tête d’Apollon. R Trépied. Ces pièces dont le poids normal est de 3*',48, et qui pèsent effectivement 3*', 25 (= 50,2, Thomas}; — 3«r,I9 (= 49,3, Thomas); — 3<’,13 (=18,3, Leake);— 3<’, 03 (=57, Mionnct, Poids, p. 38, n" 1001) sont des pièces de quatre litrae; celles d’une litra ont pour type : Tête de taureau, il' Grappe de raisin, et pèsent 0*’,8C (= 13 1/4, limiter).