CHAPITRE II
ce fait confirme la tradition d’après laquelle ces villes seraient des colonies originaires de Clialcis dans l’iled’Eubée.
Cumes et Himéra sont les premières villes qui aient abandonné ce système pour adopter celui de Solon ; Cumes a frappé des didrachmes du système attique, mais ils sont aussi rares que les drachmes du système d’Êginc. Quant aux piècesd’Iliméra, les plus anciennes portent pour légende YUb qui désigne l’ancien nom delà ville ^ ce nom n’a pas encore été suffisamment déterminé, mais il se rapporte évidemment aux anciens Hylliens, connus par les traditions grecques; ces monnaies appartiennent toutes au système d’Egine. Les autres pièces au contraire, sur lesquelles on lit HIMERA, sont toutes des didrachmes, des drachmes et des oboles at tiques, et par conséquent postérieures à l’année 160 de Rome. Cumes adopta plus tard le système monétaire de la Campanie, tandis qn’ Himéra, Naxos, Messine et Rhegium adoptèrent le nouveau système attirpte et frappèrent des tétradrachraes, des drachmes et des oboles ; les didrachmes sont aussi rares dans ces villes qu’A Athènes même. Les pièces sur lesquelles on voit le nouveau nom de Mesmna qui (Olymp. lxxiv-A, 273 de Rome) remplaça l’ancien nom de ZancU, appartiennent toutes au système attique; il en est de même des pièces d’Anaxilas de Rhegium dont la date est certaine (260-278 de Rome) (1). Cette émission de tétradrachmes et de drachmes a duré assez longtemps; car les légendes sont tantôt en caractères antérieurs à Euclide, tels
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(I) Voyez Rmckh, Met. Vnlers., p. 323. Il n’est pas probable que tonies les monnaies attribuées à Anavilas par Aristote aient clé frappées par lui, mais il y en a certainement dans le nombre qu'on peut faire remonter jusqu'à lui, et comme toutes sont du système attique, il faut évidemment ou qu’il ait Introduit ce système, ou bien qu’il l’ait trouvé déjà établi.
Villes
qui Adoptent le «jrstème attiqnc.
Forme
de» Ic^outle*.
INTRODUCTION HISTORIQUE
La litra
remplaça l obole comme petite monnaie,
et son ancienneté.
que IMEPAION, MESSENION, NAXION, PECINON, RECINON ou RECINOX, et souvent rétrogrades, tantôt dans la foruie de ceux introduits à Athènes par Euclidc, l’an 351 de Rome, tels que NAIION ME22ANION , PEHNOJ, PHHNON , PHdNOÎ. On remarquera que dans ces dénominations celle qui se rapporte au tétradrachme est tantôt au masculin et tantôt au neutre; elles sous-entendent s-rpàîpsytiov ou îuttottIp; celle qui se rapporte à la drachme est du genre neutre, et sous-entend f.^irtiTr.pov. L’émission des oboles correspondantes a duré assez longtemps, moins longtemps toutefois que celle des tétradrachmes. Toutes les petites pièces d’argent de ces villes et en particulier celles de Rhcgium avec l'ancienne légende rétrograde REC, pèsent de 0«r,67 à 0sr,6i, et concordent par conséquent avec le poids des oboles attiques. Les pièces plus récentes, au contraire, sont remarquablement plus fortes; ainsi la seule des pièces de Naxos, avec la légende NAïl au lieu de NAXI, dont nous connaissons le poids, pèse 0*',88. Des neufs petites pièces de Rhcgium avec PH qui ont été pesées, trois arrivent jusqu'il O", 82, et huit dépassent le poids ordinaire des oboles, tandis que le triobolion qui porte la même légende est extrêmement léger. Nous pouvons en conclure qu'ici encore les litrae ont remplacé les oboles comme à Syracuse et à Corinthe. Cependant les types n’ayant pas été changés, il en résulte que la limite entre les pièces des deux systèmes est un peu incertaine ; ainsi les pièces sur lesquelles on lit NAXI et qui pèsent de 0*',89 à 0«r,60, et celles avec la légende PECI (non rétrograde) de 0*r,77 à 0",G1 , celles de Messine de 0«',7Ü à 0«',A5, et une petite pièce d'Himéra de 0*r,73 peuvent aussi bien être des litrae que des oboles (1).
(I) Himéra a en effet frappé «les litrae, et la preuve nous en erl fournie par