CHAPITRE II
Cependant les pièces avec la légende archaïque NAXI pesant O8’, 89 et qui ne peuvent certainement pas être considérées comme des oboles, montrent combien la iitra est ancienne dans cette partie de la Sicile.
A l'époque suivante que l'on reconnaît à la terminaison HN des légendes, le tétradraclime disparaît complètement. \axos et Thermae émirent alors des didrachmes, des trioboleset des litrae d’argent à l’imitation de Corinthe et de Syracuse. On peut ranger dans cette catégorie les pièces de Naxosavec la tête du fleuve Assinus et la légende NAIIflN, ainsi que le rare didrachme sur lequel on lit 0EPMITAN. Dès lors Messine, les Mamertins et Rhegium ne frappèrent pour ainsi dire plus de grosses pièces d'argeut, mais seulement des petites, et encore en quantité fort minime. On peut certainement attribuer A cette époque les pièces fort rares qui portent la légende PHriNfiN, ainsi qu’une grande partie des litrae d'argent dont nous avons parlé ci-dessus, et sur lesquelles on lit ME2 et PH.
Comme pour combler cette lacune, on voit apparaître tout à coup les nombreuses pièces d’or et d’argent du Bruitium; toutes avec des légendes en caractères récents BPETTinN. On pourrait croire qu’à la suite d’un traité ou d’une convention entre les villes de cette contrée l’émission des pièces d’or et des principales pièces d’argent fut confiée à un pouvoir central, et que les villes elles-mêmes ne purent plus émettre en leur nom particulier que les petites fractions en argent et des monnaies de cuivre; nous ver-
Époquo plus récente ;
Ica villes cessent de fabriquer de l’or et les grosses plbccs d'argent dis par al* sent au moment oh commencent les plbccs du Ürutlium,
une pièce à fleur de coin du Cabinet de France (Figure nue sur un bélier. H Monstre) et qui pèse 0>',85. L'hésitation de M. Mommsen vient de ce que ce savant n'avait connu de cette monnaie que des exemplaires très- usés dont le poids élatl réduit A 0>’,73 (A. Salinas, /terne mon.. IBttt, p. .J S, note 2.). II.
poids de» pièce* du BrutNum.
L nr re*senil>Uncc avec
le» monnaie»
dlctlieuiies.
1 28 IKTRODCCTION UISTORIQl'E.
ions plus lard le même fait se renouveler au profit de Home, lorsque son autorité s'étendit sur l'Italie entière.
Il est difficile de déterminer l’étalon qui a servi de modèle aux monnaies du Bruttium. Les pièces d’or sont en général des drachmes et des trioboles du système attique (1), tandis que les monnaies d’argent, ainsi que les pièces assez rares sur lesquelles on voit la légende PHriNON et qui, évidemment, appartiennent à la môme série, sont d’une espèce tout à fait particulière. Celles du Bruttium présentent trois variétés : elles pèsent de 6er,77 à 5«r,65; de 5 grammes à 4", 3 (2) , et enfin de 2", 5 à 2e', 2 ; les deux pièces de Rhegium pèsent 3«r,28 et l‘\18. Pour trouver des monnaies analogues en argent , il faut aller les chercher en Sicile ; et en effet, les pièces d’Agrigente, «le date plus récente, au type de l’aigle, présentent des poids correspondants ; la plus forte pèse 3»r,57 et l’autre 1er, 17. Il en est de même des monnaies de Syracuse avec les noms des souverains qui régnèrent entre Agathocle et Iliéronyme; on peut citer en particulier toutes les pièces d’argent de Pyrrhus de fabrique positivement sicilienne, qui pèsent de 5‘r,6 à. 5*r,A, et celles d’Hiéron II, en petit nombre, qui pèsent de 5", 68 k 5‘r,00 (3). Ce rapprochement peut servir «4 déterminer d’une manière au moins approximative la date des pièces des Bruttiens et des dernières pièces de Rhegium. L’or gréco-sicilien nous fournit aussi des poids semblables à une époque anté-
(1) Il est tait mention de ces pièces d'or dans une ancienne inscription du Urutlium, Corp. inscr. gr., n’ 5"3 : Tù< tpic jjpujéo*.
(2) On peut leur adjoindre une pièce Isolée qui pèse exceptionnellement ii>,20, cl quelques autres qui pèsent un peu moins.
(3) La pièce de Tnuromenlom avec la légende TAYPOMENITAN , pesant 5 ’.tii (= 8*, coll. Kortlivrick.) est frappée sur le même pied.