CHAPITRE II
Leur circulation était sans doute fort restreinte et leur usage devait être purement local, car il existe des pièces de Naples surfrappées aux types de Calés, de Suessa et de Compultéria (1) ; il en existe aussi quelques-unes qui portent deux noms et qui, par conséquent, avaient cours dans le territoire de deux villes voisines (2). Nous verrons plus tard qu'on en a trouvé une assez grande quantité dans les dépôts de l’ltalie centrale ; mais la nature même de ces dépôts, composés des dons offerts à certains temples par des pèlerins venus de loin, explique assez la présence de ces monnaies dans des lieux si éloignés de leur pays d’émission.
Ce3 pièces n’ont pas de marque indiquant leur valeur; à en juger par leur poids 6*', A (en moyenne) et leur module uniforme, elles devaient avoir toutes la même valeur; Nucéria seule en a frappé de plus petites qui doivent être considérées comme valant la moitié des autres. Évidem-
nous avons adoptées. Le poids des sevtans, à fleur de coin, devrait les pincer avant l'année 537 de Rome, comme nous le verrons plus loin; mais l'irrégularité des fractions et l'absence de signes indiquant la valeur nous commandent une grande circonspection dans l'attribution de cette date ; nous sommes surs toutefois de ne pas nous tromper en les classant au vi* siècle. Nous avons classé au commencement de ce siècle les mou nales ayant un coq ponr type du revers. Cette trouvaille eonflrme aussi notre opinion sur l’époque des monnaies de Capoue au type de la tète de cheval avec la légende ROMANO et ROMA; nous considérons les premières comme les plus anciennes de cette série et contemporaines de Yaes yravejomain, et nous pinçons celles qui portent la légende ROMA, A la fin du v* ou au commencement du vt* siècle de Rome. Il est probable que le sextans romain et les pièces de cuivre ordinaires de la Campanie avaient la même valeur; mais il serait téméraire de vouloir tirer une pareille conséquence de leur présence simultanée dans ce dépôt.
(1) Eckhel, 1, p. 1 17. — Mionnet, 1, Suppl., p. 267, n* 343.
(2) Neapolis et Calés (Carelll, Descr., n* 426); Neapolis et Suessa (Ricclo, Monde di cilti, p. 11. — Minervini, Ostervaxioni numismatiche, p. 69); Calés et Suessa (Riccio, loc. cil., p. 12).
.NTROlHJCriON HISTORIQUE.
ment nous devons reconnaître dans ces pièces des lilrat et des hémilUrae, qui, à une certaine époque, ont remplacé les anciennes petites monnaies d’argent. Et si de plus, comme c’est probable, l’époque de cette substitution coïncide avec celle de la réduction de l’unité de compte dont il a été question au commencement de ce chapitre, elles doivent représenter des litrae de cuivre; il en fallait cinquante pour faire un didrachme napolitain.
Le lecteur aura remarqué, comme nous que, à part le bronze roinano-cainpanien auquel nous reviendrons, il ne se trouve point, parmi toutes les monnaies de la Campanie, une seule pièce que l’on puisse rattacher au système des as romains; nous verrons plus tard que ce système n’avait môme pas été adopté par les colonies latines de ces contrées.
M jititait-s des Saiiiiiitc».
Il nous reste à étudier au point de vue monétaire une contrée qui, placée au milieu de provinces, ayant chacune un système monétaire différent, n’en a cependant jamais possédé un spécial. Excepté les pièces frappées pendant la Guerre Sociale, les villes de la confédération samnite n’ont jamais eu de monnaies particulières; il n’y a môme jamais eu, à proprement parler, de pièces samnites, mais les villes du Samnium avaient, pour ainsi dire, adopté les monnaies des pays voisins et surtout celles de la Campanie. Nous voyons, en effet, que les pièces de cuivre très-rares, il est vrai, de Télésia, ville située sur l’extrême frontière de la Campanie et du Samnium, et celles des colonies latines situées au centre même de ce pays, comme Béuévent et Aeser-