CHAPITRE II
nia, sont, il en juger par les types, tout à fait analogues aux pièces de la Campanie. Le résultat des fouilles nous en fournit une nouvelle preuve. Dans celles de Campo-Laurelli.près de Toro, non loin de Campo-Basso, il ne s’est pas trouvé de pièces de bronze campaniennes; mais sur les quatre-vingtdix-huit monnaies qui en proviennent et qui ont été soigneusement observées, il s’en est trouvé soixante-trois d’argent, dont quarante-trois de Phislélia, huit d’Allifa, cinq de Naples, trois d’Hyria, une de Nola, trois de Capoue (1); le nombre, de ces pièces est tout à fait en proportion avec ce que nous savons d’ailleurs de la production de ces divers ateliers. Ces mêmes fouilles prouvent que les monnaies de Tarente et des villes voisines circulaient dans le Samnium concurremment avec celles de la Campanie, car on y a trouvé une pièce de Posidonîa, cinq de Vélia, deux de Crotone, deux de Thurium, une de Métaponte, cinq de Tarente; et, ce qui est plus extraordinaire, deux pièces d’argent fort rares au type d’Hercule étouffant le lion, avec la légende nEPirTOAnN niTANATAN , tout à fait semblables pour le module, la fabrique et sans doute aussi pour le poids aux dioboles de Tarente et d’Iléraclée du même type. 11 est évident que ces monnaies ont été frappées par les Pitanates, qui, .au dire de Strabon (2), étaient une colo-
(1) Bu! Ut. arch. Nap. S. S., III, p. 130. Nous regrettons que les types rte ces monnaies n’aient pas etc décrits plus exactement. Nous avons déjà (ci-dessus, note 2, page IGI ) combattu l’opinion de M. Minervini, qui attribue les monnaies de Phislelia aux Samnites.
(2) V, p. 260 : Ttvlç oï xa: Aixtova; ffuvoCxouç aùxot; ( Eavvtrai; ) YtvtaOai on\ xa\ 5tè toüto xa\ çtXO.Xv)vaç ôripÇat, ttvi; 51 xa'. H ira vira; xaAtlîôai* fioxel os xat Tapavxtvwv rXiapa toüt’ *tvai. Il parait donc que cc fait n’est pas un conte invente par les Tarentins, et qu’en efl'et une garnison de Pitanates, partie de Sparte ou plutôt de Tarente, s’etail établie dans le Samnium, et qu’elle y avait en même temps fonde une ville.
INTRODUCTION HISTORIQUE
nie do Tarente (1) établie dans le Samnium. Enfin les monnaies latines de cuivre frappées en Apulie avaient également cours dans le Samnium; car un bronze de Téate, un autre d’Arpi, un triens de Lucéria, sept deniers ou quinaires et sept as romains se sont également trouvés à Campo- Laurelli.
On a retiré du lac Fucin des monnaies de Naples et de Calés avec des as de la série librale et de la série onciale (2) ; dans une nécropole à Rapino, dans le pays des Maruciniens, il s'est rencontré une pièce d’argent de Naples, dix monnaies de cuivre d’Aesernia, une de Frentanum, deux de Teanurn à légende latine, et de plus un certain nombre de pièces romaines et latines (3) . A Agnone, dans le Samnium, M. Friedlânder a trouvé et acheté pour le musée de Berlin un assez grand nombre de bronzes du système libral.
On le voit, les systèmes les plus différents et les plus opposés se rencontrent ici côte à côte, et il est probable que les monnaies de Tarente qui avaient été d’abord les plus nombreuses dans le Samnium y ont ensuite été remplacées par celles de la Campanie.
(1) Le butin pris aux Samnltes en 461 avait été vendu pour *,533,000 ns pesants ; on avait enlevé en même temps 1 ,630 livres d'argent, quod captura tx urbibus eral (T. Liv., X, 46 ). Cette donnée ne prouve rien au sujet des monnaies du Samnium, et on peut seulement en conclure qu'avec les monnaies d'argent de la Campanie et de Tarente, on avait enlevé aussi des lingots et de la vaisselle du même métal.
(2) Choupy, Maison d'Horace, 111, p. 231.
(3) Annales de l'Institut arch., XVIII, p. 118.
Fil, DE L’ INTRODUCTION II1STOK1QUK.