CHAPITRE I
TronraHlci de Faltcron* et
des Aqnao ApoUinmcf.
les métaux employés aux usages domestiques et à l’agri culture n’aient également servi à faire des échanges. Nous aurions ainsi une explication satisfaisante de ce que les historiens ou la tradition nous disent, soit des obélisques (petites barres de métal) que l’on conservait dans le temple de Junon Argienne , et que Phidon, roi d'Argos ( dont le nom dans la légende hellénique personnifie l’argent monnayé), aurait fait briser (l),soit même de la prétendue monnaie de fer des Spartiates.
Quoi qu’il en soit les Grecs eurent de bonne heure de l'argent monnayé, et l’habitude d’échanger les métaux utiles se conserva chez les Italiotes beaucoup plus longtemps que chez eux. Des traces de cet usage subsistèrent môme après l’introduction de la monnaie proprement dite en Italie, et se retrouvent, jusqu’à une époque récente, dans plusieurs coutumes civiles ou religieuses des Romains et dans quelques formes du langage (2). Ainsi, longtemps encore il fut d’usage de se donner mutuellement un morceau de cuivre brut ou rond (raudus, rodusculum) comme gage d’une transaction et pour symboliser la transmission; longtemps aussi on consacra aux Dieux des morceaux de métal brut (stipem jacere).
Beaucoup de ces morceaux de métal ont été trouvés dans les dépôts de dons offerts aux divinités des fontaines, comme aux sources de l'Arno, au pied du mont Falterona et aux Aquae Apollinares, près de Yicarello, non loin de Tarquinies (3). Ces fragments étaient confondus avec un grand
(1) Ba'ckh, Metr, Unlers., p. 70.
(2) La racine du verbe nestimnre est aet.
(3) Ces morceaux de cuivre brut représentaient sans doute la monnaie primitive! on trouve rarement des pièces d’argent dans les dépôts sacres, et Il n'elait pas permis dans les actes juridiques de remplacer le rodusculum
ANCIENNES MONNAIES
nombre de monnaies de bronze de différents pays et de diverses époques; il est même probable que quelques-uns d’entre eux sont d’une date relativement récente, puisque leuranalyse donne A, 80 0/0 de zinc sur 95,20 0/0 de cuivre et que cet alliage ne fut pas employé avant l’époque impériale. Ceux qui paraissent les plus anciens contiennent 93,70 de cuivre pour 6,30 d'étain (et pas de plomb) . Ces dernières proportions sont exactement celles que l’on trouve dans la plupart des anciens ustensiles de bronze (1) .
Quelques curieuses qu'aient été ces découvertes le trésor rn.nr.in. trouvé en 1828 auprès de Yulci, et qui semble remonter à d0 Vu,clune époque plus ancienne, est beaucoup plus intéressant pour l'histoire monétaire. Au sud-est de la ville, auprès de Ponte délia Badia, dans une construction antique, et parfaitement intacte, à 1"',25 environ au-dessous du niveau du sol, on trouva un vase de terre grossière contenant des pièces de bronze de trois différentes espèces, savoir :
1“ Des quadrilatères en partie brisés, pesant de deux à trois livres et ayant diverses empreintes, entre autres celles du bœuf et du trident. Trois de ces fragments sont aujourd’hui au musée Kircher, à Home (2).
2° Des morceaux de cuivre coulés en forme de cube et en fort mauvais état, sans aucune espèce d’empreinte, ni
par une pièce d’un sesterce. — Voy. Bulle! . de Vinst. arcli., 1838, p. 86- 70; 1842, p. 79. — Mlcali Monument i inediti , p. 88. — Geiinarelll , La Mo. neta e i monumenti primitivi de II' Italia a ni ica messi in rapporto cronotogico e ravicinati aile opéré (Tarte delle altre nazzioni civili delT antic/utà , 1843. Roma, ln-4", p. 93.— P. Marclii, Stipe trovate nette acque Apoll p. 7.
(1) Voy. Gozzadini ( Scpolcretlo etrusco , Bologne, 1864, p. 22). L’analyse que donne cel auteur a etc faite sur un morceau de cuivre trouve à Villanova, non loin de Bologne, dans un tombeau étrusque.
(2; Ces trois pièces ont pour type : 1® un bœuf sur les deux faces; 2° un aviron avec deux dauphins, K deux poulets; 3" une haste sur les deux faces