CHAPITRE I
Aos rade et »e* signature.
rien qui indiquât leur valeur ; leur poids variait depuis une once jusqu'à une livre. Ces cubes formaient environ un sixième de la masse totale.
3" Des pièces en forme d’ellipse aplati et dont les poids représentaient les diverses fractions de l'as; les plus nombreux étaient ceux qui correspondent au sextans (1).
Le vase qui contenait tous ces objets était complètement isolé; on n’a découvert dans les environs immédiats aucune trace de sépulture et il offre tous les caractères d’un trésor enfoui.
On a remarqué que sur ces quadrilatères le type est tantôt le même, tantôt différent sur les deux faces, et que jamais on n’y voit la proue de navire, cet emblème pour ainsi dire officiel de la monnaie romaine en cuivre, ni aucune marque indiquant leur valeur (2).
Ces découvertes, tout en confirmant l’opinion d’après laquelle l’nes rude était plus anciennement en usage que l’aes sùjnalum, nous apprennent aussi que ces deux valeurs circulaient en mèfne temps et que les lingots les plus pesants (ceux dont le poids est au-dessus d’une livre) étaieut à cette époque les seuls qui eussent une empreinte. L’image du bmuf qui se trouve sur la plupart d'entre eux est conforme à la tradition d’après laquelle Servius Tullius aurait été le
(1) Comp. le rapport de Kossatl (Gennarelli, /oc. c/1., p. 11% et le P. Mnrchi (loc. cil., p. 22). Ce trésor fut porte au palais Candelori, et le cardinal Calent l'acheta avec d’antres antiquités pour le musée du Vatican, d'otl Il passa ensuite au musée Grégorien par les soins de M. Luigi Grifll; on assure qu'il en a disparu on ne sait comment.
(2) Voy. h l’annexe F. Nous donnons ici le poids des onse pièces qui ont été pesées : de 17D0à 1701 (3 exemplaires), 1698, 1686, 1680, 1611, 1525, 1488, 1380, c'est-à-dire de 4 lir. 1,1 i h lir. 1)3 rom ; on cite aussi uo fragment qui pèse 1167, et II nous parait par conséquent fort douteux qu'il lui manque la moitié de son poids, comme on l'a prétendu.
ANCIENNES MONNAIES
premier à marquer le bronze ( priants tignavit aet), en y faisant représenter un bœuf, une brebis ou un porc (1). D’après la même tradition ce roi fut aussi le premier qui introduisit à Rouie les poids et les mesures (2).
On peut donc, sans crainte de se tromper, admettre que ces lingots constituaient une sorte de monnaie fabriquée sous la surveillance du gouvernement et par son ordre. La légende ROMANOM (3) qui se voit sur quelques-uns de ces quadrilatères semble appuyer cette opinion, et son absence sur la plupart des autres ne prouve pas le contraire, puisque les pièces rondes qui ont été bien positivement coulées à Rome sont toujours sans légende.
Nous conclurons de tout ce que venons de voir que ces lingots, avec ou sans légende, circulaient à l'instar de la véritable monnaie des âges suivants. Le gouvernement, par la marque qu’il y faisait apposer, l'approuvait comme moyen d’échange légalement reconnu, il garantissait la qualité du métal, mais non le poids, que la balance seule devait constater.
On pourrait, il est vrai, essayer de faire remonter la fabrication de ces lingots à l’origine même de l’art monétaire
(1) l’ny Marquant!, Hantlhbuch , III, 2, 4 et les noies 5 et (I. Il nous semble inutile de rappeler ici le» fables débitées par quelques auteurs sur les prétendues monnaies de cuir, de fer ou de terre cuite attribuées a Munit.
(2) Sex. Aurel. Victor, De vins illustriius urhis Bovine, VII, 8.
'3) L'authenticité du lingot ayant pour type un Foudre et Pégase avec h legende ROMANOM est actuellement incontestable (Eckhel, SyUoge, p. UO ; Doclnna num . rrt , I, p. 8G, et V, p. .VO. — BuUet.de ï Inst. nrrh ., 1814, p. 61, 62), car on a découvert un nouveau fragment semblable et d’une authenticité incontestable sur lequel on lit ROM. (Lapranesi. cité par Diamilla, Memorie numisnmiiche, I, p. 42). La fabrique ne nous en semble pas tout à fait romaiue; et la forme de la lettre A et la désinence du génitif
Ancknnrté de Trie» •îcr»;ttLMTi.
PI. VII, n**3 et 4.