CHAPITRE I
en Italie. Mais il est plus facile de constater leur ancienneté relative que leur âge réel. En effet, plusieurs villes de l'Italie avaient déjà un monnayage perfectionné, lorsque d’autres plus retardées, comme celles de l’Étrurie et de l’Ombrie par exemple, conservaient encore l'ancien système ; et il est certain que les lingots (ceux mêmes qui n’étaient pas marqués) continuèrent à circuler concurremment avec la monnaie proprement dite et à être reçus, au poids, dans les transactions commerciales, tant que le cuivre conserva une valeur intrinsèque (1).
Le style de ces quadrilatères ne dénote pas en général une très-haute antiquité; le type reproduit sur les deux faces doit hécessairement en reculer la date jusqu’après l’époque du perfectionnement de l’art monétaire en Grèce, et nous pensons que la plupart de ceux que l’on voit dans nos musées sont contemporains de l'as libral. Quant à la variété qui porte la marque de sa valeur, cette circonstance ainsi que sa légèreté nous engagent à la faire descendre jusqu’après la suppression de l'as d'une livre (2).
NOM, variante du génitif NO qui se voit sur les plus anciennes monnaies latines de la Campanie semblent être des Indications qui ne (ont pas A négliger. Cca piècea ont été trouvées l'une et l’autre dans le Lnlium.
(I) Il en tut A peu près de même à l’époque de ConstanUn et de ses successeurs, où les payements se faisaient indifféremment en lingots d’or d'une livre ou en sous du meme métal.
(î) Charles Lenormant (.Élite des monuments cirnmngrniihiques . t. I. Introduction, p. xxxix) parle d’un quadrilatère de bronze fort ancien et d« style archaïque que M. le duc de Luynes aurait vu dans un de ses voyages en Italie. Ce monument dont le type est une Ancre, Trépied, et que M. le duc de Luynes avait en effet vu & Genzano en 1819 clics un nommé Caret il. nevall, est d'un beau style i on peut en juger par le dessin que nous en donnons, mais il n'est pas aussi archaïque que Ch. lenormant semblait le
AFS S1GNATLM.
Monnaie do cuivre proproment dite instituée par les Pécetnvlr*.
Le second pas à faire dans le monnayage était l'emploi de la monnaie proprement dite, c’est-à-dire de morceaux de métal portant l’indication de leur valeur légale. Nous pouvons conclure de ce qui a été dit au paragraphe précédent que malgré le témoignage de quelques historiens, il est difficile sinon impossible d’en faire remonter l’usage à Rome à une époque antérieure à celle des Décemvirs.
En effet, la loi attribuée à Numa Pompilius, et qui accordait 100, 200 ou 300 as au vainqueur chargé de dépouilles opimes est d’une époque beaucoup plus récente, et le cens fixé par Servius Tullius était basé sur l’étendue des propriétés foncières et non sur leur valeur en monnaie. Le Sacramenlum ou amende, que celui qui perdait un procès était obligé de payer au pontife, était ordinairement fixé
présumer; le trépied ressemble à relui des monnaies deCrotone, et l’ancre à Pi. xvm, t. relie des monnaies elrusques attribuées à une ville Inconnue des environs d’Arezzo par M. Mommsen et dont nous donnons egalement la gravure.
Son poids est de 1404 grammes. Voy . l\4nne.re F, n° 8, A la fin de ce volume, et l’explication de nos planches, au troisième volume.
Quoi qu’il en soit de l'ancienneté 4e ce lincot, il a dû en exister de beau* coup plus anciens. Cnronni, dans son ouvrage anonyme intitulé Ragguaglio di vioggio di un dilettante antiquario condotto in Barber ia, Milano, 1805, t. If, p. 183, pl. XIII , décrit un quincussis de bronze, de forme carrée avec la légende N.ROMANOM. Ce lingot pèse M88 grammes, A une fraction Pl. iq .t IV. prèa, et noua semble remonter beaucoup plua haut qu'aucun de ceux que noua avions *ua Juaqu'icl. Voy. au troisième volume, A l’explication de noe planches, ce que noua disons de celle pièce singulière, et des contrefaçons qui en ont été faites par un habile faussaire; voy. aussi Rev. num.,