‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 10 sur 110 · DENIERS D ARGENT · texte numérisé non relu

DENIERS D ARGENT

furent frapi)és à Rome les premiers deniers d'argent de la République. Les historiens n'attribuent cette innovation à aucune cause ni à aucune influence étrangère, mais seulement au développement considérable qu'avait pris à cette époque la richesse nationale (1) . Le choix des Dioscures pour le type du denier d'argent semble s'accorder avec cette donnée historique : les Dioscures étaient considérés comme les dieux tutélaires des chevaliers romains, c'est-à-dire de la portion du peuple-roi qui s'occupait plus particulièrement du commerce; le quartier où était situé le temple qui leur était consacré pouvait être considéré comme le centre des affaires, comme la Bourse de Rome (2). Quelques années auparavant, en A60, on avait institué la fête 304 av. .t .^. de ces divinités, qui se célébra depuis annuellement avec pompe, et consistait en une brillante procession de cheva-

(1) Oa a dit que Zonare avait donné les préparatifs de la guerre contre les Samnites comme une des causes de la première émission des deniers d'argent : mais cela n'est pas exact; Zonare n'en parle pas, et Denys d'Haliramasse n'en dit rien non plus dans le récit qu'il (ait de cette guerre (Ant. rom., XX. 9).— La possibilité de cette induction n'est même pas admissible, puisque les annalistes (qui ont tous évidemment puisé à la même source) sont unanimes pour placer la guerre des Samnites en 485^ et la première 209 av. j.-c. omission du denier d'argent en 48C. 36S av. .1 -c\

{t) Latégion de Rome, nommée adJanum médium, désignée par Horace ( Sat. Il, 3, 18, et le Schol.) comme le centre des affaires, et que l'on pourrait nommer la Bourse de Rome, comprenait certainement dans son étendue le temple de Castor [Bull, de VJnsl. arch., 1850, p. US); le lieu indiqué par les mots sub veteribus^ d'après Plante {Curculio, IV, 1, 19: Sunt qui dant quique accipiuni fenore), était évidemment auprès du temple de Castor, puisque dans le vers suivant l'auteur ajoute : Pone aedem Casforis ibi sunt subito quibus credas maie. Voilà pourquoi lorsque la loi Valeria réduisit toutes les créances au quart de leur valeur primitive, le tableau de cette réduction fut affiché sur le temple de Castor (Clcero, pro Quinct., IV, 17); on déposait de l'argent dans tous les temples, mais de préférence dans le temple de Castor (Juvenal., Sat , XIV, 260).

liers romains qui se rendait à ce temple ; ce culte paraît avoir été alors le culte en faveur, on pourrait dire le culte à la mode, en Italie ; aussi voit-on en même temps le type des Dioscures sur les monnaies romaines, romano-lucériennes et sur celles de Paestum. En effet, les deux divinités tutélaires des marins hellènes étaient un type fort approprié au\ monnaies que les villes les plus guerrières et les plus riches de l'Italie faisaient frapper en vue surtout de leur commerce maritime, et par lesquelles elles se rapprochaient du système monétaire des Grecs.

C'est aussi à cette époque que l'administration de la monnaie, ou plutôt l'atelier monétaire de la République, fut établi sur le mont Gapitolin, dans le temple de Junon la Conseillère {Moneia) (1).

(1) C'est ce que semble conûrmer ce passage de Suidas, emprun'é probablement à Suétone : * MovîiTa fi lïpa -napàt Ptojiatot; èç aixto; toiqotSs. Pcuiiocloi 6eTi8évT£ç xpri[iÂX(ù^ èv t<J) x^tç nû^pov xa\ TaçavTÏvouî T.oki[n^ Yiu^avTO t^ âfot' TfjV 5è XP^'*' aÙTOÏ;, el twv BtXojv àvôéÇovxai pLexà ôixaioaûv-ï^ç, ^^pTÎjAaTa aÙTOÙ; jX"?i èriXe t}/eiv. lux^^'^^» ^^ fojpLaïot t-?,; alnrîaewç èT(|X7ijav lïpav Movr^Tav, Touréo^t oûjjlCouXov, t6 vdaia|ia èv tû Upîj) aÙTT,ç ôpt^avreç ^^apârceoOai. • Cf. V. ÀOTipta. Le nom et le temple de Junon Moneta sont, il est vrai, bien 2fio av. j.-c. plus anciens que l'année 485 (Beclter, Topographie derstndt Rom^ dans son Handbuch, I, p. 40 ), mais II est certain que l'atelier monétaire des Romains fut établi dans ce temple (Tit.-Liv., VI, 20) pendant quelque temps, et rien ne prouve que son établissement dans ce lieu ne coïncide pas avec l'époque de la guerre de Pyrrhus, el par conséquent avec rémission de la monnaie d'argent. De là vint l'usage d'appeler méiaphorlquement les magistrats préposi'S h la monnaie Triummri monetales ou Monetarii, et plus tard on appliqua la dénomlnali( n de Moneia k l'argent monnayé lui-mrme.

RAPPORT DE i/aRGBNT ET DU CUIVRE. 31

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