LOIS MONÉTAIRES
MAGISTRATS MONETAIRES ET LOIS RELATIVES A LA MONNAIE SOUS LA RÉPUBLIQUE.
La fabrication des monnnies exécuta à Rome en vertu de décrets du peuple et administrée par des magistrats, sous la surveillance et le contrôle du sénat.
A Rome, comme partout, le droit de battre monnaie appartenait à rÉtat. Nous ignorons quelle était dans l'origine la part faite à chacun des pouvoirs constitutifs de la République dans l'exercice de cette partie de la souveraineté ; mais ce que nous en savons pour les deux derniers siècles, peut nous fournir des données suffisantes pour apprécier ce qui avait eu lieu dans les temps antérieurs. Or nous allons voir qu'à cette époque le peuple, le sénat et les magistrats^ concouraient, chacun pour leur part, à l'émission légale des monnaies, cette branche de l'administration si importante pour la fortune publique, et que l'on peut appeler l'expression vivante de l'autonomie. Le peuple décrétait et des magistrats spéciaux administraient sous la direction et le contrôle du sénat.
Le peuple, rassemblé dans les comices par tribus, décrétait tout ce qui était relatif à Témissiou, au poids, à la division, au métal des monnaies , au rapport des métaux entre eux. Nous le voyons par la loi Papiria et la loi Fiaminia sur le poids de l'as, par la loi Flaminia sur la proportion de l'unité d'argent avec l'unité de cuivre, parla loi Livia sur les monnaies fiduciaires, qui devaient alors être émises
en même temps que les monnaies réelles, par la loi Glodia pour la suppression des pièces de 3 sesterces et pour l'assimilation aux quinaires, de celles qui restaient encore en circulation , enfin par la loi Papiria, qui ordonne une nouvelle émission de pièces d*un sesterce.
Dans la limite de ces restrictions légales, c'était, originairement, au magistrat suprême, à celui qui était revêtu de Yimperium^ qu'il appartenait de fixer souverainement le moment, l'étendue, le mode de l'émission monétaire et l'espèce des monnaies à émettre. Car dans une république c'est au magistrat suprême qu'il appartient d'exercer au nom de l'ensemble des citoyens, tous les droits souverains que la loi n'a pas spécialement réservés à des magistrats particuliers. Aussi les dictateurs, les consuls j les proconsuls, les préteurs ou les propréteurs devaient-ils exercer le droit de battre monnaie avant qu'on n'eût créé des ofBders monétaires spéciaux ou quand ces derniers cessaient d'exercer leurs fonctions.
Ce droit n'impliquait pas nécessairement aVet lui celui de mettre sur les pièces son nom, un symbole ou un emblème particulier, car le magistrat ne l'exerçait pas en son nom personnel, mais au nom et par délégation dû la Communauté. Aussi à l'époque brillante du iv« et du v* siècles, lorsque les individualités s'effaçaient pour làisâèr à l'État ou à l'ensemble des citoyens les honneurs de la souveraineté avec le prestige de l'autorité, en un mot tant qu'il exista une res publica proprement dite, lés divinités tutélaires de Rome et le nom de la ville avec son etnblëme, la proue de navire, se montrent touls sur les monnaies ; à peine y trouvons-nous quelquefois le signe distinctif de l'atelier monétaire (P de Luceria est le pluâ ancien); et ce signe distinctif n'est qu'une initiale ou nn taonogramnie, tandis que le nom de Rome s'écrit en toutes lettres.