LOIS MONÉTAIRES. A
Lorsque vers la fin de la dernière guerre punique la République se trouva entraînée vers la forme oligarchique, les magistrats commencèrent à marquer leurs monnaies d'abord d'un symbole ou emblème distinctif, ensuite du nom de leur famille, indiqué par un monogramme. Leur nom particulier ne parut que plus tard, caché dans les premiers temps sous la forme de l'initiale ou de l'abréviation. Longtemps le nom de Rome conserva sa prééminence sur celui du magistrat ; il passa au second rang vers le milieu du \iv siècle, et bientôt après disparut entièrement. Vers la même époque apparaissent sur les monnaies les premiers noms de dignités, et l'ancien type uniforme se trouve remplacé par la représentation des exploits, souvent plus ou moins fabuleux, des aïeux, douteux eux-mêmes, des jeunes patriciens chargés de faire frapper les monnaies de la République; enfin, sans ouvrir l'histoire, l'inspection seule des monnaies nous apprendra bientôt que la monarchie militaire a succédé au gouvernement républicain. Dans le fait n'était-il pas moins choquant de voir la tète de César remplacer sur les monnaies celle de la déesse ROMA, que de voir un Faustus Sylia célébrer sur des monnaies républicaines, les hauts faits de son père et de son beau-père, ou le jeune Brutus, & l'âge de vingt-cinq ans, proclamer comme un héritage de famille sa vocation au tyrannicide, en mettant sur les monnaies de l'État, le buste et le nom de ses ancêtres? Nous examinerons tous ces détails lorsque nous nous occuperons de la série chronologique des monnaies de la République ; étudions d'abord le droit de battre monnaie en lui-même, au point de vue de la constitution.
Nous l'avons déjà vu, ce droit est essentiellement l'apanage de la souveraine puissance, de Yimperivm; or nous monnaie urbaine
■t i» t » , t . . , . . et monnaie frappée
savons que la fabrication des monnaies romaines n a jamais uorb de Rome
DiTision de lu monnaie m
h à CHM>irRË IV.
été un privilège exclusivemenl réservé à la capitale , mais que, d'après les circonstances, elle avait souvent lieu dans les provinces même les plus éloignées ; nous pouvons donc admettre à prtorf que le droit de battre monnaie participait à la nature de Yimperium auquel il était attaché. Limité dans Rome et soumis à certaines restrictions comme Yimperium civile^ il participait, hors de Rome et jusqu'aux extrémités de l'Empire, à l'omnipotence de Yimperium mititare. Ainsi nous avons deux sortes de monnaies à étudier, celles qui furent frappées à Rome même, que nous appellerons monnaies urbaines^ et les monnaies frappées hors de Rome, sous l'autorité des généraux d'armée et des gouverneurs de province.
Mounnies urbnines ou frappées dans Rome.
Les preinltTs inaffistrats de Itomen'eserccnt pas le dro t de battre monnaie dans la capitule.
La monnaie urbaine aurait dû, d'après ce que nous avons dit plus haut, être du ressort des consuls ou des préteurs ; nous ne savons pas quelle fut la règle adoptée dans l'origine et si les premiers as coulés furent fabriqués par ordre des décemvirs et ensuite par celui des consuls ; mais dès que les noms des magistrats commencent à se montrer sur les pièces, nous savons qu'il n'en fut pas ainsi, et nous reconnaissons en cela la tendance de la politique des Romains. Dans le développement de leur liberté, ils ont constamment cherché à limiter ou même à supprimer autant que possible, dans l'intérieur de Rome, l'autorité de leurs premiers magistrats, surtout pour ce qui touchait aux finances et aux caisses de l'État; ils y étaient parvenus longtemps avant qu'au vr siècle les noms des magistrats monétaires et au vu* les titres indiquant leurs fonctions, parussent sur les monnaies;
moni^talres.