‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 20 sur 110 · MONNAIES MILITAIRES. OS · texte numérisé non relu

MONNAIES MILITAIRES. OS

pièce a été frappée par son ordre et non en son hooneurj , les pièces d'or de Sylla, celles des Italiens révoltés, celles de Pompée, enfin celles de César lui-même. La législation romaine, en autorisant les payements en lingots d'or, ne donnait pas aux monétaires ordinaires ou extraordinaires la faculté de frapper des monnaies d'or, mais elle suffisait parfaitement pour que les généraux d'armée se crussent le droit de le faire. Ces généraux se conformaient, du reste, pour les points essentiels, aux règlements en vigueur à Rome, et leurs deniers sont comme de raison, taillés, sur le pied des deniers frappés dans la capitale.

Il est bon d'observer ici, que jamais magistrat romain n'a fait frapper des monnaies d'après le système local des provinces conquises, même lorsque, par exception, la fabrication de ces monnaies continuait à être tolérée, et qu'elles circulaient avec l'autorisation du gouvernement romain. Ainsi les tétradrachmes macédoniens avec la lélégende MAKEAONHN furent, il est vrai, frappés sous la domination des Romains mais en vertu du droit local conservé aux Macédoniens et non par les officiers romains. Ajoutons cependant que, dans ces cas exceptionnels, le gouvernement romain se réservait toujours un droit de surveillance sur les ateliers locaux; nous verrons plus tard comment cette surveillance et ce contrôle finirent peu à peu par absorber le droit lui-même; il ne pouvait en être autrement, puisque les magistrats chargés de ce contrôle étaient le questeur et le gouverneur, qui avaient eux-mêmes, en vertu de leur charge, le droit de battre monnaie.

Qnelle <5tait la pnrt d*inflnence r^^scrrée au sénat dans rémission des monnaios.

Ce que nous venons de dire donne assez la mesure de la part d'influence exercée par le sénat sur le monnayage. Quoique, originairement, le sénat n'exerçât aucune des prérogatives de la souveraineté, qui était partagée entre le peuple et ses consuls, et que, légalement, un plébiscite pût même sans son intervention nommer une commission monétaire, il est à croire cependant que, dans les premiers temps, rémission de nouvelles pièces n'avait lieu dans la capitale qu'en vertu d'un sénatus-consulte spécial. C'est même probablement pour cela que sur les anciennes pièces il est si rarement fait mention du sénat (1). Les formules qui constatent son autorisation ou son intervention (2) ne commencent à se montrer qu'après la création des triumvirs, spécialement chargés de surveiller la fabrication des monnaie». Ceci, du reste, s'explique

(1) C'est ce que prouTe notre tableau chronologique. Dans la légende p.. XXIX. a- 7. PISO. CAEPIO. Q. AD. FRV. EMV. EX. S. C. le sénatus-consulte se rapporte à Tachât des blés et non à la permission de battre monnaie.

()) Outre les formules ordinaires EX. S. C. et S. C, on trouve encore les suivantes :D. S. S. (de senatus sententia, n- 186 et 243).— P. E.S.C. ( publiée ex senatus consuito, n* 207). — S. C. D. T. ( senatus cmsulto de PI. XXIX, n- «0. ihesauro (?), n» 257; TexplicaUcn est encore douteuse). — ARG(efito) PVB(/ico) (n* 210), ou bien EX. A.PV. (n» 208). ou bien EX. A. P. (n- 238-234), A. PV. (n* 215), ou bien encore P. A. (n* 235), ou bien PV. {publiée, n« 209), ou enfin P{ubliee) (n» 211 ). Toutes ces formules semblent destinées à indiquer une émission exceptionnelle et à lui donner la sanction légale. Les deux dernières pourraient tout aussi bien désigner un décret du peuple.

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