INFLUENCE DU SÉNAT
parfaitement; car ce n'est qu'à partir de cette époque que Ton peut établir une différence entre le monnayage ordinaire et le monnayage extraordinaire. Depuis, comme nous l'avons déjà vu, cette autorisation du sénat ne se trouve plus sur les pièces frappées par les triumvirs monétaires ou par les généraux d'armée, mais il est rare qu'elle manque sur les monnaies émises dans la capitale en dehors des usages ordinaires. Ajoutons cependant que cette règle n'est pas absolue (1) , et que l'on pourrait citer un certain nombre d'exceptions (2) .
(1) Nous afong déjà tu la formule S« C. ou une autre analogue sur des monnaies appartenant à des préteurs, des édiles, des questeurs ou exceptionnellement à des généraux d'armée. On les trouve encore avec les légendes suivantes : M.AFRA.S.C.- LAXSIVS.LF.NASO.S.C.
— C. CÂSSI. L. SÂLINÂ. D. S. S. (As.) — Tl. CUVD. Tl. F. p' ^^^"' "• ^ AP. N. S. C. — C. CONSIDI. NONIANI. S. C. — CETEGVS.
S. C. — LENT. MAR. F. P. E. S, C. — FAVSTVS. S. C. — C. FABI. C. F. EX. A. PV. — LFARSVLEI. MENSOR.S.C. — P. CRASSVS. M. F. S. C.-M. LVCILI. RVF. PV.— C. MARI. C F. CAPIT. S. C— L. C. MEMIES. L F. GAL EX. S. C.
— C NAE. BALB. S. C— SVFENAS. S. C. — Q. POMPONI. RVFVS. S. C — L PROCILL F. S. C. — Tl. a D. S.S.~L. RVSTI. S. C- L. SENTI. C F. ARG. PVB.— M. SERVILI. M. F. RVLLI. P.— L. TITVRI. SABIN. A. PV. — MESSAL. F. PATRE. COS. S. C. — T. VETTIVS. IVDEX. S. C. — M. VOLTEI. M. F. S. C. D. T,— Enûn on trouve les formules EX S. C. et EX A. p. sans nom de monétaire. Nous n*avons pas donné ici les légendes dans lesquelles S.C. se rapporte au type de la pièce, comme sur plusieurs monnaies de la famille Aemilla.
(2) Le denier (n* 342) de P. FVBIYS CRASSIPES, édile carule, est sans aucun doute postérieur à l'époque de Sylla^ et 11 fait certainement partie d*une émisaloo extraordinaire; cependant on D*y voit pas les sigles S.C. Lea autres exemples d'excepUon du même genre que nous pourrions citer sont moins concluants : sur les deniers de LENTVLVS MÂRCELLI F. on voit
tantôt ROMA et tantôt P. E. S. C; on ne voit Jamais S. C. lor les deniers des questeurs urbains ÂP. GLÂYDIVS et T. MAL... Cependant il se 01 ar. J..C. peut qne ces pièces soient antérieures à 663. Quantaïudeaiers deC. MARIVS GAPITO (n* 249), les sigles S. C. ne se troureut que sur ies pièces marquées des chiUfres XXVI et suivants Jusqu'à CL. Nous croyons pouvoir attribuer cette anomalie à une foute ou à un oubli de l'ouvrier, et nous ne saurions y voir avec Borghesi (Deead, III, 5^ p. 15 1 CEuvres cowtpL, t. I, p. 302 et soiv.), une prorogation du triumvirat : la prorogation d'une magistratuv» urbaine est un fait qui ne s'est jamais présenté.
MONWAMS DB CUIVRE. CJ7
MONNAIES DE CUIVRE PENDXNT LES DEUX DERNIERS SIÉaES DE U RÉPUBLIQUE.
Le poids de Tas légalement réduit, vers Tan 486, à Mdociio. 4 onces, avait petit à petit baissé dans la pratique, pendant »"««~^«^*«^d"p<H<i. la première guerre junique, et fut définitivement fixé à jcsiv. j.-c. une once en 537, Tannée même de la bataille de Trasi- antv. j.c. mène. Sa valeur fut en même temps réduite d'un dixième à un seizième de denier (1) ; on fit cependant une exception pour la solde des troupes, qui continua à leur être comptée sur le pied de 10 as par denier. Ainsi l'ancien as valant un dixième du denier, ne fut supprimé que comme argent monnayé et continua à subsister encore comme valeur de compte. C'est pourquoi le signe X fut conservé sur les deniers, et, en effet, le signe XVI ne se voit que sur un groupe tout à fait isolé qui appartient au vu* siècle (2). Cette me-
(1) Les passages de Pline et de Festus que nous avons cités (p. 11^ note 2) renferment une contradiction qui se trouvait probablement déjà dans l'ancien annaliste qu'ils ont consulté. En effet, si, comme on peut le croire, il n'y a pas d'erreur dans les mots Lex Flaminia minuê solvendi qui complètent le texte, cette loi a dû être pronroiguée peu de temps avant la dictature de Fabius et non pendant cette dictature, puisque Fabius ne fut dictateur qu'après la mort de Flaminius.
(2) Voyez ci -après notre tableau chronologique (du n"* 96 au n« 99). Le chiffre XYI se lit sur un groupe de deniers frappés par cinq monétaires qui furent probablement contemporains, tandis que le chiffre X se trouve sur les deniers antérieurs et postérieurs à ceux-ci ; on lit également XVI sur quelques-unes des pièces de la Guerre Sociale et X sur les autres monnaie de cette série. Ce changement passager n'a probablement été que le fait
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sure, d(.iU les anciens annalistes ont exagéré Ilmportance financière (1), fut moins une nouvelle révolution monétaire qu'une sanction légale donnée à une révolution déjà opérée. Les pièces de cuivre avaient encore conservé une valeur mtriifôèque, même après la réduction de Tas à A onces, puisque le sesterce pesant un scrupule d'argent valait 2 as 1/2 = 250 scrupules de cuivre; elles n'eurent plus en réalité qu'une valeur purement nomiaale après leurs aflaiblissements successifs pendant la première guerre pu^ nique, et le fait de cet affaiblissement fut régularisé au commencement de la guerre d'AnnibaL Le poids du deniev avait aussi baissé, mais pas dans la même proportion ik beaucoup près : ainsi le sesterce d'argent ne pesait plu^ qu'environ six septièmes de scrupule et valait à nouveaux as du poids de 96 scrupules de cuivre. La proportion de l'argent au cuivre, au lieu d'être 1 : 260, étiât par conséquent devenue 1 : 112. Le but financier de cette opération était de donner au cuivre monnayé, qui dans le commerce s* échangeait contre Targent, une valeur double de sa valeur métallique. Ce résultat, ainsi que la valeur exceptionnelle donnée aux pièces d'or, répondait aux circonstances dans lesquelles l'État se trouvait alors : ses finances étaient gê- PMitioorMpectire nées, quoiquc son crédit fût encore intact. Mais, pour bien tt^do^Xm. ^PF^c^^r ^^^^^ l'importance de cette mesure, il nous faut étudier la position respective de l'argent et du cuivre dans le numéraire romain, et voir à quelle époque l'argent prit définitivement la première place dans les transactions par-
«run caprice des monétaires; il nepent être attribné ni à la loi Ftamlola 217 ar. J.-0. (en 537)^ ni à la loi Valeria (en 6G8), pidsfia'H eut lieu à peu près cent 80 av. jx;« nus après la première et quarante ans avant la seconde.
(1) C'est ce que prouve surabondamment H. Bcsekh» Metr, Dntirs., p. 47>l
fonrnls 1* p«r le« d<<|»ôtB,