MONNAIES D* ARGENT
inconvénient : un édit du préteur M. Marius Graiidianus institua des bureaux de vérifioation (1), supprima le cours forcé des deniers fourrés et ordonna aux caisses publiques de les retirer de la circulation et de donner en échange des deniers de bon aloi.
Cet appel au peuple et le retrait des pièces fourrées ne se trouvent, il est vrai, mentionnés par aucun historien ; mais ne sont-ils pas la conséquence naturelle de l'établissement légal des bureaux de contrôle ? Sans ce retrait, à quoi bon établir de semblables bureaux ? L'amende dont parle Cicéron et dont étaient punis ceux qui voulaient payer avec des pièces qu'ils savaient être de mauvais aloi, la reconnaissance que le peuple témoigna à Marius Gratidiauus^ ne sont-elles pas de nouvelles preuves de ce retrait et de cet appel? Aurait-on rendu des honneurs presque divins à ce personnage, en brûlant de Tencens devant ses images, si l'édit de contrôle n'avait pas été suivi du retrait des mauvaises pièces, et s'il s'était contenté de donner une facilité de plus à une vérification qui n'était pas bien diflBcile par elle-même ? Sylla revint à l'ancien usage
(1) Cicéron (/oc. cit.) : •Gratidiùnus cum praetor esset colle*
m giumque praetorium tribuni plebi adhibuisseni, ut res nummaria de
« communi sent^tia constitueretur, conscripserunt communiter
« edictum cum poena atque Judicio^ eonititueruntque ut cmnes simul in « rostra post meridiem escenderent. Et céleri quidem alius alio : Mariuê ab m subselliis in rostra recta idque quod communiter compositum fuerat soltis « edixit. Et ea ree, ei quoeris^ eimagno honori flàt ; omnibus vicis statuae^ ad « eas tusycerei; quid multa f Nemo unquam multitudim fuit carior, »— Pline ( Hist. nat.y XXXHI, 9, 132) : « Igilur are fada denarios probare (ce qui « veut dire, que les bureaux de contrôle furent institués) tamjucundaplebei • lege (c'était plutôt un édit qu'une lol}| ut Mario Gratidiano vicatim totas « (peut être faudrait-il substituer tus ad au mot totas) statuas dicaverit » Comp. ce que dit le même auteur, liv. XXXW, B, 27,
et rétablit par un édit le cours forcé des pièces fourrées (voy. p. 80, note 1). César, au contraire, toujours fidèle aux bonnes traditions du parti démocratique, n'émit aucune pièce fourrée (1), peut-être même reiira-t-il celles ^ui étaient en circulation (2).
JLes premières pièces émises en argent furent le denier,
L« qain.ire le quinaire et le sesterce. On suspendit bientôt rémission
elle sesterce, ^^g quiuaîres ct dcs sestcrccs; nous ne retrouvons des
quinaires qu'avec les deux plus anciens types, les Dios^
cures et le bige de Diane , et encore n*existe-t-il jusqu'ici
qu'un seul exemplaire avec ce second type. Les quinaires
marqués avec le monogramme d'une ville sont relativement
assez nombreux, et ceux qui portent le monogramme ou
le symbole d'un magistrat sont au contraire fort rares. II
n'existe de sesterces qu'avec le type des Dioscures, et le
seul monogramme que l'on y voie est le plus ancien, celui
de la ville de Rome. Il nous semble donc que l'émission
m iT. j. c. des quinaires a été suspendue vers Tan 637, et celle des
sesterces encore plus tôt. L'interruption dura environ un
(1) M. Coheo (p. xviii] assure qu'il n'existe pas de pièces fourrées de Jules César. Cette assertion est peut-être trop absolue (Ramus en donne plusieurs sous les n** 9, 20, 31); mais les rares exceptions que Ton connaît peuvent passer pour l'œuvre des faux monnayeurs.
(2) On sait qu'une partie du numéraire frappé souf la République était encore en circulation du temps de Trajan, et l'on pourrait croire que les pièces fourrées, que l'on n'avait aucun intérêt à fondre, devaient avoir échappé au creuset, et par conséquent se trouver en grand nombre parmi les pièces encore subsistantes de cette époque. Mais 11 parait qu'il n'en fut pas ainsi ; nous ne croyons même pas avoir rencontré une seule pièce fourrée avec la contremarque Impériale. Il devient donc probable qu'à une certaine époque les anciennes pièces fourrées ont été retirées [ou du moins que le gouverne* ment refusait d'en autoriser le cours« en les poinçonnant].
LE YICTORUT. 85
siècle, et ces pièces ne reparurent que dans les derniers temps du gouvernement républicain, le quinaire dans des circonstances particulières que nous aurons lieu d'examiner plus loin, le sesterce plus tard encore que le quinaire, pour une cause qui nous est inconnue : F un et Tautre probablement en vertu d'un décret du peuple. Les sesterces de cette nouvelle émission frappés par les monétaires Silanus et Pison portent la légende ELP que Borghesi (1) explique par E lege Papiria^ et qu'il attribue à cette loi, publiée en 665. L'émission des sesterces fut ensuite de nouveau sus- ®* *' ^- ®pendue pour n'être reprise que du temps de César.
Le victoriat. — Son origine. — Sa valeur. — Sa position dans le . système monétaire romain. — Ateliers qui le fabriquaient.
Borghesi (2) montra le premier la marche à suivre pour lo rictonat. découvrir l'origine d'une autre série bien importante au point de vue de la numismatique et de l'histoire : nous voulons parler du victoriat et du demi-victoriat, auxquels on peut joindre aujourd'hui le double victoriat (3). Le type
(1) Annales de Vlnet, arch., 1849, p. 12. U n'existe, il est yral, aucuBo raison déterminante qui nous oblige à adopter cette version de préférence à toute autre, mais rien ne nous empêche de la regarder comme possible et même probable.
(2) Osservazioni numism,, decad, XYII, 1-5; Œuvres compL^ t. JI^p. 283 et aulY. Gomp. aussi Bœckb, Metr. Unters., p. 99 et 455. Cet auteur, parUnt de l'ancienne idée que le victoriat aurait eu dès l'origine la ipéme valeur que le quinaire» n'a pu arriver à aucun résultat saUsfiiisant.
(3) Au sujet du double victoriat nouvellement trouvé en Espagne, voyei. l'arUcIe de U. Mommsen dans les Annales de VlnsU arch., 1863.->Voyez aussi» ci-après, notre Tableau chronologique, n*" 5, note 1. B. ,
n. -wiii.
•1,'J. 3. 4tt 10.
tia \ictoriftt.
86 CHAPITaB TI.
de ces pièces est, du côté droit, la tête de Jupiter, et sur le revers, la Victoire couronnant un trophée. Elles ne portèrent dans l'origine aucune marqua indiquant leur valeur, et un peu plxis tard le demi-victoriat seul se trouve quelquefois marqué d'une S (1). La première émission du vietoriat a dû suivre de près celle du denier (2) ; elle eut certainement lieu avant la réduction du poids et avant que l'usage se fût introduit de mettre sur les monnaies les noms et les emblèmes des monétaires ; on doit donc, sans hési- 217 av. j. c. tation, la placer avant Tannée 537.
vnieur et pnids Nous savous par l'histoire que la valeur du victoriat était d'abord différente de celle du quinaire, que ce ne fut que plus tard qu'on les assimila l'un à l'autre. Les pesées donnent au victoriat le poids de 8 sesterces ou 3/4 de denier, et comme probablement il fut réduit en même temps que les autres monnaies d'argent, nous pouvons admettre qu'il était originairement de 3 scrupules ou 1/96 de livre = S»»,*!, et après la réduction, de 2 4/7 de scrupule, ou 1/1 12 de livre =: 2«»,92 (3).
(1) Qaaot à rabsence de la marque indiquant la yatenr^ voyez ct-aprét, le Tableau chronologique ^ n* 5, note 1. — Le seul demi-Tlctorlat marqué du signe S est de l'atelier de Vibo (PI. XXni, n* 10). Il atait été attribué Jusqu'ici à la famille Vibia. B.
(2) Cette opinion de H. Hommsen acquiert un nouTeau degré de cerUtude depuis la découverte, faite en Espagne, de Tictoriats avee la légende en lettres incuses {Annales de flnst, arch.f loo. cit.). Voyez ci-après à la fin do chapitre et au tableau chronologique, n* 6, note 2 (pi. UIII, n«8). B.
(3) Nous doDQons ici les poids de trente yictoriats n'ayant aucun signe accessoire; vingt-huit d'après Borghesl, loe. cU,^ un d'après Pinder, p. 87, et un d'après Cohen, p. xii : 8«',52, 3s',44 (Pinder), 3»%35, Z^^dO^ ^^,21, 3^,20, St%16. 3^11, 3«',10 (usé), 8»%05, 3J',04, 2«%97, 2«',95, 2«'^2, 2«',88, 2IS8G (usé), 2s',85, 2^,82, 2e',75, 2^70, 2«',68 (usé), 2«%«7 (usé). 2«%C^ 2»',62, 2i%58, 2s%55 (usé). 2«%52 (usé), 2»',48 (usé), 2«',2I (beau, Cohen),
LE VICTOBUT. 87
Le victoriat pourtant ne fut jamais considéré comme une sm position
,...j,. . jLiA • indépendante vls-
division du demer, mais comme une espèce à part; ce qui j^^vu do denier.
le prouve, c'est la dénomination de demi-victoriat donnée
à la moitié. De plus, nous voyons dans les historiens et
sur les inscriptions des sonunes quelquefois considérables
énoncées en victoriats à côté d*autres sommes énoncées en
deniers (!)• EnGn le victoriat, quoique monnaie romaine
et d'un poids proportionnel à la livre romaine, n'avait pas
cependant une valeur fixe, en proportion avec celle du
denier : il était considéré comme une pièce étrangère,
comme une marchandise (2) , de sorte que celui à qui Ton
devait 300 deniers, pouvait bien être obligé à accepter
2c»18. Cinq pèsent donc environ 3 scrapnles; treize dépassent le poids normal réduit. On troatera aax Annexes les poids des Tictorlats sur lesquels se trouvent des emblèmes et des monogrammes; sur seiie avec emblèmes on n'en trouve que cinq qui dépassent le poids normal réduit (3<%33, épée gauloise; Bt'ySO, épieu; 3<%07, corne d'abondance; 3c%06» sanglier i Sc,04, épi). Parmi les victoriats à monogrammes, on en trouve quelques-uns de Luceria (3r^97, 3>',26), et un petit nombre avec VB. CROT. CM« M P., qui dépassent aussi le poids normal réduit, mais la différence est presque insensible.
[Pour le poids des victoriats trouvés en Espagne, du double victoriat et du deml*victoriat, voyez le n* i du tableau chronologique avec les notes.]
(1) On lit dans Tite-Live, XU 13, à Tannée 577 :« (C. Claudius) tulit m av. j.^. « in triumpho (après avoir défait les Ligures et les Istrieos) denarium ire-
m eenta eeptem milia et vietoriatum octoginta quinque milia septingentos » duos, » Dans le Jugement arbitra rendu par les Minucius en 637, on Ut, 1. 24, 25 : « Pro eo agro vectigal Langenses Veituris in poplicum Genuam m dent in anos singulos vic[t<matos] n[umos] CCCC. •
(2) Pllne^ Hist nat», XXXIII, 8^ 46 : « Is qui nunc victoriatus appellalur « Itge Clodia pereussus est; aatea enim hic nummtis ex Illyrico advectus m mereis loeo habebatur; est autem signatus Victoria et inde nomen, » On lit dans Maeelamis, S XLV : c Victoriatus nunc taniundem valet quantum « qtdnarius; olim ut peregrinus nummus loco mereis ut nunc tetrachmum « (ainsi dans les manuscrits) et drachma habebatur, » Pline confond le victoriat romain avec ia pièce illyrienne quia la même valeur.,
117 av. J.-C.
en payement 600 quinaires ou' 1,200 sesterces, mais on n'aurait pas pu le forcer à recevoir 400 victoriats. Les pièces elles-mêmes en fournissent une preuve pour ainsi dire authentique. En effet, presque jusqu'à l'époque de la Guerre Sociale, il n'existe pas une seule monnaie romaine de cuivre, d'argent ou d'or qui ne porte en chiffres Thadication de la valeur légale pour laquelle elle devait être acceptée dans le commerce (1); le victoriat seul n'est pas marqué.
Cette absence de marque tient peut-être à ce que cette monnaie, originaire de Tlllyrie, était plus spécialement destinée aux provinces situées hors de l'Italie proprement dite, et qui cependant étaient soumises à la même administration, comme l'IIlyrie et la Gaule Cisalpine. Pline dit positivement que le victoriat était originaire de l'IIlyrie (2).
177 av. j^. Dans le butin conquis en 677 sur les Ligures et les Istriens, on rapporta à Rome une somme considérable en deniers et une autre en victoriats. Les comptes publics de Gênes, en
inmr.j.-c. 637, étaient réglés en victoriats. Cette monnaie étidt fort abondante, car presque tous les monétaires en ont fabriqué, et nous en possédons qui portent les monogrammes de presque tous les ateliers connus (Rome, Luceria, Vibo, Crotone, Corcyre). Nous voyons dans les œuvres de Caton (3)
(1) Noos avons ea déjà Toccasion (t#I, p. 209) de foire remarquer It earaetère légal et impératif des chiffres Indiquant la valeur des pièees.
(i) Pline (loc, cit,). Quant aux 130,000 pièces Ulyrii argenU dont parle 167 tr . j.-c. Tlte-Live (XLV, 43), qui firent partie du butin enlevé (en 587) à Genthins, roi d'Illyrie, outre 3,000 deniers et une certaine quanUté de lingots d'or et d'argent, on peut les expliquer par des victoriats ou par des monnaies de Dyrrhachium ou d'ApoUonia» qut matériellement ont la même râleur que le» victoriats.
(8) Caton (De re rusiica, cap. XV) : VIC. N. X., et (cap. CXLV > VICT, II* Nécessairement Caton a entendu par là des victoriats anciens»
LE VICTORIÂT. 89
que de son temps les comptes se faisaient généralement en victoriats.
Pour bien connaître la véritable valeur de cette pièce, nous devons donc d'abord étudier les monnaies de riUyrie, c'est-à-dire les pièces frappées à Corcyre, à ApoUonia et à Dyrrbachium au commencement du vr siècle de Rome, lors de la première émission des victoriats. C'est ce que nous allons faire dans le paragrapbe suivant, en y ajoutant tout ce que nous savons des variations et de l'histoire de ces deux espèces de monnaies.
§ ni.
Système monéUire de l'Illyrie. — CommeDt le vlctoriat romain peut-il •*/ rattacher? — Variations de la dnohme illjrienne et du viotoriat. — Suppression dn victoriat.
Dans les monnaies de l'Illyrie on reconnaît deux épo- Fr«miëieéi>oqae. ques bien distinctes : à la plus ancienne appartiennent les pièces d'un meilleur style, sur lesquelles les noms de magistrats ne se trouvent pas, ou sont à peine indiqués. Nous rangerons dans cette première époque : !• les statères assez rares, qui pour le type et le poids se rapprochent des monnaies corinthiennes, ainsi que les ^tiers de statère qui s'y rattachent; les premiers frappés à Corcyre et à Dyrrhachium et pesant 8«%56, les seconds à Dyrrbachium, et pesant jusqu'à 2»',67 (1) ; 2° les pièces
car 8'il avait tooIq parler des victoriats de la deroiôre ëmlssioB ayant la même valeur que les qoioaires» U aurait mis tout simplement S deniers et 1 denier.
(1) Gomp. t I, p. 87, note 2. Le sUtère de Goreyre : tête de PUlas; ^^ Pégase, avec la l^endeKOP. pèse 8^i0 (=UI, Leake). Ce.'sUtôre est
de 3 drachmes» plus communes que les staiëres, et pesant lls%lA et au-dessous; elles ont été frappées à Dyrrbacbium, à ApoUonia et à Corcyre; toutes, indistinctement, ont pour type la vache qui lèche son veau, et au revers, les prétendus jardins d' Alcinoûs (1) .
Il parait que les monnaies divisionnaires qui se rapportent à cette dernière espèce manquent dans les séries de Dyrrhachium et d' ApoUonia, tandis que l'atelier de Corcyre a fourni en abondance des demi-tridrachmes, des quarts, et des fractions moindres encore (2).
fort rare s parmi lei Dombreoseï petites monnaies d'argent de Corcyre, on n'a pas encore trouvé de pièces qoi poissent s'y rattacher comme monnaies di visionnaires. Les pièces tu type de P^ase s'y rencontrent sontent, il est yral, mais, à cause de lenr poids, nous ne poafons y reconnailre des fractions de ce statère, comme le Tondrait M. le baron de ProlLesdi (Inedùa, p. 251); il est surfont impossible de voir des demi-statères dans les monnaies qui ont la tête de Baecbus au droit. Comp. la note 2 |dns bas.
— Le statère de Dyrrbachiom avec le même type, légende AYP, rarement AYPPAXINON, pèse 8^,56 (=131,8, Leake, 2 exemplaires) et 8^,34 (=128^7, Leake).— Le tiers de statère, légende AYP> tête d'Hercule; I)) Pégase Tolant, pè8e2«',67 (=41,2, Leake) et au-dessous.» Noos ne connaissons pas de monnaies d'ApoUonia taillées sur ce pied.
(1) Outre les pièces les plus anciennes, la plupart sans légende et frappées d'un seul côté (voy. 1. 1, p. 87, note 8), on peut citer encore des monnaies semblables marquées de la lettre K, pesant 10>',98 (=205 8/4, Mionnet, t. II, p. 68, n* 1. Comp. Prokesch, Inedita, p. 249); a?ec les lettres AH, pesant IQ^fiS (= 164«9, Cai. N<n'thwick); avec AHOA, pesant i0«',53 (= 162,5, Leake); avec la légende ..NKIAION(?), pesant ils%21 (=211, Bllonnet,t. ni, Suppl., p. 858, n* 315), plus souvent avec la légende AYP, pesant ll«%i4(= 172, Leake), lli'.lO (=171 l/4,Hunter), Ur,02 (= 207 1/2, Mionnet, t. m, SuppL, p. 829, n* 116) et audessous; enfin d'autres avec les lettres AY et la légende BACIAEHC MONOYNIOY, pesant 10«',26 (= 193 1/4. Mionnet, t. U, p. 44. n» 164).
— La pièce d'ApoUonia citée par Bœckh {Metr. Unten. p. 99), et pesant 806 grains 1/2 anglais, est fonsse. Mionnet, t. II, p. 81, n* 38.
(2) Les monnaies de Corcyre ayant pour type la moitié intérleore d'un
LE VlCfORlAT. 01
Les pièces de la seconde époque se reconnaissent à un Deuxième cioquc. travail moins parfait et à renonciation, en toutes lettres, d'un nom de magistrat, le plus souvent de deux. Gorcyre ne fournit plus alors que des pièces de cuivre, tandis qu ApoUonia et Dyrrhachium continuent à en émettre en argent. On peut subdiviser cette émission en deux périodes : pendant la première, le type des anciens tridrachmes a été conservé, et Ton distingue deux espèces : l'unité, fort commune (1), dont le poids varie de S«%55 à 2«%7, et la moitié qui est fort rare (2). Les pièces de la seconde pé-
taareaa debout; ^ Les jardins d'Alcinoùs, pesant S*',! (Pinder, p. 47) et au-dessons, sont probablement des demi-nnités, ainsi que les pièces ayant pour type la tête de Baeehus; ^Pégase, et pesant éf'^Sl (=90 1/2, Prokesch, Jnediia, p. 2S1). Les pièces ayant pour type une vache allaitant son reau ; ^ Les jardins d'AIcinoûs, et pesant 2<*J6 (ss 52 Prokeech^ p. 250) ou ceUes plus fréquentes qui sont marquées d'une étoile et d'un vase (pesant at^^ST = 54, Prokesch, /oc cit») et au-dessous sont probablement des quarts. U ne peut pas être question ici des plus petites pièces. Comp. les riches séries de M. le baron de Prokesch, Inedita, p. 249 et suIt.
(1) Les pièces dont le style et les légendes moins complètes prouvent une plus grande ancienneté (Mionnet, t. II, p. 43, du n* 148 au n" 152), sont les plus fortes; elles pèsent Zf',S2 (=66 1/2), 3<%48 (=65 1/2, I exemplaires), Sc,40 (= 64 )• Les autres; pièces ..décrites par Mionnet (pourvu toutefois qu'elles soient d'une bonne conservation et non fourrées) pèsent ; 8*',56 (= 67, 1 exemplaire), de 3<',46 à 3^,40 (=de 65 1/4 à 64, 4 exemplaires), de 3(%38 à 8(',35 (= de 63 3/4 à 63,^9 exempUihres), de 3>',38 à 3<%29 ( = de 62 3/4 à 62, 19 exemplaires), de 3c«28 à 3»%24 ( = de 61 3/4 à 61, 12 exemplaires), de 3>',23 à 3«',19 (= de 60 3/4 à 60, 18 exemplaires), de 3*',17 à Sr,08 (= de 59 3/4 à 58, 17 exempUires), de 3i%05 à 2«%93 (= de 57 1/2 à 55 1/4, 14 exemplahres)^ 2',89 (=54 1/2, 1 exemplaire), 2<%87 (= 54, 2 exemplahres), 2(^,80 ( = 52 3/4, 1 exemplaire), 2^,73 ( = 51 1/2, 1 exemplaire), 2«',72 (= 51 1/i, 2 exemplahres), 2^,66 ( = 50, 1 exemplaire), 2>%42 (=45 1/2, 1 exemplaire).
(2) AYP, ...KAAAirrRATOY. 1«',59 (=30. Prokesch, inedita, p. 248). Cette pièce est sans doute une demi-unité, puisque le type du droit représente seulement la partie antérieure de la fâche, tandis que d'autres
T>ate yrobablo <1o ces époques,
et obaerTatlona
sar les monnaies
tllyriennes.
riode se rencontrent moins souvent; elles proviennent toutes d'Apollonia, et leur série se compose de quatre pièces. La principale, qui est en même temps la moins rare, a pour type la tête d'Apollon et, au revers, trois nymphes qui dansent; son poids varie de 4*^,03 à 3«%27; régulièrement le poids devrait être de 38',9 à 36',6 (1). Les trois autres pièces sont fort rares, et pèsent au maximum 3M7, l8%90etl«',15(2).
Évidemment tous ces changements ne peuvent pas s'expliquer par le développement régulier d'un seul et même système monétaire. Dès une époque reculée, nous voyons l'atelier de Corcyre, d'abord le plus actif du pays, limiter
piècoB^ par exemple celle d'Apollonla, pesant 2(%03 ( = 31 4/10, Mus. Brlt.), pourraient être des unités entières, mais nsées.
(1) Les poids!: 4«',03 {=62ALeake), 4«',02 (= 62,1, Leake), ♦«'(=61,8 Leake), 8»',07 (=61,2, Lcake), S^S (=6l,Leake), 8«',92 (=78 8/4, MioDnet), de 8i%8S à 8>',82, 6 exemplaires (=72 1/2, Mlonnet ; = 59*%8, 2 exemplaires, 59,1 ; 59; 2 exemplaires, Leake), de 8«',76 à 8<',70, 8 exemplaires ( = 58,1, Leake; 58, Hunter; 70 1/2^ Mlonnet), de 8«',65 à 3(%54, 6 exemplaires (= 56»3, Leake, 54 8/4, Hunier, 68 1/2; 67, 2 exemplaires, 66 8/4, Mlonnet), de Z^,bO à 3«',40, 4 exemplaires ( = 54, 2 exemplaires, 58 1/2, Hunter; 52,5 Leake), 8*',88 (=68 8/4, Mlonnet), 3>',27 (=50,5, Leake). Les noms des magistrats sont tons différents de ceux de la série précédente.
(2) AnOAAflNIATAN, A..PnN... Tôte de Pallas. ^ Obélisque. 3tr,n (= 49, Borell, Num, Chron., VU, p. 126). - AnOAAnNIATAN, TIMHN, ANAPflNOI. Tète de Pallas. ^Obélisque. ir,90(=29,3, Leake), l^,BZ (=34 1/2, Prokesch, Inedita, p. 248). Ces deux pièces vont ensemble. La principale unité de cette série, avec la légende AnOA- AflNIATAN, TIMHN ANAPO, ANAPONOX, au type des trois nymphes qui dansent, pèse Z^fil (=61,2, Leake), 8^,93 (=74, Prokesch). - ATTOAAONIATAN, AINEA. Volcan en feu. ^ Bâton pastoraL 1«',15 (=17 8/4, Borellt Num. Chron.^ t. Vil, p. 126; comp. Mionnet, t. II, p. 82, n-4i). - AnOAAnNIATAN, API2T0A0X02, OIAflNIAA. Lyre, i^ Obélisque. 0"',85 (= 16, Mlonnet, t II, p. 81, nMl ).
279 av. J. C,
LE VICTORIAT. 9$
sa production à la fabrication de la monnaie de cuivre, et probablement au même moment, le pied monétaire changer à ApoUoniaet à Dyrrhachiam. Historiquement et numismatiquement, il est difiicile d'assigner à cette révolution une autre cause et une autre époque que l'occupation de ces contrées par les Romains, en 525, lorsque Corcyre, Dyrrhachium et ApoUonia se soumirent volontairement, sous la réserve de leur autonomie. Attachées alors à Rome par les liens d'une alliance perpétuelle, ces villes furent toujours, depuis, considérées comme faisant partie de la circonscription administrative de Rome et subordonnées à l'autorité des consuls, comme l'Italie proprement dite (1). Rome avait retiré, peu d'années auparavant, à ses alliés italiens le droit de fabriquer de la monnaie d'argent en leur propre nom; il était naturel que l'île de Corcyre, devenue italienne, partageât le sort des villes de l'Italie. En dédommagement, le gouvernement y établit un atelier monétaire romain pour l'émission des vicloriats ou des quinaires. Les nouveaux alliés du continent illyrien furent traités avec moins de sévérité ; ils conservèrent leur monnaie d'argent, mais à certaines conditions et sous la surveillance de la puissance protectrice. Les noms romains (2)
(1) Ck>mp., en particnlier, Poljbe, II, 11 et suiv.; IIT, 16; YII, 9. — Appicn, lllyrica, VII, VIII. — Notre Hist. rom., I, p. 526. Les rapports entre
Rome et Apollonia sont fort anciens ; on tU dès 485 une ambassade des seo ar. j. c. ApoUoniates envoyée à Rome. (nte-Live, Epitome, XV. — Dion, fragm. XLII. — Zonaras, VIII, 7. — Valère Maxime. VI, 6. 5.) — Cicéron (Épiires, XIII, 1 à la fin ) parle encore de Dyrrhachiam comme d'une Tille libre.
(2) Sur une pièce de Dyrrhachium au type de la rache : AEYKIOZ, Mionnet, 1 111, Suppl., p. 338, n** 192 et 193.— Sur une pièce d'Apollonla au type des trois nymphes : <t>ONAANIOZ, Leake; comp. Mionnet, t. III, Soppl., p. 818, n« 41.— Sur une pièce de la même ville au type de la vache: MAAPK02, Mionnet, 1. 1\, p. 29, n- 14; Hunter (comp. Mionnet, t. III,
9i CHAPITRE VI.
qui se trouvent sur beaucoup de pièces de Dyrrhachium et d'Apollonia, durant cette seconde époque, prouvent que la nouvelle émission eut lieu, en partie du moins, sous le gouvernement romain. Nous pouvons donc admettre que toutes les monnaies de l'ancien système sont antérieures à Î29 av. j.-c. Tannée 525 (1), et que celles du nouveau, qui d'ailleura se rencontrent aussi dans les dépôts de la Transylvanie, mêlées aux deniers romains, sont toutes postérieures à cette époque (2). Ces dernières pièces sont taillées sur un autre pied que les plus anciennes qui ont évidemment précédé l'époque romaine, et forment un système à part. Les quatre pièces de la série la plus récente d'Apollonia ont une telle analogie avec les deniers, les victoriats, les quinaires et les sesterces romains de poids réduit, qu'on se trouve pour ainsi dire forcément amené à rattacher également au système romain antérieur à la réduction du poids, les monnaies des villes romano-illyriennes de la période intermédiaire, et qui sont de beaucoup les plus nombreuses.
Cette analogie se retf ouve dans le poids du plus ancien victoriat, 38',41, et dans le demi-victoriat ; de plus, il y a
Soppl., p. 317, n** 31 et 32). On voit anssi sur une pièce de cuirre de Dyrrhachium le nom TAIOY. Mionnet, t. II, p. 43, n* 157.
(1) Le roi MonuDius, dont le nom se troove sur les monnaies de Djrrhachium, ne peut pas alors être le prince Dardanien da même nom dont parlent Polybe (XXIX, 5) et Tlte-Llve (XtIV, 30); mais, à part tonte autre considération^ Il est difficile d'admettre l'existence d'nn roi dans one république placée sons la protection des Romains, et d'ailleurs Monunlus est un nom assez commun dans ce pays (Ecihel, Doct num. vet, t. IF, p. 157) .
(2) Seidl (Chronik der arch, Funde, î, p. 26 et 80; II, p. Ih.^Beitràge w einet Chronik^ IF, p. 238; lll, p. 84) a décrit divers dép6t8 décourerts en Transylvanie; la plupart ne contenaient presque que des monnaies illyriennes, parmi lesquelles se sont rencontrées quelques monnaies romaines.
LE TICTORIAT. 95
toute apparence que la première émission des victoriats à Rome coïncide avec l'établissement de la puissance romaine en niyrîe.
Borghesi a parfaitement saisi l'identité du victoriat avec la pièce ordinaire de riUyrie au type de la vache avec son veau; mais cette observation s'applique au victoriat de l'ancien système et non au victoriat ordinaire, et il ne faut pas non plus se figurer que les victoriats sont tout simplement d'anciennes pièces illyriennes frappées avec un coin romain. Les circonstances historiques et le poids même des pièces s'opposent à cette interprétation. 11 semble plutôt que lors de l'organisation de la puissance romaine en lUyrie, en 526, on frappa en même temps des monnaies locales aux 22» av. j-c. types de Dyrrhachium et d'ÂpolIonia, et des victoriats romains, toutes ces pièces pesant uniformément le même poids, 3^,A1. Ainsi les villes qui continuèrent à battre monnaie sous la puissance romaine furent obligées d'adopter le pied monétaire du vainqueur ; mais celui-ci eut égard, autant que possible, aux habitudes locales et conserva en particulier les anciens tjT)es.
La pièce d'argent romsdne qu'il s'agissait de créer devait être dans une proportion commode de compte et de change avec les pièces illyriennes alors en circulation, et devait aussi pouvoir s'adapter aux pièces en usage dans la Grèce. L'ancien denier {^ih^^bb) non plus qu'aucune de ses divisions ne répondait à ce besoin. On fabriqua donc une pièce pesant en même temps les trois quarts du denier romain et le tiers des grosses pièces d'argent illyriennes jusqu'alors en usage, et qui conservait en même temps le type de ces dernières (1). Or ces pièces étaient
(1) Cette circonstance, le grand nombre des monnaies taillées sur le pied
des TRiDRÀGHMES (t. I, p. 37), et nous avons vu que la division par tiers était fréquente et presque nécessaire dans ce système (1) ; il se peut même que les habitants d'ApolIonia et de Dyrrhachium aient compté en drachmes de cette espèce, lorsqu'on ne fabriquait encore que des tridrachmes. Par son poids (variant de 3 à A grammes), cette drachme était avant tout semblable aux pièces d'argent de Marseille (t. 1, p. 160) et de Rhodes (t. I, p. 49), et à la drachme des systèmes syrien et égyptien (t. I, p. 45). C'était donc une pièce parfaitement commode et qui facilitait le commerce de l'Italie avec les pays étrangers.
D„^ Nous avons vu que cette drachme romarKh-illyrienne de
de rëmiMion de 3 scrupulcs (= 3«%41) fut émise pour la première fois vers de l'ancien poids 1 ^n 526. Les victoriats de ce poids sont extrêmement rares, 228 ar. j. c. ^^ q^j tendrait à prouver que leur émission n'a pas duré longtemps, tandis qne les pièces analogues au type illyrien (la vache avec son veau) sont au contraire fort nombreuses et ont dû être frappées pendant une longue suite d'années. Il se peut que les exigences du commerce étranger, et particulièremeut celui d'Egypte, aient contribué à la préférence que les villes illyriennes donnèrent à l'ancien
de la monnaie perse, ainsi que les pièces de Monnnias qui leur saccadèrent, et qui ne sont évidemment pas très-anciennes, montrent bien qu'à rëpoqne de l'occupation du pays par les Romains, la principale monnaie en lilyrie était le statère d'argent perse (p. 90, note 1) et.non lestatère corinUiien (p. 89^ note 1 ).
(1) Voy, 1. 1, p. 17 et suiv.; p. 41 et suiv. — On la trouve, par exemple, dans la monnaie de Zacynthos, qui suivait en somme le même système monétaire. La principale pièce de cette ville variait de llc'ySl (=182,3, Leake) à U gr. (=169 3/4, Hunter); et la seconde pièce, semblable à la première pour le type, varie de S^'.îS {= 58,4, Mus. Brit.) à 3»',38 (=63 1/2, Mionnet).
LE VICTORIAT.
pied monétaire romain, et il est peut-être permis d'attribuer à la différence qui existe entre les nouvelles pièces romaines et les pièces illyriennes au type de la vache, la rareté de celles-ci en Italie, sur la côte de l'Adriatique, et en général partout où circulaient de préférence les pièces purement romaines. ApoUonia finit par renoncer également à l'ancien système, et frappa les quatre pièces de sa série d'après le système réduit. Nous ignorons l'époque de ce changement et pourquoi Dyrrhachium ne suivit pas cet exemple ; nous ignorons aussi combien de temps les ateliers monétaires de ces deux villes fabriquèrent encore des pièces d'argent.
Après la réduction du poids du denier romain, le poids Poids da nouvca» du nouveau victoriat (3/4 de denier) fut également dimi- i,^rtdr roiotv- c nué et porté à 2«',92. Ce qui facilita l'adoption de cette mesure c'est qu'il se trouvait ainsi égaler la drachme corintho-achéenne de 2«',91 (t. I, p. 80 et 85); toujours estil que cette nouvelle pièce servit ensuite de prototype à une partie du monnayage provincial du temps de la République, et que nous la retrouvons également à Marseillp et à Rhodes.
Les monnaies d'argent des Massaliotes, et plus particulièrement celles qui ont pour type la tète de Diane avec le lion au revers, — ce sont les plus communes, — étaient répandues, au vr siècle, non-seulement dans le midi de la France, dont elles formaient le principal numéraire, mais encore dans la vallée du Pô et dans la vallé« supérieure du Rhône. On en trouve en Lombardie (1) enfouies avec des
k la monnaie provinciale.
^Itvniialf ^oMursvttl?
(1) Borghcsl (Deçad, XVII, 4, p. 2« • Œuvres compl,, t. Il, p. 302) cite un dépôt considérable de pièces massaliotes trooTé peu de femps auparavant en Lombardie. On a également rencontré à Sanguineto, près de Ugnago, II. 7
victoriats romains (1), dans le canton du Tessin (2), dans les Grisons (3), et en grande quantité dans le Tyrol iu- Ken (â) .On en a trouvé aussi, mais isolément, plus au nord (6),
une pièce massallote de style barbare, avec une légende en caractère! do nord de l'Étnirle. (CavedonI, dans les Ànnali di mmismatica. de Woreili, t. î,p.81.)
(1) On a découvert à S. Gesario, non loin de Modène» une drachme massaliote au type du lion, avec quatre peUtes pièces d'argent, également de Marseille, au type de la roue, et d'une fabrique barbare; un victorlat romain avec la toise à mesurer dans le champ, un semis onclal sans légende et sans aucun symbole, ainsi que la peUte pièce de cuivre d'Ariminium (Cavedoni, Bullet. de VlnsU arch., 1834. p. t99).
(2) Des dépôts de monnaies massaliotes barbares ont été découverts à Cimo, près d'Agno, sur le lac de Lugano ( voy. nos Nardetrusk. Alphahele, p. 825), et aussi auprès de Casamario, dans le canton du Tesshi (Soret, Mémoires de la Société de Genève, I, p. 231 ).
(3) Auprès de Burwein (Oberhalbsteinthal, dans le canton des Grisons), on a découvert des ImiUtions barbares de monnaies massaliotes, dont quelques-unes portaient des légendes en caractères semblables à ceux du nord de l'Élrurle (Nordetrusk. AlpJiabete, p. 203).
(4) Les monnaies massaUotes sont fort communes dans cette contrée, surtout auprès de Castel Tesino, dans la Valsugana (Glovanelll, Zeitsehrift des Ferdinandeums zu Innsàruck. V, p. 88). MiUe pièces massaliotes, les unes originale», les autres barbares, ont été découvertes près de Brentonico, sur la rive droite de TAdige, au-dessous de Roveredo INordetrusk, Âlphabete, p. 204). Auprès de Trente, on a découvert dans unanclen cimetière un grand nombre de pièces massaUotes, parmi eUes deux deniers romains (de ia famille Minucia et de la famille Fabia) et un certain nombre d'as romains, avec une pièce de cuivre incertaine (GiovaneUi, dei Rezi,
(5) On ne trouve auprès de Genève ni pièces marseillaises originales ni copies barbares de ces monnaies, mais on rencontre souvent des monnaies des Volces qui sont taiUées sur le même pied (Soret, Bévue numùmat., 1841, p. 306. — Ménwires de Genève, I, p. 231 ). Nous avons vu nous-méme une (mais une seule) pièce de Marseille dans le médaWier de l'hospice du grand Saint-Bernard. Dans les coUectlons de Zurich, il n'y en a pas une aéule qui ait été découverte au nord de Berne. U paraîtrait qu'une monnaie massaUote a été découverte auprès de Kloten, dans le canton de Zurich CHotUnger, Helvet. Kirchengeschichie. Zugabe, p. T ).
LE VICTOBIAT. 99
par exemple auprès de Berne (4). Il est vrai que la plupart de ces pièces n'ont pas été frappées à Marseille même : elles ont été copiées par des peuplades barbares établies surtout, à ce qu'il parait, dans la'vallée du Rhône, et qui imitaient grossièrement, à la manière des Celtes, le type et la légende helléniques. Ces peuples remplaçaient quelquefois, mais rarement, la légende par une inscription en caractères étrusques d'une forme qui leur est particulière; malgré rirrégulanté du poids, on reconnaît que le pied monétaire de leurs pièces est toujoui*s le même.
Les monnûes d'argent au type du lion circulaient donc dans tout le nord de l'Italie, concurremment avec les pièces romaines, en particulier avec le victoriat ; et leur poids prouve qu'elles subirent plus tard l'influence du monnayage romain. Il en résulte que ces pièces se divisent en deux catégories; les plus anciennes, très-rares, d'un travail simm archaïque, du moins très-beau, pesant de S*',?? à 8s%56, et celles de la seconde époque, très-nombreuses, dont quelques-unes sont fort belles, d'un style eu générd plus moderne, qui ne dépassent jaoms 3s',08, et pèsent en général de 2«',70 à 2«',60 (2). Les premières, quoique
(1) Dans les entirons de Berne , on a découvert , à plnelenrt ftprites, dps monnaies massaliotes Yéritables et des copies barltares de ces monnaies; on a trooTë également des pièces de cuivre massaliotes, des pièces de peUn celUqnes et des fragments de parures celtiques (Nordetrusk» Alphabete, p. 33S> note 35).
(2) On trouve dans la Ntmi. de la Gaule narbonnaise de Iff. de la Saus* saie (p. 0 et suivantes), un grand nombre de pièces bien classées et pesées avec soin; si l'on écarte les pièces barbares, dont le poids ne peut pas être aussi exact que celui des autres, et les pièces fourrées, on trouve les résultats suivanU: Z^JI (3 exemplaires), 3«',76 (1 exemplaire), Zf^U (I exempUlre), 3«',56 ( 1 exemplaire); ces six pièces, d'après le type et le style, appartiennent évidemment aux plus anciennes de cette sorte. Puis encore
Monnaie de Rhodei.
Lo Tictoriat.
leur poids approche de celui du victoriat, n'en sont cependant pas une imitation : elles sont évidemment l'ancienne drachme phocéenne (t. I, p. 160); les secondes sont le résultat d'une réduction de poids subite et non d'un affai? blissement progressif. Pour expliquer leur origine d'une manière satisfaisante» il faut admettre que les Marseillais, soit de leur plein gré, soit pour obéh* à un ordre formel du gouvernement romain, remplacèrent leur ancienne drachme par une pièce ayant un poids égal aux trois quarts du denier.
Le monnayage rhodien est tout à fait analogue à celui de Marseille : la drachme forte, pesant originairement de 3«',37 à Z^,2b, varie plus tard de 36%09 à 2»',42 (t 1, p. 49, notées) , et Festus nous apprend qu'elle était acceptée sur le marché de Rome pour trois quarts de denier (t. I, p. 50).
Ainsi, il est bien établi que la pièce d'argent la plus usitée dans les principales villes de commerce, qui subis* saient sinon la domination directe des Romains, du moins leur influence, comme Corinthe, Marseille et Rhodes, était devenue, là où elle ne l'avait pas toujours été, égale en poids aux trois quarts du denier, ce qui explique suffisamment l'émission dans les ateliers monétaires de Rome et pendant un certain nombre d'années, d'une pièce valant trois quarts de denier.
Il ne faut pas croire cependant que cette émission ait
Zffi^ (1 exemplaire), 2«%92 ( 1 exemplaire), 2«',80 (4 exemplaires), 2«'75 (♦ exemplaires), 2^,1Z (2 exemplaires), 2»%72 (2 exemplaires), 2«',70 (2G exemplaires), 2«%68 (3 exemplaires), 2«',C5 (45 exemplaires), 2*^,03 (2 exemplaires), 2»',e2 ( 4 exemplaires ), 2«',60 (20 exemplaires), 2«%57 (2 exemplaires), 2«',55 (Il exemplaires), 2«',50 (4 exemplaires), 2«',47 (1 exemplaire), 2«',45 (1 exemplaire), 2«',42 (I exemplaire), 2»%40{1 exemplaire), enQn2«',î3(l exemplaire).
LÉ VICTORIAT. 101
duré bien longtemps. Le victoriat se trouve souvent avec un monogramme de ville ou un symbole de monétaire, rarement avec le monogramme d'un monétaire, et jamais avec le nom entier du magistrat : ce gui prouverait que la fabrication avait été abandonnée avant la fin du vi* siècle. Il est vrai que, d'après le texte du jugement arbitral rendu dans l'affaire des Génois, le victoriat devait exister encore en 637, mais il a dû être démonétisé peu après, et s'est con- in «v. j.-c fondu avec le quinaire. Varron (1) et après lui les historiens de l'époque impériale (2) n'attribuent au victoriat que la valeur du quinaire. C'est probablement pour cela que lorsqu'on émit de nouveaux quinsdres après une assez longue interruption, on leur donna un type ressemblant à celui des anciens victoriats, auquel on joignit la lettre Q comme signe officiel de leur valeur. Pline rapporte que ces nouveaux quinaires au type de l'ancien victoriat furent émis en vertu d'une loi Glodia (ci-dessus, p. 87, note 2). Cette loi doit avoir été décrétée fers l'an 650, puisque nous avons lo* av. j..c. des quinaires de cette sorte frappés par le monétaire M. Cato, mort en 66S, et que ceux de T. Cloulius, C. Fundanius, »i •^. J -c. C. Egnatuleius et P. Sabinus sont plus anciens. Les victoriats encore en circulation furent sans doute alors assimilés à ces nouveaux quinaires, car il s'en est trouvé tin dans le
(1) De lingua latina^ X, 41. — Depuis cette époque on ne compte plus en Ylctoriate* — * Dans Cicéron {Pro Fonteio, \, 9), victoriaios mille est une fousse leçon; U y est plutôt qaesUon de trois taxes de la douane romaine : guatemi denarii, — temi cum victoriaio, — bini et victoriatus.
(2) Maeclanos, d-dessas p. 87^ note 2 et ailleurs. 11 parait que du temps de l'empire^ dans le langage familier, le deml-denler s'appelait victoriatus «t non quinariuSf quoique le nom officiel du demi-denier frappé, d'apriàs la loi Clodia, à l'Imitation de l'ancien Tlctoriat, fût guinarius, comme le prouve IcQ dont il est marqué.
dépôt de Roûcofreddo (1) qui necontieaait, du reste, que des deniers et des quinaires. Il est vrai qu'à cette époque les victoriats les moins anciens devaient compter déjà environ un siècle de date, et par conséquent le frai pouvait, à lui seul, justifier cette dépréciation.
i>emiv!ctori«K I^e demi-victoriat est beaucoup plus rare que le victoriat. Celui qui est marqué du monogramme de Vibo est peutêtre le seul qui ait été frappé avec un noonogramme (2) ; on le trouve quelquefois plus tard, lorsque Tusage de marif uer les pièces d'une lettre ou d'un chiffre avait déjà prévalu ; alors il ne porte aucune marque de sa valeur, ou bien cette valeur est indiquée en sesterces comme autrefois sur les pièces d'or, et les lettres IS signifient 1 sesterce et 1/2. On peut supposer que les pièces ainsi marquées sont postérieures à la loi Glodia, car cette indication de valeur en monnaies romaines ne s'accorde pas avec ce que nous savons de l'essence même du victoriat qui dans l'origine était considéré comme une marchandise et partant n'avait aucune valeur officielle. Au reste, l'opportunité de la loi Clodia se comprend parfaitenïent : en effet, ce victoriat, pièce romaine et en même temps étrangère, moitié monnaie, moitié denrée, n*avait plus sa raison d'être depuis que l'émission des deniers avait pris de grands développements.
(1) Cavedoni, Ripostigli, p. 30.— Morell, ThesaurtM, pi. III, n*" 6 des Incertaines,
(2) II est prouve aojoard'hul qne la pièce de ce genre dtée par M. Ricdo ( Monete di fam.^ p. 263) ne mérite aucune confiance (Voyet notre tableau chronologique^ n* 5.)« La petite pièce^ peu ancienne d'aiUenrs^ ayee la l^sende VNI pourrait bien être un quinaire de la oonvelle espèce et postérieure à la loi Clodla, car ces nouveaux quinaires portent quelquefois le type du demUvictoriat. An surplus cette pièce s'est rencontrée dans le dépôt de Valfenera avec d'autres quinaires (CavedonI, BulL de Vlntt. tirch., 1$^, p. 164;.
LE VICTOBIAT. 103
et qu'ils circulaient en nombre au dehors des limites de r Italie proprement dite.
Quant au double victoriat, il est encore plus rare Daubi«rictoriat. que le demi-victoriat; la circonstance que le seul exemplsdre connu jusqu'ici, a été découvert en Espagne, jointe à la rencontre dans le même pays des seuls victoriats connus avec la légende ROMA eo lettres incuses, justifie parfaitement notre système, tant sur Thistoire et Torigine de cette monnide que sur la destination particulière qui lui avait été donnée de faciliter le commerce avec les villes du littoral de la Méditerranée. Il paraît donc évident (Annales de Vlnst.^ 1863, p. 9) que dès la première moitié du VI* siècle et avant la conquête de l'Espagne, les relations nouées par les Romains dans la Péninsule et qui amenèrent le ivaiié d'alliance entre Rome et Sagonte, firent exporter en Espagne on grand nombre de victoriats et, parmi eux, quelques-uns de la plus ancienne espèce. Cela n'est pas étonnant, puisque le victoriat valant matériellement autant que la drachme massaliote, le négociant romain qui avait des fonds à faire passer en Espagne trouvait avantage à y envoyer des victoriats plutôt que des deniers.
Les autres variations de la monnaie romaine et en particulier les changements successifs des types et des légendes n'ont d'importance qu'au point de vue du classement chronologique. Nous les renvoyons donc au chapitre où nous traiterons de Tancienneté relative des monnaies.
lOA CHAPIJKK Vf.
OBSERVATIONS SUE LORIGINE DU VICTORIAT.
On vient de lire rhistoîreduvîctomt telle que Ta comprise notresavant auteur. M. Mommsen, avec sa logique ordinaire, a admirablement tiré parti de Topinion de Borghesi^etFon a pu juger avec quelle science et quelle sûreté d'appréciatioa il a rattaché au victoriat la drachme marseillaise et les monnaies qui en sont les dérivés ou les imitations. Cependant en présence de la découverte du double victoriat et du victoriat avec la légende incuse, des doutes sérieux se sont élevés dans mon esprit; les idées de M. Mommsen n'ont pas, il est vrai, été modifiées par ceUe rencontre, et j'ai fidèlement reproduit, dans le texte ou dans les notes, toutes los observations qu'elle lui a suggérées et qu'il a insérées dans les Annales de V Institut archéologique (1863}. Comme on Ta vu, il résulte de ces observations que le victoriat est plus ancien que notre auteur ne Tavait d'abord pensé, et que cette espèce a pénétré en Espagne avant les autres monnaies romaines. Mais n'y a-t-ii pas encore un pas k faire'' Après les découvertes espagnoles, l'opinion de Borghesi sur l'origine iUy* rienne du victoriat est-elle encore soutenable ?
Pour mettre le lecteur à même de juger cette question, je ne puis faire mieux que d'insérer ici la lettre dont M. Zobel accompagnait l'envoi des empreintes qui m'ont servi k faire graver les n*' 1 et a de la pi. XXIII.
ik La découverte du double victoriat et de la série de victoriats archaïques à légendes incuses, doit, ce me semble, dit M. Zobel, modifier Topinion de Borghesi, adoptée par M. Mommsen, sur Forigine illy rienne du victoriat. L'indication assez vague de Pline : Is gwtNUNC victoriaius appellatur (c'est-à-dire le quinaire du temps de Pline) lege Clodia percussus est; antea enim hic
LE VICTORIAT. 405
nummus ex Illyrico advectus mercis loco habebatur ne prouve rien Évidemment Pline a le tort de confondre le victoriat romain avec la monnaie lllyrienne contemporaine, et M. Mommsen Ta reconnu lui-même (ci-dessus, p. 87, note 2). Le parti que Borghesi a tiré de ce passage était déjà un progrès et pouvait paraître suffisant pour expliquer Torigine du victoriat, alors qu'il était impossible de trouver une explication plus satisfaisante. Mais depuis nos dernières découvertes, cette origine nous paraît dégagée de toutes ses obscurités sans que nous allions la chercher en lilyrie. »
« En effet, quand on compare la série des victoriats archaïques pi. xxni, n« i, avec la légende ROMA (en creux ou en relief) sans symboles ni ^' '•
lettres accessoires k celle des monnaies d'argent de Capoue» portant cette même légende ROMA, on est frappé de la ressem- n. xxiir, n* 4. blance que ces deux séries présentent tant pour la fabrique, le style, le travail, le métal que pour les formes paléographiques et le poids. Or, cette analogie n*existe pas entre les victoriats et les monnaies illyriennes. »
a Ces monnaies de Gapoue, auxquelles on donne ordinairement le nom de quadrigaiiy sont, d'après M. Mommsen [Geschichte des rômischen MUnzwesens^ p. 213 et 243) (1), des statères du système phocto^ampanien réduits au poids romain de 6 scrupules, c'est-k-'dire des unités de 6 scrupules et des demi* unités de 3 scrupules. Elles ont pour type la tête de Janus imberbe ; T^ Jupiter dans un quadrige galopant k droite. Ces types se retrouvent également sur Tas de Capoue, tandis que sur les onces on voit la tête de Jupiter et au revers la Victoire couronnant un trophée. Or ce dernier type est précisément celui du victoriat, valant tout juste la moitié du quadrigatus. Ces monnaies de Capoue forment 4onc une série d'argent fin avec la légende en creux ; l'unité a pour type la tête de Janus ; ^ le quadrige de Jupiter, et la demi-unité a pour type la tète de Jupiter; T^ la Victoire couronnant un trophée. Plus tard on mit la légende en relief et Ton affaiblit le titre du métal ainsi que le poids des
(0 Voy. 1. 1, p. 301 et iulv., et t. IIÎ, Monnaies coloniûUi et provinciales.
pièces. Au lieu d*un6 seule et même série ayant deux types, on eut alors deux séries ayant chacune un type particulier :
!'• SÉRIE, au type du quadrige.
Unité (commune), de 7 gr. k 5 gr.
Moitié (rare), de S",»» a 3^25.
2* SÉRIE, au type de la Victoire.
Unité (rare), de Q^^^l.
Moitié (commune), de 3»',5k2*',7.
Les grandes pièces avec le type du quadrige et les petites arec le type de la Victoire étant plus communes que les autres, on prit rhabîtude de désigner les premières par le nom de quadrigatiy et les secondes par celui de victoriati. »
« Après la chute de Gapoue, les Romains fermèrent Tatelier monétaire de cette ville infidèle; ils déclarèrent la pièce principale égale a leur denier d'argent, et ils firent de la seconde une monnaie provinciale assimilée en Italie k une monnaie étrangère et traitée comme une marchandise {mercis loco). Ce n'est donc pas le vîctoriat qui dérive de la drachme illyrienne, dont la Taleur lui était un peu supérieurCr mais c*est la drachme iilyrienne qui fut assimilée au victoriat comme le furent plus tard celle de Marseille et celle de Rhodes (ci-dessus, p. 100). Les Romains, en assimilant les espèces étrangères k une espèce de moindre valeur, les faisaient peu k peu disparaître de la circulation, et en donnant k celles qui restaient, une valeur proportionnelle k leur denier, ils préparaient rintroduction de celui-ci dans les provinces. »
« Le résultat des trouvailles est venu confirmer le récit des historiens et prouver qu*au vi* et au vit* siècle le victoriat était dans rilalie septentrionale, dans la Gaule et en Espagne, Tespèce la plus répandue. Les peuples de la Gampanie, dont la monnaie était taillée diaprés le système phocéen, durent accepter le victoriat comme valant un demi-statère, tandis que les Romains ne le considérèrent jamais que comme une pièce de 3 scrupules n'ayant qu'un rapport indirect avec leur denier. La preuve qu'ils le considéraient comme une espèce k part, c'est qu'ils firent frapper des demi-victoriats. » . — l::.uj
LE VICTOfiUT. 107
« Sauf ces quelques observations sur l'origine du victoriat, je suis parfaitement d'accord avec M. Mommsen et je me range tout h fait à son opinion. »
M. Zobel résume, on le voit, d'une manière assez satisfaisante les objections que Ton peut faire aux défenseurs de l'origine illyrienne du victoriat. Il le fait venir de la Campanie au lieu de le faire venir de Plllyrie; mais, k cela près, il est parfaitement d*accord avec le savant allemand sur l'importance de cette monnaie, son rôle en Italie et dans les provinces, les changements qu'elle subit et enfin sa destinée au siècle suivant.
Comme on le verra (n* 5 du tableau chronologique), il faudra ajouter k la 2* série de M. Zobel une troisième pièce que le savant espagnol croît plus récente et frappée seulement par les monétaires romaiae, le éemi-vieiariaU valant lo quart de l'unité etpeaaiit de i^yiSr ^1*^,13, avec un module de i5 ài3 m.tlljiBèlres. pi. xxiit, n* 4.
Ne pourrait-on pas dire aussi que les Romains adoptèrent le type du quadrigatus campanien, lorsque, sans renoncer encore à leur ancien type (les Dioscures), ils mirent sur quelques-uns de leurs deniers le char de Jupiter ou d^autres divinités, uniquement pour faire secepter plus (bcilement leur monnaie par les peuples de la Campanie?
Les victoriats, deatoés au commerce des provinces çt de l'étranger, continuèrent encore assez longtemps à être frappés, conjointement avec les espèces d*origine romaine, dans l'atelier monétaire de Rome. Il faudra donc, malgré son origine campanien ne, conserver k cette espèce la place que Borghesi et M, Mommsen lui avaient conservée dans la série romaine.
i08 CHAPITBB VII.