‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 24 sur 110 · MONNAIES D'OR FRAPPÉES SOUS U RÉPUBLIQUE.- LINGOTS D'OR · texte numérisé non relu

MONNAIES D'OR FRAPPÉES SOUS U RÉPUBLIQUE.- LINGOTS D'OR

Ancienneté des transactions en or, et quels forent les premiers impôts prélevés en or.

Lingots L'or servait depuis longtemps déjà aux échanges dans

conaenrés dans | ji « i . it i»

raersrioD. '^ couimerce de Rooie, quand le monnayage a argent fut introduit. II est vrai que tout ce que racontent les anciens chroniqueurs sur For gaulois, les offrandes en or déposées dans les temples, les récompenses accordées aux vainqueurs, pourrait faire croire le contraire et donner à penser qu à cette époque l'or n'était employé que pour les parures des femmes et dans l'ornementation des temples (Ij . Cependant 357 ar. j.-c. l'impôt du 5 pour 100 qui frappa dès 897 les affranchissements, fut, sinon dès l'origine, du moins de fort bonne heure payé en or. Le produit de cet impôt fut déposé dans

(t) Varron, d'après NoDiut, verb.Torqnes, p. 228, éd. MûUen— Pline, iJù/. nat., XXXIII, 1, 16.— Diodore,XIV, in.-Tite-U?e, Y, 50.— Talère Maxime, V, C, 8. — Feetus, verb. Matroois, p. 158. — Gomp., sur l'or gaolois, Tite- Life, V, 48.— Denys d'Haliearnasee, XDI, 18.— IModore, XIV, lie.— Festus, an mot Vœ viciis, p. 872.— Snétooe, Vie de Tibère, IIJ, et sortont Pline, Hisi, nat,, XXXllI, 1, 14. On peut considérer eomme une invention forgée par les partisans de €ésar ThistorieUe que raconte ce dernier anr 2,000 lirres pesant

62 av. j.-c. d'or qui auraient disparu du Capitole en 702, pendantque Pompée éuf t consul nns collègue. Nous regardons de même comme on conte inventé par les Pompéiens ce que rapporte Suétone de 8,000 Uvres d'or volées an Capitole

M av. j.^:. pendant le premier consulat de César en 89S, et qui y auraient été remplacées par du cuifre doré ( Suétone, Vie de César, LIV).

MONRAfES tfOR. 109

les caisses de TÉtat et s'accumula au polut que, lorsqu'en 545 on eut recours à cette dernière ressource pour faire jo9 «t. j.-c face aux besoins pressants de la République, il s'en trouva 4,000 livres pesant (1) . Plus tard l'or forma la principale partie de la réserve que l'on conservait dans l'aerarium : elle en formait les 4/6 en 697 (2), et en 706 en- m «t. j.-c. core (3) plus de la moitié de l'encaisse était en or. Aussi savons-nous que le gouvernement romain autorisait le payement en or des fnds de guerre stipulés en argent (4), et que les trois métaux entraient dès le milieu du vu* siècle dans les attributions des officiers monétaires : le titre seul de cesmagistrats suffirait pour le prouver. Enfin nous voyons qu'à la môme époque diverses dépenses ou recettes de l'État étaient ordonnancées en or (5). Les particuliers suivaient sans doute cet exemple, et nous n'ignorons pas que du

(1) De là rexpression aurum vicesimarium (TIte-Life, XXVII, 10; comp. aussi VII, 16).— Un passai de Varron (dans Nonias, p. S20 : Nàmfqteres argerUei atque aurei primum confiait aique in aerarium conditi) indique bien que Ton mit de bonne benre des Ungots d'or dans l'aerarium. Dans l'origine, c'était sans doute surtout à titre de dépôt d'une denrée précieuse et inaltérable^ ainsi que cela se faisait pour d'autres matières, par exemple pour le laserpilium (Pline, Hist, nat., XIX, 3, 40).

(2) Ce dépôt était, d'aprôs Pline (HUt nat, XXXllI, 3, Sa [manuscrit de Bamberg]), 17,410 livres d'or, 22,070 llTres d'argent enllngots, 6,135,400 sesteirces (= 18,230 livres) en argent monnayé. L'état de la caisse montait

en 663 à auri \XVI\ .XX.DCCCXXX/ (=1,620,83]), somme qui ne repré- 9i av. J.-c. sente probablement que le cbiffre des sesterces; de sorte qu'il manque quelque chose après le mot auri.

(3) D'après Pline [Hist. nat, XXX1II,8, 56). 15,000 lingots d'or, 30,000 iingots d'argent et 30 militons de sesterces (=89,286 livres). D'après Orose (VI, 1&), 4,135 livres d'or, environ 900,000 livres d'argent. 11 y a évidemment erreur dans ces chiffres*

(4) Pline, Hist. nat., XXXIII, 3, 51.— Polybe. XXll, 15, 8. - Tile-Live, XXXVUl, II. '

(5) Pour payer les préparatifs de la guerre contre Mithridnte, on vendit

temps de Cicéron, quelques-uns possédaient déjà de fartes sommes en or (i).

coiitrAie de l'or. A cctte ëpoque, Tor circulait régiattèvinftttLttà Ungots. Le poids en était souvent csmtaté par des pesées, mais jamais on ne songeait à contrôler la finesse du métal, et il était admis, oae fois pour toutes, que les lingots en circulation étiâent de l'or le plus pur. Il existe même une loi de Sylla punissant avec la même sévérité ceux qui altéreraient des lingots d*or et ceux qui fabriqueraient la fausse monnaie d'argent (2). Cette loi pourrait faire supposer que les lingots destinés 1 la circulation et à tenir lieu d'argent monnayé portaient un signe quelconque, espèce de contrôle officiel qui en garantissait la finesse, comme cela s'était pratiqué autrefois pour les lingots de cuivre (t. I, p. 176). Cependant nous n'en voyons de traces nulle part. Peut-être au lieu d'une marque qui en aurait rendu le fractionnement moins facile, se contentait-on de donner à ces lingots une formo particulière iacile à reconnaître.

contre de Ter des terres appartenant à TËtat (Applen» Mithridate^ XXII. -> Comp. Orose, V, 18). Lucllins parle aussi de payements en or par le trésor (cite par Noniiw verb. Publicitus, p. 513; comp. verb, Rogare, p. 382). 69 ar. J..C. (1) A U sulto d'un Tol commis à Larinum en 68S, on constata la dispa-

rition d'une somme en argent monnayé et de cinq lirres d*or en lingots (Cicéron, Pro Clueniio, LXIV^ 179). — Dans le dépôt de Cadriano, on a trouvé plusieurs milliers de deniers d'argent et un certain nombre de Ungots d'or ( Schiassi, Ritrov. a Cadriano, p. 24) .

(2) Digeste, XLVllI, 10, 9, pr. : « ^i m aurum vitii quid addiderit, qui «* argenteos nummos adulterinos fiaverit, falsi crimine teneri. » Ainsi l'or en lingots devait être pur ( decoctum^ obryzum ).

MONNAIES d'or. Ht

Valeur propoiflionnelle de Var vw-à-vn des antres métaux.

Il devait nécessairement exister un tarif fixant la valeur réciproque des trois métaux. Coamient en aurait il pu être autrement puisque nous savons que le fisc percevait 5 pour 100 en or sur les affranchissements et que souvent les généraux demandaleat qu*un certain nombre de livres d'or leur fût envoyé, sommes que les historiens expriment en sesterces (1)7 Ces passages seraient inintelligibles s'il n'avait pas existé de tarif* De plus, les actes judiciaires prouvent qu'à la fin dû vr siècle la livre d'or valait 4,000 sesterces ou 1,000 deniers ou 11 *7it livres pesant d'argent, ce qui revient à la proportion de 1 : 11,91 (2) . Cette propor-

(1) îlteLlTB, XXXIX, 5.

(?) Tlte-Lire (XXXVm, &5) rapporte^ feodi ta date de 667, d'tprèa Valeitas isr tr. j.-o. Antiat, que L. Scipion aralt été accusé « fe» miiUi pfmdo mari, quadrin- « genia octoginia argenti plus accepisse quam in aerarimn retnierit, • et il ajoute : « Malim librarti menâum qvom menâm^ium scriptoris esse in msumma auri atque' argenti. Simiiius enim vert est argenti quam auri m majus pondus fuisse et potius quadragies qttam dueentiee quaâragies « litem aestimatam. » H rapporte ensuite l'expression du méeoBtentcineDt du frère de L. Scipion : « Quod cum bis mUièe in aerarimn intulisset, quë» « dragies ratio ab se posceretur. « Comme on Ta déjà ohserré depuis longtemps, Tite-Live pense qn'Antlas n'a pat écrit 6,000 livres d'or Talent 2\ millions de sesterces, auprès desquels la peUte somme d'argent de 480 li* Très d'argent = 161,380 sesterces ne Taudrait pas la peine d'être citée; mais 6^000 livres d'argent et 480 livres d'or valant ensemble 2/)l 6,000 -f 1 ,920,000 =3,936,000 on environ 4 milltoni de sesterces. On ne peut pas dire id que Tite-Live appUque à un antre âge les proportions de valeurs existant à son époque, puisqu'il attribue expressément à l'auteur qu'il cite les deux expressions, tant celle de la valeur en livres pesant d'or et d'argent que celle

tion peut être regardée comme celle qui existait aux vr et vu* siècles, et probablement aussi comme la plus ancienne (1) ; elle a dû rester la même en moyenne pendant un grand nombre d'années, quoique nécessairement diverses circonstances aient dû y apporter de temps à autre quelques modifications momentanées et amener une hausse ou une baisse (2) dans la valeur relative des métaux. Ainsi après la découverte des mines du Noricum, .au commencement du VII* siècle (3) , Tor baissa d'un tiers sur tous les marchés de ritalie; la grande quantité d'or rapportée

de la Taleur eo sesterces. De plus, H est clair que cette éraluatlon a été faite d'après le cours légal. Ce qui le prouTe encore, c'est que, dans un autre passage, un général ayant demandé 100 livres d'or, on lui accorda 80,000 sesterces, ce qui réduit la somme à 20 livres d'or (Tite-Life, XXWX, 5). — Letronne (Considérations générales, p. 60 et sulv. ) et, d'après lui , Bœckli (Meir, Uniers., p. 460) ont adopté la proporUon de 1 : 13,7 pour le temps de la République, en se basant sur ce passage de Pline (Hisl. nat., XIX, 4, 21 ): « Quatemis denariis scrupula eius {Uni byssini) permuiata quondam ut « auri reperio. » Mais évidemment Pline ne parle pas du prix que l'or avale eu autrefois, mais de la valeur qu'avait eue le byssus, qu'il compare avec la valeur de Tor de son temps; et en effet, sous les empereurs Flaviens, la pièce d'or de 6 scrupules 1/2 valait 25 deniers, et par conséquent le scrupule d'or environ 4 deniers.

(1) Il reste à savoir quelle pouvait être cette proportion pour l'époque qui a précédé la diminution du poids du denier. SI dans ce temps la livre d'or valait déjà 4,000 sesterces=13 livres 8/0 d'argent, la proporUon était de 1 : 13,88. ce qui n'est pu vraisemblable. Si, au Heu de cela, la proporUon était déjà ce qu'elle fut plus tard 1 s 11,91, alors la livre d'or valait 3,428 4/7 anciens sesterces, ce qui ne peut être admis non plus à moins d'arrondir les chiiSres. 11 se pourrait cependant que la livre d'or valût alors 12 livres d'argent = 3,4S6 sesterces.

(2) Compares, sur le rapport entre la valeur de l'or et celle de l'argent en Grèce et en Asie, Bœckh {Staatshaushaltung der Athener, t I, p. 42 de la seconde édition). En sonune, l'or avait p)us de valeur en Italie qu'en Grèce, et surtout qu'au fond de TOrlent. La proporUon moyenne semble avoir été pour la Grèce 1 : 10, et pour ritalie 1:11,91.

(3) Strabon, IV, 6, 12, d'après Polybe.

MONNAIES D*aB. 113

à Rome par César après la guerre contre les Celtes, eut une influeiice encore plus forte, et la livre d'or ne valut plus •que 3,000 sesterces: la proportion se trouva donc réduite à 1 : 8,93 (1). Nous avons vu plus haut (tome I, p. 266) qu'aux V* et vr siècles, les monnaies d'or de la Campanie avaient été tarifées dans la proportion de 1 : 1,800 vis àvis des pièces romaines en bronze, ce qui revient à 1 : 180 pour le rapport de l'argent au cuivre, à 1 : 10 pour l'or et l'argent : proportion désavantageuse pour les pièces d'or, mais qui s'explique facilement puisqu'elles étaient étrangères.

En 565, les Étoliens furent autorisés à payer en or et i89 «r. j..c. sur le pied de 1 : 10 le tiers de la contribution de guerre qui leur avait été imposée, quoique dans le traité de paix elle eût été stipulée «n argent (2).

Le tarif, désavantageux à l'or en général , lui devient Tarif «rantageus favorable quand il s'agit des monnaies romaines (3) de LX, romrinwrqni'^ne •de XL et de XX sesterces, dont l'émission' commence en »ontqu8de» 537 (4). Le scrupule d'or y est estimé sur le pied de exc^u"o"nlnet.

ÎI7 »r. J.-C.

(1) Saetoiu (Vila Caesaris, LIV) : « Unde factum. Ut auro abundaret ter- « nisgue milibus nummum in Ubras promercale per Italiam provineiasgwe « divenderei, m

(2) Polybe, XXII, 15, S. — TIte-LIve, XXXVIII, 11.

(a) Ces moanaies ont été probablement frappées bon de IHoiAe, nais ceN taioement pour le compte da gouvernement romain (p. 57). Elles ne sont pas romaines uniquement par la forme comme les monliaies d'or de la Campanie. Nous en avons la preuve d*abord dans le témoignage de Pline, comme on va voir dans le passage que nous citerons pluà loin, et plus direc* temeot encore par la marque qui se trouve sur les pièces; cette marque indique une valeur supérieure à la valeur Intrinsèque et ne peut leur atolr été donnée qu'an profit de l'Ëtat qui les a fait frapper.

(4) « Aureus nummus (dit Pline, Hist. naiur,^ XXXIIJ, 3, 47) pf»st onm nosLl (d'après le manuscrit de Bamberg, LXU dans les antres) percussus

20 sesterces, par conséquent Tor monnayé se trouve être à l'argent monnayé comme 1 : 17,143. Ce fait a été rapporté par Pline (1) , dont le récit est du reste confirmé par les chiffres qui se voient sur ces pièces (2). Nous en concluons

261 tr. j.-c. « ggf quant argenteus.nEn faisant remonter le denier d'argent à l'année 486

217 «T. J.-c. (voir p. 28)^ on arrive tout Juste à la date 537.

(1) Dans le passage déjà cité d'après le manuscrit de Bamberg> Pline ajoute à ce que nous avons donné dans la note précédente: « Ita ut scripulum ca« « lerei sesteriio viciens quod efficit in librali ratione sestertii qui tune n erant CCCC. » Les autres manuscrits^ moins importants, ne présentent pas de variantes remarquables, seulement la meilleure catégorie de ces manutcrits (Voss. Riccard. Paris, n"* 6797, et le bon manuscrit de Budaeus) mettent effecit au lieu de efficit^ libras au lieu de iibrali et D nongenti au lieu de CGC Cm On doit probablement écrire : a Ita ut scripulum valeret sestertiot « vicenos, quod effecit in librali ratione sestertiorum qui tune erant « VDCCLX,» c'est-à-dire 5,760 anciens sesterces pour une livre pesant d'or, en calculant le sesterce à 1/336 de la livre, et non à 1/384 comme on le faisait du temps de Pline. L'opinion deLetronne (Considérations gênéraleSfP.60)y d'après laquelle Pline parlerait du profit que faisait le gouvernement pour chaque livre d'or monnayé, ne nous semble soutenable ni au point de vue grammatical, ni au point de vue du fait matériel. En effet, la phrase res publica lucrata est qui précède, est trop éloignée pour qu'elle permette d'ajouter le mot lucri à effecit; l'évaluation de ce prétendu bénéûce à 1,152 sesterces n'est due qu'à une fausse interprétation du passage de Pline que nous avons cité p. 112, et sa réduction à 900 sesterces par suite de la défalcation des frais de monnayage, est entièrement arbitraire. Boecking (Inst, 1 1, p. 343) pense que Pline a réduit les 5,760 sesterces = 14,400 as d'un dixième de denier en as d'un seiiième de denier, ce qui donne 900 deniers. Mais cette interprétation ne concorde pas avec les cbillVes des ma*nuscritSy et de plus ce calcul de réduction nous semble trop compliqué pour Pline. Nous ne voyons d'autre manière de nous en Urer que de changer les chiffres CCCC ou DDCCCC euTBCCLX.

(2) Le poids de ces pièces d'or est connu ; cependant nous réunissons !d les pesées les plus sûres que nous ayons, parce qu'elles constituent la base la plus certaine et la plus ancienne sur laquelle puisse s'appuyer la recon* stitution de la livre romaine. — Pièce de LX sesterces : 3i%42 (Gab. de Berlin« Plnder, p. 8); 3^,41 (= 64,25, Letronne, Considérations, p. 6); as'.SS et3*',38(Borghesl,dana les Memêrie nuniismatichéfit Oiamilla,p.33); Zf,ZS

MONNAIES d'or. 115

que la pièce d'or était, à Rome comme à AthèneSt une pièce fiduciaire, tarifée comme uue monnaie obsidionale, c'est-à-dire au-dçssus de sa valeur réelle. En effet, la date de son émission coïncide avec celle des premières pièces fourrées {voy, ci-dessus, p. 79) et avec la réduction de l'as ; c'est probablement pour cela que cette émission dura si peu de temps, car elle cessa avec les malheurs de la guerre d'Annibal. 11 paraît que la plupart de ces pièces furent alors retirées de la circulation; on n'y voit aucun nom de monétaire, et leur type est ancien. On peut donc dire que sous le gouvernement de la République, il n'y eut pas de monnayage d'or régulièrement établi en Italie.

Dans le bas Valais, on rencontre quelquefois des pièces pucc. d'or d'un type particulier non encore expliqué; elles dor du valait. portent le nom d'un prince ou chef celte (d'un prince des Salasses, suivant toute apparence) et ont été frappées avant la soumission de ce peuple aux Romains, en 611 ; 143 1^. j.-c. leur poids est de 6 scrupules romains ( = 6*',82), et elles semblent avoir été fabriquées avec l'or de Victumulae. Ces monnaies prouvent, il est vrai, que ce pays jouissait encore de toute son autonomie, mais elles montrent aussi que, dès cette époque, les poids et les me-

(=:S1»7, Pembroke, Cat, p. 74; Leake,p. 141, exemplaire du Mus. Brit.); 3«%34S (Cohen, Méd. consul,, p. x). — Pièce de XL sesterces : 2«%26 (Borghesi); 2«',229 (= 34,4, Pembroke etLeake); 2«',205 (Cohen). —Pièce de XX sesterces : 1»M3 (Borghesi; 2I«"%37S et 21»''^*',333, Letronne) ; 1«%121 (=17,3, Pembroke, Leake); 1«',11 (Cohen). — La pièce la plus forte. 3<%42, donne une livre de d28(%32; les pièces un peu ploi faibles, mais dont les poids sont concordants, 3c,39, 2<^,26 et li%13, donnent une lifre de 325f,44.

sures des Romains étaient adoptés dans la vallée supérieure du Rhône (IJl»

Les places d'or Ce ne fut que vers la fin de la République que les mon- ^dlujw^i^^' °*^®^ ^'^^ conwnencèrent à reparaître, quoique en petit nombre. La pièce qui porte le nom de T. Quinctius (2) n'en fait point partie. Celle-ci a le poids d'un statëre athéniefl, et on y voit la tête de Flamininus; elle a probablement été frappée par quelque ville grecque, jalouse de donner au Libérateur des honneurs royaux, ce qui arriva plus d'une fois en Grèce. €ne autre pièce d'or qui porte le nom de quelque magistrat italiote de l'époque de la Guerre PI. XXX. «• 11. Sociale, Mmius leius (3) , a le même poids ; on peut croire que les relations des confédérés avec Mithridate leur

<1) On .trouTert plus de détails sur ces pièces dtos dos NonUtrusk. Àlph. (p. 202, 220, 250 et saiv.), où nous ea donnons un dessin. On en eonnatt cinq exemplaires, a^ee différentes légendes, mais du même type : trois traits horizontaux, à cdté un globule, au-dessous une sorte de filet; ^ Légende sur un rubandécoré d'omementaUons singulières. —Elles ont été trouvées : une à Colombey, une autre à Port- Valais dans le bas Valais, deux au grand Saint-Bernard, et la cinquième à Kulm en ArgoTle.— Les deux exemplaires dont nous connaissons le poids pèsent Oc'jOS et Gs'^e&S.— Les pbllippes d'or imités dans les Gaules ne sont d'aucune utilité pour le classement de ces monnaies, parce que d*nne part ils ne se sont pas rencontrés aussi loin, et d'autre part les pièces d'or celtiques du midi de la France n'ont aucune analogie de poids ni de type avec celles des Salasses.

(2) Tête ayec une barbe courte; il Victoire debout tenant une palme et une couronne; à cèté on lit T. QVLNCTI; le poids est de 8*^,50 (=160 grains) d'après Mionnet, t. 111, Supplément, p. 260, «t F- Lenormant, Revue numtsm,, 1852, p. 197. Cette pièce pèserait donc un gramme de moins que le tétradrachme d'Alexandre. M. Cohen (p. XI) s'est Clément trompé en lui donnant le poids de 10(%80, tout ea citant TarUcle de M. P. Lenor* mant.

(8) Si'.iT. FriedlKnder, Beitrëge^ 1, p. 176. — D'après Burgon, 8^,49 (c=z: Uli",!, Cat. Thomas, p. 6 ). Quant à TauthenUcité de cette pièce, voyez notre elassiflcation chronologique.

«7 âv. J.-C.

MONNAIES d'or. Î17

avaient fait choisir de préférence le poids grec pour leurs pièces d'or, qui sont, du reste, très-peu nombreuses.

En éliminant les monnaies fausses et celles qui ont été coulées sur des pièces d'argent (1) r il ne reste plus de pièces d'or de l'épocjne républicaine que celles frappées par les généraux, savoir : par Sylla en 667 et pendant les années suivantes (2), par Pompée en 673 (3), et par César iitr.a.-c.

(1) Comp. SOT les nombreuses pièces d'or reconnues aujourd'hui pour fiasses, Eckhel, D. Num. Vet., t. V, p. 37 ;— Borgbesi, Decad, XIV, p. h2; — AmeUi, Synopsis, p. 83; — Mionnet^ Catalogue ;^Cobito, ioc. ciY., p. x, et plusieurs autres.^-Le trarail consciencieux de Letronne sur les monnaies d'or des Aimilles est derenu pour ainsi dire inutile; autrefois nous y ayons nous-méme été trompé, sinon pour le principe, du moins dans quelques cas Isolés. «* Dans le fait, excepté les pièces citées dans notre texte, toutes les monnaies d'or attribuées è l'époque antérieure à César sont ou busses ou contemporaines de César on postérieures &lui. Une seule pièce fait exception à cette règle, c'est raureus de Cn. Lentulus ; elle pèse 1/42 de livre; nous Ta- Tons ckissée au n* 239 de notre série chronologique arec les pièces d'argent et de cuiTre portant la même légende.

(2) On connaît quatre types de Sylla : 1« L. SVLLA. IMPER. ITERVM. 10^,71 ( =165,3. Pembroke, Cai., p. 77); 10«',69 (^ 165, Mus. Brit., Akerman, Num. joumai, I, 171); 10c^6S (Modène. Cayedoni, Riposiigli, p. 147, nn peu usée); — 2* de L. SVLLÂ el^de L. MANLI(ti#) : 10»%8tt

(coU. Borghesi. Cavedonl, Ripostigli, r. 147, fleur d» coin); 10^,76 '•"*'»»•*• (=16C,1, Pembroke, Cat, p. 70; = Ï2 trapp., RIccio, Cat., p. 75); IO«',73 (=202, Mus. Thomas. Akerman, Num, joum., 1, 71); HH%70 (=201 1/2. De la Nause, Mém, de fAcad,, XXX, p. 373); cet exemplaire est probablement celui que cite Letronne (Considérations, p, 6) comme aureus de la famille Cornelia^ et dont il ne décrit pas le type. Il pèse, d'après et sarant» 10«',S4 ( = 204); - 3» L. SVLLA. A. MANLI. 1 10*',S5 ( = 167,5, Cohe», pi. xxvi, Pembroke, Gat,^ p. T7) • — 4* Tête dladémée de femme, ly Double corne ^* ^•

d'abondance; dans le champ, la lettre Q : 10«',78 ( =203, Cab. de ^"^*";P* *^» France» Bev. num^ 1839, p. 341); 8»',91 (= 10 trapp., Riceio, €at., p. 10; ce poids est sans doute exacte puisque M. Riceio fait obsenrer que son exemplaire est nn peu plus faible que celui du €abinet de France). — Quant ao prétendu demi-aureus de Sylla, voyez ce que nous en disons t. ï, p. 16, note 2,M ci-après à la série chronologique. (3) 9 grammes (musée de Bologne. Cayedoni, Bipostigli, p. 147); 8«',95,

Fl. XXXI, n* s.

46 ar. J.-C.

ri.ZXXT.nMS et 3.

ei'.is»

118 CHAPITBB VU.

à partir de 708 (1); toutes sont, par conséquent, des monnaies militaires. Leur poids est très-inégal ; mais s'il ne répond pas à un nombre rond de scrupules (2), il peut être réduit en fractions régulières de la livre romaine, comme on le voit dans le tableau ci-joint :

MliBmil MltffMI

Piices d'or de Sylla, ordinairement t/30 de la lirre romiine. W. — nrement 1/36 —

PI. XXXI, no n. «• de Pompée, - 1,36 -

PI. XXXI, n* 4. '<'• de César, — 1/40 -

PI. XXXII, n« 1.

Ce que nous avons dit plus haut explique cette irrégularité : les lingots d'or fin étaient acceptés au poids dans tous les payements; les généraux avaient des pouvoirs monétaires assez étendus pour changer ces lingots en monnaies dont le poids déterminait la valeur. Ainsi Taureus de 1/30 de livre valait 133 1/3 sesterces, celui de 1/36 = 111 sesterces 1/9, celui de 1/40 = 100 sesterces, en supposant que les pièces eussent tout leur poids et ne fussent pas usées. On peut en conclure que César, qui, à Toc- 46 a», j.-o. casion de son triomphe, en 708, donna 20,000 sesterces à chacun de ses soldats, paya cette somme avec deux cents pièces d'or. Il est de même probable que Sylla et Pompée ont payé 400 sesterces avec trois des plus fortes pièces d'or, et 1,000 sesterces avec neuf des plus petites.

(=168,25, un peu usée. Letronne^ Considérations, p. 6; tC8, Cat. cfEnnery, VI. XXXI, n* 17. p jjj^^ probablement le môme exemplaire); 8«%91 ( = enYiroo 10 trappes!,

Riccio, Ca/.,p. 166); 8(%90, collection Blacas. 49-47 «r. J -0. ' '' Toutes Ics plèces d*or qui ont élô classées aux annéos 705-707 sont ou

mal classées ou fausses.

(2) C'était l'opinion de Letronne; mais dans Tétat actuel de la science,

cette opinion n'a plus besoin d'être réfutée. Ce n'est qu'accidentellement

que la pièce d'or qui pèse 1/30 de Une le trouTe peter en même temps

8 scrupules.

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