MONNAIES D*OB
Toutes ces émissions de monnaies d'or ont un caractère exceptionnel. Celle qui fut ordonnée par César, encore républicaine pour la forme et le principe, inaugure cependant par son abondance le système impérial ; nous Texaminerons plus loin. On sait que toutes les pièces de Pompée, une partie de celles^de Sylla et la plupart de celles de César ont été frappées à Toceasion de leurs triomphes. Les pièces de Sylla qui ne rentrent pas dans cette catégorie, étaient probablement . destinées à TAsie. Les monnaies d'or frappées en Italie dans les derniers temps de la République, ne sont donc, pour ainsi dire, que des monnaies de circonstance émises à l'occasion de quelque solennité. Mais il ne faut pas oublier que les monnaies ne représentaient pas à beaucoup près toute la circulation du numéraire en Italie; elles n'étaient destinées qu'aux usages journaliers et au petit commerce, tandis que les grandes affaires se réglaient en lingots d'or et au poids. Nous retrouvons encore ici une nouvelle preuve de l'esprit pratique des Romains dans les questions de finance ; car le grand commerce se trouve toujours plus sûr et plus à l'abri des crises politiques lorsqu'il est indépendaut des monnaies et qu'il peut se procurer et administrer luimême ses ressources métalliques en toute liberté, sans avoir besoin du secours de l'État.
INDICATIONS 'POUR LB CLASSEMENT CHRONOLOOIQUB MIS MONNAIES ROMAINES FRAPPÉES SOUS LA RÉPUBLIQUE DEPUIS LA PREMIERS ÉMISSION DU DENIER D'ARGENT EN 486 JUSQU'EN 704 DE BOME (l).
§K Lei dépôu«
La découyerte des dépôts est le seul témoignage immédiat qui puisse donner des renseignements directs sur l'ancienneté relative des monnaies de la République ; en les examinant avec soin et métbode, on arrivera à déterminer les conditions chronologiques des pièces qui s'y trouvent et même de celles qui y manquent Avant taut« il faut fixer l'époque de l'enfouissement et rechercher ensuite quelles sont les pièces les plus récentes parmi les espèces connues que l'on y rencontre, et les plus anciennes de celles qui
(1) Ce que nous disons des indications principales qni peuT^nt senrir a» classement obronologique des monnaies de la République, concorde, en gi» néral , avec les recherches de Borghesi et de Caredoni ; nous le disons une fois pour toutes, parce qp'il nous a été impossible et qu'il eût été inutUe de faire remarquer les petites diilërences qui existent entre les résultats qja'lls ont obtenus et les nôtres^ toutes les fois que l'examen, de quelque détail noua a amené à une divergence d'opinion.^ M.
J'ai eu soin de modifier ici le texte de l'auteur pour le mettre d'accord arec les corrections qu'il y apporte lui-même dans les Annale* de 1863, et J'ai pensé qu'il était également inutile de faire remarquer au lecteur tous les changements que j'ai dû faire avec l'approbation de l'auteur; Je les al Indiqués lorsque la modiâcatioo était, considérable. 6«
ne s'y troavent pas (1). Pour arriver à ce résultat, il faut rechercher dans l'histoire locale les circonstances qui ont pu motiver Tenfouissement du dépôt, par exemple quand et comment une guerre a ravagé le pays. Plus le dépôt t est considérable, plus il devient facile de préciser d'une
[ manière plausible la date de son enfouissement, car plus
le noilibre des pièces est grand, plus il est probable qu'une pièce commune, si elle ne s'y trouve pas, n'a été frappée qu'après l'enfouissement; quant aux pièces rares, il est clair que leur présence est concluante, et que leur absence ne l'est pas. Voilà pourquoi dans le tableau que nous donnons au chapitre suivant, indépendamment du degré de rareté admis par les numismatistes» nous avons tenu compte autaat que possible du nombre de chaque espèce de monnaie rencontré dans les divers dépôts> Il faut aussi ne pas oublier que la différence du pied monétaire et la période pendant laquelle telle ou telle pièce a été en circulation, exercent une certaine influence sur la proportion dans laquelle chaque espèce peut se trouver réunie aux autres»
Dans les trésors découverts jusqu'à ce jour^ on n'a vu Argent. que très-rarement des deniers de l'espèce la plus ancienne, pesant un soixante-douâème de livre, confondus avec des deniers plus récents, ce qui s'explique non-seulement par la rareté de ces pièces, mais aussi par la différence de leur valeur. Les espèces récentes scmt toujours en plus grand nombre que les anciennes; ainsi ,^ dans le riche dépôt du Mans, qui avait été enfoui sous Tibère,
(1) Lm espèces frappées à FëtraDger ne se mêlent pas immédiatement aTee celles qui sont d'origine italienne; e'est ce qae prooTent les n** 2Z2, 297» 28S.
des cs})l'cci.
il tfy avait presque pas de deniers du vi* siècle et trèspeu du temps de Sylla, surtout des plus anciens ; en revanche, dans le dépôt de Fiesole, les deniers de Q. Tltius (n» 214) se trouvaient en nombre tout à fait disproportionné à celui des autres espèces.
Dans les dépôts qui ne contiennent que des pièces de cuivre, les diverses espèces sont mêlées ; les plus petites fractions se voient à côté des as et des semis, tandis qu'en général les deniers sont toujours seuls.
On a rarement trouvé des quinaires mêlés aux deniers, comme àRoncofreddo, Valfenera (1), Larino (2) et Carrare; jamais de sesterces. 11 est encore plus rare de trouver des victoriats^ bn en cite cependant dans un dépôt espagnol, à Cazlona, et dans celui de Hevisz-Szamos en Transylvanie, où Ton a découvert un victoriat avec des bijoux d'argent et un grand nombre de drachmes de la ville de Dyrrhachium.
Les dépôts de pièces de cuivre, qui doivent être les plus anciens (p. 69) et qui seraient les plus intéressants pour la connaissance des monnaies du vi* siècle, n'ont malheureusement pas été décrits avec soin. Les trésors de deniers sont relativement récents. De tous ceux qui ont été l'objet d'une étude approfondie, il n'y en a pas un seul dont l'enfouissement puisse remonter beaucoup au delà de la Guerre Sociale; et de tous les autres, sur lesquels nous n'avons que des renseignements incomplets, celui de Badulato seul pourrait être plus ancien (3) ; de
(0 Bulletin, 1852. p. ICSetiulv.
(2) Cayedonl, Riposiigli, p. 39.
(3) Ce dépôt, qui tomba entre let maint de M. Rtoclo (Catal,, p. III), contenait des déniera au revers des Dioscores, ayant des symboles ou des
dêp6ts« 123
sorte qu'il nous reste peu d'espoir d'apprendre avec le temps quelque chose de plus satisfaisant de ce côté. Nous allons donner la description des dépôts qui ont été le mieux étudiés, en suivant l'ordre chronologique de leur enfouissement.
!• Le dépôt de RoncarolOf près de Yerceil (RC), a dû noncaroio; être enfoui entre 645 et 650. Quatre-vingt-treize pièces ont io9etio4ar. j^. été soigneusement étudiées par M. Luigi Bruzza (1) , sur environ cent cinquante qui s'y sont trouvées réunies. Excepté cinq pièces rares et que pour d'autres raisons on peut classer à une époque antérieure (n*»22, 37, 94, 130, 180), toutes les autres ont été également trouvées à Fiesole, tandis que l'on n'a rencontré à Roncarolo aucun des deniers sans le nom de Rome et sans indication de valeur, qui sont fort nombreux à Fiesole, ni en particulier aucun des cinq plus récents de ce dépôt,qui ont dû être frappés après 650 loi ar. j.-c.
monogrammes. M. Ricclo cite en particulier les symboles suivants : le foudre, la tête de femme (3 exemplaires ), le bouclier et la trompette, TaTiron, l'oiseau; les monogrammes : AV (3 exemplaires), AVTR (2 exemplaires), TAMP (3 exemplaires), LHPL, MAT (6 exemplaires), TOD (6 exemplaires), et les noms CN. DO., CN. CALP. ( 3 exemplaires), Q. L. C. (3 exemplaires), SX. Q. (3 exemplaires), 3 autres de la famille Qnlnctia, probablement arec les IniUales T. Q, L. ATILI. NOM, M.AVREU. COTA. — Il y a peu de parti à tirer de cette découverte, puisque malheureusement les deniers les moins anciens n'ont pas été décrits; parmi les pièces citées il en est une avec les initiales T. Q. qui a le signe X, et qui, par conséquent, ne peut être antérieure à Tan 620.
(1) Buîlet., 1853, p. 132. — Cavedoni suppose que l'enfouissement de ce dépôt eut lieu pendant la guerre des Cimbres en 652. ~ Les cinquante-trois deniers découverts à l'ancien Glatema, près de Bologne (Bu//e(.,1841,p. 166), se sont également trouvés dans le dépôt de Fiesoie; mais les cinq deniers correspondant aux as semionciaux ne se trouvent ni dans l'un ni dans l'autre trésor. Nous avons pensé qu'une description spéciale de cette peUie trouvaille était MntUe.
12& CHAPITRB TIII.
(Chap. IX, n<^ 212, 21S, 214, 215, 216). Malgré son peu d'importance, on peut donc assigner au trésor de Roncarolo une date plus ancienne qu'à celui deFiesoIe; il peut avoir 104 ar. j.-c. été eufoul ayant 650, puisqu'il contenait des deniers de Li- 109 ar. j.-c. cinius et de Domitius, frappés vers 6A5 (n* 170) (1). ciona. 2* Dépôt de Cazlona (CAZL) (2). M. Zobel a décou-
vert dans la riche bibliothèque de M. Delgado un manuscrit du milieu du xvii* siècle, intitulé : Discorso del Marques de la Àula sobre el vaso y medallas que se hallaron en Cazlona anno del618. D'après cet écrit on aurait trouvé, en 1618, à peu de distance de Cazlona, près de Terres, propriété du marquis de Gamarasa, et à trois lieues de Baeça, un vase d'argest du poids de 10 onces, pouvant contenir 2i onces (690 graimnes) d'eau. Ce vase était rempli de monnaies d'argent (S). Le marquis de la Aula en avait examiné 683, dont im victoriat et huit pièces à légendes celtibériennes; les autres étaient des deniers de la Ré* publique de plus de cent types différents (sur ce nombre trois pièces incuses). La courte notice du marquis se termine par un catalogue sommaire dans lequel il divise toutes les pièces en quatre catégories : les Dioscures^ les Bigati^ les Quadrigati^ enfin celles diverse noix
(1) Ànn, de VlnsL arch,, 1868.
(2) Ann. de Vinstit. arch. 1863, p. 1M5.
(8) Le dessin de ce Ttse a été reproduit par Velasquez {Ensayo sobre los a/fabetos, pi. XIX, 5. Cf. p. 123). Sa forme ovoïde ressemble à un pileos renversé et se termine en pointe; sa hautear est de 0«,10S, son diamètre à l'oriAce de 0",137. Arintériear se trouve une frise avec des ornements en forme de croissant. Sur le bord extérieur on lit , en lettres pointlllées , rinscripUon celtibérienne que voici :
Au moment de la découverte , l'ortûce était tourné en dessous.
dont il ddnné le tableau synoptique. D'après une observation de M. Zobel, les huit monnaies celtibériennes décou* vertes à Cazlona se trouvent être précisément les pièces les plus anciennes et les plus récentes que Ton connaisse de cette espèce; de plus, elles manquent dans les dépôts espagnols moins anciens, ce qui conGrme notre hypothèse (émise au chapitre des monnaies provinciales) que FEspi^ne doit avoir perdu le droit de battre monnaie au plus tard dans la première partie du vu* siècle, peut-être à la suite de la guerre de Numance.
Cet enfouissement parait plus ancien que celui de Fiesole, mais nous en discuterons la date probable lorsque nous parlerons du dépôt d'OIiva, un peu plus récent et beaucoup mieux connu que celi^i de Cazlona ; nous présenterons en même temps les observations que cette découverte nous a suggérées sur le classement des monnaies de la République. Seulement nous ferons remarquer à ceux qui trouveront le nombre des types trop considérable en proportion des pièces observées (115 environ sur 688, ce qui donne une moyenne de 6 pièces par variété), que dans les temps anciens les monétaires frappaient bien moins de pièces que plus tard ; par conséquent plus un enfouissement est ancien, plus il doit y avoir de variétés dans les monnaies. En ne choisissant parmi celles de Fiesole que les deniers qui se sont trouvés à Cazlona, nous aurons la même proportion de 6 à 7 exemplaires par variété. L'étude que nous avons faite de ces résultats, nous a prouvé l'exactitude et le soin que le savant espagnol a apportés à son travail. Malheureusement, trop préoccupé de la variété des revers, il s'est moins appliqué à décrire le côté de la tête, de sorte que dans le cas où deux exemplaires offrent une différence pour le nom du monétaire, souvent il n'en nomme qu'un
seul, parce que les revers sont les mêmes. Nous aftrons plusieurs fois occasion de constater cet oubli. ouva. 3* Dépôt d'Oliva (OL) (1). En 1848 ou 1849, aux envi-
rons de Izna-1-toral, dans une propriété appelée Dehesa de la Oliva et située à une douzaine de lieues espagnoles à l'est deJaën, un paysan trouva un vase de terre qui contenait de 600 à 700 deniers d'argent pesant* ensemble 5 ou 6 livres de métal. Le propriétaire du terrain, M. Antoine Benavidès, président de l'Académie de Madrid, ne put en acquérir que 45 pièces, et l'Académie, à qui il les offrit, en publia le catalogue sans indiquer que ces monnaies provenaient toutes du même dépôt {3fem. historico^ I, p. un).
Au mois d'août 1861, on découvrit un second dépôt dans ce même domaine d' Oliva-, il ne paraît pas que ce trésor ait jamais été renfermé dans un vase, car les monnaies furent retirées de la terre une à une. 696 pièces et peu après 575 autres parvinrent à M. Benavidès; grâce à ses soins et aux instances de MM. Delgado et Zobel, l'Académie acheta toute la trouvaille, ce qui donna à M. Zobel l'occasion de l'étudier et d'en dresser un catalogue. D'après nos indications, le numismatiste espagnol s'est attaché à décrire l'état de conservation des diverses pièces qui lui ont passé par les mains, ce qui sera d'un grand secours pour en fixer la date. De plus, il a tenu compte du nombre des pièces bien ou mal conservées et de la nature du métal plus ou moins oxydable qui a pu avoir de l'influence sur leur conservation. Naturellement, aucun de ces crUeria ne doit être employé d'une manière machinale, mais avec jugement et intelligence.
(I) Ânn. de nnttH. arch., 1863, p. 15-32.
Sous le rapport de Tancienneté, renfouissement ou les enfouissements d'Oliva (car il semble que les deux dépôts ont été cachés en môme temps) peuvent être placés entre celui de Cazlona et celui de Fiesole. En effet, en jetant un coup d'œil sur les cinq périodes que nous avons distinguées entre Tannée 486 et Tannée 670, nous observons que les deniers de la première époque sont deux fois plus nombreux à Oliva qu'à Fiesole, ceux de la deuxième et delà troisième trois fois; ceux de la quatrième sont aussi nombreux dans Tun comme dans Tautre dépôt, ceux de la cinquième enfin (sans tenir compte des monétaires dont les noms ne se rencontrent pas à Oliva) se trouvent au nombre de 34 à Oliva et de 225 à Fiesole. Huit deniers très-communs (188, 190, 194, 195, 197, 204, 205, 209) ont été trouvés à Oliva dans un état de conservation magnifique , mais en très-petit nombre d'exemplaires (1); tandis que, dans presque tous les dépôts explorés jusqu'ici, les deniers les plus nouveaux sont aussi les plus nombreux. Nous en concluons que ces deniers, à Tépoque de Tenfouissement , étaient en cours d'émission et ne circulaient pas généralement. Il faut, il est vrai, tenir compte de la différence qui doit exister entre T Italie et les Provinces, les pièces frappées en Italie ayant toujours eu besoin d'un certain temps avant de pénétrer dans les provinces. C'est pour la même raison que, réciproquement, les monnaies frappées en Espagne, dans la Gaule ou en Orient et en particulier les deniers de Sylla, malgré leur grand nombre, sont rares, quand ils ne man-
(1) H ne 8'ett mémo rencontré qu'an senl exemplaire de plosieurs de ces monnaies.
S(«8 av. J.-C.
84 av. J.-C.
128 CHAPITRE Tlll.
quent pas entièrement, dans les dépôts de l'Italie, où ik n'apparaissent guère que dix ans après leur émission (1). Par la même raison, des deniers frappés dix ans auparavant en Italie, où ils se trouvent en nombre, doivent être encore fort rares en Espagne. C'est ce qui nous explique pourquoi il ne s'est trouvé à Oliva qu'un seul exemplaire du denier de L. Tborius Balbus, si commun ordinairement, et qui s'était trouvé dans le dépôt, plus ancien, de Gazlona. Le trésor d'Oliva ne nous fournira donc en abondance que les deniers antérieurs à la première moitié du vil* siècle. Les nombreux deniers frappés en Italie pendant la Guerre Sociale et la guerre civile qui suivit, ne pénétrèrent en Espagne que longtemps après, tandis que quelques espèces contemporaines s'y sont trouvées plus fréquemment, soit parce qu'elles avaient été frappées en Espagne ou dans les provinces limitrophes, soit parce qu'on les avait employées à la solde des légions d'Espagne. Nous devons avouer que cette explication peut faire perdre aux découvertes qui nous occupent, une partie de leur importance et qu'elle rendl'époque des enfouissements plus difficile à fixer; cependant ces dépôts n'en sont pas moins des plus anciens que nous connaissions. Ils doivent être antérieurs en date au trésor de Fiesole, car l'absence dans les dépôts espagnols
(1) Voy, cl-demns, p. 121^ note. — Peut-être est-ce à tort que nous avons attribue à une loi spéciale (lui en aurait défendu l'importation en Italie (ci-après, tome fif, chap. des monnaies provinciales), la rareté des deniers celtibériens dans les dépôts italiens; le petit nombre de ces pièces dans les dépôts espagnols contemporains de Cicéron et de César suffit pour expliquer leur ^absence totale dans les trésors d'IUlie.
de plusieurs deniers qui se trouvent à Fiesole, ne peut pas s'expliquer uniquement par leur rareté relative. Quoi qu'il en soit, nous allons résumer ici ce que l'examen de ces divers dépôts nous a appris d'intéressant (1).
Nous croyons pouvoir établir que les deux enfouissements de Gazlona et d'Oliva se sont succédés à un intervalle trèsrapproché. Les deniers les plus récents de Gazlona se trouvent frustes à Oliva ; de plus le denier de L. Thorius Balbus, qui existait déjà dans le dépôt de Gazlona, devait être fort rare en Espagne à l'époque où Tenfouissement d'Oliva eut lieu, car il ne s'y en est trouvé qu'un seul. Enfin, un certain nombre des deniers manquant à Gazlona s'^st rencontré à Oliva, par exemple ceux de L. Valerius Flaccus et d^ Ti. Q. . . ;
(1) Si Tabsence, dans un dépôt, de pièces communes dans d'autres dépôts nous donne le termintts ante quem^ comment fixerons-nous ce terminus dans le cas présent, puisque les deniers frappés en Italie doivent être rares en Espagne pendant les premières années qui suivent leur émis* sion? Par exemple, après avoir trouvé ZO exemplaires du denier de L. Thorius Balbus (n* 188) à Fiesole, et un seul exemplaire à Olivia, comment pouvons-nous savoir si d'autres deniers à peu près contemporains, mais émis en moins grand nombre, manquent à Oliva à cause de l'époque plus récente de leur fabrication on seulement à cause de leur rareté? Nous ferons encore observer que les deux dépôts d'Oliva sont tout à fait contemporains, celui qui les a enfouis ayant, comme cela se pratiquait souvent, partagé probablement son trésor en deux parties. Or, en examinant le résultat des découvertes, nous voyons que les deux dépôts contenaient des monnaies A peu près Identiques; seulement on a trouvé dans le second dépôt les quatre deniers de I. Iulius L. F, Cœsar (n* IW), de Q, Thermus M. F. (n*200), de C. Suipicius C. F. (n» 206), de C. Fabiw C. F. (n* 208), qui sont beaucoup plus rares que ceux de L. Thorius. Manquent-ils dans le premier dépôt à cause de leur rareté ou à cause de leur date? Il résulte des observations matérielles de M. Zobel que ces pièces, surtout celles de Fabius de Suipicius, et en particulier ceUes de Thermus étalent d'une admirable conservation. (Ann, de tltutit. areh,, 1863, p. 20.)
ISO cHAPinB vm.
ces derniers y étaient même en grand nombre ; il n'y a donc pas à hésiter, et l'antériorité du dépôt de Cazlona sur celui d'Oliva est bien et dûment constatée. Il est à regretter que nous ignorions le nombre des diverses pièces de 'Gazlona et même leur degré de conservation. Nous sommes plus heureux pour le dépôt d'Oliva dont le contenu a été analysé avec exactitude; on sait par là quelles étaient, à l'époque de son enfouissement, les pièces les plus répandues en Espagne et celles qui n'y avaient encore pénétré
lOieuMâT. j.c. qu'en petit nombre. Les premières vont jusqu'à l'année <J60 ou 655; ainsi, à part les pièces rares ou rarissimes, toute pièce qui se trouve en même temps dans les deux dépôts espagnols et dans celui de Fiesole en nombre proportionné à son émission, peut être considérée comme frappée avant 650 ou au moins avant 655, tandis que celles qui ne s'y trouvent qu'en petit nombre ou y manquent complètement peuvent passer pour être d'une date plus récente. L'enfouissement doit avoir eu lieu environ quinze ans plus fiâT. j.^. tard que l'émission des pièces; celui de Gazlona vers 660 ; celui d'Oliva vers le temps de la Guerre Sociale. Ces deux dates correspondent à des moments de perturbation pour
n tt 9s «r. j.-c. l'Espagne ; la période de 658 à 661 est l'époque de la guerre de Lusitanie, et les années suivantes ont été marquées de troubles dans tout l'Empire romain, poxobunco. à* f*^ dépôt de Pozoblanco (PB) n'est que fort imparfaitement connu ; nous devons à M. Zobel le petit nombre de renseignements exacts que nous en possédons (1). On pré-
(1) Je dois ces détails à l'obligeance de M. Zobel, et Je crois rendre service aux nomismaUstes en donnant ici le résumé des obserTstions de ce savant sur les 84 pièces qn'll a eues entre les mains. J'y joins les nu* méros de mon tableau chronologique du chapitre suivant. B.
DÉPÔTS. ISl
tendqa'il contenait un millier de monnaies, mais 8& seu*
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