‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 26 sur 110 · C.CASSI · texte numérisé non relu

C.CASSI

M.METELLVS.aF

CSERVEIL.

Rome assUe.

Fleur de coin.

M.SERGI.

Fleur de coin.

Bonne conservation.

132 CHAPITRE Tllh

lemont, apportées à Madrid par H. Gutîerrez de h» Bios, oDt pa être examinées par M. Zobel. Ce dépôt offre une grande res6eii4>lance avec ceux de Cazlona et d'Oli va, et il a dû être enfoui vers la même époque ; les deniers de Licinius et de Co. Doroitius y sont relativement nombreux et d'une bonne conservation. Ce sont les plus récents ayant une date à peu près certaine. Les deniers de M. Fourius L. F. , de Q. Fabius ainsi que ceux au type de Rome assise étaient cependant les plus beaux (1).

PiMoie. 5. Dépôl de Fiesole (F), enfoui entre les années 666 et

M. 84 ar. j.-c. 670. 2110 deuiers ont été examinés, sur un nombre plus que double qu'il contenait ; ils ont été décrits par Zannoni (2). On y a trouvé non-seulement les deniers de Licilof «T. j.^. nius et de Domitius, frappés vers 645 (n* 170), qui étaient les •dernières monnaies d'une date à peu près certaine, mais des pièces plus récentes encore, telles que les deniers sans le nom de Rome et sans marque de valeur (n*'189 et suiv.) qui y étaient en assez grand nombre, puis cinq autres deniers, correspondant à des as du système demi-oncial et frappés «f «T. j.c. par conséquent au plus tôt en 665 (n»' 212, 21 S, 214, 216, 216). Mais on n'y a vu ni les deniers des questeurs de l'an 670 (n** 238 et 284) ni aucune pièce plus récente. Les cinq deniers correspondant à des as semi-onciaux représentent au moins l'émission d'une année, l'enfouissement ne peut donc

88 et 84 ar. J.C. avoir eu lieu ni avant 666 ni après 670. Dans notre tableau

(I) On verra au chapitre soifant qàe cette coosenraUen, jointe à difers nutrca indice», m'a décidé à ciianger de place et à reléguer à la fin de la quatrième période ces deta dernières pièces qui me semblent un peu plus récentes que celles de Licinius et de Domitius. B.

(^) G. B. Zannoni, Dei denarii consolari e di famiglie Romane^ disot» Urrcti in Fiesole, 1829. FIrenxe» 1830, in-8».

IMÈPÔTS. ISS

chronologique, les deniers du dépôt de Fiesole vont jusqu'au n"" 216 inclusivement.

6» Dépôt de CingoH (CI). Vers la fin de février 1864, dans cmgou. un endroit appelé la Villa di Àvenale^ près de l'église de Saint-Serge, à quatre milles romains au nord de l'antique Treia, et à peu près à la même distance à l'est de la moderne Gingoli, des ouvriers, en creusant le terrain pour faire une plantation, trouvèrent un dépôt de monnaies consulaires romaines. Le rapport que le P. Gamicci fit de cette trouvaille à l'Institut archéologique de Rome (1) est basé sur les observations qu'il a pu faire lui-même, puisqu'il a eu entre les mains la presque totalité des pièces trouvées, et sur les renseignements recueillis sur place par le marquis FilippoRaffaelli. Ce dépôt contenait 1SA7 pièces. Le rapport en donne la liste, le nombre de chacune des espèces avec des notes sur leur état de conservation et les classe dans l'ordre chronologique indiqué par M. Mommsen dans l'ouvrage que nous traduisons (2).

Le trésor de Cingoli contenait, outre la plupart des pièces antérieures àla Guerre Sociale et trouvées déjà dans le dépôt

(1) Tesorettoldimonete scoperto nel territorio di Cingoli. Roma. Estralto del Buiiettino di corrisp. archeoL Agosto, 186&.

(2) Cette analyse eonUrme les piiooipes posés par notre auteur et prouve en même temps toute la justesse des oorrecUons apporUSes à sa première classification par son travail sur les dépôts espagnols (irait, de Plnst. arch. 1863). Pour n'en citer qu'un exemple, le n* 101 du tableau chronologique

(n* 234 de M. Mommsen), classé d'abord entre les années 067 et 673 87 et si av. J.-c.

comme ayant été trouvé dans le dépôt de Montecodruzxo, et reporté dans la

deuxième période, de 600 à 620, par suite de la découverte des dépôts espa • 1^4 et 1S4 «t. j .-'".

gnols, s'est trouvé à Cingoli dans un état de conservation fort .médiocre,

tandis que les deniers de l'époque qui lui avait été d'abord assignée élaieol

tous à fleur de coin. B.

86 et U AV. J.-C.

ISA GHAPITEB Tin.

de Fiesole, cinq pièces qui jusqu'ici s'étaient vues pour h première fois dans le dépôt de Hontecodruzzo : ce sont les n** 226, 227, 228, 229, 230 (226, 280 d, 231, 282, 238. Mommsen) qui, par conséquent, sont plus anciens que tous les autres deniers de Montecodruzzo, et les derniers qui aient été frappés avant renfouissement du dépôt de Gingoli. Dans le nombre nous remarquons le n"" 227 frappé par une commission de trois monétaires, et les n** 228, 229, et 230 frappés partroismagistrats isolés LRYBRIVS DOSSENNVS, CN. LENTYLYS, C. MARCIYS CENSORINYS. Ces trois personnages ont émis de la monnaie de cuivre du système demi-oncial. C'étaient par conséquent des III virs ordinsdres et ils constitusdent probablement un coUegium. Nous avons donc ici deux commissions de trois membres et au moins deux annuités de magistrature ordinaire, puisque nous ne savons pas si à cette époque les triumvirs monétaires étaient soumis à une élection annuelle comme les autres fonctionnaires publics. Les deux frères L. et G. MEMIYS etTI. CUYDIYS TI. F. AP. N., qui ont frappé les deniers n""* 226 et 231, sont des monétsdres extraordinaires, car ils n'ont battu monnûe qu'en vertu d' un sénatus consulte. On peut donc placer cet enfouissement deux ou trois années après celui de Flesole et un peu avant celui de Montecodruzzo, c'est-à-dire vers l'an 668 ou 670. U ne s'est trouvé dans ce dépôt qu'un seul exemplaire (d'une conservation satisfaisante sans être à fleur de coin) du denier n"" 231 de Ti. Claudius; et ce denier, qui pourtant n'est pas rare, ne s'est trouvé ni à Montecodruzzo ni à Carrare, mais on le rencontre dans le dépôt de Transylvanie et dans les trésors plus récents. Peut-être pourrait-on en conclure que cette monnaie n'a pas été frappée en Italie et que l'exemplaire trouvé à Gingoli y a pénétré par hasard

bien avant les autres. Le Père Garrucci rappelle que dans les environs de Gingoli, sur le fleuve lesi, se livra le combat dans lequel Metellus battit Garrinas» lieutenant de Marius, et qui le rendit maître de la campagne voi^ne. Le savant numismatiste en conclut avec assez de vraisemblance que l'enfouissement en question eut lieu pendant les troubles qui précédèrent ou suivirent cet événement en 672, d'autant plus que cette époque cola- m ir. j.^. cide assez exactement avec la date indiquée par lacomparaison des monnaies.

T"" Led^pdtde Jfon^ecodruzzo (MC), près de Saint-Marin, Montooodmtw. danslaRomagne,adûètre enfoui vers 673. LecomteBorgbesi » «v. j.^. a pu examiner à7Zi pièces provenant de ce trésor (i) .Dws le nombre se trouvaient le denier deQ. AntoniusBaIbus(n*236) , ceux des deux Memmius de Tannée 672 (n* 226) et quel- sa «r. j.^. ques exemplaires isolés des deniers de Flaccus (n"" 237) et d'Annius (n* 238) , frappés en 673; de sorte que Tenfouîs- n av. j.-c. sèment eut lieu probablement avant que ces pièces, frappées en Espagne, aient pu franchir en grand nombre les frontières de l'Italie. Il n'est pas étonnant que les deniers de Sylla, émis au plus tard en 672, ne s'y soient pas Mâf.j.<i trouvés, puisque frappés en Grèce et dans l'Asie Mineure, ils ne pénétrèrent en Italie que fort tard. Une variété d'entre eux, quoique peu rare, ne se trouve même pas à Roncofreddo. On peut apprécier le temps qui s'écoula entre les deux enfouissements de Fiesole et de Montecodruzzo par le nombre des nouveaux monétaires

(I) Voy. CâTedonl, Rfpostigli, p. 19; 4637 seulement ont été catalogués; 07 antres, que Borgfaesl eut l'occasion d'examiner dqrais, n'oia fourni aucun type nouveau.

ordinaires dont on lit les noms dans ce dernier trésor. On y a recueilli les pièces ûe deux commissions de III virs monétaires: L. Censorinus, P. Grepusius,C. limetanus (n*227) et Q. Ogulnius Gallus, Yer(gilius?), Gar ou Car(vilius7) (n"" 239), ainsi que les monnaies de trois monétaires dont les noms sont isolés sur les pièces; On. Lentulus (n* 229], G. Marcius Censorious (n* 230), L Rubrius DosseuDus (n* 228) dont il existe des pièces de cuivre, et qui par conséquent ont aussi été triumvirs; enfin de deux autres : G. Norbanus (n* 2Ai) et G. Licinius Macer (n"" 2A0) dont nous ne possédons pas de pièces de cuivre, mais que nous n'avons aucune raison de regarder comme des monétaires extraordinaires, et qui, avec les quatre précédents, peuvent former encore deux autres collèges annuels. Toujours est-il, et Tensemble de ces pièces le prouve, que le dépôt de Montecodruzzo est au moins de quatre années plus récent que celui de Fiesole, mais Fintervalle entre les deux enfouissements pourrait être encore plus long, car il est de fait qu*à cette époque, pour quelque raison que ce puisse être, les commissions moné^ires ne se renouvelaient pas régulièrement tous les ans (p. 50). Il découle de ce que nous avons vu que toutes les pièces trouvées à Montecodruzzo, et qui S7 et %i «T. j.-c. manquaient à Fiesole, ont été frappées entre les années 667 et 673.

CArrwe. 8* Dépôt de Carrare (CARR) (1). Les travaux du Mar-

quis Remedi {Relazione degli scavi falli in Luni. Sarzana, 1860; Bull, de ïlnsL arch., 1861, p. 126 et 78), et du savant abbé Gavedoni {Raguaglio archeologico di un antico ripostiglioscoperto in Carrara. BulL^ 1860, p. 139,. 200, 221, et 1861, p. 121) nous fournissent sur le dépôt

(1) Ann.de Vlnsi, arch., 1863.

DÉPÔTS. i 87

sorti de terre au mois d'avril 1860 à Carrare (1) des détails qui, bien qu'incomplets, nous mettent à même d'en parler avec connaissance de cause. Il est à regretter que Cavedoni ne nous ait pas donné un catalogue complet des trois mille deniers de ce dépôt, car il est positif que plusieurs pièces, citées depuis la publication du Marquis Remedi comme étant de la même provenance, n'en ont jamais fait partie (2). Cavedoni indique, parmi ces dernières, le denier de L. Valerius Acisculus, au type d'Europe enlevée par le taureau, et celui de César, au type de l'éléphant.

Le trésor de Carrare contenait les mêmes pièces que celui de Montecodruzzo, et d'après Cavedoni, la plupart de celles qui étaient frustes à Montecodruzzo se sont trouvées belles à Carrare. Nous en concluons que l'enfouissement du dépôt de Carrare est le plus récent des deux. Les roonnûes de Sylla manquent dans l'un et dans l'autre, ce qui s'explique parfaitement par les observations que nous avons eu occasion de faire au sujet des monnaies émises dans les provinces éloignées de l'Italie. Or celles de Sylla ont presque toutes été frappées en Orient. Cependant on y a trouvé le rare denier sans nom de monétaire et marqué seulement de l'initiale Q, ayant pour type la corne d'abondance, et

(1) On peaC eoosnlter notre lettre à M. Hensen sor le même sqjet Buliei, de rinst areh., 1861, p. 78.

(2) Dans la première notice publiée par Cavedoni (BuHet, de tinst. arch.

1860, p. 139), le denier de L, Cossutiue Stabula (n« 286) se trooTait aassi sor la liste de ce dépôt, ce qui était fait pour dérouter tous les calculs, puisqu'il ne s'était rencontré ni à Roncofreddo ni à Frascarolo; mais deux rectifications insérées successivement dans le Bulletin (1860, p. 203;

1861, p.| 124) sont venues nous dire qu'il y avait été porté par erreur.

138 CHAPITfiB VllI.

que l'on attribue à Sylla. Outre ce denier, cinq autres s'y sont également trouvés, qui manquaient à Montecodruzzo : l'anonyme au type de la corne d'abondance, comme celui que nous venons de citer, mais avec la légende EX S. G. (un exemplaire); les deniers de £• Ca«ciliuê Metêlluê Pim imp. (peu d'exemplaires); ceux de C. Marins Capiio (en grand nombre), d'il. Pasiumius A. F. 5p. N. ÀUrinus (très-peu d'exemplaires), et de L. Ruiilius Flaeeus. Ce dernier avdt échappé à l'examen du Marquis Bemedi, mais Cavedoni a pu en voir un exemplaire. Toutes ces pièces, d'après le savant modenais, étaient d'une excellente conservation. Nous pouvons donc admettre 80 et 79 av. J..C. avcc probabilité qu'elles ont été frappées vers 67 h ou 676, peu après l'enfouissement de Montecodruzzo, abstraction fûte de la première, à qui sa rareté permet d'attribuer une date plus ancienne.

Il nous reste à dire un mot des monndes divisionnaires d'argent Elles étaient à Carrare en plus grand nombre que dans la plupart des autres dépôts; on en a trouvé cinq cent cinq, dont trente-quatre quinaires de M. Cato; de plus, quelques pièces fort anciennes, entre autres des quinaires avec ou même sans symboles accessoires (n** 2 et «3) ; peut-être celui qui porte le monogramme de Rome (n^ 6) , et ceux des monétaires T. Cloulius (n* 183) , C. E^atuleius (n» 184), P. Sabinus (n» 185), C. Fundanius (n* 196), M. Cato (n» 1 86), L. Pîson (n« 212) , Q. Titius (n* 214) , L. Rubrius Dossennus (n* 228), Cn. Lentulus (n*229), ensuite l'ancien victoriat (n* 5), quelques drachmes de la ligue achéenne au type de la tête de Jupiter barbu et au ^ de la tète de chèvre avec la légende AX (en monogramme) et innO* enfin la pièce d'un sesterce et demi avec la marque IS (n^ 218). Il nous estdiflScile de déterminer com-

ment ces derniëres pièces ODt pu Être enfouies dans ce dépôt Le victoriat d'ancien poids a été rencontré pluâeurs fois dans des trésors qui ne contenaient que des deniers, comme ceux de Gaziona et de Liria; il se peut qu'à cette époque il ait circulé comme denier, son poids se trouvant entre celui du denier et celui du quinaire. A Carrare* ob il y avait une grande quantité de quinaires, il aura été probablement confondu avec eux. Sans doute il en a été de même des drachmes achéennes, dont le poids est égal à celui du victoriat (Bull de tIn$U arth.^ 1861, p. 79). Quant à la pièce d'un sesterce et demi, y est-elle entrée pour sa valeur normale ou abusivement pour un quinaire? C'est ce que nous ne saurions décider.

9* Le dépôt de Hevisz^zamos (HSZ), dans le comitat de iicTiu.szamos. Weissenburg en Transylvanie, découvert en 18&A, contenait trois deniers sans nom de monétaire, au type des Dioscures et avec l'emblème du croissant dans le champ; trois autres, au type de la Victoire dans un bige, et cent onze pièces avec des noms de monétaires. Les plus récentes de ces monnaies occupent dans notre série chronologique les n""* 252 à 258, et ce dernier est le seul dont la place ait été modifiée par suite de cette découverte, puisqu'elle a prouvé que s'il ne s'est rencontré ni à Roncofreddo ni à Frascarolo, c'est uniquement à cause de sa rareté.

Ce dépôt doit trouver place entre celui de Carrare, enfoui de 675 à 680, et ceux de Roncofreddo et de Frasca- 79 «t 74 et. j..c. rolo, cachés de 680 à 685. On peut donc fixer vers 680 la 74 «t e» %r. j.-c. date de son enfouissement {Archiv fur Kunde ©««(rftcfctseher Geschichte, t. XXIV, p. 377) (1).

(I) Dans le même recueil^ t. XXIX. p. 318, U est fait mention d'un autre dépAt troQYé aux enTirona de riume, en l8Cf>, dans un »»anc de rochers.

RoncofredUo.

74 et 69 AT. J.-C.

7ft et 71 »r. J.^.

74 ftT. J.-C.

Page 1