‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 28 sur 110 · IT. J.-C · texte numérisé non relu

IT. J.-C

li|2 CHAPITRE VIII.

ceot que celai de Roncofreddo, et cependant nous n'y trouvons guère qu'environ trente nouveaux noms de monétaires ordinaires.

6«n-ce.ario. ijo u dépôt de Saf^Cesafio (SC) , à 8 milles de Modène, dans la direction de Bologne, a été enfoui en même temps que le précédent. Sept cent trente pièces ont été examinées et décrites par Cavedoni, sur environ quatre mille qui en formaient la totalité (1). Tous les deniers communs se sonttrouvés dans ces deux dépôts dans la même proportion, de sorte qu'on peut les considérer comme ayant été cachés en même temps.

Pour mieux distinguer les deniers de César et en fixer plus sûrement la date, enfin pour déterminer avec plus de précision la quantité en circulation de chacune des espèces isolées, il nous faut encore étudier les dépôts suivants : vmoi*. a^ San Niecolo di Villola (V), près Gadriano, aux envi-

rons de Bologne, dépôt qui remonte à l'an 711, pendant la gaerré de Modène. Huit cent quatre-vingt^ept pièces ont été décrites par Scbiassi, sur plus de mille qu'il conten«dt (2). Les plus récentes ont été frappées par D. Brutus 44 et m ar. j.-c. scul, de 710 à 711, par G. Pansa seul ou par D. Brutus et G. Pansa réunis, dans les premiers mois de 711 (S).

b. ColUcchio (COLL), près de Spilamberto, à 12 milles

JoUeccbio.

(1) Saggio,p. 6. RipOstigli,^,Z9.

(2) Dans la seconde éditioo de ToiiTrage dté p. 141. — Voyei Cavedooiy RiposUgii, p. 34 et 254.

(3) En effet, les deniers de G. Pansa, ceux en particulier qui portent la légende LIBERTATIS Talluslon évidente à la mort de César) et celui qu'il a

. frappé conjointement avec D. BRUTUS, et qui porte pour type Temblème du

Sénat (un caducée tenu par deux mains entrelacées), n'ont pas été frappés

44 ftT. J.-c. en 710, comme le pense Cavedoni (Saggio, p. 18); ils n'ont pu Tétre qu'en

43 ar. J.-C. 1 1 1> P^FCO que Pansa n*occupa aucune fonction publique d^uis le printemps

7 10 Jusqu'au !•' Janvier 711.

DÉPÔTS. lAS

au sud de Modène; de la même époque que le précédent. Cinq cents deniers, sur mille environ qu'il contenait, ont été décrits par Gavedoni (1).

c. Sania Anna (SA), sur le Panaro, à la frontière du s. Anna. Modenais et du Bolonais; enfoui à la même époque que les

deux précédents. Les deux mille deniers qu'il contenait ont été examinés par Gavedoni (2). La découverte de ce dépôt est due à une inondation ; son contenu, ou ce qui est regardé comme tel, ayant passé par beaucoup de mains, nous ferons à son sujet les mômes réserves que pour le trésor de Frascarolo.

d. San Bartolomeo in Sasso Forte (SF), à 6 milles de shs^o Forte. R^gio. Ge petit dépôt est peut-être un peu plus récent

que les trois autres. Quatre cent trente et une pièces renfermées dans un vase ont été décrites par Gavedoni (S). Les deux deniers de P. Accoleius Lariscolus et de Petillius Gapitolinus paraissent être les pièces les plus récentes qui s'y soient trouvées; ils n'existdent pas dans les dépôts précédents et datent de Tannée 711.

e. Le dépôt de PeccioU (P), à Valla d'Era, près Pise, recciou.

(1) Saggio, p. 7. Appendice, p. 181; comp. RiposUgli, p. 34. — Gavedoni pense que ce dépôt et le solvant sont un peu moins anciens que celui de Villola, parce que l'on y a trouvé le denier de Palikanus, qui manque dans l'autre : ce qui ferait descendre Tenfouissement Jusqu'en 711. Cependant la rareté de cette pièce et le pea d'Importance des dépôts suffisent poor Justifier cette absence.

(2) Appendice A, p. 163, et G., p. 179. RiposUgli, p. 35. Les deniers de L. Buca, de P. SepolliasMaceretde L. Valerius Aciscnins sont rares^et s'ils se sont trouvés dans le dépôt de S. Anna, après avoir manqué dans les deux précédents, c'est que le dépôt lui-même est plus considérable que les autres; car il est impossible de donner aux deux premiers deniers une date plus récente qu'à ceux de G. Pansa qui sont de 711.

(Z) Appendice Cf p. 187. RiposUgli, p. 35.

38aT. j.^. ne remonte pas au delà de Tannée 716; il contenût six mille pièces, dont cent cinquante ont été examinées par Cavedoni (1).

i^iria. /. Dépôt de Liria (LIR) (2). Le 81 octobre 1800, on

découvrit à Liria, dans le royaume de Valence, un vase de terre contenant près de mille deniers. Don Giuseppe Ganga Arguelles endonna le catalogue, à la démandede F Académie de Madrid. Ce travail, fait avec soin, mais par un homme qui ne s'était jamais occupé de numismatique, est conservé dans la bibliothèque de l'Académie : c'est tout ce qui nous reste de cette trouvaille aujourd'hui dispersée. On verra, en lisant le chapitre suivant, que cjb dépôt renfermait très-peu de pièces antérieures à Sylla, ce qui prouve combien ces monnaies étaient déjà rares du temps de César. Le dépôt lui-même a fourni trois cent soixante-deux deniers de Sylla, cent quatre-vingt-six de divers monétaires, 49 et 4s av. j.^. tous frappés entre les années 705 et 711 ; quelques pièces illisibles et un victoriat du poids ancien (n* 5), formant un total de neuf cent quatre-vingt quatre pièces. Ce trésor correspond donc parfaitement à ceux de Villola, Colleccbio 43AT.J.C. et Santa Anna, qui furent enfouis en 711^ il contient, excepté les plus rares, tous les deniers frappés jusqu'à cette époque. Les deniers de P. Accoleius et de Petillius Capitolinus ne s'y trouvent pas, non plus que ceux des triumvirs 48 iT. j.-c. entrés en charge dans l'automne de 711. Les deniers émis en Espagne y abondent, et ceux qui ont été mis en circulation en Italie peu avant l'enfouissement s'y rencontrent en nombre suffisant, de sorte que ce trésor n'est pas en cela dans les

(1) Ann. de flnst. arch., 1854. p. Cl.

(2) Ann. de rinst. arch.^ I8CS, ioc. cit.

Cordoue.

Conditions exceptionnelles que nous avions signalées pour ceux de Cazlona et d'Oliva. On y trouve même un assez grand nombre d'exemplaires du denier de C. Annius, frappé par son questeur Fabius pendant la guerre de Sertorius (n*238);etceux de Gn. Pompée fils, qui, quoique rares en général, y sont cependant au nombre de dix-huit. Enfin, le dépôt prouve (et ceci n'est pas ce qu'il y a de moins instructif) que c'est à Sextus Pompée, et non à son frère, qui ne prit jamais le titre de Plus, que Ton doit attribuer les monnaies de la famille Pompeia, portant les mots Sextus et Plus : fait que nous avions déjà soupçonné (1).

g. Dépôt de Cordoue (2). M. Fernandès Guen*a fit Facquisition de cent trente deniers provenant d'un dépôt découvert à Cordoue enl83i. Le catalogue, dont nous devons la communication à M. Zobel, ne contenait que des renseignements assez vagues, et d'ailleurs les monnaies se rapportent toutes à une époque numismatique parfaitement connue. Nous remarquerons seulement que cet enfouissement contenait toutes les monnaies les plus récentes du dépôt de Liria, en particulier celles de Cn. Magnus et de M. Poblicius (trois sur les cent trente pièces décrites), une de Sextus Magnus Plus, celles de L. Albinus et de G. Yibius Pansa, enfin celles de Petillius Gapitolinus et de L. Livineius Regulus. Le dépôt de Sasso Forte nous a déjà montré (ci-dessus page 1A3), que le premier de ces deniers avait été frappé en 711 avec celui de P. Accoleius, mais isar. j.c.

(1) Ci-après, ch. IX, S 3.

(2) Ann, de Clnst. arch,, 1803, loe, cit.

ii6 CHAPITBE YIII.

après ceux d'AIbinus et de Pansa. Noos avions déjà trouvé celui de L. Livineius Regulus dans le dépôt, & peu près contemporain, de Santa Anna. Le trésor de Gordoue confirme donc ce qui ne pouvait être jusqu'ici qu'une conjecture : c'est que les deniers portant le nom de Regulus ont été 48 et ssftT.j.^î. frappés, les uns en 711 et les autres en 716. Arb«..»t«. ft. Pans le département de la Gironde, à Arbanatz (AR),

près de Podemac, dans l'ancien territoire des Biluriges Vivisci^ dépendant de l'Aquitaine, le hasard amena, en 1856, la découverte d'un dépôt contenant neuf cent soixante-six deniers. M. le duc de Luynes l'acquit en totalité, et il fait partie du don magnifique dont cet illustre antiquaire a enrichi le Cabinet de France. Gavedoni en a publié un catalogue exact {Bull, de tlnst. arch.^ 1863, p. lA). Nous ne citerons parmi les deniers de l'époque républicaine qui s'y trouvent, que celui qui porte la légende MESSAL. F. PATRE COS (n*277). Gette pièce, qui ne s'était rencontrée dans aucun des dépôts connus jusqu'àce jour, s'est trouvée à fleur de coin dans celui d' Arbanatz. Quant aux pièces de l'époque dictatoriale, elles ne présentent aucun intérêt particulier, puisque leur date avsdt déjà été fixée par d'autres dépôts; les seules pièces vraiment utiles au point de vue chronologique qu'il nous ait fournies sont les plus récentes, celles du triumvirat, pour lesquelles il s'accorde parfaitement avec le dépôt de Peccioli.

Nous n'avons pas encore de données très-exactes sur les dépôts renfermant des monnaies gauloises mêlées aux deniers romains; ils sont cependant assez communs en France. Lorsque cette lacune aura été comblée, on pourra déterminer avec exactitude la date encore incertaine des quinaires gaulois.

SÉRIES ET VARIÉTÉS. Ii7

Séries et variétés.

Il est facile de reconnaître les pièces du même monétaire quand elles sont toutes du même métal ; mais cette tâche est moins aisée quand elles sont de différents métaux. La difficulté vient de la manière d'écrire les noms, qui sont souvent plus abrégés sur le cuivre que sur Targent; de plus, le même nom n'indique pas toujours le même personnage. On ne peut donc établir de règle générale. Sans parler des pièces d'or, si rares du temps de la République, il y a des monétaires qui n'ont frappé que des pièces de cuivre, d'autres n'ont émis que des pièces d'argent, d'autres enfin ont frappé des pièces des deux métaux. En général, le cuivre est plus abondant dans l'origine, et l'argent le devient ensuite; cependant parmi les plus anciens monétaires on en rencontre déjà, comme S.Quinctius (n*â6) , M. P... (n* 32) dont les noms ne se trouvent que sur l'argent ; et parmi les plus récents il y a quelques-uns, comme C. Cassius et L. Salinator (n*» 243), dont les noms ne £e voient que sur le cuivre. Nous remarquerons aussi que, dans l'origine, tous les monétaires qui ont fabriqué de la monnaie de cuivre ont frappé des as; on peut supposer que s'il nous en manque quelques-uns, comme l'as et le semis de A. Spuriiius, dont nous ne possédons que le trions (n© 66), cela vient de ce que le hasard ne l'a pas encore fait découvrir (1).

(1) Voyes Annaiet, 1893, loc. cit. — Cette observation est parfaitement exacte; M. Mommsen citait encore Anrelius (n<* 34), et il se trouve précisément que l'as, le trions et le qnadrans de ce monétaire que M. Mommsen ne connaissait pat, existent dans la collection de M. le baron d'Ailly. Les

148 CHAPITRE TIII.

Plus tard la fabrication de Tas fut suspendue et, caoïm^ on le verra au chapitre suivant, il n'en existe pas dans la deuxième, la troisième ni même dans la quatrième période, i»4. 104 aT. j..€. c'est-à-dire de l'an 600 à l'an 650. Ce n'est que vers la fin de cette quatrième période que Cn. Blasio (n"* 163) et C. Fonteius (n* 164) ont recommencé à frapper des as. On en fabriqua fort peu pendant la période suivante, et à 74 av. j.-c. partir de 680, l'atelier de Rome ne fournit plus ni as, ni fractions, de sorte qu'à proprement parler le monnayage de cuivre de la République cesse en 680 (1).

Nous avons vu plus haut que les décussis, les triponcTius et les dupondius de cuivre appartiennent exclusivement aux premières années, et que nous ne connaissons encore qu'un seul dupondius frappé et correspondant à l'as oncia) faible. Depuis l'adoption du pied semi-oncial, c'est-à-dire pendant les dernières années du monnayage de cuivre, l'as, le semis et lequadrans sont plus communs que les petite» fractions.

A toutes les époques le denier a été la plus abondante des pièces d'argent ; aussi sa présence dans une série ne peut-elle pas servir de crittrium pour son classement chronologique. En général, le grand nombredes pièces n'est pas une preuve d'ancienneté. On remarquera que la plupart des deniers classés avant le n** 61 de notre tableau chronologique sont rares.

Les pièces d'argent du second ordre sont au contraire

pièees qai iDanqaent à la série d'A. Sporilios exMent peut-être également dans l«fS cartoos de quelque eoUecUon dont le catalogue n'a pas encore été publié. B.

(1) Ann. fie VInst. arch., îoc. cit,, p. 24, 34, SI.

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