‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 38 sur 110 · NOMS ET EMBLÈMES DES MONÉTAIBES · texte numérisé non relu

NOMS ET EMBLÈMES DES MONÉTAIBES

Où trouve déjà, quoique rarement, des symboles appar- EmbibiiK»«tsymtenant à des officiers monétaires, ayant la réduction du poids des monnaies, qui eut lieu en 537. Quelques-uns 317 av. j..c. des symboles que nous avons indiqués ci-dessus (p. 169), parexemple : le marteau et le bonnet de Flamine, sont évi- pi. xxii, s. demment des emblèmes de familles. On peut fixer leur première apparition à l'année 520 environ* Depuis lors, 334 «r. j.-c. malgré l'usage bientôt général de mettre en toutes lettres le nom du monétaire sur les pièces, on trouve encore, vers le milieu du vu* siècle, des deniers qui n'ont d'autre marqueaccessoireque l'emblème du monétaire, parexemple : sur le Bigatu» de Metellus (n"" 136) de la famille Gaecilia.

Les noms des monétaires ne se rencontrent pas avant 537, mais bientôt après. On les voit paraître à la fois 217 «v. j -c. sur le cuivre et sur l'argent ; la pièce n* 9 frappée à Corcyre est la seule sur laquelle on trouve le monogramme d'un atelier à côté de celui d'un magistrat. Originairement le nom du monétaire était inscrit en lettres liées ensemble, formant ainsi une sorte de monogramme, et les lettres n'étaient détachées les unes des autres que lorsqu'il devenait impossible d'en faire une ligature comme pour TOD,GR; alors on se contentait d'une abréviation.

Plus tard ces lettres entrelacées paraissent plus rarement, et on les remplace par des initiales (voir lesn*»* il, 108, 135, 152, 165, 186, 248, etc.).

Ce n'est que vers la fin du vr siècle que les monétaires conmiencent enfin à mettre leurs noms en toutes lettres. Le nom de Rome, qui se trouve sans exception écrit en toutes lettres, reste pendant quelque temps associé à celui des monétaires ; nous avons vu qu'il disparaît vers le milieu du vil* siècle, le nom du monétaire étant devenu la légende principale, après n'avoir été d'abord qu'un simple acces-

des légcndi ■ moD<t«irêf.

178 CHAPITRE nil.

soire-, c'est alors que par un revirement assez singulier le nom de Rome, avant de disparaître entièrement, se montre encore de temps en temps sous la forme d'un monogramme (n"156, 158, 212); on le trouve quelquefois, mais plus rarement, indiqué par une simple initiale (n* IM) ; au surplus la présence du nom du monétaire n'a jamais été regardée comme indispensable , car même à une époque récente on voit encore quelques deniers sans légende, ou qui n'en ont que de très-courtes, par exemple les n" 221, 233, 234, 246, 272, 281.

Forme Lcs légcudcs mouétaircs n'ont pas la forme solennelle,

usitée pour les inscriptions. Elles sont plus familières et se rapprochent du style épistolaire, de sorte qu'on peut les comparer à une signature. Elles n'indiquent le plus souvent que le nomen genlilicium^ rarement celui de l'individu. Ce nom de la Gens est destiné dans l'origine à expliquer ou à remplacer l'emblème ; aussi voyons-nous que sur deux deniers des familles Horatia et Decia, restitués par Trajan, on a eu soin d'ajouter aux emblèmes les noms Codes et Decius Mus. Le nom de famille du monétaire ou celui de la branche à laquelle il appartient, se voient souvent seuls, celui-ci à toutes les époques, le premier surtout sur les pièces les plus anciennes (ainsi sur les if* 20, 21, 24, 31, 34, 42 (?), 44). Encore ne voit-on le nomen gentilicium seul que là où la gens ne s'était pas divisée en branches, par exemple sur le n* 55 (Opei). Le n' 103, AV(relius) RVF(us) (1) offre le seul exemple que nous connaissions d'un nom de famille réuni

(i) La légeode, à pea prés semblable, da deoier de PeiilHus Capitolinuf, 43 an J.*C. de Tannée 711, rentre dans le style de l'époque plus récente où Ton YOlt disparaître le Pramomen,

NOMS ET EMBLÈMES DES MONÉTAIBEt. i7S

à celui de la branche ; le nom de Rufus^ étant fort commun, n'a probablement pas paru suffisant, et c'est pourquoi on y a joint celui de la gens.

Au reste, on trouve quelquefois aussi des noms individuels, même sur les pièces les plus anciennes ; tantôt les trois noms réunis, le prénom, le nom de famille et le cognonun; quelquefois le prénom seulement et celui de la gens ; ou bien le prénom et le cognomen ; mais cette dernière forme est la moins ancienne (voy. n« 48, C Varo). Ce n'est qu'à une époque relativement récente que l'on trouve d'autres indications individuelles plus précises : d'abord le nom du père (51, 99, 102, 126, ISA); depuis Sylla aussi le nom du grand-père (no* 281, 288, 260, 260, 261, 282); quelquefois, mais bien rarement, le nom de la tribu remplace le cognomen (GilL,n*205, 226;comp. C.UARIYS, CF.TRO, sous le règne d'Auguste). Parfois la lettre F mise après un nom distingue le fils du père qui portait le même nom, comme sur les n** 101, 266, 277, sur les as des deux fils de Pompée et sur les monnaies de L. JLtttneius RegultAS, contemporain du triumvirat (1).

Sur les pièces les plus anciennes, le nom propre du monétaire est toujours au nominatif (2) , de même que le nom de ROMA* Ce n'est que vers le milieu du vu* siècle que l'on rencontre quelquefois le génitif (n* 137, TI. MINVCI, C.RAVGVRINI [?]; n* 182,M. FOVRl.L.F. PH1LI[?|; n* 174, L. VALERI FLACCl ; >• 170. M. AVRELI SCAVRI;

(1) Cette forme n'est du reste pas très-rare. Oo en trouvera des exemples dans Jahn, Ficoronische Cisla, page 4C,el dans nos Inscript, Nenpol.y n* 5688.

(2) Dans les temps anciens, lorsque le nominatif se termine en lux, on trouTe presque toiJûoors la terminaison t, ce qu'il ne faut pas prendre pour ungéoitlt

i74 CHAPITRE VIII.

n*2H, P. SIÎRVIU, M. F. RVLLI; n'287, G. GONSIDI NOM- ANI; n*2S8, KALENI, CORDI; n* 291, L. FVRI, CN. F. BROCCHI ; n» 297, Q. POxM. RVFI ; n« 300, L. ROSGI FA- BATI).

coiieruvM. D'après Tancienne législation, chaque fonctionnaire était

indépendant de ses collègues et pouvait exercer les fonctions de sa charge sans leur concours. G'est d'après ce principe qu'on ne voit dès l'origine qu'un seul nom de monétaire sur les pièces , ce qui eut lieii d'ailleurs le plus souvent. Gependant dans le courant du \\V siècle on trouve deux et quelquefois trois monétaires nommés à la fois (n-165,166,167, 170,191,192,194, 226,227,235, 239,258. Voy. ci-dessus, p. 49, note 1). Tilrea. Vcrs la même époque on voit quelquefois réunis sur la

même pièce des noms de plusieurs magistrats de rangs différents, comme sur les deniers du n* 170 et autres. {Voy. ci-dessus, p. 50.)

Nous avons déjà vu (p. 68) que les titres des fonctions ou dignités ne commencent à être mentionnés sur les monnîiies qu'à une époque assez récente. Le plus ancien denier qui porte cette indication est celui de Pison et Gae- 103 1 0 av. j.-c. pion, questeurs de 651 à 654 (n* 192). Dans la seconde moitié du vu* siècle, cette indication devient fréquente sur les pièces d'une émission extraordinaire ; il arrive même que le nom de la dignité s'y trouve sans celui du dignitaire (n" 246, 248. Voy. p. 60, note 1). Gependant il faut bien remarquer que sous la république, l'indication de la dignité n'était pas indispensable, même sur les pièces frappées extraordinairement par des magistrats ou par des généraux d'armée ; il suffit de rappeler les nombreux deniers portant les lettres S. G. sans indication de magistratures, ainsi que les monnaies de GéscU* et de Pansa.

NOMS ET EMBrÈBIBS DES MOflÉTAlRES. 175

Comme de raison, les officiers ordinaires de la Monnaie furent les derniers à mettre sur leurs pièces le titre de leur charge : jusqu'en 704 inclusivement nous n'en trou- so av. j. c. vons que huit qui prennent le titre de III vir : ce sont M'-AciUus (n« 279), M\Aquillius, M'.F. M'.N. (n« 282), Longinus (n- 285), Caldus (n*^ 286), P. Fonteius P. F. Capito (n* 290), L. Furius Cn, F. Brocchus (n^ 291) , C. Hosidius C. F. Geta (n*» 292), L. Torquatus (n» 294); et aucun d'entre eux n'a exercé cette magistrature avant l'année 680, ou 74^4 tv. j -c. peut-être même 700 de Rome. A l'époque de César et pendant les premières années d'Auguste, cette mention de la dignité devient de plus en plus fréquente ; enfin, après la réforme monétaire de 739, le titre de triumvir ne man- Kar. j.-c. que plus et se voit toujours accompagné de la formule A. A.A.F.F. qui y parait pour la première fois. Sur les aureus frappés en 716, les monétsûres prennent le titre de ss ar. j..c. guattuorvir A.P.F., et sur un denier frappé dans la dernière année de César ou même sous le triumvirat, C. Cossutius Haridianus a ajouté à son nom la formule A. A.A.F.F. sans y joindre le titre de triumvir. ^. .. ,

^ * signes partlciit ei a

Souvent sur les monnaies romaines d'argent on voit d'un des ouvriers côté, et quelquefois des deux côtés, des signes variés, tantôt des symboles ou des chiffres romains, tantôt des lettres ou des syllabes grecques ou latines. Ces signes n'ont pas une grande importance , et il parait certain maintenant que c'étaient les marques des graveurs, ou que tout simplement ils servaient à distinguer les divers coins et & faciliter le contrôle ; mais leur emploi n'a jamais été l'objet d'une étude spéciale. On voit de ces signes sur f argent, jamais sur l'or, etcela parla bonne raison qu'à l'époque où ils étaient en usage on ne frappait pour ainsi dire pas de pièces d'or ; ils sont rares sur le bronze dont le con*

trôle était moins nécessaire, et on n'en voit gnëre que sur la série de cuivre groupée sous le n* 239, Nous n'en parlons ici qu'au point de vue chronologique pour lequel ils sont une indication qui ne manque pas d'importance. On n'en trouve jamais sur les plus anciens deniers (1). Parmi les pièces marquées du nom de Rome et d'un signe de valeur, on n'en connaît que six qui portent des chiffres de cette espèce (ce sont les n" 146, i68, 164, 180, 205, 207j, et le style avec les autres indications monétaires de ces six pièces montre assez que leur émission n'est pas des plus anciennes. Cependant le grand nombre de monnaies ainsi marquées qui s*est rencontré dans le dépôt de Fie* sole prouve que cet usage date de la première moitié du lu ET. j,^. vir siècle. Si le denier n* 146 a été frappé en 6S0, ce doit être un des plus anciens exemples qui existent (2);

104-74 ar. j.^. la plupart datent de 650 à 680, et cet usage est loin d'avoir été constant. Nous possédons des pièces contemporaines qui n'ont pas de ces marques, et dont quelques-unes ont été frappées par les mêmes monétaires. Dans les derniers temps de la république les signes des ouvriers deviennent plus rares sans cependant disparaître complètement. On les retrouve sur le denier de M. Plaetorius (n* 267), frappé en

69. 61 ET. j.^. 685, sur celui de C. Piso (n» 270) vers 698, sur celui de Longinus III vir (n* 285) , même sur un denier de César, 4c Av, j.-c. frappé en 708 (S) , et enfin sur les pièces de M. Mettius, 44 ty. J.-c. monétaire en 710. Plus tard on n'en trouve plus.

(1) On Toit déjà des signes tout à fait semblables, et en parUcuUer des lettres grecques, bien avant ceUe époque sur des monnaies grecques, par exemple sur les pièces de fabrique campanienne avec la légende ROMANO ou an type de la Victoire tenant une palme (t. I, annexe M> p. 36S).

(2) Voyez au Tableau chronologique n* 14C.

(3) On a généralement adopté l'cxpHcaUon donum, munus, proposée par

Page 1