‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 5)Chapitre 45 sur 110 · CHIFFRES · texte numérisé non relu

CHIFFRES

exemples devant l'X (1) et devant le C (2) , rarement devant V (3), plus rarement encore devant L (A).

Quelquefois on barre les lettres qui servent de chiffres, Lettres nnmëraief afin de les distinguer des lettres ordinaires. C'est ainsi *^'''^' que l'on trouve sur les monnaies X ou ^. Les signes V et IIS (5) n'étaient déjà plus employés à l'époque où cet usage de barrer les lettres prit naissance. On ne le voit jamais appliqué au chiffre XYI ni à l'S*

Les plus anciennes pièces portant le signe X sont dans notre m* période ; elles ne remontent donc pas au delàde l'an 620, et l'on n'en rencontre pas d'une date antérieure (6). 134 tr. j.-c. Le premier que l'on trouvera sur notre tableau ehronolo- n. xxvn,n«6. gique porte le n* 122. Depuis lors il semble avoir été généralement adopté, jusqu'à la suppression des indications de la valeur sur le denier; cependant l'X non barré se voit encore assez souvent, par exemple sur les n"^ li7, 1A8,

(1) IIX Bnnio (Rkcio, Ca<.» p. 102); IX Cens. Llm. Grep. {ibid,, p. 79); Tltorins {ibid., p. I»2); XIX Silanos (ibid., p. 126); XXIX (ibid.); XXXXIX Farsoleias {ibid., p. 91); LXXXIX (ibid.); CXXIX Ti. QaudJus {ibid., p. 65).

(2) XXC. L. Pi80 {ibid., p. 57); XCIII FareoleiuB {ibid. Sappl., p. 10); XCIII, XCV, XCVIII {ibid.); VIC. Tl. Oandlus (ibid., p. 65); VC {ibid.).

(3) IV Barflio {ibid., p. 102;; Satrienus {ibid., p. 180); XIV (ibid.); LXIV Lacretios Trio {ibid., p. 132).

(4) XU. i'anuleioB {ibid. Sappl., p. 10). Sur les monnaies de M. Antoine, que noof Tenons de citer^ on lit les chiffres XL et XLI.

(5) [HS se volt pins tard sor les sesterces en cuivre ft>appés par M. Antoine (pi. XXXIII, n* 3)].

(6) Cavedoni {Ripostigli, p. 166) suppose que les cliiffres barres ont commencé à être usités vers 560, à cause de la date qu'il donne au denier 194 ar. j.c. Q« 135; mais cette date étant, d'après Cavedoni lui-même, fort incertaine, rien ne noas parait moins sûr que cette donnée qui, du reste, est formellement contredite par nos dernières études {Ann. de VInst. arch., 1863,

p. 43 et suiv.).

192 CHAPITEE YlII.

Ii9, 161, 167, 169, 170-173, 181, 191 et même sur des pièces de la Guerre Sociale.

Ainsi Ton peut avec certitude classer au tu* siècle (après

it4 âv. j.^. Tannée 620) tous les deniers sur lesquels X est barré, mais on doit observer en même temps que TX n'est pas barré sur tous les deniers de cette époque.

On rencontre aussi quelquefob D avec une barre horizontale (n* 227) et M\ avec une barre perpendiculaire (n"" 215), probablement avec la signification de 500 et de 1000.

ponctaâtion. La ponctuation est rarement négligée; cependant on lit SAFRAsurle n* 62, AVRYFsur len*103; par contre le point subsiste malgré la ligature dans la légende oOMP (n* 85). Ligtturet. Les Uçalures nécessaires dans les commencements pour

quelques légendes (Voy. p. 171) ont été dans la suite conservées pour gagner de la place.

La règle adoptée plus tard d'indiquer distinctement chacune des lettres liées ensemble, par exemple de ne compter le T comme ligature du T et de l'I, à moins de prolonger la ligne du milieu t, souffre quelques exceptions dans les légendes monétaires : ainsi on voit POIF (n* 281), WLI (n* 182), crf L à côté de Crf OY (n« 166), et même m, pour Melel (lus) (n* 166).

Abrëfutiont. Lcs règles ordinaires de l'abréviation subsistent pour le prœnomen; seulement on doit remarquer que sur les monnaies comme sur les anciennes inscriptions S signifie Spurius; SX (n* 46) ou bien SEX (n^* 110 et 159), Sextus. Qaand le nomen et le cogfwmen ne sont pas écrits en toutes lettres, Tabréviaiion s'arrête en général sur une consonne (1)-, cependant cette règle souffre un grand

(1) Borghesi, Decad, 1,9, p. Î6. OEuvr. compl., t. I, p. 155; Bm//. napol. IV. 47.

ORTHOGRAPHE. lÔS

nombre d* exceptions, surtout dans les temps anciens. Ainsi nousavonsAFRA (nms)(n«'62), AV(r«lms) (n°20), CAE(ci7tMs) (n* 82), l)0(miliu8) (n* 39) et D0MI((m5) (n« 167), PO(mpeius) (n* 110), VETV(rtiM) (n» 111), LICI(nw5) (n* 170),. LIMETA(nti5) (n« 227), UEÇtellus) (n« 24), METE(Hus) (nM31), SALINA(/or) (n» 243), SILA(ww«) (nM67), TO- (dilïus) (n«28),T0RQVA((t<s) (n-lt59),TRIGE(mmus)(n»91), VNI/manw?) (n»217).

E> U El sont employés indifféremment, avec la même ^^ J^\!^nltx^. valeur, sur les deniers du vu* siècle. Ainsi nous lisons OPEMI (n* 44), plus tard OPEIMl (n- 55, 140, 141), D0ME(«U5) et Wm{tiu$) (n» 133), DEIDI (n* 168), PREIMVS (n^ 296), PREIVERNVM, alternativement avec PRIV- et PREV- (n* 273). Du temps de César et même après lui, on trouve encore LEIBERTAS et CASSEI. Cette dernière forme est naturellement un génitif et non un nominatif.

I prolongé au delà de la ligne pour indiquer un I long est rare; on le voit sur le denier de Calidius {n? 166), et sur les monnaies de P. Àecoleius Lariscolus^ vers Tan 711, *3*^ ^- ^* on lit quelquefois LARiSCOLVS (1).

V s'est conservé dans MAXSVMVS (n* 261) ; plus rarement on lit CRASSVPES à côté de CRASSIPES (n* 242).

O ne remplace jamais l'V dans les légendes monétaires-, la forme ALIO (n* 189) nous paraît fort douteuse. Si le mot a été bien lu, c'est une exception ou un provincialisme : par contre, on doit admettre sans difficulté FOY = Folv{iu8), qu'on lit généralement, mais à tort. Fouir(tti5), comme équivalent de Ful{mus) (n" 166). Dans CLOVLI (n* 183), y a eu la valeur d'une consonne du moins dans les temps anciens ; le nom do la famille

(0 Borghesl, Décade VII, 10. p. 44. OEuvr. compL, t. I» p. 367. II. 13

Furia s'écrit soit avec OV (n** 182, 242), soit avec un V accentué (!!• 291, comp. n* 83). L'Y de BRVTI sur les pièces 4i et « «T.j.-c. de D. Brutus frappées en 710 et 7H est surmonté d'un point (1). Le signe qui se voit au-dessus de TV de MVSA (n* 298), mais qui ne se trouve pas sur TV de MVSARVM, a été avec raison assimilé à Taccent grec d'une voyelle longue.

Nous devons faire remarquer k cette occasion que le syllabaire des monnaies de Bursio (n"" 234) admet le V comme voyelle et comme consonne et que par conséquent l'on trouve VA.VE.VI.VO.VV (2).

Sur les pièces les plus anciennes, on ne voit guère que la forme AE, par exemple MAE, BAE(6i), LAEGA, CAEPIO, PAETV5etc.

Les exemples de la diphthongue Ai appartiennent probablement tous à la fin du vu* siècle : AIMILIA (n* 281), CAISAR (n« 159), CONCORDIAl (n* 304). One seule fois on lit AEI dans CAEICIANI (n* 193). — COIL (n* 49) se trouve alternativement avec COEL (n" 286).

XS figure sur les pièces du vu* siècle-, par exemple MAXSYMVS (n* 261), AXSIVS (n« 283). Sur le denier n' 281 qui n'est pas très-ancien on voit plus souvent ALEXANDREA que.ALEXSANDREA. L'orthographe des syllabes Sex^ Max^ Sax ne prouve rien.

Les consonnes doubles font défaut sur les pièces très-anciennes. On y lit : CINA (n<>86), COTA (n* 92), GELI (n^ 93), PILIPVS (nM42), RENI (if 100?), SARAN (n« 72), SISENA (n» 148), SVLA (n* 67), VARO (n" 48). Des traces de cette orthographe se sont conservées assez longtemps, car sur les

Consonne».

Redoublement des con»onne«.

(!) Cavedoni, Saggio, p. 173, d'après deux excmpiaîrfa. (2) VE. VI.VV, d'après le calalogue de Ricclo.

84 av. J. C.

OBTHOGRAPH£. 195

as de Sylla on lit encore SVLA (n» 282), tandis que Ton voit SVLLA sur toutes ses pièces d'or et d'argent. On peut citer aussi MEMIES (n*» 226) , peut-être AL10(?) sur le bronze correspondant au denier qui porte la légende ALLI (n' 189). Parmi les pièces frappées avant 670, les suivantes ont des consonnes doubles : ALLI (n«189), CASSI (n«* 157 et 193), FLACCI (n*17â) , HERENNI (n« 197) , MAL ou MALLE {if 191) , MEMMI(n**151, 175,205), METELLVS(n»*lâ3,lââ), NATTA (n«70),PfllLIPPYS (nM56),RVLLI (n*211),TVLLI (n*119).

Les voyelles doubles ne figurent que dans FEELIX, qui voyeiiet doubles. s'écrit aussi FELIX sur les deniers de Faustus Sylla (n*269) , et dans G. NVMONIVS YAALA sur un denier frappé après la mort de César. Cette dernière famille semble avoir conservé pour son nom une orthographe déjà tombée en désuétude (Voir nos Inscriptiones regni Neapolitani, n* 91, et Orem,n^5310).

r aspiration manque sur les plus anciennes pièces après LcttreiMpiréet. les lettres C.P.T. Ainsi on lit CETEGVS (n^ 179), CILO ^n* 173) , (tandis que sur le denier toutàfaitsemblable, frappé en 710, on lit CHILO) , PIUPYS {rf 142) , TAMPIL (n' 102) , TALNA (n" 61 ; les fastes capitolins orthographient Thalna) . Plus tard) la nouvelle orthographe ajouta une H à tous ces noms : cependant on lit encore TRIVMPVS et GRACCVS sur certaines monnaies du temps de César et d'Auguste.

On commence à trouver des lettres aspirées après 640 (1) -, ainsi nous avons parmi les pièces de notre iv période PHILIPPVS (n» 156), PHILI (n» 182), PVLCIIER (n* 176); à la V, c'est-à-dire entre 650 et 670, THERMVS (n* 200) , THORIVS (n» 188) ; vers 700, BROCCHVS (n» 291) , nom d'origine latine, comme Pulcher et Thorius, et dans

44 ar. J.-C.

114 av. J.-C.

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