LE LIVRE DES RÉCOMPENSES ET DES PEINES
Ce livre a été publié sous le nom de Thaï-chang OU Lao-tseu auquel on en attribue la première rédaction, sans doute à cause des idées religieuses, ou plutôt superstitieuses, qu'il renferme ; mais en réalité c'est une compilation de sentences tirées ou imitées des King, du Tao, des Sse-chun et surtout du bouddhisme. Il n'appartient à aucune école particulière, mais un peu à toutes. Chaque maxime y est commentée, paraphrasée, appuyée d'anecdotes, ou de traditions fabuleuses.
A propos du titre même, le commentateur dit que les actions bonnes ou mauvaises des hommes font impression sur les esprits du ciel et de la terre qui récompensent ou punissent. La récompense c'est la prolongation de la vie, le châtiment c'est l'abré-
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gement de la vie actuelle, système du bouddhisme comme du mosaïsme.
Nous allons passer en revue les maximes les plus dignes de remarque contenues dans ce livre, et montrer en pa.ssant à quelle école elles appartiennent.
• Le malheur et le bonheur de l'homme ne sont point déterminés d*avance, seulement Vhomme s'attire lui-même l'un ou Vautre par sa conduite. La récompense du bien et la punition du mal le suivent comme l'ombre suit les corps : »
Ainsi, point de fatalisme, l'homme est libre et responsable ; il ne devra qu'à lui la récompense ou le châtiment. On reconnaît ici l'Ecole de Khoungtseu.
Le commentateur dit, en effet, qu'il n'y a point de chemin déterminé d'avance par le ciel qui conduise au bonheur ou au malheur ; le bonheur ou le malheur sont proportionnés à l'importance des vertus ou à la gravité des crimes. Il cite à l'appui ce passage de VY-king: « Dans la maison deThomme qui accumule de bonnes actions, il y a toujours une surabondance de bonheur; dans celle qui accumule de mauvaises actions, il y a toujours une surabondance de malheur. »
• Ity a au ciel et sur la terre des esprits chargés de rechercher les fautes des hommes et qui, suivant la légèreté ou la gravité de ces fautes, retranchent de leur vie des périodes de cent jours. »
Les esprits sont donc comme des juges impartiaux qui récompensent ou punissent non d'après leurs caprices ou leurs préférences, mais d'après l'importance des actions. Nous touchons au Bouddhisme, et le commentateur y donne en plein quand il
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dit que Thorame qui s'abandonne au mal est o6i!damné à devenir, soit une bête de somme, soit uû démon affamé II ajoute même que sa mort seule lie suffît point pour régler ses comptes ; son châtiment peut s'étendre sur ses descendants. Voilà le fatalisme de la solidarité criminelle ajouté à la métempsycose. Nous verrons que les commen^ateu^s ont souvent dépassé et même dénaturé le texte en exagérant le sens.
• Il y a plusieurs centaines de grandes cl petiUi fautes. Il faut d'avance les éviter avec soin si l'on veut obtenir l'immortalité. ■
Le commentateur dit qu'avant d'opérer de bonnes (Buvres, il faut commencer par fuir toute espèce de de faute, et qu'ensuite, l'existence sera prolongée •elon le degré des mérites. C'est la doctrine Bouddhiste.
« Ne foule: pas un sentier tortueux. » Sur cette maxime le commentateur raconte qu'un chef militaire s'étant laissé vaincre et craignant d'être condamné à mort, voulut corrompre un greffier du tribunal ; il le lit venir, le grisa et le laissa seul avec sa femme, afin qu'elle pût le prendre par la séduction. Ce sage greffier déchira son vêtement par lequel elle le retenait et s'enfuit. Mais il rédigea ime pétition et obtint la grâce de cet homme. Ce trait de générosité est très louable, mais l'impunité de cette tentative de corruption est peu édifiante.
• Ne trompez pas dans le secret de la mai^ ton. >
Ce qui signifie suivant le commentateur, que lorsqu'on est dans un lieu où personne ne nous voit, BOUS devons redoubler d'effort pour régler le mou-
LA MOAALS GHSt LES CHINOIS lél
Tement de notre volonté de peur de tromper notre cœur et de tomber dans le mal. Et il raconte l'histoire d'un médecin : ayant été appelé auprès d'un malade, la femme de celui-ci en devint amoureuse et tenta de le séduire, mais le médecin repoussa ses avances, et pour ce fait le Chang ti (maître du ciel) prolongea son existence de 12 ans.
Moïse promet la prolongation d'existence en faveur de ceux qui accompliront ses lois, mais la Bible ne cite aucun exemple pour corroborer cette promesse. I^e livre des récompenses en cite au contraire uA grand nombre.
« Accumulez des vertus et entassez des mérites, »
• Montrez-vous humains envers les animaux. •
La doctrine de Bouddha apparaît ici, et le commentaire développe cette pensée en disant que si Ton veut sincèrement accumuler les vertus et entasser des mérites, il faut aimer non seulement tous les hommes, mais même tous les animaux. Quelque petits qu'ils soient, la vie les anime, tous sont attachés à l'existence, tous redoutent également la mort. Il rapporte l'exemple d'un homme qui se levait tous les matins pour balayer les mollusques qui grimpaient le long du rivage et les rejetait au fond de l'eau pour les soustraire aux recherches des pêcheurs Un autre achetait des anguilles étalées sur la boutique d'un marchand et les jetait dans un fossé rempli d'eau.
Un philosophe dont il ne donne pas le nom disait : « Laissez toujours du riz pour les rats ; par pitié pour les papillons, n'allumez pas de lampe. * Un livre bouddhiste promet une longue vie aux hommes qui ne tuent point d'êtres vivants. L'eau oôn*
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tenant de petits animaux, il veut qu'avant de boire on la passe dans un ûllre. Ce philosophe eût été fort embarrassé de nos jours car à l'aide du microscope il eût aperçu des centaines d'atomes vivants dans une seule goutte d'eau.
* Pratiquez' la droiture et la piété filiale ; ayez de f affection pour vos frères cadets et du respect pour vos aînés. »
Voilà une maxime tirée de Khoung-tseu.
Sur ce précepte le commentateur rapporte qu'un domestique, à la mort de ses maîtres, sauva leur enfant d'une tentative d'assassinat et lui fit rendre justice.
Il ajoute : « Si ce domestique a montré une telle reconnaissance envers son maître, que ne peuvent faire les hommes haut placés et riches qui, parleur position élevée, devraient donner l'exemple de toutes les vertus sociales ? »
« Si vos parents, dit-il encore, sont bons et tendres pour vous, il est juste de leur témoigner de la piété filiale; mais s'ils sont méchants, c'est le comble de la piété filiale que de les servir avec obéissance et respect. » Khoung-tseu n'eût pas mieux dit.
Au sujet de l'amitié fraternelle, il cite plusieurs exemples qu'il oppose aux frères de son temps, lesquels sont en discussion et en procès pour l'héritage de leurs parents.
• Bectifiez votre cœur afin de convertir les autres, *
« Ayez pitié des orphelins et montrez de la compassion pour les veuves. »
. Le commentateur dit que ce sont là des moyens pour accumuler de grandes vertus dans ce monde,
et consoler dans l'autre les âmes de ceux qui sont morts.
t Respectez les vieillards et chérissez les jeunes enfants. »
Le commentateur ajoute qu'il ne faut pas même faire de mal aux plantes et aux arbres ; quoique privés de connaissance, ils ont aussi en eux, dit-il, un principe vital.
• Vous devez compatir aux maux des autres. » « Réjouissez-vous des avantages des autres. » Sur ces paroles le commentateur rapporte que le
grand empereur Yu s'inclinait profondément lorsqu'il entendait une parole digne d'éloge.
• Secourez les hommes dans leurs besoins. » « Sauvez les hommes dans le danger. »
Le commentateur cite plusieurs exemples de dévouement qui ont eu leur récompense en ce monde: celui-ci pour avoir sauvé un homme a obtenu un fils ; celui-là pour avoir sauvé une femme a échappé lui-même à un danger mortel ; un troisième pcr avoir restitué une somme d'argent a vu sauver son fils ; un quatrième en sauvant un homme a sauvé son propre fils.
Puis il arrive à des exemples opposés : ainsi un homme pour n'avoir pas voulu sauver une personne qui se noyait est devenu le meurtrier de sa propre femme.
On voit que la récompense et le châtiment ne tombent pas toujours sur l'agent, mais sur ce qu'il a de plus cher ; or, cette justice, quand elle ne récompense pas, faisant plusieurs victimes pour un coupable, et souvent des victimes innocentes, perd le nom de justice et tourne à la fatalité.
« Réjouissez-vous des succès des autres et affligez-
t66 l'A MOiULS CH£f LES CHINOIS
VOUS de leurs revers comme si vous vous trouviez à
leur place. • « Ne divulguez pas les imperfections des autres.» Ces raaximes sont empreintes d'un sentiment de générosité rarement mis en pratique. Lao-tseu et Ithoungtseu sont les premiers qui les aient proclamées.
« Ne vous vantez pas de votre supériorité. » Le commentateur dit qu en nous prévalant de nos mérites pour mépriser les autres nous perdons tout le fruit de notre supériorité.
« Ne vous irritez point quand vous avez reçu nn
affront. »
L'oubli des offenses a été professé par les philosophes chinois des diverses écoles.
Le commentateur dit que les bouddhistes, dans leurs instructions, placent la patience à supporter les iujures au-dessus de toutes les vertus, et la représentent comme le premier et le plus sûr moyen d'arriver à la perfection. Il cite à l'appui le fait
suivant :
Sous la dynastie des Song vivait un homme nommé Fou-pi. Ayant reçu une injure grossière, ii fit semblant de ne pas s'en apercevoir. « C'est voua qu'on insulte, lui dit-on. » — « Je crois, dit Fou-pi, que cette injure s'adresse à un autre. • — • Vous êtes dans l'erreur, on a prononcé clairement votre nom. , — « N'y a-t-il pas beaucoup de personnes qui portent le même nom que moi? • Celui qui avait injurié Fou-pi ayant entendu cette réponse, honteux de sa conduite, vint lui faire ses excuses.
Autre exemple : Un ministre est insulté par un lettré ; il s'oppose à ce qu'on s'informe de son nom : » Si je venais à le savoir, dit-il, peut-êti-e ne pour-
LA MOAALE CHEZ LBI CHINOIS \fS7
rais-je point l'oublier; il vaut mieux que je Tignore. » Voilà des traits sublimes qu'on dirait inspirés du christianisme, s'ils ne lui étaient pas antérieurs,
• Recevez tes faveurs des princes avec un sentiment de crainte. •
Sur cette maxime, le commentateur raconte l'histoire de Wang-tan, lequel, au lieu de se réjouir, se plaignait chaque fois qu'il montait en dignité. Quand on lui apportait ses appointements, il s'écriait en soupirant : « C'est la graisse du peuple ! qu'ai-je besoin d'un si grand revenu? » Le commentateur ne dit pas s'il les gardait ou les distribuait aux pauvres, mais il dit que les bouddhistes regardent les marques de respect et les émoluments affectés aux charges publiques comme des ennemis caressants qui nous flattent pour nous perdre, et il ajoute que cette opinion est commune aux trois religions admises en Chine. Cette remarque peut être fondée, mais qu'en conclure? que ces trois religions, malgré leur influence, n'ont pu réussir à inspirer du désintéressement aux Chinois.
• Accorder des bienfaits sans en attendre de ré-compense. »
Voilà une maxime que les stoïciens ont professée comme nouvelle, et que les philosophes chinois avaient proclamée depuis longtemps. Le commentateur cite à ce propos une réponse faite à l'empereur Wou-ti qui se vantait d'avoir toujours été bienfaisant, et demandait si cela lui donnait beaucoup de mérite : « Aucun, lui répondit-on, car vous aviez l'intention d'en obtenir une récompense ; dès lors, vos bienfaits n'étaient plus méritoires. » Wou-ti avait au moins le mérite de prêter l'oreille à dm observations un peu durei.
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« Les esprits célestes P entourent en le défendant (rhomme vertueux) . • ^., .
Celte parole n'a rien en soi de remarquable, mais elle a donné lieu au récit d'une histoire digne d'être reproduite : « Pendant une maladie contagieuse, une femme apprit que son beau-père et sa belle-mère en étaient atteints. Elle voulut partir pour les soigner malgré l'opposition de son père et de sa mère ; elle leur répondit : un mari prend une femme pour l'aider à servir son père et sa mère pendant leur vie, et à leur rendre les honneurs funèbres après leur mort. Si je n'allais pas auprès de mon beau-père et de ma belle-mère dangereusement malades, je ressemblerais à une bête fauve. • Cette anecdote caractérise le sort de la femme mariée en Chine, par Tobligalion où elle était de préférer les parents de son mari à ses propres parents. « Penser sans cesse à son ressentiment. » Cette parole s'adresse à ceux qui se souviennent
des injures. .
Suivant le commentateur, quand un homme vient de nous faire un affront, nous ne pouvons nous empécher tout d'abord de lui en vouloir ; mais ensuite notre devoir est d'oublier toute espèce de ressentiment ; en montrant de la grandeur d'dme et de rindulgence pour les fautes des autres, la personne qui nous a offensé sera elle-même fâchée de sa conduite. Nous avons vu plus haut un trait semblable. « Tuer des ennemis qui se rendent. »
Sur cette parole, le commentateur rappelle deux sentences : « Il n'y a pas de plus grand crime que de tuer des ennemis qui se sonl rendus. « — * t-elui qui tue des ennemis qui se rendent est puni jusque dans sa troisième génération. *»
C'est opposer ime injustice à une autre injustice, car punir des innocents pour la faute de leurs parents coupables est encore plus injuste que de tuer des ennemis qui se rendent; ceux-ci ont, du moins, participé à un acte capable de justifier des représailles.
« Connaître ce qui est bien et ne pas le faire. » Le commentateur fait observer qu'il y a des gens qui ne font pas une seule bonne action pendant toute leur vie, tout en voulant se faire passer pour des gens vertueux. D'autres font des dépenses pour nourrir des religieux, bâtir des temples, et laissent leurs proches parents dans la détresse sans songer à les secourir. On voit que ce commentateur n'est ni tao-sse ni bouddhiste, puisqu'il blâme les dépenses faites en faveur des ordres religieux fondés par ces deux sectes.
« Faire ressortir les défauts des autres. » Il y a de la noblesse et de la générosité à cacher ou pallier les fautes d'autrui ; car souvent, dit le commentateur, quand un homme fait une action blâmable, c'est le résultat d'une erreur passagère ou d'un accident malheureux. Si, au contraire, nous divulguons ses défauts et cherchons à les grossir, nous perdons le mérite de nos propres vertus. Il cite à ce sujet l'exemple d'un poète qui fut envoyé et mourut en exil pour avoir composé des satires contre le gouvernement. Ce fait est mal choisi, et il prouverait seulement qu'en Chine comme ailleurs le pouvoir n'aime point qu'on le critique. Cependant Khoung-tseu et Meng-tseu ont donné le noble exemple d'une courageuse et utile opposition.
Le commentateur ne veut pas même qu'on laisse
échapper des mots de plaisanterie, parce qu'ils peuvent, dit-il, entraîner des haines implacables. Il eût mieux fait de s'attaquer aux esprits assez mal faits pour ne savoir point les supporter ou les mépriser.
« Acheter des louanges mensongères. »
Sur ce sujet le commentaire cite cette sentence : Dans tous les temps, la réputation a été comme un beau vase qui excite l'envie de celui qui ne l'a pas fait. Et il ajoute : « Celui qui achète les louanges sans les mériter ne tarde pas à en perdre les avantages. »
« Cacher un cœur perfide. »
C'est à-dire être hypocrite ; le commentateur reproche ce vice aux hommes de son temps et leur oppose les anciens. Ceux-ci, à ce qu'il parait, avaient toutes les vertus et point de défauts, maigre leur état sauvage constaté par une pièce de vers rapportée ici et où il est dit : * Les hommes de l'antiquité ressemblaient extérieurement à des bêtes sauvages, mais ils étaient doués d'une vertu sublime qui les élevait à la sainteté. Ceux d'aujourd'hui ont une figure d^horame et un cœur de bête sauvage qu'il est impossible de sonder. Quand ils vous sourient ne croyez pas à leur attachement ; quand ils pleurent ne croyez pas à leur douleur ; leur amitié ne dépasse pas le bout des lèvres, mais le fond de leur cœur est hérissé de ronces et
d'épines. »
Voilà qui est peu flatteur pour les contemporains du poète, mais c'est le langage des misanthropes de toutes les époques.
* Envier la richesse des autres, »
Le commentateur regarde l'opulence dont jouis-
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sent certains hommes dans la vie présente comme
a recompense de leurs bienfaits dans une vie^é-
cedente ; lom d'exciter notre envie, leur fortune
pour eux. Il s agit sans doute d'une fortune bien
lui repondre que pour avoir été à même d'exercer a bienfaisance dans une précédente existence, ilfallai que ces hommes y eussent possédé une certaine fortune, ce qui retranche un peu de leur mérite.
JJ^'*' ''''' /^^r^onwé? belle et former le désir de la posséder en secret. «
Le commentateur raisonne ici comme les ascètes
r.L^^'^A^^^'^^^ • "'""^^^^ ^^^ °^^s devenons coupables dès le moment que nous avons formé ce désir. 11 faut rectiAer son cœur lorsqu'on est seul afin de le conserver pur et Intact au moment du danger. Or, le meilleur moyen c'est de ne pas regarder
\m^ " ^' ^t^"'^^"° ' ^^ ^'«^ ^^^^ontre une femme ou une fille qui vienne du côté de l'orient. Il faut regarder aussitôt du côté de l'occident ; si eU^ ^ent du Côte de Toccident, il faut se tou^er du
lîl ri .''?'• ^''' ^" ^* g^l^ievie à rebours. I^s philosophes chinois ne connaissent pas l'amour platonique; et ils ne parlent des rapporta Ihomme et de la femme qu'avec beaucoup de ré'
ZZl^y"V ''''''''''' "^P^^ d'estime qu'ils ont généralement pour le beau sexe, et dans les faits qui s rapportent sur les désordres de l'amour,
séduction. Nous en avons déjà v.i deux exemples, • U fille d'un magistrat étant devenue amou-
reuse d'un jeune étudiant qui demeurait en face de chez elle, lui envoya une servante pour lui donner un rendez-vous. Le jeune homme ny allapomt, mais un autre étudiant qui demeurait avec lui prit sa place. Comme il était nuit, la jeune fi^l^^ie .» a* nercut pas de la substitution et reçut 1 étudiant dan's son lit. Mais le père de la jeune fille étant entré dans la chambre les surprit et les tua tous deux. Le lendemain le premier étudiant ne voyant pas le nom de son condisciple sur la liste du concours se douta du malheur et se contenta de dire a ceux qui rentouraient : - Si j'étais allé au rendez-vous je serais inscrit aujourd'hui sur la liste des morts ! . Cette froide réflexion prouve que le cœur du jeune homme n'était pas plus ouvert àla compassion qu à
Tamour.
. Désirer la mort de ses créanciers. » , . ,, Le commentateur cite une sentence tirée d un livre bouddhiste : Si vous n acquittez pas vos dettes pendant la vie, il faudra que vous les payiez après votre mort. Beaucoup de débiteurs chmois et autres souscriraient volontiers des billets pour cette echeance, mais tous les créanciers n'accepteraient pas ce paiement outre-tombe. .
« Décerner des récompenses et des petnes dans
des proportions injustes. •
Le commentateur s'appuie sur ce passage pour enseigner, après Khoung-tseu , aux magistrats, le devoir de récompenser même des ennemis s Us montrent une droiture irréprochable, et, d un autre côté de punir même ses parents s'ils violent la loi '. Vous devez, dit-il, mettre en liberté ceux qui font l'aveu complet d'un crime grave et s en repentent sincèrement, et condamner à mort ceux
qui, ayant commis un léger crime, cherchent à le pallier par de mauvaises excuses. »
Ce dernier précepte est empreint d'une rigueur excessive ; quant au premier, on peut en contester la justice ; le repentir ne suffit pas à l'expiation. • « S'abandonner sans mesure aux aises et aux jouissances de la vie. »
Le fatalisme bouddhiste se fait jour ici , le commentaire soutient que la longueui* de notre vie et la source de nos richesses sont fixées d'avance par le destin ; toutefois il ajoute cette grande vérité : « En ménageant son bonheur on prolonge la durée de sa vie. »
Sur la manière de traiter ses inférieurs, objet de la pensée suivante, le commentateur entre dans des détails qui font connaître les rapports du maître de maison avec Tesclave, le serviteur et la concubine. Il cite à ce sujet un passage du livre intitulé Chi-fan (règles du siècle) où il est dit : les esclaves sont naturellement bornés ; quand ils font une chose, souvent ils se trompent ou s'écartent des instructions de leurs maîtres. Les uns sont naturellement oublieux ; si vous leur donnez une commission elle échappe promptement de leur mémoire ; les autres sont entêtés et croient toujours avoir raison, d'autres, enfin, sont naturellement opiniâtres , prêts à répondre avec insolence, et ne connaissent ni régie, ni discipline. Le commentateur en conclut cependant que le maître doit les traiter avec bonté, les instruire et ne point s'emporter contre eux.
Quant aux servantes et aux concubines, il les déclare encore plus bornées que les esclaves , et, par conséquent, plus dignes d'indulgence; il défend au maître et à ses enfants de les battre, recommande
de ne point les laisser dans le besoin, et de ne pas les accabler de travaux.
Il raconte qu'un homme ayant maltraité un jeune esclave jusqu'à le faire mourir, et, étant mort à son tour, cet esclave le saisit dans l'enfer et lui fit subir des tortures. Revenu au monde et se ressentant encore de ce mal, il en raconta la cause à sa femme qui lui dit : « Comment ce petit esclave a eu cette audace? » — « Sur la terre, dit-il, il y a des maîtres et des esclaves, mais dans Vautre monde tous les hommes sont égaux. »
On croirait cette dernière parole tirée de l'Evangile.
« Ecouler les paroles de sa femme ou de sa concubine. »
Le commentateur abuse de ce passage pour professer sur les femmes des opinions très-defavorables qui montrent la prévention des philosophes eux-mêmes contre elles ; il dit que parmi les femmes il s'en trouve peu qui se distinguent par leur prudence et leur sagesse, et beaucoup, au contraire, qui ont des inclinations vicieuses, des vues com- \aunes, et une intelligence bornée.
Si la femme en Chine est telle qu'il la dépeint, il faut en accuser non pas la nature de son sexe, mais bien les mœurs et les lois qui les laissent sans instruction et à la merci de la tyrannie intérieure. Le commentateur semble en convenir, car, si le mari, dit-il, est peu éclaire, ou il craint ses emportements, et n'ose la contredire, ou il l'aime jusqu'à la folie, et lui obéit au premier mot. Quelquefois, une prédilection pour un enfant ou une sévérité trop grande envers une domestique portera la
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f*)mme à manquer à ses devoirs, mais suivant lui cela arrive presque toujours par la faute du mari. Quant à la deuxième femme, il la déclare, conformément à la loi, bien au dessous de la femme légitime, laquelle est pourtant déjà fort abaissée ; mais il constate comme un grand danger le cas où le mari la préfère à sa femme légitime, parce qu'alors la maison retentit de querelles bruyantes.
• Obéir aux instruclions de ses père el mère. »
Le commentateur veut qu'on y obéisse sans murmure, quand bien même ellesseraient injustes ; il permet seulement de prendre des détours adroits pour faire des représentations à ses parents.
• Conserver ses anciennes relations. »
Là-dessus, un commentateur cite ce proverbe :
«Il vaut mieux conserver ses anciens amis que d'eu faire de nouveaux ; il vaut mieux payer d'anciennes dettes que d'accorder de nouveaux bienfaits. . Et il raconte qu'un haut fonctionnaire de l'Etat ayant perdu sa femme qu'il aimait beaucoup, et montrant un grand désespoir, l'empereur luimême chercha à le consoler ; cet homme s'en consola bientôt en effet et ne tarda pas à se remarier. Alors le même empereur, Thien-chun, furieux de ce prompt changement, s'écria : Puisque cet homme a montré si peu d'attachement pour sa femme, comment pourrait-il me servir fidèlement? » Il lui fit donner la bastonnade et l'éloigna pour toujours. Voilà un empereur qui méritait bien des femmes, mais c'est un exemple unique dans l'histoire de la Chine ; et puis le châtiment était-il proportionné à la faute?
• Se repentir de ses aumônes el de ses dons. • Le commentateur dit que c'est faire d'une bonne
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pensée une mauvaise action ; le mérite du bienfait se change en faute.
« Emprunter et ne pas rendre. »
Le commentateur pense que nous devons ménager les choses empruntées comme si elles nous appartenaient, et les rendre dès que nous n'en avons plus besoin. Pour l'argent surtout, il veut qu'on soit empressé de le rendre, qu'on n'en frustre pas le créancier en le gardant trop longtemps : c'est, cependant, dit-il, ce que font tous les jours les hommes de notre siècle. » On le voit, les débiteurs insolvables sont de tous les temps et de tous les pays. Le commentateur bouddhiste espère les effrayer en disant que celui qui ne paie pas ses dettes dans la vie présente ne peut manquer de passer après sa mort dans le corps d'un âne, d'un cheval, d'un bœuf ou d'un chien pour les acquitter dans la vie suivante. Il oublie de nous dire comment débiteur et créanciers se retrouveront, et quel sera le mode d'acquittement.
« Chercher à obtenir au-delà du lot qu'on a reçu du ciel, »
Le commentateur donne à ce passage un sens fataliste qui n'était pas sans doute dans Tesprit de l'auteur, en disant que le sort de chaque homme a été déterminé d'avance par le ciel. Les uns seraient destinés à être riches et comblés d'honneur,^ les autres à vivre dans l'obscurité et la détresse, d'autres à être de simples lettrés, des laboureurs, des ouvriers, des marchands. En conséquence il ne nous serait pas permis de chercher à nous élever au-dessus de la condition où le ciel nous aurait placés,
« Employer toute sa puissance pour venir à bout de ses desseins. »
Le commentateur donne ici des conseils de modération pleins de bon sens. Il rappelle d'abord un dicton ancien : « Si vous avez de la force ou de la puissance, ne l'employez pas entièrement. » Puis il ajoute : « Ceux qui emploient leur puissance sont renversés dès que leur puissance est vaincue ; ceux qui emploient leur force tombent en défaillance dès qu'elle est épuisée. Il s'élève aussi contre ceux qui font travailler les hommes et les animaux sans répit et sans pitié pour leur fatigue.
« Se livrer sans mesure à la volupté. » Il s'agit, suivant le commentaire, des plaisirs légitimes du mariage, lesquels doivent être maintenus dans de justes bornes ; et il énumère les époques d'abstinence, qui ressemblent fort pour le nombre et les circonstances à celles prévues par nos théologiens ascétiques (1). L'ascétisme a produit partout sous ce rapport, les mêmes extravagances. « Egarer la multitude par de fausses doctrines. » Le commentaire rappelle que Jles anciens rois punissaient de mort ceux qui propageaient de fausses doctrines. D'autres ont prohibé sévèrement la sorcellerie et la magie. Cependant l'intolérance à l'égard des différents cultes ne s'est jamais signalée en Chine par des guerres ni par des persécutions. Le christianisme seul y a été l'objet de mesures rigoureuses, mais à cause des réunions secrètes où se rendaient ses néophytes ; un commentateur mo-
(1) Voir la Théologie morale des BouTier, Gousset, Debreyne et autres, qui entrent dans les plus secrets détail s sur ce sujet.
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derne y fait probablement aHusion lorsqu'il dit : « Ceux qui égarent la naultitude par de fausses doctrines méritent sans dottte dix mille morts, mais ne sont-ils pas bien coupables aussi, ces chefs de maison qui souffrent que leurs femmes, leurs filles, aillent dans les temples pour brûler des parfums et écouter de prétendus docteurs dont les discours pernicieux les entraînent à violer la morale et à se déshonorer aux yeux du public. »
La participation des femmes aux pratiques de la religion chrétienne est une des causes qui ont rendu celle-ci très-suspecte aux Chinois, comme aux Romains.
• Vendre à faux poids. »
Sur cet article le commentateur raconte l'histoire d'un homme qui voyant sa belle-fille douée de capacité la mit à la tête de son commerce et lui enseigna Tart de recevoir beaucoup de marchandises en achetant et d'en donner peu en vendant. Elle s'y refusa, mais la deuxième femme de cet homme lui dit que cela se pratiquait depuis vingt ans. La jeune femme dit : • Eh bien ! il faut désormais faire tout le contraire pendant vingt ans, recevoir peu de marchandise en achetant et en donner beaucoup en vendant, afin de rendre au public tout ce qu'on lui a retranché frauduleusement. ■ Il fut fait ainsi, et pour la récompenser le ciel lui donna deux fils qui obtinrent le grade de docteur.
Sur l'abus du vin, flétri dans le paragraphe suivant, le commentateur ènumère les dangers qu'il entraîne : les procès, les querelles, l'immodestie, le déshonneur, l'impudence, la dissipation, Tindiscrélion, la paresse, l'incapacité, le repentir et la mollesse, et enfin la maladie.
« Ne pas vivre en bonne intelligence avec sa femme. »
Le commentaire se plain tque lesmaris de son temps ne saventpas gouverner leurs maisons, sont menés par leurs femmes, et les laissent commander à leurs domestiques d'une voix bruyante ; or , il n'est rien qui fasse plus de honte à un Chinois que la réputation d'être mené par sa femme ; il vaut mieux avoir celle de la maltraiter. C'est un fait que constate M. Hue, dans son livre V Empire chinois, rempli de curieux détails sur les mœurs actuelles de la Chine.
Le commentateur ajoute comme correctif qu'une jeune femme qui est loin de son père, de sa mère, de ses frères, n'a pendant toute sa vie d'autre appui que l'époux qu'on lui a donné : Comment, dit-il, peut-on avoir le cœur assez dur pour ne pas vivre en bonne intelligence avec elle ? Si elle est laide de figure, songez que notre union avec elle a été déterminée par le ciel depuis des siècles.... Si elle n'apporte qu'une faible dot, songez que le destin n'a pas permis que vous eussiez une femme riche. » De pareils motifs sont-ils bien propres à exciter l'a* mour conjugal?
« Ne pas respecter son mari, »
Le commentateur dit que le mari est la providence de sa femme; c'est de lui seul qu'elle tient les choses nécessaires à la vie ; s'il a des torts, elle doit lui faire de douces représentations ; s'il est dur et inhumain, elle doit être patiente et résignée : • Lorsqu'une personne naît avec un corps de femme, son malheur, dit-il, est toujours la conséquence des crimes qu'elle a commis dans sa vie passée ; si elle les aggrave en manquant de respect à son mari, elle s'expose ù pai-courir, après sa mort, une des
trois carrières malheureuses qui consistent, soit à devenir une bête de somme, soit à subir les tourments de l'enfer. »
Les bouddhistes, on le voit, ont renchéri sur Vopinion déjà fort défavorable des moralistes sur les femmes, en y ajoutant la sanction de croyances religieuses.
Us lui défendent même la jalousie, qui peut être fort justement excitée dans un. pays où le mari a le droit, au gré de ses désirs et de sa fortune, d'adjoindre à sa femme légitime des femmes inférieures dont les charmes attirent ses préférences. Le commentaire déclare que le ciel punit sévèrement la femme qui se montre jalouse lorsque le mari prend une deuxième femme.
t Passer par-dessus les aliments^ passer par-dessus les hommes. »
Il s'agit des personnes qui gaspillent les biens de la terre et les objets qui servent à la nourriture ; et aussi des grands qui n'ont point d'égard pour les hommes placés au-dessous d'eux. Le livre des Rites dit : « Quand vous entrez dans un royaume, ralentissez la marche de votre char de peur qu'il n'écrase des hommes. » •
« Faire mourir des enfants à leur naissance. »
L'infanticide est plus fréquent en Chine que dans d'autres pays; il ne faut point l'attribuer à ses mœurs, car elles le réprouvent, mais à une population très abondante due principalement à la fa-i culte d'avoir plusieurs femmes. Ceux qui ont le moyen d'épouser des femmes secondaires ne peuvent pas toujours élever les enfants, surtout les filles, qui en proviennent; delà ces nombreux infanli-
cides, malgré les peines sévères, dont ils sont l'objet.
^ Le commentaire rapporte sur ce sujet l'histoire d'un homme riche qui fit enterrer vivants tous les enfants que lui donnèrent ses concubines. Il mourut d'une mort cruelle et fut tourmenté en enfer. De plus, les quatre ûls de sa femme légitime moururent, et un esprit du ciel alla dans tout l'empire ex* terminer tous les hommes qui lui ressemblaient sans attendre qu'ils fussent interrogés. Ainsi, voilà des innocents englobés dans le châtiment mérité par un seul coupable. La justice de Bouddha ne vaut pas mieux que celle dé Jéhovah ; et cette tradition, toute fabuleuse qu'elle soit, caractérise d une manière fâcheuse l'ensemble de la doctrine.
Le commentaire ajoute que de son temps beaucoup de mères dénaturées, pour se dispenser d'élever leurs filles et de leur donner une dot, les noyaient dans le vase qui les avait reçues en naissant.
« Chanter et danser les premiers jours de la lune et le dernier jour de l'année. »
Les Chinois ont des jours consacrés pendant lesquels le plaisir et le travail sont interdits ; la loi même intervient pour les faire observer. Ces jourslà, les esprits du ciel et de la terre examinent les vertus ou les péchés des hommes pour les punir ou les récompenser.
Les tao-sse et les bouddhistes se sont réunis pour propager ces superstitions.
« Le Dieu qui préside à la vie inscrit toutes les sortes de crimes, et suivant qu'ils sont graves ou légers, il retranche des périodes de douze ou de cent jours. Quand le nombre de jours est épuisé, l'homme meurt, et si au moment de sa mort il lui reste encore
quelques fautes à expier, il fait descendre le malheur sur ses fils et ses petits-fils. »
Ces doctrines nous éloignent beaucoup de celles professées par Khoung-tseu ; c'est le bouddhisme avec son double système d'existences successives se rachetant les unes par les autres, et de châtiment englobant les innocents avec les coupables.
Le commentateur en tire toutes les conséquences fatales en disant : « Dés qu'un homme a commis des fautes, l'esprit qui préside à la vie les inscrit Tune après l'autre et les punit dans une juste proportion. Et quand la durée de sa vie est épuisée, il l'envoie au sombre séjour. Si à sa mort il lui reste encore quelque crime à expier, il fait refluer le malheur sur ses enfants et petits-enfants. ■
« Toutes les fois qu'un homme prend injustement les richesses des autres, les esprits évaluent le nombre de ses femmes et de ses enfants et les font mounr peu à peu pour établir une sorte de compensation. Si les personnes de sa maison ne meurent pas, les désastres de Veau et du feu, les voleurs el les fripons, la perte de ses effets, les maladies, la médisance ou les dénonciations lui enlèvent l'équivalent de ce qu'il avait pris injustement. »
C'est renchérir encore sur ce qui précède. Voilà des femmes et des enfants victimes des fautes d'un mauvais riche.
Cependant le commentaire dit une chose universellement admise en loi et en religion: « Toute personne tuée injustement, trouve bientôt un vengeur; le châtiment suit do près le crime el le frappe avec une justesse qui tient du prodige.» Cette expiation est très juste, lorsqu'elle frappe uniquement la personne du coupable.
« Si votre cœur forme une bonne intention, quoique vous iiayez pas encore fait le bien, les bons esprits vous accompagnent. Si wtre cœur forme me mauvaise intention, quoique vous n'ayez pas encore fait le mal, les mauvais esprits vous accompagnent. »
Cette pensée est à la fois morale et religieuse ; l'intervention des esprits est ici présentée commt exerçant une utile influence sur les actions humaines, en secondant la bonne volonté.
« Si Vhomme qui a fait le mal, se repent ensuite et se corrige, s'il s'abstient de mauvaises actions et accomplit de bonnes œuvres, à la longue il obtiendra la joie et la félicité. »
Celte doctrine de l'expiation spontanée des fautes par le repentir est consolante et rachète un peu l'injuste rigueur des sentences précédentes.
Mais, en général, ce livre, surtout dans le commentaire, est empreint d'intolérance, -de cruauté et d'injustice.
De plus, ces punitions consistant en métamorphoses d'homme en femme, de criminel en animal, en monstre, peuvent sans doute paraître des menaces terribles à ceux qui partagent ces croyances, mais elles sont peu capables d'édifier les hommes qui ne les admettent pas, et tous les Chinois éclairés les repoussent.