‹ Histoire de la morale. [microform]Chapitre 5 sur 29 · LES LIVRES SACRÉS · texte numérisé non relu

LES LIVRES SACRÉS

Avant d'arriver à Vépoque la plus importante de la civilisation chinoise, à celles des philosophes, je dois dire un mot des livres sacrés, dont la première rédaction est fort antérieure à cette époque, mais dont la coordination définitive appartient à Khoung-tseu et à d'autres philosophes des siècles postérieurs. Je viens de résumer la partie morale du Chou-King, 2« livre sacré ; les autres livres sacrés étant moins importants pour mon sujet , occuperont moins de place dans ce chapitre.

UY'King, ou livre des changements, 1«' livre sacré, est attribué à l'empereur Fou-hi , 3,000 ans avant notre ère, c'est un traité de définitions fondées sur la combinaison de 64 lignes appelées Koua^ dont la découverte est due à cet empereur. Les idées contenues dans ce livre le rapprochent du

système de Lao-tseu , à en juger du moins par les extraits suivants sur l'humiUté que Khoung-tseu commenta dans son sens particulier.

« LhumUité surmonte tout. Le sage arrive au lut. »

Le commentateur paraphrase cette maxime en disant que l'humilité est une vertu que rien n'arrête, qui ne connaît point d'obstacle et conduit tout à une heureuse fin. C'est pourquoi le sage qui ne se reconnaît pas les vertus dont il est doué, et parait ignorer ses belles actions, parvient par son humilité au but de la sagesse et à l'accomplissement de ses vœux. C'est l'idée que nous verrons développée dans le Tao-te-King.

« L'humilité est honorée et éclatante; elle est abaissée et ne peut être surmontée, elle est la fin des sages. »

Le sens donné à cette maxime c'est qu'on doit détester ceux qui sont orgueilleux et pleins d'euxmêmes, et aimer ceux qui sont humbles. L'homme véritablement humble ne perd rien de c^tte humiUté s'il est élevé à un haut rang, et il en acquiert plus de considération.

« Humilité éclatante, sort juste et fortuné. »

Khoung-tseu développe ce texte en disant que l'humilité éclatante est justement fortunée parce qu'elle n'a pas recherché la gloire ; elle l'a acquise d'elle-même par le fait de la vertu.

« Un honnête homme qui a rendu humblement de grands services est approuvé de tous les peuples. »

En eflet, selon le commentateur, cet homme étant aimé de ses supérieurs et de ses inférieurs peut rendre de grands services à l'Etat. Loin d'en deve-

nir arrogant, il se retranchera dans son humilité contre les louanges. Là-dessus Rhoung-tseu dit : « L'humilité est difficile à pratiquer pour tous les hommes; mais elle l'est davantage pour ceux qui, par une bonne administration, ont bien mérité de l'Etat. » En effet, l'enivrement du triomphe peut devenir l'écueil du sage.

« Lhomme humble se servira utilement de la guerre pour réduire les rebelles. »

A l'appui de ce texte, le commentateur suppose l'exemple d'un roi qui, s'attachant par son humilité le cœur du peuple, s'en fait utilement aider pour soutenir une guerre avec succès. Khoung-tseu ajoute : « La guerre réussira ou contre les rebelles ou contre d'autres ennemis, pourvu qu'on l'entreprenne parce qu'on ne peut faire autrement. »

Cette prudente réserve se retrouvera développée dans les paroles et écrits du philosophe.

Après h) ChoU'h'ing vient le Chi-King, 3« livre sacré ; il contient 300 pièces de vers, extraites par Khoung-tscu de la grande collection de la bibliothèque impériale de Tcheou. On y trouve des détails intéressants sur les anciennes mœurs des Chinois (i).

Il est divisé en trois parties : la i'* intitulée Koue-

(1) Voir Duhalde, Descript. de la Chine, t. 2. Amiot, Mém. concernant hs Chinois, t. 1., pag. 74, 220. Brosset, Essai sur le Chi-King, 1828. Lacharme, traduction latine, Edit. Molli, 1830.

fong{m(B\iTs du royaume) renferme des poésies e); des chansons populaires que les empereurs faisaijept recueillir eQ voyageant pour juger par elles de Tétat des mœurs.

La 2«, intitulée Siao-ya (petite droiture) et la 3«, Ta-ya (petite droiture), renferment des cantiques, des hymnes, des épitalames, des satires, etc., réunies sans beaucoup d'ordre, qui se chantaient ep Chine dans les fêtes publiques et de famille.

Quelques-unes de ces odes expriment les regrets des femmes pendant l'absence de leurs maris engagés pour le service du prince, et la joie qu'elle^ éprouvent à leur retour.

D'autres odes peignent le relâchement des mœurs, Fivrognerie, la débauche, l'impudicité du temps.

Outre les cantiques et hymnes qu'on chantail; dans le sacrifices et cérémonies consacrées au^ Esprits et aux ancêtres, le Chi-King renferme de^ sentences et des proverbes qui se sont éternisés dans la mémoire des Chinois. On cite particulièrement ceux-ci :

« La vertu est semblable à un cheveu, elle est aussi flexible que lui. '

» Le sage ne parle pas imprudemment, car il y a des oreilles auprès des murs de la chambre.

» La femme doit se vêtir selon l'usage et suivant les conditions de son existence.

» Une douce volupté est permise quand elle est unie à la décence.

» L'homme probe et sage est toujours semblable à lui-même dans sa manière d'agir ; il n'est pas aujourd'hui différent de ce qu'il était hier.

» Les hommes débauchés ont un extérieur com-

mun et grossier ; la débauche ne connaît ni loi, ni

règle.

» Le plus grand homme est celui qui peut être proposé comme exemple en toute chose.

»La vertu parfaite subjugue les esprits des nations.

» Celui qui conçoit de grandes choses, ne prend pas conseil de son bien particulier, mais songe au bien public ; il envisage l'avenir, avertit sagement les autres, se présente dans une attitude pleine de dignité, et chacun se plait à le suivre et à l'imiter.

• Ne soyez ni léger, ni inconsidéré, ni irréfléchi en parlant ; les paroles ne doivent pas être proférées témérairement. Il n'est point de parole sans effet, comme il n'est point de vertu sans récompense. Si vous traitez bien vos amis , vous subjuguerez (comme prince), par l'amour, le peuple et vos fils ; votre postérité sera éternelle et toutes les nations vous seront soumises.

» La bienveillance et le respect pour les autres sont le fondement des vertus. On ne conseille pas vainement le sage, il sait ce qui est bien, mais l'insensé accuse les avis de faussetés. Tels sont les hommes, autant de têtes, autant d'opinions.

» Un roi bon et clément appelle les regards et l'espérance des peuples -, attentif sur lui-même, il est empressé de suivre les bons conseils, et sait choisir ses ministres. Un roi injuste ne se fie qu'en lui-même et en sa vaine prudence, au risque de troubler le repos de l'empire et de s'aliéner l'esprit des peuples.

» La gloire de l'homme ordinaire, c'est d'unir le talent à la prudence ; la gloire d'un roi, c'est d'unir la clémence à la majesté.

» Le plus grand éloge qu'on puisse faire du

prince, c'est qu'il est le père et la mère du peuple.

Khoung-tseu ajoute : « Ge que le peuple aime, l'aimer ; ce que le peuple hait, le haïr. »

La sagesse des maximes du Chi-King est exaltée par tous les philosophes et moralistes de la Chine : les six vertus, dit Han-tchi, sont comme l'âme du Chi'King ; aucun siècle n'a flétri les fleurs brillantes dont elles sont couronnées, et aucun siècle n'en verra éclore d'aussi belles. »

Cependant ce livre consacre en quelque sorte la condition inférieure de la femme quand il établit le contraste déplorable entre l'accueil fait à la naissance d'un fils et celui fait à la naissance d une fille.

« Il naît un fils : Il est posé sur un lit, et enveloppé d'étoffes brillantes. On lui donne un demisceptre. On revêt d'étoffes rouges les parties inférieures de son corps. Le maître, le chef, le souverain est né, on lui doit l'empire. »

« Il naît une fille : On la pose à terre, on l'en • veloppe de langes communs ; on met auprès d'elle une toile (emblème du tissage de la toile, principale occupation des femmes). Il n'y a en elle ni bien ni mal. On'elle apprenne comment se prépare le vin, se cuisent les aliments; voilà ce qu'elle doit savoir. Surtout il faut qu'elle s'efforce de n'être pas à charge à ses parents »

Dans l'état d'isolement et d'abandon où la femme est laissée, il lui est très-difiicile de trouver par le travail de quoi suffire à tous ses besoins ; aussi verrons-nous que les parents se débarrassent le plus tôt possible de leurs filles en les mariant, c'està-dire en les vendant.

Parmi les élégies contenues dans le Chi-King^ il

en est qui expriment des lamentations touchantes de femmes répudiées ; en voici deux exemples :

« L'ingrat me délaisse au plus fort de l'orage ; la plus petite source fertilise les plus belles campagnes ; elles s'empressent de lui ouvrir leur sein et moi je suis rejetée avec mépris. 0 larmes , ô regrets accablants ! ô ingrat, que tu me coûtes de soupirs Qui pourrait te ramener vers moi? »

Et, dans une autre pièce : « Semblables à deux nuages qui se sont unis au haut des airs et que les plus violents orages ne sauraient séparer, nous étions liés l'un à l'autre par un éternel hymen, nous ne devions plus faire qu'un cœur ; la moindre colère ou le moindre dégoût eût été un crime, et toi, tel que celui qui arrache les feuilles en laissant les racines, tu me bannis de ta maison comme si, fidèle à ma gloire et à ma vertu, je n'étais plus ton épouse et pouvais cesser de l'être (1) »

Le 4e livre sacré est le Li-h'ing, dont nous avons un extrait sur la piété fihale (2).

L'original ayant été perdu lors de la destruction des livres, dans le I1I« siècle avant notre ère, on n'en possède plus que des fragments.

C'est de ce livre que Khoung-tseu s'est le plus inspiré pour développer ses belles théories de la piété filiale, et pour s'appuyer de l'exemple des anciens, dont ce livre résume les mœurs et les idées

Ce livre renferme des détails sur le gouverne -

(1) Mémoires surlet Chinois, t. 14, p. 387.

(2) Mémoires sur les Chinois, t. iv, p. 28.

ment, la reUgion, les mœurs, les usages (Jepuis Iq^ plus anciens temps, jusqu'au V« siècle avant J.-C.

Traitant de la piété filiale, il dit qu'un bon fils doit veiller à ce que son père et sa mère soient vêtus chaudement en hiver et fraîchement eu été; soir et matin il vient leur rendre hommage et s'enquiert s'ils ne manquent de rien. C'est leur témpigner peu de respect que de parler en leur présence de vieillesse ou d'âge avancé. Un bon fils voit et entend son père et sa mère sans être en leur présence, c'est-à-dire qu'il doit deviner et prévenir leurs vœux. Il n'a rien en propre, tout leur appartient; il ne peut même disposer de sa vie pour un ^mi.

Un fils qui croit avoir de justes griefs contre ses parents, leur fait jusqu'à trois représentations ; s'il n'est point écouté, il gémit et pleure, mais il ne les quitte pas.

Loin de faire attention à leurs défauts, il les cache, et ne leur marque pas le chagrin qu'il éprouve de leurs mauvais traitements.

Un fils vertueux ne se contente pas du deuil légal fixé à 3 ans pour la perte de son père, son devoir est de le porter toute sa vie dans son cceur, et surtout de ne se permettre aucun plaisir au jour anniv^saire de sa mort.

Dans le royaume de Theou, un fils ayant tué sqii père, le roi, consterné d'un crime aussi extraordirr naire, s'écria : « C'est ma faute ! je ne s^is pas régner. » Il fit tuer le meurtrier, raser sa maison, et le terrain sur lequel elle était située fut changé en égoût ; puis lui-même s abstint de vin pendant une lune entière.

Ce livre contient un précepte qu'on retrouvera bien souvent dans la bouche des moralistes, savoir

que celui qui remplit les devoirs d'un bon fils sera lui-même un bon père ; comme celui qui saura obéir à son souverain, saura commander à son tour.

Les mauvais traitements qu'on reçoit de ses père et mère, loin d'inspirer de la haine ou de la mauvaise humeur, doivent faire redoubler de respect et d'amour. S'ils aiment le fils d'une esclave, celui-ci doit être aimé de leurs fils et petits-fils.

La piété filiale domine même sur les rapports des époux entre eux. Un homme est obligé de renvoyer sa femme, quelque tendresse qu'il ait pour elle, si elle déplaît à son père ou à sa mère. Si, au contraire, il n'a que de rindifférence pourelle^ et que son père et sa mère en soient contents, il la traitera bien e*t la gardera fidèlement. Voilà une règle d'amour conjugal assez arbitraire.

Passant à un autre ordre d'idées, l'auteur traite de l'oubli des offenses. Rendre le bien pour le mal c'est conquérir tous les cœurs à la bienfaisance ; rendre le mal pour le bien c'est mettre le poignard dans les mains d'autrui.

Nous retrouverons cette doctrine dans le Tao-te- King de Lao-tseu.

11 y a plusieurs sortes d'humanité : l'humanité de sentiment et de bonté ; l'humanité de prudence et d'intérêt ; l'humanité de crainte et de servilisme. Ces catégories ne se rapportent pas beaucoup au sens que nous attachons aujourd'hui au mot humanité.

Suivant le Li-King, l'humanité fait l'homme, la sagesse fait le juste. Quiconque juge ses semblables par ce qu'ils devraient être, en trouvera peu qui méritent le nom d'homme, mais s'il les juge en

les comparant les uns avec les autres, il leur trouvera des qualités estimables.

Un prince qui aime ses sujets comme un père aime ses enfants, sera aimé de ses sujets comme les enfants aimeront leurs pères ; s'il est fidèle à ses promesses, s'il les traite avec douceur, ils le lui rendront en obéissance et en respect.

La condition inférieure de la femme en Chine apparaît jusque dans les maximes sur l'amour filial. Le Li-King dit que l'on doit avoir le même amour pour son père et sa mère, mais que la mère n'y tient que le deuxième rang, parce que, suivant lui, le ciel n'a pas deux soleils, la terre deux empereurs, le royaume deux princes, la famille deux maîtres ; aussi, ne porte • t-oc le deuil de la mère que pendant un an. Khoung-tseu plus juste porta trois ans celui de sa mère, et donna ainsi le double exemple de l'amour fiUal qui ne distingue point les sexes, et d'une déférence pour les femmes, dont les Chinois se sont trop écartés.

Le Li'King contient aussi un pompeux éloge de la musique et de son influence.

t La musique est l'expression de l'union de la terre avec le ciel... Avec le cérémonial et la musique, rien n'est difficile dans l'Empire. »

Et dans un autre passage : La musique agit sur l'homme et le fait entrer en commerce avec l'esprit... Sa fin principale est de régler les passions; elle enseigne aux pères et aux enfants, aux princes et aux sujets, aux maris et aux femmes leurs devoirs réciproques. »

L'auteur veut sans doute assimiler l'accord des instruments ou des voix entr'elles à celui des hom-

mes entr'eux, comme fondement de la société et de la famille.

« Le sagç trouve dans la musique des régies de conduite.

« Les poètes anciens nomment la musique récho de ]a sagesse, la maîtresse et la mère de la vertu, la manifestation des volontés du ciel. »

On voit que les anciens Chinois se faisaient sur l'influence ^le la musique, un idéal qui répond fort peu à Tétat d'imperfection où elle fut toujours dans ce pays. Ils ont abusé de Thyperbole sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres.

Le Li-King renferme des maximes qui paraissent y avoir été insérées à diverses époques, telles que les suivantes ou l'on oppose les mœurs de Tantiquité aux mœurs contemporaines.

« Dans les premiers temps, tous les intérêts étaient communs : la sagesse et la vertu ouvraient seules la porte des emplois ; le gouvernement n'était occupé qu'à entretenir les bonnes mœurs et la concorde. L'on ne se bornait pas à chérir tendrement ses enfants et à aimer ses proches. Les vieillards trouvaient dans la bienfaisance publique de quoi terminer paisiblement leur carrière. Les veuves, les orphelins, les estropiés et les malades étaient entretenus avec charité. Les hommes remplissaient leurs devoirs et les femmes n'étaient jamais sans appui. On craignait de laisser perdre les productions de la terre ou d'en faire un mauvais usage, et la bienfaisance les partageait. La simplicité des mœurs générales en assurait l'innocence. On mettait peu de cérémonial dans la société civile et domestique, mais la candeur, Pinnocence et la générosité des sentiments n'avaient pas besoin de

pérémonial pour inspirer d(îs égards et des respects les uns pour les autres. Les cœurs parlaient aux cœurs et s'entendaient, et ce qui nous blesserait aujourd'hui et alarmerait notre vanité n'était pas aperçu, puisque les procédés de la conduite étaient encore plus naïfs que les paroles et les manières. Les démonstrations de dévouement et d'amitié étaient inutiles pour des honjmes qui n'avaient rien à eux, et étaient plus prompts à aider leurs concitoyens qu'on ne l'a été depuis à en témoigner le désir stérile » (1)

lie Li-King exalte les avantages du jeûne : « Le sage, dit-il, arrive par le jeûne à une grande force et aune grande pureté de vertu. »

Khoung-tseu n'adopta point cette doctrine, et il disait à son disciple Hoeï-tseu, qui se vantait de ne pas boire de vin et de ne manger que des légumes : « Tout cela n'est qu'un jeûne extérieur, mais il y a loin de là au jeûne du cœur ; ce jeûne consiste à écouter la raison plus que les sens, son cœur plus que la raison, et sa conscience encore plus que son cœur; il faut que lïime, vide des objets extérieurs, puisse se remplir des rayons de la sagesse et recevoir toutes les vertus (2). »

Voici plusieurs autres maximes remarquables tirées de ce livre : « Que l'amitié ne vous aveugle pas sur les défauts de vos amis, ni votre haine sur les défauts de vos ennemis. — S'enrichir, éviter la l)eiiie, l'emporter sur les autres et être le mieux partagé, sont les premières pensées du vulgaire et les dernières des grandes âmes. — O^clqne ques-

(1) Mémoires sur les Chinois^ t. 15 p. 22. (2)/d., T. 15, pag. 63-65.

tion que Ton vous fasse sur le gouvernement, ne parlez que de Tancien. — Quand les enfants et les brus sont dans la chambre du père et de la mère, ils ne doivent répondre à leurs ordres qu'en disant : J'obéis. — Maintenir les devoirs de la piété filiale, récompenser les services, confier l'administration publique aux sages, est ce qu'il y a de capital «lans le gouvernement. — Aimer les hommes parce que Ton est homme, c'est de l'humanité ; les aimer parce que la loi le commande, c'est s'aimer soi-mènie. »

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