‹ Histoire de la morale. [microform]Chapitre 7 sur 29 · SES DISCIPLES · texte numérisé non relu

SES DISCIPLES

Lao-tseu a eu de nombreux disciples qui tous ont plus ou moins renchéri sur son ascétisme. En ce qui concerne la partie morale de sa doctrine, je citerai quelques passages de leurs écrits.

Le premier disciple de Lao-tseu est Kouan-yuntseu, qui fit un livre intitulé Chi-chin-king où il soutient que la sagesse du saint crée la déception ; que les esprits ne le comprennent point. Tout ce' qu'on sait, c'est qu'il ne peut-être atteint, ni pénétré, ni divisé. C'est pourquoi il est dit le ciel^ il est dit la vie, il est dit Y esprit, il est dit l'indt^/tnc/, en un mot il est dit le Tao,

Les subtilités métaphysiques et théologiques du moyen-âge ne seront pas plus obscures.

Il dit encore : « Les actions de l'homme prennent naissance dans la pensée, elles se terminent aussi dans la pensée. »

Ceci est plus clair, mais si les actions se terminent dans la pensée, c'est pour y puiser de nouveaux motifs d'action, et non pas pour s'y perdre ou paralyser leurs effets.

Un autre disciple de Lao-tseu, Yun-wen-tseu, dans un livre intitulé le Grand Tao, s'exprime ainsi:

« Dans le monde le vrai et le faux né sont pas déterminés. Dans notre siècle chacun regarde com-

ces tenneSf mais il ne faut pas oublier que Lao-tseu pousse son système de discrétion jusqu'au mutisme absolu.

Tel est, en substance, le Tao-ie-king^ ce livre où respire la mansuétude, la résignation, Thumilité, Tamour des hommes ; mais en même temps le mépris du monde, la fuite de tout désir, la haine de toute action : la charité d'une part, Vindifférence de Tautre.

Lao-tseu vivait à une époque de décadence où le luxe, la richesse, la débauche, la; cruauté des grands, jetaient la misère, le désordre, la révolte dans les masses ; et par une sorte de réaction dont rhistoire présente plusieurs exemples, en face de ces débordements il prêcha Tascétisme.

La perfection pour Thomme, d*après lui, consiste à réduire sa forme corporelle pour se rendre incorporel, et à s'identifier avec la raison suprême, avec le Tao ; il doit anéantir ses sens pour obtenir Timpassibilité complète, nécessaire à son absorption dans le Tao.

En conséquence, le saint homme ne cultive que sa nature spirituelle ; il fuit le monde, et cependant il s'occupe des autres pour les convertir ; il fait du bien sans chercher à s'en prévaloir, par humilité, mais non par amour.

Comment aimerait-il ? Rien à ses yeux n'est beau ni laid, grand ni petit, riche ni pauvre, vertueux ni vicieux ; il ne connaît pas la vertu, car il ne connaît pas le vice ; il ne connaît pas l'injustice, car il ne connaît pas la justice ; indifférence et ignorance, voilà son double principe.

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