‹ Histoire de la musculation irrésistible, ou, De la chorée anormaleChapitre 14 sur 89 · XIX.— nevuc des faits patbologiqacs · texte numérisé non relu

XIX.— nevuc des faits patbologiqacs

On ne pourra pas nous accuser d'avoir manqué de bonne volonté pour assigner à la propulsion un siège fixe et certain; n'ayant pas pu y parvenir, nous croyons être autorisé à revenir à l'étude symptomatique. Ici se présentent de nouvelles difficultés, caries données recueillies ne sont pas toutes d'une valeur égale, et si l'on voulait tirer de leur ensemble une conséquence quelconque , on courrait risque d'implanter de graves erreurs dans un sol laissé jusqu'ici en friche. Pour éviter ce danger, les faits existants seront distribués selon leur ordre chronologique et leur valeur, sauf à voir ensuite de quelle manière nous pourrons en déduire les conclusions, les plus utiles.

Parmi nos vingt auteurs, quelques-uns se bornent à faire mention de la maladie. Leur rapport a une valeur historique, sans s'élever toutefois à la valeur d'un fait. De ce nombre est H. D. Gaubius (1), qui ne fournit que cette seule phrase : « Vidi enim qui currere non gradi poluerant. »

D'autres donnent au moins l'âge des malades, comme

(1) Instiuuioiios palliologicœ. Lip., 1781, § 751, p. 411,

DE PROPULSION. Al

Boissier tic Sauvages (1), selon lequel il existe une espèce de scélolyrbe, qu'il appelle festinans et dans laquelle les malades, lorsqu'ils veulent marcher, sont obligés de courir. Video actu miilierem sexagenariam hoc affeclam morbo.

J.-B.-M. Sagar (2), semble avoir déjà connu la propulsion irrésistible, que Sauvages paraît avoir ignorée; car, dans le cas qu'il mentionne, la malade n'était obligée de courir que lorsqu'elle voulait marcher; elle n'obéissait donc pas à une propulsion irrésistible, puisque, pour ne pas courir, elle n'avait qn'à rester assise, « Vidi Vindobonœ, » raconte Sagar, uviruni ullrà 50 annos nalum qui invilus cucurrit, nec capax erat directionem mutandi vel deviandi obslacula, qui simul ptyalismo laboravil. »

G.-F. Paulini (3) dit seulement d'une manière laconique, « filiola quinquennis epileptica, quando hoc malo compeïwr, non cadit, sed currit per lutum et aquam. »

Joseph Frank (A), raconte qu'il avait vu, en 1793, à Vienne, une fille de onze ans, affectée de chorée depuis quatre ans, quœ falua cl ridendo cubiculum per gyros tantâ celeritate percurrebat ui adstantes vertiginosi fiebant. Ces expressions ne sont pas assez claires pour qu'on puisse décider si la malade courait en cercle de manège, ou bien si elle tournait perpendiculairement sur son axe, à la manière d'une toupie.

J. Bernt (5) vit, à Prague, un domestique de ZiO ans qui,

(4) Nosologia melhodica. Amstelodami , 1763, vol. ii, pars ii, p. 2. Bibl. nat. de Paris, T. 2634. B. 3.

(2) Systcma morhorum symptomalicum.Vindobonce, 1763, parsii, p. 121

(3) Ephemerides naturœ curios. Decur. 3. Aunus 3. 1696, p. 313.

(4) Praxeos medecintc precepla. Pars n, vol. vy seclio 2, p, 252. Fjipsiae, 1821.

(5) Monograplua choreai sancli Viti. Pragîc, 1810, p. 2S.

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en servant à table, fut pris d'un accès subitet se mit à courir pendant quelques instants autour de la salle.

Tous ces faits n'ont à nos yeux qu'une valeur bistorique ; ils ne peuvent être mis au rang des observations dont on voudrait tirer des conséquences.

OBSEBVATION V.

Thomas Erastus (1) raconte le fait suivant: J'ai guéri, l'année passée, un adolescent qui, étant tombé d'une hauteur considérable et s'étant meurtri la tempe, était sujet, depuis cette époque, à des accès d'épilepsie, pendant lesquels il tournait rapidementsur lui-même trois ou quatre fois, puis seprécipitait involontairement en avant, si on ne l'en empêchait. Avant de tomber, ce qui arrivait du reste très rarement, il se frottait fortement le visage avec les mains. En revenant à lui, il ne savait rien de ce qui b'était passé.

Réflexions. On n'aura pas oublié que nous avons prouvé qu'autrefois le nom d'épilepsie était également donné aux différentes formes delà chorée ; on ne sera donc pas surpris qu'Érastes l'ait employé. On remarquera en outre que, dans ce cas , l'accès commence par un mouvement de toupie et que plus tard il se change en propulsion.

Nicolas Tulpius (2) a publié un cas resté unique dans l'histoire de la médecine. La propulsion, en effet, ne se manifestait

(1) Comilis montani Vincenlini novi medicoruin censori.s quinque librorum de morbis nuper edilorum vivaanatome- Basileœ, 1581 , pars ii, p. 193.

(2) Observaiiones medicœ, edilio nova. Anislelodami, 1672, p. 34-.

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