OBSEBVATION 7.) DE PROPULSION. AS
pas par accès, comme dans tous les autres cas connus, mais elle était constante et le sommeil seul l'interrompait. Il nous serait facile de nous poser en esprit fort et de nier la possibilité d^me propulsion pareille ; mais nous préférons citer le fait dont l'explication nous échappe ; car, pour parler le langage d'un homme qu'on n'accusera certainement pas d'une crédulité trop grande, de M. Bouillaud, nous dirons « s'il fallait nier l'existence de tous les faits qui se dérobent actuellement à nos explications, ce serait rétrécir beaucoup le champ de la science. » Voici le récit de Tulpius.
fl Cujus miserrimi morbi spécimen licuit nobis aliquando videre propè Cortracura, modicum Flandriae opidulum, in homine vere misero. Qui diesac noctes cursitabat, subsaltu tam pernici, et agitalione tam pereuni, ut qua defatigatione deflueret undiquesudoribus: neque taraen propterea vel tantulum quiesceret homo volaticus, et irrequiatœ huic revolutioni tam stricte addictus, ut uunquam se dederit ulli quieti, nisi quam invito extorqueret inevitabilis dormiendi nécessitas. »
OBSEBVATION VII.
Le cas relaté par Arnold Bootius (1) mérite de fixer l'attention, en ce qu'il concerne un jeune garçon de 12 ans, la propulsion irrésistible attaquant rarement l'enfance; au moins ne connaissions-nous pas d'autre cas otila propulsion se soit montrée sewie, sans s'accompagner d'autresphénomènes de chorée, chez des personnes impubères.
Bootius vit, dans une petite ville, près de Dublin, sur le
(1) Observaliones de alfeclibus omissis. Lugduni, 1649, cap. vi, p. 28. Bibl. iialion. de Paris, T. 2966. A.
MUSCULATION IRnÉSISTllîLE (oBSEnvATiON 8.)
Bann, un jeune garçon de 12 ans, sujet à des accès dans lesquels il ne redoutait ni l'eau, ni le feu ; courant toujours en ligne droite, il se serait précipité dans le feu ou dans l'eau, si on ne l'en avait empêché. Dans l'accès, il perdait l'usage de ses sens, il ne voyait rien, n'entendait rien, ne comprenait rien de ce qu'on lui disait. Boolius croit que dansune grande plaine où il n'y aurait pas eu d'obstacle, il aurait couru eu ligne droite durant tout l'accès.
OBSERVATIOM VIII,
Paulini (1) rapporte une observation de Cortuum, également unique en son genre, puisque le malade, venant à tomber pendant l'accès, se relevait et continuait irrésistiblement sa course. Ce cas, comme celui de l'observation A, nous présente la propulsion irrésistible, se transformant en convulsions épileptiques.
Un enfant norwégien (on ne donne pas son âge) courait devant lui environ trente pas, et s'il tombait, ce qui lui arrivait souvent, il se relevait et continuait à courir; puis il s'appuyait contre un mur, ou bien si l'accès le prenait dans la rue, dans la campagne, il s'arrêtait tout-à-coup immobile comme une statue. Au bout d'une heure, il tombait à terre, s'il n'était pas soutenu, poussait de profonds soupirs, versait des larmes et s'endormait. Pendant son sommeil il transpirait beaucoup, à son réveil il se levait de fort bonne humeur, comme si rien ne s'était passé.
(1) Ephemer. nalur. curios. decur. 2, annus 5, appendix, p. 6. Obs.2. Norinbergcc, l'i87.
(observation 9.)
OnSERVATION IX.
L'observation de M. Caillau (1), que l'on va lire, est la première où l'on ait essayé de remonter à la cause de la maladie, cause qui, au dire du malade, n'était autre que \aguérison de douleurs rhumatismales!
Un citoyen, âgé de 65 ans, ne marchait pas, il courait, ayant l'air d'un homme qu'on poursuit et qu'on force à courir; sa démarche était égale quoique précipitée, élevant ses jambes alternativement d'une manière assez uniforme. Ce mouvement singulier, qu'il est impossible de bien caractériser, se prolongea durant tout l'intervalle qui existe entre 3-4 arbres de la plantation de Fourny. Ce citoyen arrêta enfin sa course, mais dans ce moment il tomba au pied d'un arbre; il n'en résulta d'autre blessure qu'une légère excorialion à la joue droite.
Deux spectateurs l'aidèrent sur-le-champ à se relever, et à se traîner vers un des sièges de cette promenade ; je m'approchai de lui et, lorsqu'il eut repris ses sens, je lui fis plusieurs questions auxquelles il répondit avec beaucoup de netteté et de jugement. Il m'apprit qu'il n'avait éprouvé la première invasion de cette maladie, sur un grand chemin, que quelque temps après avoir été guéri de douleurs rhumatismales, qu'il en avait déjà ressenti plusieurs accès, que dans le moment de l'invasion iléprouvaitune violente démangeaison de prendre sa course, qu'il ne pouvait retenir cette ardeur, et qu'une chûte terminait toujours cet accès. Il demeura un quart d'heure assis, un citoyen l'aida ensuite à se conduire
(1) .Tournai de sanlé cl d'histoire nalurellc, par le citoyen Capelie. Bordeaux, vol. i, p. 118, an v.
4b MUSCULATION IRRÉSISTIBLE (obseuvatio« 10.)
chez lui; je le suivis jusqu'au bout de la rue Sainie-Calherine, il s'arrêtait de temps eu temps pour s'appuyer contre la muraille; le désir de précipiter ses pas ne l'aiguillonna point une seconde fois, car il pouvait à peine se traîner vers sa demeure.
Un homme de cinquante ans était en voyage et venait de quitter sa chaise de poste pour faire quelques minutes d'exercice à pied, quand tout-à-coup il sentit que le mouvement de ses jambes s'accélérait malgré sa volonté et que ce mouvement rapide, qui l'entraînait droit devant lui, l'écartait de la direction du chemin qui faisait un détour en cet endroit, et se trouvait d'un côté bordé de précipices. La terreur que lui causait un mouvement si extraordinaire, et le danger visible qu'y ajoutaient les localités le frappaient vivement; il voyait bien, ainsi quMl le racontait lui-même fort plaisamment, qu'il courait à sa perte ; mais, poussé par une force supérieure à sa volonté, il ne pouvait ni s'arrêter, ni se détourner, ni se jeter par terre, ainsi qu'il en eut successivement l'idée. Heureusement qu'après avoir franchi diagonalement la partie tournante du chemin à quelques pouces du précipice, il se trouvait en suivant toujours la même direction courir parallèlement à la route, ce qu'il aurait pu faire sans danger pendant plusieurs minutes. Mais presque aussitôt, l'accès, après avoir duré à peu près deux minutes en tout, se termina sans autre circonstance notable qu'un grand sentiment de faiblesse, une sueur générale, et une sécrétion abondante d'urine. Quelques heures après, il n'éprouvait plus le inoindre ressentiment.