XXXIX.— MiiscHlation irrésislittlc cl rliytlimiquc
Quelques auteurs citent des cas de musculation irrésislihle, où les mouvements involontaires peuvent être réglés par des sons rhythraiques, comme par le son cadencé d'inslrunieuts de musique ou par le chant. La musculation se règle alors sur la mesure de ces sons et devient également rhythmique.
Ce n'est pas ici le lieu de traiter de l'influence des sons cl de la musique sur l'organisme humain; il nous suffit de rappeler ce fait généralement connu, que >e rhylhme des sons j)roduit involontairement chez l'homme des actes synchronistiques et facilite les mouvements. La marche des soldats au bruit du tambour, le chant monotone du matelot en levant l'ancre, etc. , sont autant d'exemples de la puissance régulatrice de ces sons. Ce qui nous intéresse particulièrement, ce sont les faits pathologiques où se manifeste un mouvement rhylhmiqucdu corps en masse. Ils sont très peu nom-
MUSCyLATION IKUliSlSTlliLE (oiisebvation 56.)
bieux, et aucune appréciation sur l'exactitude de semblables observations ne nous étant possible, nous nous bornerons à les rapporter tels que nous avons pu les recueillir.
Qu'il nous soit permis, toutefois, de ne pas admettre ceux qui exigent une foi par trop robuste, et auxquels une interprétation erronée a laissé prendre dans la science une place à laquelle ils ne nous paraissent avoir aucun droit. Telle est l'observation relatée par./. A. Limprecht{i). Ce médecin raconte qu'il a traité et guéri à Londres une jeune personne qui, chaque année, au commencement de l'hiver, était prise d'accès involontaires de danse. Cette périodicité annuelle fait de te cas un pendant à ceux des danseuses de Horst (voy. p. 17), et des danseuses des Cévennes, dont Sauvages nous a dit le fin mot (voy. p. 18). Dans plusieurs autres cas, comme dans ceux que rapportent Riedlin (2) et Allen (3), la danse est évidemment un symptôme concomittant d'aliénation mentale,
Nous ne connaissons que trois faits qui méritent d'être tirés de l'oubli. L'un, surtout, celui que raconte le docteur Wood, jouit d'une certaine célébrité; on le trouve cité dans presque tous les auteurs qui se sont occupés de la chorée.
D'Uherto Betolli (A). Une nonne de 31 ans, d'une consti-
(t) Ephem. nalur. curiosor., decur. m, an. 2. observ. 128. Norimbergae. 1694.
(2) Linese medicse anni 11)96, mensis januarius. Obs. xvi, p. 25. Vindobona;. 1698.
(3) Synopsis universae medic. practicse. Francol'urli. 1753, p. 25.
(4) Opuscoli inedici. Parma. 1804.
(ousERVATiONSG.) RHYTHMIQUE. 135
tiition très délicate, d'un tempéi ainment extrêmement irritable, consulta l'auteur au mois d'avril 1804.
Depuis un an environ, elle éprouvait une sensation de pesanteur et des douleurs sourdes dans la profondeur du bassin; peu à peu il s'yétaitjoint des accidents de dyspepsie, flatulence, méléorisme, gargouillements dans le ventre, ténesme, sellepénible, quelquefois sanguinolente. Elle était alors tourmentée, en outre, par des spasmes chroniques dans les membres supérieurs et les membres inférieurs, avec peau froide, puis flatuosilés avec grand bruit, pression vers l'anus, sensation de constriction dans la profondeur du bassin. Il y avait des intermissions où elle éprouvait du soulagement. C'était le bas-ventre, surtout, qui était le siège des sensations douloureuses les plus variées; mais la malade ne pouvait ou ne voulait pas les décrire exactement. La menstruation, d'ailleurs, était tout-à-fait régulière. Cet état de malaise augmentait constamment. Les spasmes cloniques s'étendaient sur la plupart des muscles fléchisseurs, sur ceux du tronc et des bras, à l'exception de la tête et du cou, qui, pendant toute la maladie, restèrent soumis à la volonté. L'action des extenseurs alternait avec eux. Les muscles des jambes paraissaient exempts de mouvements convulsifs; mais une sensation de contraction s'y faisait aussi sentir. C'était donc unedanse de saint Guy. Si l'on avait voulu douter encore de la nature du mal, un essai que l'on fil aurait dissipé toute incertitude. La malade, en eiîet, dut se lever; elle fit quelques pas, puis elle commença à se mouvoir de la manière laplus gracieuse, non pas en bonds sauvages, involontaires, mais avec une expression et une pantomime qui avaient pour but de peindre l'étal de l'âme. Ces mouvements
136 MUSCULATION IRRÉSISTIBLI- (observation 51),
aiigmcnlaicnt et diminuaient régulièrement de violence; Texacerbation s'annonçait par des gargouillements dans le ventre, des flatuosités et d'autres sensations des pliss variées. On administra sans succès une infinité d'antispasmodiques. Un court instant de repos fut suivi de nouveaux accès plus intenses, auxquels se joignirent des iilubions et des hallucinations. Au mois de novembre, on eut recours à la musique. La malade suivit le rhytlime dans ses mouvements avec une grâce parfaite, etelledansa ainsi pendant cinq quarts d'heure, jusqu'à ce qu'elle fût reportée dans son lii, inondée de sueur et épuisée. Pendant plusieurs semaines, on employa la musique comme moyen curatif, et les symptômes morbides finirent par disparaître peu à peu. Le 21 décembre, la malade fut parfaitement rétablie, et resta insensible dès lors à la musique.
OBS«RVATI0N LVII.
De Kinder-Woot (1). Alice Whitworth, jeune femme de 22 ans, demeurant chez son père, consulta le docteur Wood le 28 février 1815. Elle se plaignait de cruelles douleurs dans le côté droit de la face, s'étendant depuis le cou jusqu'aux tempes, et occupant les dents et les gencives. Mère dedeiix enfants , elle nourrissait encore le dernier âgé de là mois. La menstruation avait été régulière les trois derniers mois. Ses occupations l'exposaient à de fréquentes alternatives de chaleur et de froid , ainsi qu'à l'humidité. Un liniment volatil adoucit les douleurs; au bout de deux jours, elle retourna à ses travaux.
(1) Medico-chirurg. Tiaiisaclions, vol. vu, p. 2o7. Lond. 181G.
{OBSERVATION 57.) ET Rll YTIIMIQUE . \7y7
Le 24 février, à sept heures du soir, elle se plaignit d'une pesanteur dans les yeux, qu'elle avait déjà ressentie par intervalles dans raprcs-raidi. En l'examinant, sa mère lui trouva l'air tout égarée. 11 s'établit un mouvement involontaire des paupières qui s'abaissaient et s'élevaient avec une indicible rapidité; cela dura environ un quart d'heure. Bientôt après suivirent des mouvements involontaires du bras droit et de la jambe droite, durant dix minutes également. Après une intermission de dix minutes , ces mouvements recommencèrent avec plus de violence dans les bras et les jambes, et ils duraient depuis une heure, lorsque le médecin arriva. L'accès persista encore deux heures, après quoi la malade plus tranquille put être mise au lit. Il y eut encore de légers mouvements pendant vingt minutes environ ; mais la nuit fut paisible. Les mouvements observés par le docteur Wood, lors de sa première visite, se caractérisaient ainsi :
Les mains ouvertes frappaient les cuisses avec la plus grande rapidité, tandis que les pieds battaient le sol ; les avant-bras frottaient sans discontinuer les cuisses ; le radius avait un mouvement de rotation sur le cubitus , tandis que la main se remuait en avant et en arrière. Les bras s'étendaient quelquefois, la paume de la main tournée à l'extérieur. Les dos des articulations des mains se heurtaient fréquemment et violemment l'un contre l'autre ; d'autres fois le médius étendu en dedans battait la paume de l autre main avec une incroyable rapidité. Tandis que les membres supérieurs se livraient à ces mouvements désordonnés , les membres inférieurs ne cessaient de battre le sol, et les paupières s'ouvraient et se fermaient avec beaucoup de violence. On appliqua un vésicatoire sur la nuque , on administra une
MUSCULATION IRRÉSISTIBLE (ousebvatiom 57.)
dose de sulfate de magnésie et, toutes les trois heures, une potion de River avec de l'ipécacuanha et de la teinture d'opium.
25 février. Les mouvements recommencèrent vers six heures du matin dans les bras et dans les jambes , et ils augmentèrent graduellement de violence jusqu'à huit heures où la malade se leva. Dans la journée , les accès se répétèrent presque toutes les heures après une durée de deux heures, et ils se caractérisèrent comme le 2A. seulement ils furent plus violents. Le clignoltement des yeux se terminait ordinaire-, ment par une céphalalgie de courte durée, par des nausées et des vomissements. Le soir, les mouvements décrits s'étendirent aux muscles du tronc et du bassin, en sorte que la malade se soulevait subitement de sa chaise et retombait assise, sans se dresser jamais debout ; mais tout cela se faisait aussi vîte que possible. A onze heures, l'accès cessa, et la malade se mit au lit.
26 février. Au lit se manifestèrent de légers mouvements dans les membres. La malade se leva à neuf heures; les symptômes s'exacerbèrent et acquirent un degré tout particulier de violence. Pendant un longtemps elle fut ballottée de côté et d'autre dans un fauteuil ; quelquefois elle se dressait sur ses pieds et se mettait à sauter et à trépigner avec une violence extrême. Elle avait mal à la tête, les paupières étaient douloureuses, et souvent elle éprouvait un désir irrésistible de courir et de sauter. Vers onze heures du matin , les accidents cessèrent , la malade était épuisée ; l'accès recommença pour la seconde fois à midi , et pour la troisième dans l'après-dînée. Elle se mit à courir dans tous les coins de la chambre, frappant violemment avec les mains les meu-
(OBSERVATION 57.) ^'^ RHYTIIMIQUE. 139
bles et les portes devant lesquels elle passait et semblant prendre plaisir au bruit qu'elle produisait ainsi. Le quatrième accès, qui eut lieu dans la nuit, fut très violent, et se termina par des nausées et des vomissements. Elle se coucha à ouze heures. Les nuits sont toujours bonnes. Les trois derniers accès avaient surpassé tous les autres en violence ; mais chacun d'eux n'avait duré qu'une demi-heure. Comme elle avait eu, le 25, une forte selle, et qu'elle n'éprouvait encore aucun soulagement, elle reçut, soir et matin, quatre grains de vitriol blanc, et toutes les trois heures, quatre gouttes de la solution de Fowler avec dix gouttes de teinture d'opium.
27 février. L'accès commença au lit et fut violent , mais de courte durée. Lorsque la malade se leva à dix heures, elle eut un second accès qui , sauf une intermission de cinq minutes, dura une heure entière. Celte fois, elle frappa les meubles avec uni redoublement de violence. Les mains sur le dos et un genou en terre , elle bondissait tout-à-coup et frappait le plafond de la paume de la main. Pour ce faire, elle sautait à quinze pouces au-dessus du sol. Ses parents durent enlever tous les clous qui se trouvaient au plafond. Quelquefois elle dansait sur une jambe , tenant l'autre dans sa main, et changeant par moments de jambe. Le soir, ses parents remarquèrent qu'elle frappait les meubles plus longtemps et en mesure. Pour clore cette musique, elle frappait un coup plus violent. Plusieurs amis de la maison remarquèrent la régularité des coups , et s'aperçurent que les mouvements devenaient plus réguliers, en ce qu'ils se modifiaient évidemment par la succession régulière des coups. Elle frappait de préférence sur une petite porte mince, sur le dessus de
''lU MUSCULATION IRUÉSlSTlIiLE (obsekvation 57.)
la coininoclc, la pendule, la table ou un peiit paravent de bois placé devant la porte. L'accès cessa vers neuf beures, et la malade se coucba.
28 février. Elle se leva à huit heures, sans souffrir; mais à neuf htnires el demie, l'accès recommença. Les mouvements involontaires furent moins effrayants. Au lieu d'avoir la même violence et la même irrégularité qu'auparavant, ils se bornèrent à une promenade dans la chambre, pendant laquelle la malade frappa en passant les objets à sa portée. Au début de l'accès, ses lèvres remuèrent comme pour parler, mais on ne perçut aucun son. Rien n'était plus curieux que de voir la malade marcher dans la chambre, tantôt avec la vivacité d'une contredanse, tantôt avec la gravité d'un menuet, portant ses bras non-seulement avec facilité , mais quelquefois même avec grâce. Par moments elle posait ses pieds de manière à les placer sur les interstices des briques qui couvraient le sol ; c'était surtout le cas quand elle regardait à terre. Levait-elle les yeux, elle éprouvait un désir irrésistible de s'élancer jusqu'au plafond et de toucher les trous ou les taches qu'on y remarquait. Regardait-elle autour d'elle , son désir n'était pas moins vif d'insinuer son index dans les fentes des meubles, etc. Un trou du paravent l'avait reçu des centaines de fois, et cela avec une rapidité et une précision incroyables. Il y avait une certaine partie du mur contre laquelle elle aimait à se placer pour danser, ou à rester, le dos appuyé, pendant deux ou trois minutes. A midi , il y eutunciu termission de trois heures, pendant laquelle on lui fit prendre six grains de calomol avec autant de jalap.
L'après-midi , les accidents reparurent, se comportant à
(OBSEnvATiON57.) ET RIIYTIIMIQUE, l/jl
peu près comme le malin. Une personne présente, étonnée de sa manière de frapper snr la porte, crut reconnaître l'air et se mit à chanter. Dès que la malade Veniendit , elle se tourna vers elle, et s'approcha en dansant jusqu'à perdre haleine. Au bout d'un instant^ celte personne recommença à chanter, et continua jusqu'à la fin de V accès. La nuit précédente, le père avait déjà exprimé le désir de se procurer un tambour , frappé qu'il était de la danse de sa fille ; l'ardeur avec laquelle il la vit danser à une chanson , le confirma dans son idée, et, dès le soir, il eut un tambour et un fifre. Lorsque, après une intermission de deux heures, l'accès recommença, les musiciens se mirent à exécuter un air populaire fort en vogue dans le pays. Aussitôt la malade s'approcha aussi près que possible du tambour , et dansa jusqu'à ce qu'elle manquât la mesure. Alors les mouvements involontaires cessèrent sur-le-champ. La première fois, ce fut au bout de cinq minutes et demie, montre en main. Ayant manqué la mesure, les mouvements s'arrêtèrent. Elle recommença à danser pour la troisième fois; mais au bout d'une minute et demie, elle perdit la mesure , et les mouvements cessèrent. Les musiciens recommencèrent à jouer, dès que les mouvements se manifestèrent de nouveau et avant qu'elle se fût levée de dessus sa chaise. De cette manière ils interrompirent quatre fois l'accès, la malade n'ayant pas quitté son siège. L'accès cessa pour ce soir-là.
l*^"" mars. La malade se leva bien portante à sept heures et demie. Au récit de ce qui s'était passé la veille, le médecin jugea que les accès avaient diminué de durée. Comme il avait toujours vu les médicaments agir très lentement sur les jeunes personnes atteintes de celte espèce de maladie, il
MUSCULATION IRRÉSISTIBLK (oBSEnvATioit 57.)
engagea les parents à poursuivre leur expérience , tout en continuant la médication. Désirant observer par lui-inôme l'influence de la musique sur le mal , il se rendit auprès de la malade à midi et la trouva dansant au son du tamlDour. Elle dansa ainsi une demi-heure sans manquer la mesure, le musicien jouant lentement. Le pouls donnait 120 pulsations par minute. Elle remuait les lèvres avant de commencer la danse, et en approchant son oreille, le médecin entendit qu'elle chantait un air. L'accès passé , il l'interrogea et elle lui répondit qu'elle avait toujours un air dans la tête et que quelquefois il la dominait tellement qu'elle était forcée de se livrer à ces mouvements involontaires. Les mouvements cessèrent à quatre heures; mais ils revinrent à huit , et le médecin fut appelé. On avait fait venir deux tambours, dont l'un, sur lequel on battait, n'était pas monté. Tant que la batterie continua sur celui-ci, la malade dansa en mesure, mais dès que l'on commença à battre l'autre tambour, monté dans l'intervalle, les mouvements cessèrent. L'accès s'interrompant quand la malade manquait la mesure , le médecin fit changer de mesure, pendant qu'elle dansait, et l'accès s'arrêta aussitôt. Il s'interrompait également, lorsque la mesure était si pressée que la danseuse ne pouvait la suivre. On était étonné de la rapidité et de la violence des efl"orls musculaires faits par la malade pour suivre alors la mesure. Dans cette soirée, le docteur Wood la vit s'asseoir cinq
fois à l'instant oii elle perdit la mesure ; il ordonna donc aux musiciens d'exécuter une batterie continuelle au lieu d'un accord régulier. La malade se leva , et dansa environ cinq minuiesau bruit confus des deux tambours. Les mouvements cessèrent aussitôt et elle s'assit. Au bout de quelques minu-
(OBSERVATION 57.) ET .RIIYTIIiMIQUi;. lli'S
tes, lorsque les mouvements recommencèrent, on la laissa danser pendant cinq minutes, puis les tambours s'élant mis à battre sans mesure , le résultat ordinaire ne se fit pas attendre : les mouvements s'arrêtèrent et la malade s'assit. Quelques minutes après, l'expérience fut répétée avec le même succès. Il paraissait établi que l'on pouvait arrêter instantanément l'accès. Le médecin voulut l'interrompre entièrement et briser la chaîne des associations irrégulières qui constituaient la maladie. Comme à cette période, les mouvements commençaient toujours dans les doigts et s'étendaient vers le tronc le long des extrémités supérieures, il recommanda au tambour de bien prendre garde lorsqu'elle se lèverait pour danser, et avant qu'elle eût quitté son siège, de se mettre à battre sans mesure. De cette manière , la malade fut six fois de suite empêchée de se lever. La même recommandation fut faite à la famille , qui devait avoir recours au même moyen dès que les premiers symptômes de l'accès se manifesteraient.
2 mars. La malade se leva à sept heures, et les mouvements commencèrent à dix. Elle dansa deux fois avant que le tambour fûtprêt; plus tard, elle essaya quatre foisdedanser, mais un seul roulement du tambour bien tendu suffit pour l'enchaîner sur sa chaise, et les accès ne se renouvelèrent pas. La maladie l'avait beaucoup affaiblie et épuisée ; mais elle lui avait laissé un bon appétit. Ce même jour, dans la soirée, se montra, surtout autour des coudes, un exanthème de taches rouges, isolées, qui disparut le troisième jour. Le b mars, la menstruation coula comme à l'ordinaire ; le 8, la malade était parfaitement guérie. Pendant la maladie et deux ^urs encore après la guérison, elle éprouva, principalement au
1 MUSCULATION IRRliSlSTIBLl' (observation 57.)
lit, une sensation comme si des insectes lui couraient, en décrivant des cercles, sur la peau surtout des cuisses. Les selles, surtout après l'emploi des laxatifs, prirent une couleur peu naturelle; elles devinrent muqueuses et répandaient une odeur dégoûtante. Le pouls, jamais au-dessous de 108, s'éleva souvent à 130 après un accès; la malade était alors, presque toujours, épuisée et avait envie de dormir. Deux fois, depuis cette époque, elle a eu de légers accès dans les paupières, qui ont cessé toutefois sans devenir douloureux. Dans la crainte que la maladie n'influât sur le lait, l'enfantfut bientôt sevré. Le médecin insista d'autant plus sur ce point, qu'il se proposait d'avoir recours à des douches froides, dont l'emploi fut rendu inutile par le prompt amendement des symptômes. La sécrétion du lait fut facilement arrêtée.
Cette femme qui, avant sa maladie, n'avait jamais su danser une contredanse, exécutait des pas qui ne s'apprendraient pas sans peine. Quelquefois elle se levait sur les orteils et marchait sur la pointe des pieds. Quelquefois elle battait la mesure avec l'orteil et le talon d'un pied, tandis que tout son corps reposait sur l'autre pied, dont le talon était levé en l'air.
On ne remarqua, dans ce cas, aucun affaiblissement des facultés intellectuelles, ni pendant, ni hors les accès. La conception et le jugement étaient parfaits; la malade répondait juste à toutes les questions. Dans les iutermissions, elle se livrait à divers travaux domestiques, soignait son enfant, etc., quoique les nombreux visiteurs, attirés par la curiosité, l'agitassent beaucoup. Elle nourrissait l'espoir de guérir, connaissait fort bien sa situation et savait de quelle utilité lui étaient les instruments de musique ; aussi demandait-elle qu'on en continuât l'emploi.
(OBSERVATION 57.) ET RHÏTHMIQUE. 1^5
Il est difficile de dire jusqu'à quel point le moral se trouva dans un état de surexcitation au commencemenl de la maladie, car té ne fut que le 27 février qu'on découvrit la relation des idées involontaires avec les mouvements involontaires. Lorsque la danse avait commencé, le médecin remarqua que la malade prenait grand plaisir au bruit du tambour, et qu'en quelque posture que l'eussent mise les mouvements involontaires, elle ne manquait jamais de se tourner vers le musicien au premier son de l'instrument. La maladie paraît avoir consisté en une surexcitation morale associée à des mouvements volontaires; l'interruption de cette association irrégulière procura la guérison. Il est très vraisemblable que le bruit du tambour, dans un espace d'une vingtaine de pieds carrés, fut très salutaire, en interrompant la chaîne des idées musicales qui agissaient sur le moral surexcité, et en rétablissant le rapport des opérations de l'esprit avec les objets extérieurs. Les muscles des mouvements volontaires ne tardèrent pas non plus à s'associer à l'instrument , comme le prouvait la cessation des effets extraordinaires au moment oïl la malade perdait la mesure.
Les mouvements involontaires devinrent plus fréquents à mesure que les moyens employés en abrégèrent la durée, comme si la maladie se fût efforcée de répéter ses effets interrompus. Aucun nouvel accès n'ayant eu lieu depuis cinq semaines, le docteur Wood tint la malade pour guérie. Mais le 10 avril, elle alla le consulter de nouveau, se plaignant d'avoir éprouvé, le Zi, de faibles mouvements dans la face. Le 6, elle s'était laissé persuader de se faire électriser. Le 7, son état était empiré. Le 8, il y avait eu de l'amélioration; mais le 10, une exacerbation nouvelle, les mouvements
MUSCULATION IRllKSISTini.L (observation 57.)
affeclaiU les yeux, les paupières et les muscles de la face.
Depuis le premier accès, le venue avait toujours été maintenu libre au moyen de laxatifs, mais les menstrues n'avaient pas paru à l'époque ordinaire. Le moral n'était pas positivement surexcité ; le pouls était à 90 et faible; la malade se plaignait de faiblesse et de lassitude, et en sortant de chez le médecin, le mal attaqua son bras droit. Une poudre de calomel et de rhubarbe procura trois selles dans l'après-midi ; les matières étaient muqueuses, puantes, de couleur foncée. La malade reçut, en outre, 15 grains de quinquina trois fois par jour.
11 avril. La malade fit voir au docteur un exanthème qui lui était venu près du coude, au moment où les mouvements avaient recommencé. Ce jour-là, les mouvements affectaient surtout les yeux, les paupières et la face; les muscles de l'avant-bras droit étaient aussi attaqués d'une manière particulière. L'estomac était plein de vents; il s'y était joint des éructations, de l'abattement, de la paresse et de la pesanteur. Pouls à 108 et faible. Il y avait eu trois nouvelles selles foncées, puantes et muqueuses. Le mal faisait des progrès visibles. Le purgatif fut répété; 45 grains de quinquina avec deux grains de rhubarbe, administrés trois fois par jour, et quatre grains de pilules bleues, chaque nuit.
12 avril. Mouvements considérables dans les paupières, le bras et l'avant-bras, avant de se lever ; moindres dans la journée. Deux selles molles, puantes, urine de couleur foncée; l'exanthème rentrait. Médication continuée.
13 avril. Plusieurs selles foncées, puantes, muqueuses, pas de mouvements irréguliers; appétit meilleur. Médication continuée.
(observation 57.) ET RHYïHMIQUÈ. ill7
iU avril. Pas de mouvements iiTégiiliers. La malade se plaignait de douleurs qui s'étendaient le long du côté droit de la face, des dents etdesgencives, semblables à celles qu'elle avait déjà éprouvées. L'exanthème était encore visible en partie. Plusieurs selles naturelles. Même médication.
15 avril. Le malade n'avait pas eu de mouvement irrégulier des muscles; l'appétit était bon ; elle n'était ni triste, ni assoupie; les douleurs persistaient; plusieurs selles molles, mais naturelles.
16 avril. Une peur avait provoqué quelques accès dans les paupières ; pouls à 120; langue jaune-clair , humide et molle, ^ appétit meilleur; moins d'éructations; deux selles naturelles, mais molles. Médication continué». Une poudre apéritive tous les deux jours, le matin, et une pilule de mercure, tous les deux jours, la nuit.
17 avril. Selles peu colorées, sans odeur ni mucosité; pas de mouvements irréguliers.
18 avril. Ventre libre, pas de mouvements irréguliers. Continuation du quinquina, sans la rhubarbe.
19 avril. La malade se sentait paresseuse, elle avait de fréquentes éructations; elle avait eu trois selles naturelles, mais molles; paupières un peu affectées. Le quinquina fut continué trois fois par jour, avec adjonction d'un demi-grain d'opium, 3 grains de castoréum et 2 grains de camphre. La pilule de mercure fut supprimée.
20 avril. Journée très bonne.
21 avril. Deux selles molles, d'ailleurs naturelles. Paupières affectées dans l'après-midi. Appétit et forces améliorés. La poudre fut continuée.
22 avril. Pas de selle. Langue humide, couverte d'un en-
'^•^ MUSCULATION IRRKSISTlBf.r. (orservation S'^;)
(luit jaune-clair; pouls à 90; paupières un peu affectées. Les poudres furent continuées, et, en outre, il fut administré une poudre apéritive de calomel, de rhubarbe et dejalap, h grains de chacun, à prendre de deux matins l'un.
Jusqu'au 27 mai, la santé resta bonne; seulement, la malade ressentait de temps en temps un léger pincement dans les paupières. Mais ce jour-là, elle eut six accès dans les bras et les jambes, absolument comme la première fois, précédés de fortes nausées et de mouvements dans le creux de l'estomac , que le docteur Wood regarda comme des affections analogues dans la membrane musculaire de l'estomac.
28 mai. Six nouveaux accès semblables. La famille eut recours au tambour qui, jguatre fois de suite, soulagea la malade sur-le champ. Les accès avaient déjà cessé, lorsque le médecin arriva pour sa visite du soir. Bas-ventre paresseux; pouls à ^1 00 et faible. La malade se croyait enceinte de trois ?nois.
29 mai. Les mouvements irréguliers se circonscrivirent aux yeux et aux paupières; ils étaient accompagnés d'une sensation de plénitude et d'angoisse dans la poitrine.
30 mai. Lorsque le mal attaqua, ce jour-là, les yeux et les paupières, la malade se mit elle-même à battre du tambour, et les mouvements cessèrent aussitôt ; mais ils recommencèrent, et lorsqu'elle eut recours au même moyen, elle n'en éprouva aucun soulagement. Alors un jeune garçon, qui travaillait dans la maison, prit le tambour, et l'accès cessa dès qu'il commença d'en battre. Ce jour-là, les mouvements des yeux et des paupières furent quatre fois interrompus par le tambour.
31 mai. Mouvements interrompus deux fois par le tam-
(PBSEnvATiON 57.) ET RHYTIIMIQUL. illQ
bour baltii par la malade elle-même, et une fois par une balterie exécutée par son frère.
Depuis ce jour, jusqu'au 5 juin, elle se porta tout-à-fait bien. Le 5 juin, le mal attaqua les muscles abdominaux et la membrane musculaire de l'estomac; il excita des mouvements considérables dans les parois abdominales, et l'accès se termina par des vomissements de bile débilitants.
7 juin. L'accès s'étendit aux muscles du dos et du cou. Tête rejetée en arrière, tellement que la tension du larynx ne permettait à la malade de respirer que difficilement, et produisait un son semblable au croup. Yeux , bouche et face tout contournés ; plusieurs fois , après avoir été couchée sur le dos, la malade se retourna lentement, mais involontairement, sur le côté.
11 juin. Elle dansa six fois, tournoyant fréquemment et très rapidement pendant cinq minutes, jusqu'à ce que le mouvement se terminât par des vomissements de bile. Le 12, elle dansa aussi souvent, mais avec moins de régularité; la danse consistait en mouvements irréguliers, terminés souvent par des vomissements. Le 8, on lui appliqua un vésicatoire sur la tête, et, pendant qu'il tirait, elle crut éprouver du soulagement.
13 juin. Elle prit, ainsi que le 15, un vomitif qui la soulagea la première fois, mais non la seconde. Le 13, le Ih et le 15, les mouvements diminuèrent, mais ils laissèrent de terribles douleurs dans la face.
16 juin. On lui appliqua avec succès trois sangsues au visage. Le 17, on lui fit une^aignée de huit onces, qui diminua Jf's douleurs.
MUSCULATION IRRÉSISTIBLE (observât. 57 Ei 58.)
18 juin. La malade se sentait faible et abattue; elle avait des inouvemenls dans les paupières et dans le bras gauche; selle foncée.
19 juin. Accès dans les muscles du bras, le ventre et le cou, avec respiration courte; selle.
20 juin. Santé fort bonne.
21 juin. Accès dans les muscles de la poitrine, avec dyspnée; yeux et paupières affectés. Nouvelle saignée de huit onces, d'un effet salutaire. Le médecin avait pratiqué la saignée à cause de la grossesse ; ce bon résultat l'engagea à la répéter. La malade resta bien portante jusqu'au 9 juillet, où se déclarèrent de nouveau des mouvements involontaires. L'état ayant empiré jusqu'au 11, une saignée de onze onces fut pratiquée, et fut suivie d'une amélioration immédiate. La malade se porta bien jusqu'au 2 août, otj il y eut de nouveau de légers mouvements involontaires. On fit une forte saignée, et les mouvements involontaires ne reparurent plus.
Depuis le 7juin, où lesaccès avaient attaqué le cou, le tambour n'avait plus eu le pouvoir de les abréger. La malade est actuellement bien portante et gaie.
De Passini (1). Louise Milani, 17ans, délicate, mal réglée, fut atteinte, en décembre 1820. d'une fièvre rémittente , accompagnée de douleurs à l'épigastre et d'un assoupissement auquel succédaient par intervalle de courts instants de veille ,
(1) Anali universi di medicina compil. dal D. Omodei. vol. xxi. Miiano. 1822, feb., p. 223.
(«BSKKVATiON 58.) UT lUI YTIIM IQUl!. 151
pendanl lesquels elle ne pouvait proférer aucune parole. Appelé par les parents de la malade , je la trouvai dans cet état. J'ordonnai un purgatif hydragogne doux quifitcesser les douleurs. Deux jours se passèrent , la fièvre diminua , la malade n'éprouvait plus que de légers accès, qui se faisaient sentir vers le coucher du soleil , lorsque, trois jours après le purgatif, on vint me chercher, afin que je me rendisse en toute hâte auprès de cette jeune fille , qui , me dit-on , ne donnait aucun signe de vie. Arrivé près d'elle , je la trouvai dans une lipothymie profonde , le pouls dur et lent, accompagné d'intermittences sensibles ; le visage pâle et hâve se colorait toutà-coup d'un rouge foncé par intervalle. L'horloge de l'église étant venue à sonner en ce moment, la- malade ressentit une secousse pendant le temps que dura la sonnerie , elle remua le pouce de la main droite et le gros orteil du pied gauche ; tout cela s'étant passé en ma présence , je demandai aux assistants s'ils n'avaient pas d'instrument de musique ; sur leur réponse affirmative , je les engageai à toucher de leur clavecin , et la malade , par des mouvements généraux et partiels, accompagna les sons de cet instrument.
D'après les symptômes que j'avais remarqués , je n'hésitai point à déclarer que la jeune Milani était atteinte de la chorée ou danse de saint Guy ; je fis à cet effet venir les joueurs de violon et de clarinette. Lorsqu'ils furent arrivés , je fis habiller la malade le mieux qtt4} fat possible pour la position oii elle se trouvait , puis je fis signe aux musiciens déjouer. A peine eurent-ils commencé qu'elle se jeta hors de son lit ^ et , les yeux fermés, elle dansait , suivant parfaitement les sons des instruments. Us continuèrent leur musique , et , dans la soirée , on vit avec surprise entrer en danse
152 MUSCULATION IHRiiSISTIBLE {obsehvatios 58.)
une des ^^^^vs de la malade, âgée de liOt ans , veuve, et déjà mère de huit enfants.
Tous les assistants restèrent émerveillés d'un semblable fait ; on m'envoya chercher de nouveau pour savoir ce qu'il fallait faire dans un cas si extraordinaire. J'accourus pour la seconde visite , et je trouvai la veuve dans le même état que sa sœur, offrant absolument les mêmes symptômes que ceux qui viennent d'être énoncés. Examinant le fait avec tout le sérieux possible, je lis cesser la musique, parce que je voyais que mon remède allait provoquer le mal contre lequel je le dirigeais.
Les parents renvoyèrent les musiciens ; mais ceux-ci voyant que par là. ils perdaient leur récompense, flattèrent les parenls de l'espoir que les malades seraient promptemeut, guéries s'ils continuaient à jouer de leurs instruments. A cette assurance se joignirent les instances des danseuses elles-mêmes, et les parents permirent que l'on continuât. Au fait , après deux jours et deux nuits d'une musique non interrompue, les danseuses se fatiguèrent tellement qu'elles déclarèrent aux assistants qu'elles étaient guéries.
Le lecteur peut comprendre les murmures qui s'élevèrent contre moi; mais, feignantde les ignorer,j'aitendis de jourcn jour que l'on vînt m'annoncer une rechute. Treize jours seulement s'étaient passés lorsque je fus de nouveau consulté , parce que les deux malades étaient, comme la prémière fois, redevenues sensibles à l'action de la musique. Je renouvelai ma visite, et je trouvai les deux sœurs très affaiblies : les pieds de la veuve étaient œdémateux; je prescrivis une décoction de quinquina et de valériane, dont on fit usage le matin pendant huit jours. Mes prescriptions furent suivies ,
(OBSERVATION 58.) ET RHYTIIMIQUE. i 5IÎ
peu après les forces coiiiinencèrenl à revenir, sans que les accidents de la chorée diminuassent ; j'eus alors recours à l'extrait de valériane sauvage uni à l'opium , niais inutilement; ensuite j'ordonnai que, pendant huit jours , on joignit à l'usage de ces médicaments des bains d'eau froide- Les deux sœurs refusèrent de suivre cet avis , et je me décidai à abandonner la maladie aux soins de la nature.
Quelques jours se passèrent, et à cela près de quelques stimulants qui leur étaient présentés, d'un peu de musique ou de sifflement, elles se conformèrent à mes intentions. Un mois environ s'était passé , lorsqu'elles vinrent de nouveau me tourmenter, disant qu'elles ne pouvaient plus supporter leur mal , qu'elles voulaient absolument que je leur permisse d'essayer encore la musique, ou d'avoir recours à des médicaments capables de les guérir. Je me refusai à leur première demande, et j'embrassai volontiers le second parti. Je leur fis recommencer l'usage de la valériane unie à l'opium , en augmentant chaque jour et graduellement la dose , en raison de l'impression qu'elles recevaient de ces médicaments. Huit jours étaient à peine écoulés, lorsque la veuve me surprit beaucoup, en me disant que les accidents qu'elle éprouvait diminuaient sensiblement de jour en jour. Je questionnai la jeune sœur, qui me répondit qu'elle se trouvait comme de coutume, qu'elle n'éprouvait aucune amélioration sensible. L'effet différent des mêmes médicaments , et dans la même affection , me fit quelque impression ; je fis secrètement examiner la conduite de la veuve : on me rapporta que , depuis quelques jours, elle entretenait une liaison secrète avec un jeune homme qui lui avait promis de l'épouser dans peu : dès lors je cessai tout traitement, et j'appris peu
MUSCULATWN IRRÉSISJIIU.i: (ouskhvaiiok 56.,
(le temps après que le mariage était conclu , et que cette femme avait recouvré son premier état de santé.
Aujourd'hui la jeune sœur est assez bien réglée. Malgré une diminution assez sensible dans les accidents qu'elle, éprouvait , elle conserve cependant de la pâleur, de l'irrégularité dans le pouls , une oppression vers la région précordiale ; un écoulement blanchâtre a lieu de temps en temps par la vulve; une douleur fixe se fait sentir dans l'hypogastre et dans la région lombaire ; les chairs sont flasques ; elle éprouve quelques symptômes de dyspepsie qui se montrent par intervalle , surtout après la plus légère impression morale.
L'auteur de cette observation se livre à des réflexions pleines de vague et dénuées de tout intérêt sur ce fait singulier. Cependant il dit que .. depuis dix mois qu'il habite Starzema, il a déjà observé cinq danseuses de même espèce que celles dont on vient de lire la relation ; trois , dont il ne rapporte pas l'histoire, ont éprouvé les mêmes symptômes. Il n'élève aucun doute sur la réalité des accidents auxquels les dames Milani furent en proie, et l'on doit admettre qu'il n'a rien négligé pour assurer qu'il n'y avait pas de supercherie. En attribuant cette danse singulière à la nymphomanie , il ne lait que vouloir expliquer un fait par un mot; ce qu'on ne fait que trop souvent. Il pense que les lois divines et humaines défendent expressément de traiter de pareilles afl'eclions par la musique ; une telle assertion a droit de surprendre. Le motif qu'il allègue est encore plusexlraordinaire ; il prétend que, pendant un instant où la musique n'excite plus la danse, il survient une sorte d'abattement dans lequel il suppose que les malades recueillent le fruit de leurs désirs.
CIIORÉE DITE ÉPlDÉiMlQUE. '1 55
Quelque sévère que M. Papini se moutic conire les liypotlièses, il est certain qu'il ne s'abstient pas toujours d'en établir. Il est certainement des cas où la musique peut être employée avec succès dans des maladies qui ne permettent pas de supposer ce qui soulève l'indignation de M. Papini.