XLI. — Légendes
Le plus ancien document sur lequel repose le roman des chorées épidémiques, est la légende empruntée à Vincenl de Bcauvais (Specul. histor. ex guillerino, 1. 26, c. 10,), par Schenck à Graffenberg, En 1012, la dixième année du règne de l'empereur Henri II, un nommé Olhoperthus, en compagnie de 18 personnes, dont 15 hommes et 3 femmes, s'élant mis à danser dans un cimetière et à chanter des chansons impies, fut maudit par un prêtre, et ils continuèrent à chanter et à danser ainsi sans interruption pendant une an-
(1) Annales d'hygiène et (le médecine légale, t. xiii.p. 208. Paris. 1834.
(2) Observalionum medicarum rararum novaruni, etc., t. i, p. 218, IVancofurli, 1600, in-8°.
(3) Du chorybaulisme et de l'analogie que certains auteurs ont établi entre cet état et la chorée ou le larcnlisme. Annales niedico-physiolosiques, par MM. Bailiarger, Cerise et l.onget. Paris. 18i7, t x, p. 35.
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née entière. La pluie ne tomba pas sur eux, ils ne sentirent ni la chaleur, ni le froid, ni la faim, ni la soif. Leurs vêtements ni leurs chaussures ne s'usèrent, et ils s'enfoncèrent dans la terre, d'abord jusqu'aux genoux, puis jusqu'aux hanches. Au bout de l'année, les trois femmes, dont l'une était la fille du prêtre, moururent. Les autres dormirent pendant trois jours, et quelques-uns d'entre eux expirèrent plus tard. Ceux qui survécurent, avaient des tremblements dans les membres. « Hoc scriptum reliquit Othoperthus, ipse fuit unus ex eis. » Tel est l'épilogue de cette histoire édifiante.
Ce document historique porte dans tous ses détails un cachet de vérité si évident, qu'il serait téméraire de le révoquer en doute. Cependant nous ne pouvons concevoir qu'on se soit appuyé sur cette histoire de danseurs engloutis, pour faire remonter au onzième siècle les épidémies choréiques.