XLII. — Annales ecclésiastiques
D'autres écrivains se contentent de citer Bzovius et Raynaldus, s'empruntant l'un à Tautre leurs citations pour ainsi dire stéréotypées. Or, en lisant Abraham Bzovius (1) et Odoricus Raynaldus (2), nous nous sommes aperçu qu'ils ne disaient rien de nouveau, puisqu'ils ne font que copier mot-àmot la grande chronique de Belgique, et, en recourant à cette dernière (3), nous n'y avons pas trouvé autre chose
(1) Annaliura ecclesiastic, t. xiv, p. \sOl. Coloniœ Agripinae. 1625.
(2) Annales ecclesiasticse, l.vii, p. 262. Lucse. 1752.An, Chrisli, 1374. Gregorii XI papse, 4.
(3) Magnum chronicon in quo comprimis Belgicae rcs et familiae diligenler explicantur, apud Pistorium Rerum germanicarum veieres scriplores VI. Francofurli. 1607, in-fol., t. m, p. 319.
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que l'histoire racontée par Sclienck. (Voyez ci-dessus, p. 9.) Pour preuve, nous allons rapporter ce qu'on y lit.
De Chorizanlibus {des Chorisanles).
«L'au iZlli, au moisde juillet, le jour de la Pentecôte (in crastino divisionis apostolorum), on vit des danseurs se diriger, au mois de septembre , vers Utrecht sur le Rhin , Liège, Tongres et les environs. Cette peste démoniaque affecta hommes et femmes, surtout les pauvres, peu de riches et peu d'ecclésiastiques. Ils se serraient la tête avec des cordes, et le ventre avec des draps tordus par un bâton. Après la danse, ils tombaient à terre, avaient des convulsions, et se faisaient piétiner sur le ventre pour qu'il ne crevât pas, ou bien ils se le serraient fortement à l'aide d'un bâton, et ils disaient que la vue des souliers à la poulaine, que l'on portait alors à Liège, leur faisait mal. Ils dansaient dans les églises, et leur nombre s'accrut dans le moisde septembre et d'octobre, etc. Cette peste dura une année, et cessa ensuite. »
Nous épargnerons à nos lecteurs les récits à peu près semblables des chroniqueurs de Cologne (1), de Strasbourg (2) et de Francfort (3) ; mais nous demanderons s'il ne faut pas
(1) Chronica von derhilligen Stat van Cœllen. Cœllen. U99, fol. 277. Quelques-uns dansaient pour gagner l'argent qu'on donnait k ces prétendus malades, d'autres pour se livrer plus facilement au libertinage. Plus de cent femmes de Cologne devinrent enceintes, et, pour dissimuler leur grossesse, elles se faisaient serrer le ventre avec des draps.
(2) Kœnigshoven, Die œlteste deutsche Clironik. Edil. de Schiltern. Strasbourg. 1698, in-4% p. 4085.
(3) Chronique de Sponnheim, citée par Bzovius, p. 1301.
DITE ÉPIDÉDIMIQUÈ. 164)
taire violence à son bon sens pour considérer ces extravagances et ces turpitudes comme la description d'une maladie épidéraique, et pour y chercher l'origine de la chorée actuelle, qui n'a, avec ces honteuses jongleries, de commun que le nom.