‹ Histoire de la musculation irrésistible, ou, De la chorée anormaleChapitre 5 sur 89 · V.— Platcr et Soleuandcr · texte numérisé non relu

V.— Platcr et Soleuandcr

Félix Plater (3), né en 1536, mort en 1614, eu parlant du horrendus, admirandiis sed ranis a{feclns , que l'on appelle saltus Viti, ne manque pas d'ajouter « quem aliqui ut

(1) Loco. cilalo, p. 223.

(2) Loc. cit. Cent XI, p. 86.

(3) Praxseos medicinjc opéra lom. i , de funclion. laesionibus. Basileœ, 1656, tom. i , p. 87; ln-4°. Bibl. nat. T. 1222.

JUSQU'A SYDENIIAM. 13

eleraosinam majorera exlorqueant, simulant. » Il ne nie pas l'existence d'une semblable maladie, quoiqu'il n'ait jamais eu l'occasion d'en traiter un seul cas ; cependant il raconte l'anecdote suivante puisée dans ses souvenirs de jeunesse :

« Exemplum ego in muliere hic Basileae integro mensis spatio in publico loco sic tripudianle, cui magistratus certas personas viros fortes qui cum ea alternis vicibus cum unus minime sufficeret , choreas ducerent subornabat, cum juvenis essem , vidi. »

Félix Plater ainsi nous décrit le saltus Viti comme une maladie très rare, consistant en danses, et ne répondant nullement à notre chorée.

Nous croyons devoir signaler un autre écrivain de la seconde moitié du xvp siècle Reimr Solenander (1), qui eut à traiter une femme sujette à des mouvements involontaires des muscles. « Mirae videbantur, » dit-il, « in ea manuum gesticulationes. » Son embarras est extrême pour caractériser cette maladie, « Adstantes comilialem morbum exislimabant, sed diversus nobis videbatur affectus , nam neque mentis vigor, neque sensus erant penitus compositi etc. » Si les mouvements involontaires des muscles avaient été déjà de son temps désignés sous le nom de cliorea sancti Viti, un médecin aussi instruit et aussi célèbre que Solenander aurait sans aucun doute employé cette expression. Preuve frappante que jusqu'à la fin du xvr siècle, bien qu'on connût alors la chorée, on a appliqué le nom de chorea sancti Viti à une espèce de démence accompagnée de sauts, qui n'a aucun rapport avec cette maladie.

(1) Consiliorum medicinalium , seclio 4. Consilium 2, p. 310. Francofurli, 1596. In-fol. Bibl. nat. T. 387.

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