‹ Histoire de la musculation irrésistible, ou, De la chorée anormaleChapitre 52 sur 89 · CHORÉE · texte numérisé non relu

CHORÉE

(oiHEnVATlON 59.)

Joerdens (1). En 1751, cinq personnes affectées d'une maladie particulière furent confiées à mes soins. Cette maladie spasmodique attaqua des individus de tout âge . précédée ou non de fortes émotions de l'âme , comme la terreur, la colère. Elle commençait toujours par des spasmes qui occupaient tel ou tel membre, par exemple les mains, les bras , les pieds , l'œil , la bouche , la langue , etc. , et y causaient soit des mouvements involontaires, soit des extensions trop fortes , soit des contractions ; quelquefois ils s'emparaient à la fois de plusieurs membres et de tout le corps. Par moments les malades, transportés de joie , poussaient des vociférations, chantaient , sautaient, gesticulaient, imitaient les voix d'hommes ou d'animaux, marchaient h quatre pattes comme les quadrupèdes, sautaient par dessus les tables , les bancs et les chaises , faisaient des centaines de culbutes, roulaient leurs corps en cercle ; d'autres fois ils se montraient doux et paisibles, on bien ils fondaient en larmes, en proie à une tristesse extrême. Souvent ils tombaient dans le délire et dans toutes sortes d'imaginations fantastiques. Dans d'autres instants, ils devenaient furieux , frappaient tous ceux qu'ils rencontraient , et déployaient une telle irritation, que plusieurs hommes suffisaient à peine pour les contenir. Avant le paroxisme, comme pendant sa durée et sa diminution, quelques-uns éprouvaient une anxiété précordiale, des palpitations de cœur,

(1) Nova acla cur. naturae. T. 1. Obs. 68, p. 280. 1757.

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de la caVdialgic , des accès de siiflocation , de la lipothymie. Le paroxisme terminé, les malades, en proie le plus souvent;» une faiblesse extrême , ne paraissaient pouvoir se servir librement ni de leurs pieds ni de leurs mains , et restaient couchés épuisés, jusqu'à ce que les forces leur revinssent , et alors, jusqu'au retour d'un nouveau paroxisme, qui n'arrivait jamais à époque fixe, ils se montraient tels que dans l'état de santé. Les individus alTectés de cette maladie n'ont cependant pas tous présenté des symptômes aussi graves.

Chez quelques-uns, les paroxismes ne consistaient qu'en spasmes dans un ou plusieurs membres, sans que l'imagination fût affectée. Ce sont ceux aussi qui guérirent le plus facilement.

J'ai vu un jour une petite fille de 9 ans , qui étant allée visiter une amie de son âge, et ayant été témoin d'un paroxisme semblable, fut atteinte du même mal et des mêmes symptômes.

Albers (1). Au mois d'octobre 1808, une maladie convulsive éclata parmi les enfants qui fréquentaient l'école de Bornhorst, et au mois de décembre je fus chargé de leur donner des soins. La maladie présentait les symptômes suivants :

Les enfants qui en étaient atteints éprouvaient des sensations d'abord dans le bas-ventre, puis dans le nez, sensations qu'ils comparaient à celle d'un prurit particulier. Ils se

(1) Hufelands Journal. Vol. xxxvi. April , p. 1. 1813.

CHORKE (0BSF.»vATi0N 60.)

mellaionl ensuite à pousser de profonds gc-missements , el se plaignaient de douleurs dans la lête et les jambes. Bientôt après, l'estomac et la région du bas-ventre enflaient, et on remarquait quelques mouvements irréguliers et des contorsions, tantôt dans un membre , tantôt dans un autre , ainsi qu'une distorsiou particulière de la face. Peu à peu le mal empirait, et finalement aucun membre n'obéissait plus à la volonté de l'enfant. Plus sa volonté était paralysée , plus il éprouvait impérieusement le désir d'agir. Comme tous sans exception souffraient d'une faim violente et d'une soif ardente , ce qu'il y avait de plus douloureux pour eux , c'était de ne pouvoir porter à leur bouche ce qu'ils tenaient à la main , aliments ou boissons, et même de ne pouvoir l'avaler, si une main étrangère leur rendait ce service. Si l'accès n'était pas très violent, les aliments et les boissons passaient au milieu des plus grands efforts des muscles pharyngiens. L'aggravation plus ou moins considérable des mouvements anormaux était en relation directe avec le ballonnement de la poitrine et de la région du bas-ventre , et dans la période la plus violente de l'accès , l'enfant ne pouvait rester hors du lit. Les mouvements irréguliers attaquèrent ensuite toutes les extrémités presque en même temps, en sorte que le corps était agité et culbutait dans tous les sens. La scène prenait alors tous les caractères de l'extravagance. Si , au contraire, le paroxisme était moins violent, ou s'il diminuait d'intensité , le malade pouvait rester levé ou se lever ; mais avant qu'il se remît tout-à-fait, il continuait à faire pendant quelque temps encore des gesticulations , et sa démarche ressemblait à celle d'un paralytique qui peut à peine traîner ses pieds.

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Chez aucun dos enfants, la durée des accès et des intermissions n'était égale. Chez les uns, la durée des accès était fort courte et celle des inlermissions d'une semaine. Chez d'autres, au contraire, le paroxisme continuait pendant plusieurs heures , et recommençait dans la même journée si souvent que l'intermission était à peine sensible. Plus les accès se succédaient rapidement, plus ils étaient violents. Tous les enfants éprouvaient beaucoup de difficulté à parler, sans avoir tout-à-fait perdu la parole. Ils conservaient aussi la connaissance , même dans les plus violentes attaques de convulsions et au milieu des scènes les plus extravagantes.

Tous les malades étaient du sexe féminin, excepté un.

1° La jeune Block, âgée de 9 ans, avait été affectée d'une éruption miliaire dans la première semaine après le nouvel an 1808. L'exanthème se montra bien ; mais il disparut le jour même. Depuis cette époque, l'enfant fut maladive, et au bout de six semaines elle s'alita. Après avoir ressenti certaines sensations dans le bas-ventre, elle fut prise de convulsions générales pendant lesquelles les pouces s'incarcérèrent fortement, l'écume lui vint autour de la bouche et elle perdit la parole. Si parmi les symptômes avait figuré la perle de la connaissance, la maladie n'aurait pas été une danse de saint Guy, mais une épilepsie. Un vermifuge donné par un pharmacien fit rendre plusieurs ascarides , et en même temps des sangsues. Cependant l'accès se renouvela et fut tout aussi violent que la première fois. On eut alors recours à un charlatan fameux; mais ses remèdes n'ayant rien produit non plus, les parents renoncèrent à tout emploi de la médecine. Le premier accès que la malade éprouva à l'école eut lieu trois semaines avant la saint Michel de

1^^^ CUORliE (OBSEKVATIOî» 60.)

l'année dernière, au moment où la jeune Holirmann (d" /i) J'iit prise d'une attaque. On administra un vomitif, puis une mixtion purgative qui fit rendre un ascaride. L'école fut fern)ée par ordre de l'autorité. Depuis le 11 février jusqu'à la fin du mois, il y avait eu onze accès. Sous l'action de différents médicaments, administrés toujours six ou huit à la fois, en sorte qu'il est difficile de décider auquel appartient cet heureux résultat , les accès devinrent de plus enpiusrares. II ne restait plus qu'une paralysie dans tous les membres, surtout dans les jambes; elle finit aussi par disparaître.

2° Le frère de la précédente , garçon de 9 ans , fut pris de la même maladie trois semaines après le premier accès qu'éprouva sa sœur. On lui donna semen sanlonic. Il rendit une cinquantaine d'ascarides, et guérit parfaitement sans l'emploi d'autres moyens.

3*^ La jeune Ruben , âgée de 9 ans, fut attaquée de cette maladie dans la maison de ses parents, un mois plus tard que le n° 1. Les accès étaient d'abord très violents , puis ils diminuaient d'intensité, et ils augmentaient de nouveau de violence, quelquefois chaque jour. Excepté du poireau domestique contre les vers , elle n'avait encore rien pris. Elle avait rendu quelques ascarides et le ventre avait diminué de volume. L'appétit était constamment très fort. Elle reçut les mêmes médicaments que le n» 4, depuis le 30 décembre jusqu'au 16 février oii la danse de saint Guy cessa ; mais il resta une abondante salivation , provoquée par le mercure contenu dans les médicaments, laquelle finit aussi par disparaître.

h" La jeune Hohrmann , âgée de 14 ans, fut attaquée de la danse de saint Guy, en même temps que la petite Block. Elle reçut les mêmes médicaments que le n" 3, et rendit une

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grande qiianlilé de vers ; cependant la maladie empira encore. Ce ne fut que lentement que le mal perdit de sa violence, et la grande quantité de mercure contenue dans les mixtions médicamenteuses, laissa une salivation et une inflammation des amygdales.

5° Une petite fille de 9 ans avait quelquefois deux accès par jour; d'autres fois elle en était exempte pendant huit jours.

6° Petite tille de 10 ans.

7° Petite fille de 13 ans.

8» Petite fille de 11 ans.

9° Petite fille de 9 ans.

10° Petite fille de 12 ans.

11° Petite fille de 13 ans.

La plupart de ces malades guérirent sans médicament dans j'espace de six semaines à deux mois.

Dorfmûller (1). Le 29 juillet 1813, je fus appelé dans une famille atteinte, me dit-on, d'une singulière maladie qui consistait en mouvements de toute sorte accompagnés de cris, de rires , etc.

Je trouvai quatre enfants du sexe féminin dont l'aînée (a) avait 13 ans; la seconde (b), 9; la troisième (c), 6; la dernière (d) , âgée de 15 semaines, était encore à la mamelle. Cette dernière n'était pas malade. Toutes avaient un air de santé et étaient bien développées.

A peine eus -je interrogé le père, homme grand et

(1) Hufelands Journal. Vol. xlv. Nov. 1817, p. 101.

CHOUÉE (OBSEllVATION Cl.)

maigre, sur la nature de la maladie, que le paroxisme se déclara chez deux de ces enfants. En un cliu-d'œil , avec l'agilité d'un chat, l'aînée sauta sur la tête de son père, et se mit à se balancer, à se pencher avec autant d'adresse que de rapidité , comme le plus habile danseur de corde , lui ébouriffant les cheveux, faisant les mines les plus étranges, criant, écumant comme un désespéré. Au bout de six minutes environ , elle sauta à terre, se jeta dans les bras de ses parents en gémissant et en versant les larmes les plus amères sur son sort.

Au début du paroxisme, la seconde commença à valser avec une telle rapidité que l'œil pouvait à peine la suivre. La danse ayant cessé au bout de huit minutes environ , les membres, surtout du côté droit , ainsi que les angles de la bouche , furent tiraillés en divers sens, et l'accès se termina par des pleurs.

La troisième n'éprouva qu'un léger tiraillement dans les muscles.

Une nièce (e) , jeune fille forte et bien développée de 19 ans, qui, depuis quelque temps, passait la plus grande partie de la journée auprès de ses parents pour leur aider, fut également attaquée de la maladie. Dans l'accès , tous ses membres étaient agités des plus hideuses contorsions, et la tête complètement renversée en arrière.

Une servante (f), âgée de 19 ans, qui servait depuis quelques mois dans cette famille , ne fut pas exempte non plus de celte triste affection ; mais son cas se distingua des autres, en ce qu'après la cessation des mouvements spasmodiques , il se déclara une catalepsie complète dont elle eut un accès lors de ma première visite.

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Une autre servante ( g) , âgée de 23 ans , forte et pourvue de muscles robustes, n'y échappa pas non plus, car elle avait des accès périodiques pendant lesquels elle courait par la maison , plongée dans une profonde rêverie et chantant sans cesse sur tous lestons.

Il y avait, en outre, dans cette maison une vieille parente, âgée d'une cinquantaine d'années, sujette depuis longtemps aux plus terribles spasmes contre lesquels l'art des plus habiles médecins avait échoué.

Enfin le père des enfants lui-même avait eu dans sa jeunesse de légères attaques de spasmes dont un traitement médical l'avait délivré.

Relativement aux autres fonctions, on n'apercevait rien d'anormal chez aucune de ces personnes , excepté l'enfant (b) qui avait le bas-ventre ballonné; son teint n'était pas aussi florissant que celui de l'aînée qui souffrait le plus.

Les malades furent séparées et reçurent une mixtion de valeriana, sal tart., moschus , pulvis epilept. marchionis, et eleosach. cajeput ; en outre, des gouttes de liquor c. c. succin. tinct. iheb. spirit. nit. dulc. Peu à peu les symptômes diminuèrent de violence ; mais étant tombé malade lui-même, le médecin n'apprit pas le résultat.

Goeden (Ij. La maladie attaqua cinq personne d'une famille, la mère et quatre enfants, dont le plus jeune avait 2 ans. Le paroxisrae se communiqua. Ce fut un des enfants qui en fut atteint le premier. Des tressaillements hideux se

(1) Hufelands Journal, déc. 1818 , p. 53.

dt'clarèrenl , la face se contracla , l'enfanl tomba à terre en poussant des soupirs et des gémissements. Les mouvements convulsifs spastiqucs étaient variés ; les malades étaient jetés ça et là avec une grande rapidité , ils offraient l'image d'une véritable angoisse morale; ils sautaientsur Instables et les bancs , s'élançaient de la chambre dans la cour , et réciproquement, grimpaient sur le poëh et le lit. Le plus jeune des enfants fut lancé hors de son lit, et à peine en état de marcher, il fit les mouvements les plus variés, dansa, sauta. Les accès duraient environ une demi-heure et revenaient plusieurs fois dans la journée. Un fantôme apparut à la petite fille de quatre ans, qui , en criant : le voilà , tomba dans des spasmes , et peu de temps après, l'accès se déclara aussi chez les autres. La maladie durait déjà depuis trois ans, mais avec des intermissions de plusieurs mois ou de plusieurs semaines. Aucun médicament n'opéra d'amélioration.

Vonend (1). Une épidémie de danse de saint Guy se montra dans la vallée de Tux , district de Zell dans le ïyrol, pendant les années 1827 et 1828.

Dès les premiers mois de 1827, quelques personnes du sexe féminin souffrirent de spasmes ; mais on ne crut pas nécessaire d'appeler un médecin. Au mois d'avril, le mal empira tellement, que jusqu'au /i mai, il y eut vingt-trois filles qui en furent attaquées. Le 8, trois nouveaux cas s'étaient présentés; plus tard, il s'en présenta encore un. L'âge de la

(1) Oesterreichische niedizinisclie Jahrbucher. 1830. Neue Folgc. I Bd. 3 Sliick.

(oBSEnTATiON C3.) ^TE ÉPlDliMlQUE. 171

plupart des vingt-sepl malades était cutie IZiet 23 ans. Les accès s'annonçaient fréquemment par des maux de tête, des vertiges, l'obscurcissement de la vue , des tressaillements des muscles de la face, des spasmes dans le gosier, de l'oppression de la poitrine, des battements de cœur , une sensation de fourmillement , surtout à la plante des pieds , un engourdissement ou des douleurs dans les membres inférieurs. Dans les accès, on remarquait toutes sortes de mouvements involontaires , des tremblements et des tressaillements dans des parties isolées, surtout des distorsions des membres supérieurs et des inférieurs, avec les gestes les plus bizarres et des mouvements semblables à la danse. Ces accès s'exacerbaient, diminuaient, cessaient même par moments, surtout dans la nuit, d'une manière irrégulière , quelquefois sans aucune cause déterminée; chez d'autres, ils duraient sans interruption pendant toute la journée et jusqu'à une heure avancée de la nuit. Dans Vaccès, les malades déployaient une grande force musculaire et une agilité peu commune. Dans les accès légers, la connaissance ne souffrait aucune atteinte; dans les accès plus violents, elle était troublée. De la lassitude et le plus souvent une transpiration suivaient les accès plus ou moins longs et les exacerbations qui avaient lieu à époques indéterminées,, même le jour, tantôt sans motif, tantôt par une cause connue, comme une émotion, un refroidissement, quelque écart du régime.

Le développement et la propagation de la maladie étaient favorisés par :

1° Des efforts trop précoces nécessités par un travail pénible , peu proportionné aux farces des jeunes

CnOUKE (OBSEUVATION 63.)

lilles de Tux, qui doivent s'y livrer par tous les temps;

2° Des refroidisseuients causés par la pluie qui tombait pendant les travaux , et le manque de propreté; 3° Une nourriture mauvaise , indigeste ; A® Un zèle religieux exagéré , des exercices de piété excessifs , des prières durant la moitié des nuits, les jeûnes, l'abstinence sévère de la danse et de tout plaisir licite , le manque de récréation nécessaire après un pénible travail.

Dans la plupart des cas, le traitement commença par des vomitifs et des purgatifs, qui souvent firent rendre des vers et diminuèrent les accès. On administra, en outre, valeriana , assa fœtida , l'oxyde de zinc , l'oxyde de bismuth , l'ammoniac de cuivre , hyoscyamus , belladona , le camphre, les bains tièdes , quassia , china, etc. De tous ces médicaments , celui qui se montra le plus elTicace fut liquor mindereri , extract, hyosciam. et valeriana. Cette médication guérit 19 malades jusqu'à la fin d'août 1827, la plupart en un ou deux mois; chez quelques-unes le mal persista plus longtemps. Huit restèrent non guéries.

La vue des accès de celles qui restèrent malades , ou pendant une visite , ou dans une procession , etc. , soit qu'elle provoquât une émotion et un ébranlement nerveux , soit qu'elle excitât un désir d'imitation , répandit la danse de saint Guy dans la vallée ; trente autres filles en furent attaquées. On sépara alors les malades ; on les exclut de toutes les réunions publiques, et, au milieu de juin 1828,27 avaient déjà été guéries par les moyens indiqués. Les autres furent envoyées dans des hôpitaux.

Chez l'une de ces dernières, et chez quatre qui tombèrent malades plus tard , le médecin de l'hôpital de Hall observa

((.BSF.uv.vriON G40 "I I '': lÎPJ DILMIQUF-, 173

une véritable fureur dansante pendant les accès, dans lesquels les pupilles étaient dilatées et la malade peu ou point dans son bon sens. Malgré l'examen le plus attentif, il lui fui impossible de découvrir chez aucune de ces cinq malades une trace quelconque d'irritation inflammatoire delà moelle épinière (cause de la danse de saint Guy , selon les uns ) . Au mois de janvier de l'année suivante , on put les renvoyer comme guéries.

Kerner{l). Description d'une danse de saint Guy qui régna épidémiquement parmi les enfants à Neuhiitten , dans le Wurtemberg.

Ce bourg, d'environ 670 âmes , est situé sur une des cîmes les plus élevées du Lœwenstein, à environ 1600 pieds au-dessus du niveau de la mer. Les habitants et leurs enfants sont forts et bien portants; les inflammations sont les maladies dominantes. La maladie éclata à la fin de mars 1826 ; elle atteignit lii enfants de 7 à 12 ans, la plupart du sexe féminin , et elle commença, sans symptômes apparents de gastricisme ou de vers, par une sensation de lassitude et par des douleurs dans le ventre et dans le creux de l'estomac. Au bout de quelques jours il s'y joignit une constriction périodique des muscles abdominaux , puis des flexions spasmodiques des doigts des pieds et des mains , avec renversement des yeux et perte de la connaissance ; après quoi les enfants s'éveillaient comme d'un sommeil magnétique.

(1) Med. conversal-Blalt von Hohnbaum und Jalin, 1831, n° 43. Octob. 22, p. 340.

CHORKi: (oBSEnvATiOîvGS.;

Après que la maladie eut darO. quatre ou cinq jours à ce degré d'inlensit^' , il se déclara des convulsions pendant lesquelles les malades prenaient des postures et faisaient des sauts comme le plus habile équilibriste : ils se dressaient sur la tête, faisaient la roue, grimpaient contre les parois comme les chats, etc., sans que les filles perdissent toutefois le sentiment de la pudeur ; car, au milieu des plus violents mouvements , elles avaient toujours soin de se mettre leurs jupes entre les jambes. La durée des paroxismes était d'un quaild'heure à quatre heures ; ils se répétaient bien de dix à vingt fois par jour; mais souvent il y avait des intermissions de trois, quatre jours, et même de plusieurs semaines. Quelques-uns des malades pouvaient prédire l'accès. L'attaque passée , ils ne se souvenaient de rien. Tous offraient les mêmes symptômes ; chez les garçons , le paroxisme était plus court et plus violent. Ou ne put s'assurer si la maladie s'était propagée par la vue et l'imitation ; ce n'était pas davantage un argotisme , car il n'était pas possible d'en chercher la cause dans l'usage de fruits gâtés, de seigle, d'ergot. Un travail fatigant au grand air pour les malades les plus avancés en ûge , autant de distractions que possible pour les plus jeunes , et des doses d'assa dans une infusion de valériane, dont la mauvaise odeur agit aussi sur le moral comme contrainte, tels furent les moyens qui guérirent cette maladie en peu de semaines.

Kottmann (1). line jeune fille de 12 ans, à la mine florissante, était affectée d'une cborée. Toutes les formes possi-

(1) Med. Zeilung Preussens. 1833, n" 9, p. iO.

>nsF.RVATiOA 66.) niTK ÉPIDÉMIQUE. 175

Lies de convulsions se succédaient rapidement Jes unes aux autres. En une heure, une surdité complète Taisait place à une sensibilité extrême de l'ouïe, comme aussi un mutisme absolu à des discours et à des chants. Au bout de quelque temps, la sœur cadette, âgée de 10 ans, fut attaquée par sympathie de la même maladie, et peu après, la sœur jumelle de cette dernière. Malheureusement la pauvreté des parents ne permit pas de séparer les enfants.

Vevàr (1). Le23 février 1839, j'allai visiter dans la paroisse de Saline, la famille de M. Hamilton où j'appris le fait suivant :

Dans la soirée du 22 décembre dernier, Élisabeth Hamilton, âgée de 8 ans, fut prise subitement d'un assoupissement, suivi d'une torpeur qui dura quelques minutes et pendant laquelle elle tomba à terre , son corps restant rigide et immobile. L'attaque ne dura pas longtemps et l'enfant s'éveilla comme d'un profond sommeil, sa santé en général , sa sensibilité et son intelligence n'ayant en apparence aucunement souffert. ïllle n'avait nulle conscience de ce qui s'était passé, et elle retourna immédiatement à ses jeux, comme si rien ne lui était arrivé. Dès lors les accès se renouvelaient fréquemment chaque jour, surtout le soir, où ils étaient aussi le plus intenses. L'approche de l'attaque s'annonçait par une légère rougeur de la face et par une difficulté à respirer qui persistait quelques moments.

Telle fut la marche de la maladie pendant quatre jours.

(1) Edinburgh médical ànd surgîcal Journal. 1839 July. p. 87.

^ ■7" CHORKE (oBSRnvATiON 66.)

Lo cinquième, la sœur aînée, Marguerite, âgée de 16 ans, fut alleclée exactement de la môme maladie qu'Elisabeth, et le quatorzième, ce fut le tour du frère, nommé Jean et âgé de 12 ans. L'attaque se manifestait, à ce qu'il semblait, de la même manière chez les trois enfants, seulement , chez le garçon, la difliculté de respirer, ou plutôt l'extrême rapidité de la respiration, était plus remarquable, la rigidité plus grande et l'accès se prolongeait davantage. Une semaine après , la même affection attaqua un enfant de 6 ans , et bientôt un enfant de 13 mois. Chez ces deux derniers, cependant, les accès furent beaucoup moins fréquents et moins intenses. Le seul de la famille qui échappa à la maladie fut un enfant de 3 ans.

Pendant trois semaines l'état ne présenta aucune modification apparente ; les accès se répétaient chez les trois aînés plusieurs fois par jour, et souvent tous les trois en étaient pris en même temps.

Vers cette époque, l'aspect de la maladie subit un remarquable changement. La catalepsie fit place aux gesticulations les plus violentes et à une activité surprenante des muscles. Ce fut chez le garçon que ces gesticulations extraordinaires se produisirent d'abord, les accès continuant aussi chez lui plus longtemps et étant plus violents. Cet état de choses durait depuis trois semaines lorsque je fus appelé à le constater. Pour éviter des répétitions, je décrirai seulement l'accès dont je fus témoin dans l'après-midi du 23 février.

J'arrivai vers l'heure oh les accès avaient lieu habituellement, et j'attendis près de deux heures en vain dans l'espoir de voir une de ces attaques dont j'avais entendu parler et dont je regardais la description comme fort exagérée. Soup-

{OBSEEVATION 66.) ^DEMIQUE. 177

çonnant que c'était ma présence qui l'empêchait, je sortis ; mais à peine fus-je hors de la maison que l'accès se déclara chez l'aînée des enfants. On me rappela en toute hâte.

Elle était assise auprès du feu avec les autres, lorsque, sans prodrome notable , elle pencha la tôte sur sa poitrine et parut pendant quelques moments comme assoupie. La respiration devint forte, l'expression de la figure animée et farouche. En moins d'une minute, elle se dressa sur ses pieds, courut avec une grande rapidité d'un bout de la maison à l'autre , sauta sur les chaises , s'élança d'un bond sur une commode, se heurta pendant quelque temps la tête contre le plafond, sauta de nouveau sur le parquet en rebondissant comme une balle, perpendiculairement, trois ou quatre fois de suite, à la hauteur de quelques pieds; puis elle se jeta à terre , s'étendit tout de son long, se mit à rouler de gauche à droite jusqu'au bout de la chambre, se heurta contre le mur, se retourna à l'instant et roula de droite à gauche. Le mouvement changea alors: elle commença à faire des culbutes avec une rapidité inconcevable , essaya de se dresser sur la tête, mais en retombant chaque fois avec vio ience dans toute sa longueur et le corps raide. Elle resta dans cette position environ une demi-minute, puis par un mouvement extraordinaire, sans tendre en apparence une jointure, elle se dressa debout et resta près d'une minute immobile, raide. Elle se mit ensuite à courir par la maison avec une hâte peu naturelle , essayant fréquemment de grimper le long des murs, saisissant avec les dents les vêtements de ceux qui s'opposaient à son passage , faisant toutes sortes de contorsions, jusqu'à ce qu'enfin, après vingt minutes de ces gesticulations extraordinaires, elle se renversât subite-

CHORÉE (observation 60.)

ment, ses pieds restant sur le parquet, son corps se courbant en arc et sa tête s'abaissant à trois pouces du sol. Elle resta dans cette posture quelques instants, après quoi elle reprit la position verticale. Ses deux jambes furent, au même instant, tirées en haut avec force vers les cuisses, et elle tomba en avant sur les mains et les genoux. Après être restée ainsi deux ou trois secondes , elle tomba et resta quelques moments le corps étendu tout de son long, excepté les jambes qui étaient fortement fléchies sur les cuisses.

Telle fut la lin de l'accès. On m'affirma que depuis trois semaines il avait toujours offert les mêmes symptômes. La violence et la durée des attaques variaient considérablement ; elles étaient constamment plus légères dans la matinée; mais elles devenaient plus graves à mesure que la journée s'avançait, et en quelques occasions, elles discontinuaient à peine depuis cinq heures de l'après-midi jusqu'à minuit; deux ou trois fois même elles avaient duré jusqu'à trois heures du matin. Quelquefois un seul des enfants était affecté ; mais plus fréquemment, lorsque l'un d'eux l'était, les autres ne tardaient pas à l'être aussi , et on avait remarqué que tous exécutaient les mêmes mouvements ou les mêmes évolutions dans le même temps.

Je ne pus rien apprendre de satisfaisant touchant la cause de cette affection remarquable. Les enfants avaient joui auparavant d'une excellente santé. Malgré l'examen le plus attentif , rien ne me permit de supposer que l'un d'entre eux , antérieurement aux accès dont ils souffraient , eût feint une maladie convulsive.

Dans le mois de novembre, le père mourut d'une affec-

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tion fébrile ; et , par suite de cette mort , la mère resta alitée longtemps, atteinte d'une affection chronique de la nature de laquelle je n'ai pas pu être informé. En outre , au commencement de novembre, la famille prit possession d'une maison nouvellement bâtie , dont les murs étaient encore tout humides au mois de février, lorsque je la visitai. Quel effet cette demeure insalubre et les privations auxquelles les enfants furent exposés par suite de la maladie de leurs parents, ont-elles exercé sur eux? Je ne puis le préciser, mais je ne dois rien passer sous silence de ce qui pourrait mettre sur la voie de la singulière maladie dont ils étaient affligés. 11 est vrai que lorsque je Jes visitai , ils nièrentqu'ils éprouvassent aucune incommodité, et les fonctions générales semblaient à peine affectées. Ils mangeaient peut-être trop bien et dormaient la grasse matinée. Le ventre , me dit-on , était libre et les selles fréquentes , et dans la matinée ils se livraient àl eurs jeux presque avec leur vivacité ordinaire. La sécrétion urinaire était seule particulièrement affectée. A la fin de chaque accès, un besoin pressant d'uriner se faisait sentir; mais, en tout autre temps, les fonctions de la vessie étaient parfaitement régulières ; l'urine elle-même semblait normale ; elle n'était pas albumineuse.

Chez Elisabeth (la première attaquée) ,1e pouls était à 100; chez les autres, de la fréquence ordinaire; chez tous, les chairs étaient molles, l'air inintelligent et certainement moins animé que chez les autres enfants de cet âge.

Je soupçonnai que la maladie présentait chez la seule Elisabeth les caractères d'une affection idiopalhique, et que chez les autres les symptômes étaient uniquement le résultat

'^"^ CHORKE (observation 6G.>

de l'imitation. Je recommandai de les envoyer k Dumferline , et de lenr préparer nu appartement composé de différentes pièces. Cela fut fait, et, le 27 février, le garçon, ainsi que les deux filles aînées, furent confiés immédiatement à mes soins. Les deux plus jeunes fiHes étant légèrement affectées, on pouvait espérer qu'elles guériraient complètement lorsqu'elles seraient séparées des autres.

Le premier jour se passa sans accès, ce qui n'était pas arrivé depuis deux mois; mais à dix heures du soir, l'aînée des filles eut une attaque, et je me rendis près d'elle aussitôt. L'accès ne différa en rien de celui que j'ai déjà décrit , si ce n'est que, n'ayant pas dans la chambre de meuble sur lequel elle pût monter, elle fit d'incessantes tentatives pour grimper contre le mur. L'accès finit à minuit un quart, il ne fut suivi ni d'assoupissement ni de stupeur ; la malade recouvra à rinstant toute sa sensibilité et sa connaissance.

Pendant que la jeune fille courait dans la chambre, je remarquai que le garçon était tremblant et agité ; mais en tenant mes yeux attachés sur lui . je m'aperçus que je pourrais jnsqu'àun certain pointprévenir ledéveloppementde l'accès. La fille, cependant, s'était levée, et aussitôt sa respiration était devenue rapide. Elle venait de lever les pieds , lorsque j'éveillai son attention en lui promettant sérieusement que, si elle bougeait de place , je la plongerais à l'instant dans une cuve d'eau froide que j'avais préparée à cet effet. La menace l'arrêta sur-le-champ, et elle redevint calme. Après que je les eus avertis tous les trois que le moindre mouvement de leur part serait suivi d'une immersion dans la cuve , la nuit se passa sans autre accident. Le lendemain matin , on les mit dans des chambres séparées , et la menace fut répétée de les plonger

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dans l'eau à la moindre apparence d'un accès. En môrae temps je les encourageai par la promesse d'une récompense, s'ils se conduisaient bien jusqu'au lendemain. La garde reçut ordre de plonger dans l'eau , s'il en était besoin , le garçon et l'aînée des sœurs , mais non pas la cadette pour le moment; cependant elle devait lui laisser ignorer qu'elle serait épargnée. On les prévint en même temps que si un plongeon était nécessaire, il serait infligé en présence des autres. Dans l'aprés-midi du troisième jour, l'aînée des filles eut un nouvel accès , et sans délai elle fut plongée dans l'eau en présence des deux autres enfants. L'accès cessa immédiatement. Le lendemain , nouvel accès et nouveau bain avec un égal succès. Depuis ce moment , elle n'a pas manifesté le moindre signe d'une attaque. Au bout de cinq jours, le garçon et la sœur aînée purent habiter le même appartement , et tout alla bien jusqu'au neuvième jour, oii , dans la matinée, le garçon tomba dans un assoupissement ; et déjà sa respiration devenait rapide, lorsque la menace de le plonger dans le bain arrêta l'accès. Craignant d'abuser de ce moyen je pris un fer à cautériser, et je leur expliquai la manière dont je comptais leur brûler le cou dans le cas où l'un d'eux sej-ait pris d'nn accès, et je recommandai à la garde de le tenir constamment dans le feu, pour qu'il ftît prompteraent prêt. Aucun médicament ne fut administré , excepté des pilules de coloquinte.

Le 22 mars, la petite fille de 6 ans fut portée à Dumferline. Elle avait eu encore quelques accès qui s'étaient répétés malgré les immersions dans l'eau froide, renouvelées sans résultat parfaitement satisfaisant. Je lui montrai la cuve pleine d'eau et le fer à cautériser, en lui expliquant comment je

CHORÉE (observation 66.)

voulais m'en servir. Depuis ce moment, elle n'a pas manifesté le moindre symptôme d'un accès.

L'enfant eut deux ou trois légers accès après avoir été séparé des autres ; mais ils cessèrent promptement après l'immersion dans le bain.

Le cours de la maladie, chez Elisabeth, fut différent de sa marche chez les autres; car, pendant deux jours, depuis son arrivée à Dumfeilinc, elle n'eut aucun accès; mais dans l'après-midi du troisième jour elle éprouva une attaque comme au début de la maladie. Elle tomba subitement dans l'engourdissement, pencha la tête sur sa poitrine; sa respiration devint rapide, et elle aurait fait une chûte, si on ne l'avait soutenue. Elle semblait plongée dans un profond assoupissement, ses membres étaient raides et elle resta, tant que l'accès dura, dans la position où on la plaçait. Cet état persistait quelques minutes, rarement plus de cinq. Elle recouvra immédiatement le sentiment, sans se douter de ce qui s'était passé. Dès qu'on observa une attaque, une cruche d'eau froide lui fut versée sur la tête, mais sans effet. On lui rasa la tête. Lepéricrâne était brûlant au toucher et elle se plaignait d'une douleur dans la partie postérieure de la tête, s'étendant en bas vers la nuque. Son pouls était à 100 et ferme, sa langue blanche et gluante, le ventre libre, les sécrétions naturelles. On lui tira quelques onces de sang entre les épaules, au moyen de ventouses, et un vésicatoirelui fut appliqué sur la nuque. Le ventre fut tenu libre par le calomel et une poudre de jalap. Les accès étaient fréquents, il y en avait de de dix à vingt par jour. Des frictions avec du tartre émétique furent prescrites sur le péricrâne et l'épine dorsale; une éruption abondante s'ensuivit, tandis que le ventre était

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purgé chaque jour par le caloinel et lejalap, ou par des pilules de coloquinte, mais sans bon effet.

Danslamatinée dulOinars, elleeutun accès beaucoup plus violentquelousceux qu'elle avait éprouvés depuis qu'elle était ici. L'attaque commença, comme d'ordinaire, par l'assoupissement et l'accélération delà respiration. La malade fut placée sur le parquet. Après être restée quelque temps parfaitement tranquille et raide, elle ploya son corps en forme d'arc, sa tê;e et ses pieds touchant seuls le sol, et dans cette position elle se mut lentement en cercle trois ou quatre fois. Tout-àcoup, elle se courba dans la direction opposée, la tête et les pieds en l'air, et l'épine dorsale étant seule en contact avecle parquet; puis, pendant environ une minute, elle se mit à tourner comme une toupie, avec une étonnante rapidité. J'eus le bonheur d'assister à cet accès. Le lendemain , je résolus d'essayer l'effet du caustique ammoniac, comme contrestimulant. Un morceau de calicot d'environ deux pouces carrés, imbibé de la plus forte eau ammoniacale, fut appliqué sur le crâne récemment rasé avec ordre de le renouveler trois fois par jour, soit sur la tête, soit entre les épaules. L'effet en fut remarquable, car, dès celte heure, tout mouvement convulsif cessa, sauf de légers prodromes que l'application de l'ammoniac fit aussitôt disparaître. Pour prévenir toute rechûte, l'ammoniac fut appliqué sur le cuir chevelu ou la nuque, chaque jour, pendant deux semaines environ. Les selles étant parfaitement naturelles, on supprima tout médicament, à l'exception d'une pilule laxative de temps en temps, dans l'occasion. Jusqu'aujourd'hui, 12 avril, la malade continue à aller parfaitement bien.

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