‹ Histoire de la musculation irrésistible, ou, De la chorée anormaleChapitre 67 sur 89 · L. — Tics (I<>s IIIII6CIC6 des cxtréinilés iuKrIctirc · texte numérisé non relu

L. — Tics (I<>s IIIII6CIC6 des cxtréinilés iuKrIctirc

OBSEKVATION CIII.

De Winikcr (2). Un homme robuste , de 30 ans, était affecté d'un tic des extrémités inférieures, dont de violents et fréquents chagrins pouvaient être la cause. Les paroxysmes revenaient de quatre à six fois en vingt-quatre heures; quelquefois, cependant, ils étaient plus rares. Le plus souvent ils

(1) Ibid., a" 9.

(2) Horns Archiv. 1812, vol, i, (.. 180.

(observation loi.) DES EXTRÉMITÉS INFÉRIEURES. 219

duraient une ileini-lieiire. Lcstressailleiuenls ue se mauifeslaient que dans les pieds; mais ils avaient une violence telle que je n'eu avais jamais vu de pareils. Le paroxysme s'annonçait par uu tiraillement dans les mollets et les jambes. Toutà-coup, les jambes étaient retirées vers le bas-ventre, les mollets, vers les jambes; puis ils s'étendaient de nouveau avec une violence incroyable. A l'approche de l'accès, le malade devait se coucher, et il se mettait à frapper des pieds contre le bois du lit, avec une violence capable de l'enfoncer, s'il n'avait pas été aussi solide. La respiration était alors rapide, le malade gémissait. S'il parvenait à se mettre en transpiration, les tressaillements devenaient graduellement plus faibles et ils linissaieut par s'apaiser. Dans l'accès, laconnaissanceétail entière. Ce malade recouvra en quelques semaines une excellente santé , par l'emploi de valériane , spirit. sulphur. aether., cortex peruv. et des extraits amers.

De Winiker (1). lin jeune homme de 22 ans, bien portant du reste, qui avait peut être affaibli son robuste tempérament par un mariage précoce, fut pris tout-à-coup, à la suite de violents chagrins, de tressaillements dans les pieds, comme dans le cas précédent , mais à un moindre degré. Lorsque le paroxysme se déclarait , s'il était couché, il frappait avec violence contre le bois de lit ; s'il était assis sur une chaise, il trépignait; s'il était debout , il bondissait toujours. Un chagriu un peu vif était constamment suivi d'un accès ; mais aussi cette cause seule provoquait une attaque.

(1) Ibid.

220 ■ TICS DES MUSCLliS (obsekvation 105.)

S'éloigner de sa feniinc , éviter loule conlrariélé , faire usage de forlilianis , tels furent les moyens qui enlevèrent les accidents spasmodiques et lui rendirent bicutôt la santé,

De Julia de Cazères (1). Le 5 du mois d'avril 18û/i , le nommé Pessar (Jean-Bapliste), fusilier au 19= régiment de ligne, éprouva presque toul-à-coup el sans cause connue de lui une douleur assez vive à la région temporo-maxillaire gauche ; au bout de quelques jours , elle prit un caractère intermittent, gagna l'œil et les paupières du même côté. Porteur d'un billet d'hôpital intitulé: névralgie faciale, il fui placé, le 11 du même mois, dans ma division.

Je le trouvai couché et dans un état parfait de calme et de bien-être; les traits étaient naturels, les battements de l'artère brachial régulier; la langue normale; mais le malade commençait à accuser un sentiment de pesanteur dans tout le côté gauche de la face. C'était pour lui l'indice le plus sûr du retour des spasmes douloureux qui caractérisaient l'accès : C'est l'heure à laquelle, je l'ai eu hier, avant-hier et les jours précédents, me dit-il; et, circonstance curieuse, il ne se trompa pas dans sa prévision , il vint en effet, el sa durée totale fut, comme la veille el l'avant-veille, d'une heure quarante minutes. Témoin oculaire de tous les phénomènes qui le caractérisaient, je constatai un rapetissement notable et progressif de toute la moitié gauche du visage où les muscles finirent par des contractures , le globe de l'œil resta en partie caché sous les replis des paupières pendant toute lo.

(1) Gazelle médicale, t. xiii, p. 538. 2» scrie. 1845.

(observation 105.) niiS EXTRÉMITÉS INFÉRIEURES. 221

durée des douleurs qui acquirent un haut degré d'intensité; il n'y eut ni rougeur, ni chaleur, ni tension, ni gonncnient de la partie, et après la détente qui ne commença qu'après soixante-cinq minutes, le malade secoua la lête en sens inverse, les muscles de la joue se relâchèrent , et , sauf un peu d'abattement et de fatigue générale , tout était rentré dans l'ordre physiologique à quatre heures, une heure et demie, par conséquent, après l'apparition des premiers symptômes.

Je prescrivis le sulfate de quinine associé à 5 centigrammes de l'extrait gommeux d'opium, à la dose d'un gramme, dans une potion gommée , avec la recommandation expresse de la faire prendre au malade par cuiller abouche, dans le courant de la matinée ; j'ajoutai des frictions sur la région affectée avec une pommade dont l'acétate de morphine fait la base, de l'infusion de fleur de tilleul pour boisson , et j'attendis le retour de l'heure de l'accès.

Il n'eut pas lieu ; mais, chose remarquable et peut-être unique dans l'espèce sous le rapport étiologique surtout, à partir d'une heure de l'après-midi , les muscles des deux mollets et eux seuls se contractèrent irrégulièrement et d'une manière continue ; les mouvements en étaient désordonnés et vermiculaires , ils étaient égaux dans les deux membres, n'étaient pas sous l'empire de la volonté, et lorsque je lis marcher le malade , la progression avait quelque chose de sautillant et de saccadé qui faisait rebondir tout le corps et qui affligeait l'œil d'une manière pénible.

Toutefois les membres ne se pliaient pas sur eux-mêmes, ils ne décrivaient pas de courbe sensible , lorsque Pessar marchait, et il avançait alors avec assurance et sans courir , ce qui est l'inverse de ce qu'on observe dans des cas analo-

TICS DES MUSCLES (obseiivationIOS.)

gties ; mais ils étaient sous la puissance de mouvements dont le désordre et la conlinnité n'étaient interrompus par aucune position, par aucun lien, et, circonstance curieuse, le malade ne paraissait nullement fatigué de cette perpétuité de contractions.

Ces mouvements étaient, du reste, limités aux muscles des deux jambes ; les autres régions du corps étaient (!ans le calme le plus complet, et l'intelligence parfaitement intacte. Après quelques jours d'observation , je constatai un léger affaiblissement de la mémoire. Le sommeil n'en fut au reste ni avancé, ni reculé , et il n'interrompait en aucune manière la marche de la maladie, seulement, les mouvements semblèrent se concentrer dans un plus petit espace; ils devinrent plus précipitésetplus animés ; on eût dit un amas d'infiniment petits vers, une verminière dont l'œil ne pouvaif analyser les mouvements multipliés et désordonnés.

L'invasion de la variété de cliorée partielle, dont je viens d'esquiser rapidement la symptomatologie, fut subite, sans prodromes. A l'exception d'une diarrhée assez opiniâtre et de la rougeole qu'il eut à l'âge de Ih ans, il avait toujours joui d'une bonne santé , et c'est la première fois qu'il se voyait» affligé », c'était son expression , de l'agitation désordonnée des muscles et des deux jambes.

Il était âgé de 22 ans, soldat depuis dix-sept mois, d'un tempérament mixte, et d'une constitution plus forte et sèche que faible et pauvre. Il exerçait, avant son entrée au service, la profession de laboureur, et sa famille n'avait jamais tu, à sa connaissance du moins, demaladienerveuse ou toute autre qui pourrait mettre sur la voie de l'origine de celle dont il était atteint. Il avait toujours mené une conduite régulière.

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