‹ Histoire de la musculation irrésistible, ou, De la chorée anormaleChapitre 68 sur 89 · OBSERVATION 105.) DES EXTRÉMITÉS INFÉRIEURES · texte numérisé non relu

OBSERVATION 105.) DES EXTRÉMITÉS INFÉRIEURES

n'avait jamais contracté de maladie vénérienne, ne s'était livré a la masturbation qu'à de très rares intervalles, et de l'ivrognerie il n'avait goûté les charmes, qne deux petites fois.

Je prescrivis une saignée du bras de 250 grammes, de l'infusion de valériane, deux pilules de Mérat, et je fis appliquer un bandage roulé et légèrement compressé' sur toute l'étendue des membres inférieurs; au bout de cinq jours, j'ajoutai à cette médication des frictions avec la pommade stibiée sur toute l'étendue du rachis; le dixième, je fis appliquer douze ventouses scarifiées sur les régions lombaire et sacrée. Je continuai , ut suprà, les pilules de Mérat, la valériane et les frictions stibiées ; mais ce fut en vain , car, malgré ces moyens thérapeutiques, l'état du malade resta le même. Je recourus alors à des pilules préparées, chacune, avec un dixième de grain de strychnine et un grain de conserve de roses. Les 2, 3, A, 5, 6 et 7 mai , le malade en prit chaque jour deux, une le matin et une le soir, il faisait usage en même temps d'infusions de valériane et de feuilles d'oranger et j'insistai sur le bandage, ainsi que sur les frictions. Je continuai cette médication jusqu'au là, époque à laquelle il y eut exacerbation de la maladie, et j'abandonnai l'usage de la strychnine qui n'avait produit aucun effet appréciable pendant les quatorze jours qui suivirent son emploi. C'eût été peut-être le cas de recourir à l'électricité, j'y songeai plusieurs fois, mais je n'avais pas de machine électrique à ma disposition. A dater de ce jour, j'employai alternativement, et avec aussi peu de succès, les purgatifs huileux et salins et les préparations ferrugineuses; j'ajouterai que les émissions sanguines locales, auxquelles je revins, n'amenèrent aucune amélioration dans l'état de mon choréique ; qu'il en fut de

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même des vésica loi rcs promenés le long de l'épine dorsale; que la pommade slibiée, préconisée , n'eut pas un meilleur résultai ; qu'il en fût de même des immersions du corps dans l'eau il la tcmpéralure ambiante, ainsi que des bains sulfureux qui me parurent augmenter notablement l'intensité des mouvements choréiques. La maladie resta donc stalionnaire et fut réfractaire à toutes les médications.

Le 12 juillet, trois mois après l'invasîon des premiers symptômes, l'agitation désordonnée, vermiculaire des muscles soléaires , était conséquemment encore dans toute sa force. Pessar, que le régime sévère auquel il avait été soumis avait notablement amaigri, était devenu triste, inquiet et irascible ; les jambes s'étaient sensiblement amaigries et avaient perdu leur consistance : il y avait dépérissement général, coïncidant, cette fois, avec une altération manifeste de l'intelligence.

Déclaré, par certificat, hors d'état de faire jamais un service actif dans l'armée, il fut réformé ci l'inspection générale le 1/1 juillet iSlili, et il quitta l'établissement à la fin du même mois pour se rendre dans sa famille.

Ll — Siège des lies.

On se rappelle que, voulant localiser les différentes espèces de musculations irrésistibles , nous avons eu recours à toutes les données qu'a pu nous fournir la physiologie moderne. Nous avons eu le regret de montrer combien les opinions des auteurs se contredisent, lorsqu'ils essaient d'assigner un siège définitif à un certain nombre de ces musculations. On a pu s'apercevoir, à noire silence , que pour beaucoup d'autres de ces affeclions, nous n'avions pas à

présenler au lecteur même une opinion erronée , parce que jusqu'à présent aucune recherche physiologique n'a été entreprise dans celte direction. Il n'en>est plus de même quant à la localisation des tics. Ici nous avons la satisfaction de rendre hommage aux magnifiques découvertes de Charles Bell , dont le nom figurera désormais parmi les plus illustres de la phalange médicale. La distinction entre les nerfs moteurs antérieurs et les nerfs sensitifs postérieurs, nous donne la certitude que le siège des tics est dans la partie antérieure céphalo-rachidienne.

Les mouvements volontaires ont leur siège dans trentehuit paires nerveuses , dont trente-et-une paires rachidiennes prennent leur origine dans le sillon collatéral antérieur de la moelle.

Sept paires crâniennes partagent avec les précédentes la puissance motrice.

Les moteurs rachidiens se subdivisent en huit paires cervicales , douze dorsales , cinq lombaires et six sacrées.

Les moteurs cervicaux s'anastomosent tous entre eux, et donnent naissance à deux plexus , l'un supérieur cervical , formé par les branches antérieures des quatre premières paires cervicales; l'autre inférieur brachial, formé par les branches des quatre dernières et du nerf cervical, communiquant entre eux par un filet de la quatrième , qui s'anastomose avec la cinquième, et par le phrénique.

Le plexus cervical domine le muscle grand droit antérieur de la tête , le sterno-mastoïdien , le trapèze, le diaphragme, l'angulaire, le rhomboïde. En s'unissant à la branche dépendant de l'hypoglosse, il anime le sterno-hyoïdien , le sternolyroïdien et l'omoplathyoïdien.

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