‹ Histoire de la musculation irrésistible, ou, De la chorée anormaleChapitre 82 sur 89 · XII. — Influence du sexe sur la fréquence de la maladie · texte numérisé non relu

XII. — Influence du sexe sur la fréquence de la maladie

En analysant les 54 observations du paragrapihe 1, on en trouve 35 qui concernent des personnes du sexe féminin, et 19 seulement des individus du sexe ma-culin. Cette fréquence plus grande de la chorée chez les femmes est un fait de statistique médicale des mieux constatés. Le docteur Ward (1) croit en trouver la cause dans le manque d'exercice chez les femmes. Nous accordons que les femmes en général font moins d'exercice que les hommes ; cependant, cela ne nous semble pas expliquer suffisamment le phénomène en question. En admettant même que les hommes prennent plus d'exercice que les femmes, on ne peut en dire autant des jeunes garçons et des petites filles, qui se donnent à peu près du mouvement au même degré; et cependant M. JR^Jfs (2) a constaté que, mr 189 enfants attaqués de la chorée, 51 étaient des garçons et 138 des filles. Cette disproportion, dont la cause nous est inconnue, a été remarquée partons ceux qui se sont occupés de cette maladie tant en Fraoce que dans les pays étrangers, de nos jours comme dans les siècles passés. Ainsi, sur 100 cas de chorée observés par le docteur Hvghes (3), 73 l'ont été chez des femmes, et 27 seulement chez des hommes. Sur 84 cas, traités par le docteur Reeve (4) depuis mars 1776 jusqu'à mars 1812, 57 malades appartenaient au sexe féminin et 27 à l'autre sexe. Des 76 cho-

(1) Pract. observ. on distort of the spin. Lond. 1882.

(2) Archiv. générales de médecine, tome IV. Fév. 1834.

(3) Guys liospilal reports, t. IV. 184G, p. 20G.

(4) Edinb. med. and chirurg. journal. N° 31. 18I2.

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réiques reçus à l'hôpital de Nottingham, 54 étaient des femmes et 22 des hommes (1). Dans le cours de sa carrière médicale, l'auteur de ce mémoire a eu l'occasion de donner des soins à 23 personnes choréiques, et dans le nombre il n'en a compté que 6 qui n'appartenaient pas au sexe féminin.

XllI. — Fréquence de la chorée relativement aux autres maladies.

11 y a cinquante ans que la chorée était encore regardée comme une maladie rare; beaucoup de médecins doutaient même de son existence. On n'en trouve qu'un très petit nombre de cas mentionnés dans les journaux de médecine du siècle passé, et c'est avec une sorte d'envie qu'on lisait alors les récits des médecins assez heureux pour avoir eu l'occasion d'observer cette maladie. A quoi attribuer cette pénurie d'observations? La chorée est-elle donc devenue réellement plus fréquente aujourd'hui? La confondait-on jadis avec les convulsions ou le tremblement nerveux? Ou bien, cette maladie étant moins bien décrite.^ le diagnostic, quoique très-facile, n'en était-il pas encore à la portée du plus grand nombre des praticiens? Etait-on moins avide à cette époque de voir son nom figurer sur le titre d'un livre ou dans les colonnes d'un journal? A toutes ces questions, nous ne connaissons pas de réponse satisfaisante.

Quant à la fréquence de la chorée relativement aux autres maladies, nous possédons quelques documents que nous nous empressons de communiquer.

M. Rufs (2), auteur d'un excellent mémoire sur la chorée, nous fournit pour Paris des renseignements satisfaisants. Sur

(1) Ibid. N" 85. 1825.

(2) Recherches sur quelques points de l'histoire de la chorée. Archiv. générales de médecine, t. IV, p. 214. Fév. 1834.

32,976 malades admis à l'hôpital des Eufants, pendant les dix années écoulées entre 1824 et 1833, 189 étaient affectés delà chorée. On trouve ainsi un cas de chorée sur 377.

D'après les tableaux publiés par le London médical reposit, vol. 1 à 16, sur la somme totale de 184,002 malades traités dans les hôpitaux depuis 1813-1821, on ne compte que 254 choréiques, soit 1 choréique sur 721 malades.

Le docteur Gœlis (1) a soigué à l'hôpital des Enfants-Malades devienne, de 1794 à 1813, 88,164 enfants, surlesquels 31 seulement étaient choréiques ; soit 1 sur 2,844.

Au rapport du docteur Ossan (2), 3,634 maladies non chirurgicales ont été traitées à l'Institut polyclinique de Berlin (dispensaire), depuis 1820 à 1825. Sur ce nombre, il n'y a eu que 24 choréiques; soit 1 sur 152.

En thèse générale, on peut dire que la chorée est une maladie rare. '

On peut également admettre qu'elle est plus fréquente

à Berlin 1 : 152

qu'à Paris 1 : 377

et à Londres 1 : 721

et qu'elle est le plus rare à Vienne 1 : 2,844

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