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séjour en Italie, où il se fit avantageusement connaître, surnommé h Spagnoktto, Il devint maître de cha;pelle à Saragosse, où il mourut en 1809, pour avoir soigné les pestiférés. Il proscrivait l'abus de la fugue et voulait que, s'abstenant du puéril étalage d'un savoir stérile, on tînt compte avant tout de l'expression des paroles. Lui-même a donné des modèles en ce genre, notamment son D'ucit Dominas, ses Répons de Noël et de l'Epiphanie. Ordinaire* ment il écrit à huit voix réelles réparties en deux chœurs.
Une véritable décadence avait un moment atteint la Chapelle Royale, alors peuplée de chanteurs et d'instrumentistes italiens. Elle fut ramenée à un niveau plus relevé par le membre le plus célèbre de la famille des Nebra, Joseph. Auprès de lui l'on
peut placer le Père Ulloa, cosmographe du Conseil des Indes, homme d'une science profonde, auteur de la Musica Univcrsal, José San Juan eut de la réputation comme maître de la Chapelle des DamesDesca/zas KeaUs.
Benito Bello de Torices se distingua dans l'enseignement musical au Collège royal des Pages. — Dans les provinces, nous trouvons Luis Serra, d'abord à la Chapelle du Pino, à Barcelone, puis à Saragosse. — Augustin Contreras avait gardé l'allure classique, comme le prouve son motet :
Posuît me desolata. — Pendant plus de trente ans Francis Iribarren brilla à la tête de la Chapelle de la cathédrale de Malaga. — Teixidor à Lerida, Villaverde et Furio à Oviedo maintinrent intactes les bonnes traditions dans l'art d'écrire.
Il serait injuste de ne pas rappeler
ici le nom du Père Jérôme Antoine Soler, qui, pendant qu'il écrivait la CUf dt la Modulation et ripostait aux attaques des italianisants et des rétrogrades, charmait les loisirs de l'infant Gabriel en composant à son usage des quatuors pour orgue et instruments à cordes, sans parler de ses concertos, des tonadillas qu'il écrivait pour les jours de vacances, et de sa musique pour la Hija dtl airf de Calderôn.
Viola qui, comme maître, exerça sur de nombreux élèves une incontestable influence, se signale par un style châtié, expressif, par l'ingéniosité de ses modulations. Marti mérite d'occuper un rang très honorable dans les fastes de l'École de Montserrat, à laquelle se rattache aussi Ametlier. Balius y Vila, le Père Benito Julia, furent des ar*^ tistes justement réputés. Aranaz,
classique par les tendances, écrivit des œuvres d'église d'un style ferme et $erré. Un ancien colonel français, Geoffroy, qui avait fait les deux guerres d'Espagne, celle de l'Ennpire et celle de la Restauration, a mis en partition une messe de ce maître, qui, soumise à l'examen du sévère Cherubini, fut déclarée par lui un chef-d'œuvre de science et de facture. Les messes à deux chœurs de Sala révèlent un vif sentiment de l'effet. Pons doit être désigné par-* ticulièrement à l'attention, à cause de ses villancicos et de ses Miserere de la semaine sainte, qu'il colora et pas*»
sionna jusqu'au point d'en faire de véritables drames bibliques. Les grandes traditions de l'abbaye de Montserrat furent, au déclin du siècle, perpétuées par le Père Casanova^ le Père Anselmo Viola ; mais elles furent
altérées par Vinals et bien d'autres, ^rieto, à qui sa magnifique voix de ténor valut des succès d*exécutant> s'il n'aborda point la haute composition classique, déploya du moins»
dans des morceaux sacrés de petites proportions, du goût, de l'invention, un art élégant et sobre.
La liste des organistes espagnols éminents, au xviii« siècle, est très chargée. Au début nous rencontrons Cavanilias^ compositeur laborieux, virtuose habile, dont la réputation s'étendait en France, où, les jours de grandes solennités, il «était fréquemment appelé pour tenir l'orgue des cathédrales, dans les provinces du Midi. Vicente y Cervera fut un improvisateur de mérite. Nebra, supérieur comme organiste, ne le fut guère moins dans ses compositions. Son Requiem pour les funérailles de la
reine Barbara, très purement écrit, est, de plus, d'une expression pathétique.. Le Père Casanova passa pouf un exécuUBt merveilleux, et Toa vanta aussi beaucoup l'habileté du frère Asiain, de l'ordre des Hiéro- Bjmites. Literes mérite une mention à part. C'est le compositeur qui est présenté comme modèle par le Père Feyjoo, qui blâmait les innovations et les hardiesses de son contemporain Duron, que nous avons déjà mentionné. Il y avait chez Duron une part de génie, mais aussi une certaine inquiétude d'esprit, et, quand il écrivait de la musique d'église, la tendance à trop céder à son tempérament et à ses habitudes de compositeur dramatique. Au temps où Duron était maître de la Chapelle Royale, le personnel placé sous ses ordres produisit un jour une véritable
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cacophonie , un « charivari » violent.
Charles II, au sortir de la messe,* adressa au musicien ces paroles : « Dismoi, Duron, pourquoi tout marche bien quand tu conduis au théâtre. »
Duron répondit : « Sire, ici, à la chapelle, c'est moi qui dirige. Au théâtre... c'est le diable.» — Plù$ équilibré, plus égal, Literes, en com-»
paraison,est un classique, gracieux et tendre quand il produit pour le théâtre des ouvrages tels que son Acis y Ga^ laUa, sévère et non dépourvu de grandeur quand il s'adonne au genre religieux.
Nous rangerons à sa suite Sesé, Lidôn, Carrera y Lanchares. Moreno y Polo déploya une virtuosité peu commune. Nous terminerons la liste en y faisant figurer Ovinta, Blasco de Nebra (neveu de Joseph), et Sébastien Albero.
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Les autres instruments ne nous fournissent que peu de noms, et, tout d'abord, pour le clavecin, celui de Castaneda y Parés. Observons en passant que Benito Bails fît paraître à Madrid, en lyyS, une traduction de ces Ltçons de clavtciny de Bemetz« rieder, à propos desquelles Diderot avait écrit un de ses opuscules les moin$ profonds, mais les plus piquants.
Par leur virtuosité sur le hautbois, quelques artistes espagnols arrivèrent à la renommée, notamment les frères^ Pla, dont l'aîné, Josef>h, se fit applaudir à Paris au Concert Spirituel^ et Cavazza, qui fut hautboïste-solo de la Chapelle Royale. Dans la même chapelle, un peu auparavant, s'exer-r cèrent les talents de Missôn, habile hautboïste et flûtiste, qui participa, non sans relief, comme compositeur^ à l'œuvre originale des tonadilUros.
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Dans ia fable intitulée la Grive ^d Tordo), Samaniego parle de Missôn, en vantant beaucoup sa capacité dé virtuose.
Nous retrouvons la guitare, avec André de Sotos et sa Métbode,comme avec les traités populaires de Ballesteros, Abreu, Ferandiere, Prieto, Avellana, et surtout les cahiers de Minguel Irol» lesquels sont consacrés non seulement à la guitare, mais aussi au violon, à la flûte et autres instruments.
La harpe, en Espagne, avait eu ses didacticiens : Lucas Ribayàz, auteur de Luz y Nortt musical (1677)1 et Diego Fernandez de Huete, auteur du Compcndio numeroso de zifras (tablatures) para harpa [1702).
En ce qui concerne le violon, nous avons, à signaler Almeyda, artiste de force estimable, qui a composé deux
quintettes pour instruments à cordes.
En général, les Espagnols s'essayèrent peu dans la composition de la musique de chambre. Il faut pourtant, à cet égard, citer Ordonez, qui fit des quatuors et s'attaqua aussi à la symphonie. Si la musique da camtra jeta de Tédat en Espagne, ce fut surtout par le fait d'étrangers, comme Paganelli, Vaccari, et particulièrement Boccherini.
Toutefois, un rôle important, à cet égard, fut joué par le violoniste Damaso Canada, auteur de plusieurs sonates, trios et quatuors publiés en 1793. En 1798, déjà violon de la Chapelle Royale, il fut nommé violon de bal du Prince des Asturies. Plus tard il devint directeur de la musique de chambre du roi. Issu d'une famille de musiciens, il avait une fille, Carmen; et une nièce, qui étaient des
cantatrices distinguées. Le petit or<* chestre que Canada forma pour jouer au Palais était composé du violoniste Andrès Rozquellas, dont le frère, François tenait le violoncelle, du fagottiste Fornells, du flûtiste Jardin, du corniste Sineo, etc. Les répétitions avaient lieu chez le comte de Clavijo.
De même qu'au Palais, il y avait des séances de musique dans la maison de divers grands seigneurs, chez le duc d'Osuna, la comtesse de Benavente. Citons aussi celles qui avaient lieu chez Sanchez Carnicero, biblio* thécaire du Palais.
Canada était un original. A la fin de sa vie , il devînt aveugle , par suite de son goût immodéré pour la pêche à fa ligne. Pour ne pas servir le roi Joseph Napoléon, il fuit de Madrid. On dit quelle 2 mai, s'astreignant au jeûne, il ne mangeait
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qu'une bouchée de pain, en commémoration des héros martyrs morts, ce jour-là, pour la patrie.
L'auteur du poème sur la musique, Yriarte, ami intime et élève, en musique, de Don Antonio Rodriguez de Hita, raconte dans une de ses poésies (vers 1 773) que chez lui on faisait de la musique de quatuor, et que lui-même composait des symphonies concertantes, bien accueillies par ses invités. Il en jouait la partie de violoncelle.
Des traités didactiques, relatifs au violon, furent, dans le cours du siècle, publiés par Ferandière, Vidal et Hernando.
Nous nous reprocherions d'omettre le nom d'une artiste distinguée et sympathique, Marianne Martinez qui, bien que née à Vienne, vers 1745, a droit, par l'origine espagnole de sa