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CHAPITRE II

LES XV* ET XVl" SIÈCLES.

C'esl dans I* première partie du XV* siècle que nous rencontions, ea Angleteire, l'importante figure musicale dont il a ilê sommairement question dans notre prérace : celle de Dunsiable. Il semble, nous l'avons dit, définitivement acc|uis que c'est bien à lui qu'il convient de faire Temonter la véritable polyphonie, régulière, ordonnée, d'apparence vraiment artistique. Le premier, sans doute, il sut donner de l'indépendance et de l'individualité à chaque pallie, faire un usage rationnel et

systématique de procédés par d'autres, l'imitation, la disposition ingénieuse de la phrase et de la période, etc., etc. Son ceuvre la plus caractéristique est peut>éire sa composition sur ces paroles : O rota Mla. Cest un chant d'amour, ft trois voix, où est habilement traitée une mélodie que, selon toute apparence, il avait trouvée tout existante, i l'étal de chant populaire. Cet ouvrage a été découvert à Rome, et ensuite, dans uneversion comportant quelques variantes, & Dijon. Ses oeuvres, et celles de sept autres auteurs anglais, furent, durant son existence, copiées dans un livre de Chœur pour l'usage de la cathédrale de Trente en Tyrol.

Ce manuscrit de Trente est actuellement à Vienne. D'autres manuscrits ont été trouvés à Bologne, à Plaisance, k Modène. Ce dernier est le

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plus important. Avec des œuvres flamandes, il comprend quaranlc-huit compositions dues i des Anglais; parmi elles figurent un Magnificat ei trente motets de Dunstable. Quatre de ces ouvrages sont écrits pourquatre voit, et tous les autres pour trois voix. M. Barclay, l'un des éminents conservateurs du British Muséum, venu à Modène en 1892, a exécuté une copie complète (maintenant au Briiish Museum)deces irente-et-une œuvres de Dunstable

L'on ne possède, biogiapliiqueroent, aucun document sur Dunstable, en dehors des deux épitaphes latines dont r«ne le qualifie de mathématicien et d'astronome. Un de ces textes nous dit de lui :

La renomméede DunsUble, parla suitf , lubil une éclipse, ï tel point qu'en Allemagne, il put être quelquefois, paratt-il, en vertu de la vague similitude des noms, confondu avec saint DuMian, tui-rnSme, d'ailleurs, un vrai maître en musique, dont il a été question dans notre chapitre précédent. Mail pour les contemporains, la réputalion de Dunslable fut considérable, et s'étendit ï toute l'Europe, — ainsi que celle de ce que l'on peut nommer son école. Hugo Riemann, en désignant Dunstable comme < le père du contrepoint proprement dit », en admettant comme plus que vraisemblable l'opinion que « le contrepoint sévère se serait développé en premier lieu en Angleterre p, ajoute avec raison que < les maîtres de ce pays semblent s'être répandus, vers 1400, dans le reste de

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l'Europe, comme le firent plus tard les Néerlandais ». Les Anglais avaient pour trait commun l'abandon des vieilles règles plus ou moins vaines des Boèee et autres théoriciens surannés, l'adoption d'un système mieux fondé sur la nature et les exigences de l'oreille, la proscription des antitonales quintes de suite, etc., en un mot, une conformité préparatoire aux principes sur lesquels s'est progressivement élevé l'édifice de la musique moderne. C'est bien li la « contenance anglaise i dont parle, vers 1437, le poème français de Martin le Franc, qui, nommant Dnnstable et les siens, ajoute qu'une

MtrvcillcuM plajuncs Reod ]«ar diint jojreui et subie.

D'autre part, Tinctor, dans le Protmium de son Proporlionate écrit :

3e KlïTOIIIE

Novx artis fom tl origo apudAngUcoi, quorum caput DunslapU txslitil, faiist ptrhibtlur. « Il exisi«,à la bibliothèque de S> Marc, à Venise, un traita du XV siècle : Dt prxctpUi atiit musiex et practice Comptndioiui Libellus.

L'auteur, GugUtlmui Monachuf, sans doale italien , mais probablement élève des Anglais, donne des chapitres intitulés : De modis AngUeoram et Régula contrapuitcti Anglicorum. Au > style anglais u appartenaient le Fa ur bourdon, à trois voix (ténor, contra -të.n or et soprano) et le Cymil (peut-être de Gemtllam, si l'on s'en rapporte au manuKrit d'Eton) Â deux voix (soprano et ténor}.

Le poème de John Alain fait allusion à plusieurs musiciens anglais.

DE LA MUSIQUE ANGLAISE il

inconnus ou peu connus., de ce lemps. Parmi les noms de composi-

tionner sont les suivants i L^oael Power, qui, ihéoriden comme Cutell et Chilston, édicia, dans un traité écrit en anglais, la défense expresse des suites d'unissons, de quintes et d'octaves; — John Benêt, Bedingham, Stanley, Stove, Richard Markham, Gcrvosi'ui dt Anglia, etc. (ces nomsappaiaissent dans les manuicrits de Modène, Trente, Bologne); — puis, surtout en ce qui concerne la seconde moitié du xV siècle, les.

auteurs principalement de compositions religieuses, et aussi de quelques pièces profanes i William Corbronde, John Tuder, Nesbet, Hawt, Fowler, Garnesey ; puis John Browne, Walier Lambe, Horwud, Wjrlkynson, Hugo Kell)li, Edmond Tuiges,

D.ç-,z,t.b,Goog[c

Fawkins, Bridgman, John Sutton, Hacom plaint, Nicholas Huchjns, Richard Hygoiii, John Hamploa, Holpgboume, Sygar, William Stcatford, Mjchelson, Baldwin. Citons encore Robert Wydow, poète autant que musicien, Robert MortoD, qui visita Cambrai en 1474; Henry Abyngdon, grand chanteur et orgaaUte.qui fit partie de laChapelle Royale ipartir de 146S. AlamÊmeChapelleRoyale, en qualité de maître des Enfants appartint Gilbert Banasiir, dont le principal ouvrage est un : O Maria et ElUabeih.

Ia plus connu peut-être des musiciens anglais de cette période est John Hothby [Otteby, Otlobi] qui, dans un de ses écrits, mentionne Okeghem, qui séjournai Florence, à Ferrare, et à Lucques (où ses services furent particulièrement appréciés} et

qui fut rappelé par Henri VU en Angleterre. Un manuscrit maintenant introuvable, et qui au xvi[i* siècle existait encore i Ferrare, renfermait plusieurs de ses compositions.

Aux débuts du xf« siècle se rappotteni les commencements delaChapelle Royale. Henri Vest peul-âlre le premier souverain qui ait formé un établissement musical régulier de ce genre. Un texte du temps parle avec admiration de cette pltna... canloribui ampla captila. Les noms de plusieurs de ces canlora nous sont connus. Il jreat d'abord huit enranls et vingtquatre clercs; plus tard ce dernier nombre fat porté à trente-deux. Signalons en passant la part faite & la musique, représentée sans doute par ce personnel, en toutou en partie, lors de l'entrée solennelle du roi à Rouen.

— C'est plus ou moins en imilation

de celle Chapelle de Henri V qu« l'on voit, vers les mémet dates, apparaître d'antres orgaaisations analoguet. Ce fui ainsi, notamment, que le service musical fut, à la cathédrale de Caniorbér;, institué et réglé par l'archevêque Chicbelejr.

Pour ce qui concerne le rigne d'Edouard IV, des détails intéressants, sur le foDctionnement de la Chapelle Royale, nous sont indirectement fournis par le Livrt noir, registre des comptes de la Maison Royale (Domus K.rgis}. Un témoignage étranger loue l'agréable musique que formait alors un choeur de soixante voix; te même document assure qu'il n'existait point de meilleurs chanteurs dans le monde. — Cest également au règne d'Edouard IV que se rapporte l'institution fixe et définitive de la corporation des Ménestrels.

Quelques détails doireni ici trouver leur place relativement à l'étal et aux progrit de la ibusique en Ecosse.

Oa a fait remarquer que la longue captivité de Jacques l**, roi de ce pays, en Angleterre, avait coïncidé avec l'époque où florissait Duostabte.

Quand le jeune roi, marié i une Anglaise, retourna dans son rojraame, il y introduisit la t nouvelle musique '.

Lui-même composa de la musique religieuse et les morceaux intitulés Canliltnx Scolicx. La renommée de «s pièces fut grande, et s'étendit jusqu'en Italie. Tout cela a par maiheur complètement disparu. Dans la seconde moitié du siècle se rencontre, en Ecosse, le règne de Jacques III, prince artiste qui avait plus de goât pour la musique et pour l'architecture que pour la politique. Comme les monarques anglais, il se créa une

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Chapelle. Un antre indice de culture musicale écossaise est la présence, dans Petrucci, d'un compositeur appelé Paului Scotui.

En somme, le xv* siècle, dans les îles britanniques, commence, au point de Tue musical, d'une façon très brillante. A cette période féconde succèdent des années moins richesen résultats. Mais, avec les dernières années du siècle, les beaux temps recommencent. Une ère nouvelle se manifeste dans la musique religieuse.

Bientôt va se développer la musique instrumentale, particulièrement avec les instruments à clavier. Ainsi se prépare le xvi< siècle, belle époque pour la musique anglaise.

Le xvi* siècle vit s'accomplir en

DE LA MUSJClpE ANGLAISE ij

Angleterre unévénement d'uae portée immense, et qui, de fafon directe ou indirecte, exerça une influence considérable sur le développemenl de la musique : nous voulons parler de la Réforme. Nous n'entrerons du reste pas dans le détail de cette histoire, forcément assez complexe, et même embrouillée. Selon les temps, par exemple, l'orgue fut proscrit ou remis en honneur. Après avoir dû se taire, les orgues de S' Paul, lors du Te Dtum chanté à l'entrée triomphale de la reine Marie dans sa capitale, firent de nouveau entendre leur voix puissanté. Le chant religieux anglais qu'Erasme signalait comme s'étant trop complu au genre fleuri et orné subit par moments une simplification, surtout en vue de permettre une plus complète et plus précise intelligence des paroles. Sous l'empire des idées nou-

velles, le chant des Psaumes constitua une espicedenouveauie.il faut encore signaler, comme un contre-coup de la Réforme, le fait <)ue des copies précieuses de centaines, nous dit-on, de messes, de Magnificai, de motets, furent, dans certaines circonstances, dispersées comme papiers de rebut.

Dans ce xv[> siècle que devaient signaler tant de particularités intéressantes, ei, entre autres, par suite de la centralisation croissante, la concentration de tous les talents à Londres, l'introducteur de la Réforme fut précisément un roi musicien, Henri VIII, Il avait fait des études techniques assez approfondies. Les ambassadeurs vénitiens, venus en iSi5, ont rapporté qu'il savait jouer de presqtie tous les instruments.

D'après Pasqualîgo, il avait un réel Ulenl sur le luth et la virginale, chan-

DE LA HUSJQUE ANGIAISE i^

tait bien, et était un excelleot lecteur i première vue. Il t composé, pour la Chapelle Royale, deux offices complets. Le motet imprimé par HawkÎDs est bien connu. Quant h l'antienne : O Lord. Iht Maktr of atl ikingsl c'est par une fausse ai tri bution qu'on lui en a accordé la paternité. Sous Henri VIII, ta Chapelle Royale atteignit par set soins un degré supérieur de perreclion et d'importance; presque tous les musiciens remarquables de l'époque en firent tour à tour partie. Sagudino rend témoignage à la valeur des exécutions de celte chapelle, où l'on entendait dans une sorte de céleste d jubilation • des voix plutôt divines qu'humaines. Des basses profondes, notamment, on disait qu'elles étaient sans égales au monde. — Des grands seigneurs avaient maintenant d'autres

• chapelles ». Oa cite celles du Duc de Buckingham et du Cardinal Wolsey.

En ce qui regarde l'art de la composition, en Angleterre, au xvi" siècle, nous mettrons premièrement en relief les artistes que l'on peut considérer comme les plus grands parmi ceux qui s'y sont adonnés. Nous trouvons tout d'abord Fayrfax, qui pouvait avoir une trentaine d'années en i5oo, et à qui l'on peut attribuer la plus large part dans les progrès assez grands réalisés pendant le premier tiers du siècle. Nous passons ensuite à Tye, auteur de belle musique vocale, principalement religieuse (désignons comme véritablement magistrale son antienne : I will txalt Thre). Il subsiste de lui beaucoup d' œuvres. Un peu plus jeune queTjre, Tallis, comme lui organiste, Tut re-

DE LA MDMQÇIE ANGLAISE f(.

gardé par ses con tempo rai os comme ayant atteint au « sublime ■. Cilooa ses Canthnes sacrx, et son beau motet à 40 voix : In sptm aliam non babui. Il est à noter que, dans le service anglican, l'on exécute journellement encore de sa musique. Son Hjmnt du loir est cher, a dit un écrivain britannique, à « toute la race qui parle anglais >. Il était d'une habileté consommée dans tous les artifices les plus difficiles du contrepoint. Ce n'était là pour lui, a-t-on dit, qu'un « jeu d'enfant *. Selon la piquante expression d'un critique desa nation, H était moins chez lui, I«s al homt, dans le style instrumental, mais on peut signaler comme le chef-d'œuvre peut-^tre de la musique religieuse vocale de l'Angleterre son motet très développé, remarquable par les dessins, les entrées, la perfection de

l'ëcriture, pour hait chœurs à cinq Toix. Celte œuvre compte entre le»

spécimens les plus c a ractém tiques d« h poljrphonie. — AprÈs lui, une haute figure, pour la fin du siècle, vert le temps du règne d'Elisabeth, est celle de son élèveWilliamByrd, qui, selon un texte latin contemporain, était ...tanlum notai étcorare magaU-um, D'autres témoignages le présentent comme * le plus célèbre musicien et organiste de la nation anglaise >, comme un Phénix que nul ne peut égaler, comme un homme vénéré de tous les musiciens, comme un artiste surpassant tous ceux d'Angleterre et de l'étranger, comme un a Père de la Musique ». Faisons observer qu'il appartient au xvii* siècle aussi bien qu'an svi', puisqu'il mourut, dans un grand Age, en i6i3. Citons sa musique sacrée, son chant à trois voix

Dl LA MUSIQUE ANGLAESl 4}

pour 11 tragédie latine de Legge, Rjthardui III ; ses madrigaux, dont rtue)(|nes-un$, par exemple la Vtr^intUa, tout d'une remarquable pnial^ d'écriture ; le canon, aujourd'hui encore tris connu. Non nobis. Domine, que la tradition lui attribue; le Ne irascarii. Domine, qui fait partie des Cantionei, etc. Notons des particularités harmoniques curieuses, l'emploi, dès i S89, d'une septième de dominante non préparée, l'usage de l'accord de quarte et sixte, etc.

Son Diliges Dominum est un bon modèle de canon r«cfe ei rtlro pour huit Toix. Mais ce qui est te plus important, c'est sa musique pour virginale, oii, sans négliger le contre* point, il traite des airs populaires, snr lesquels il construit d'ingénieuses et brillantes variations. Ambros a beaucoup loué ces compositioiu,

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qu'il trouve pit» ÎDiëressaDtès que lu pièces tnstrumeniales JtaiteDneï de la même époque. Ru binstein également s'est occupé de lui, et exécutait de ses pièces comme spécimens pri-> mitifs d'une musique instrumentale vraiment artistique, à ses séances historiques consacrées k l'évolution de la composition pour clavier. On a pu considérer B;rd comme l'inventeur de la variation et peut-être aussi de la pièce instrumentale à pro-> gramme.

Nous avons ioteotioDoetlement laissé jusqu'ici de c6té, à cause des incertitudes qui s'attachent à sa personnalité et à sa biographie, le compositeur de valeur que l'on peui^ dans l'ordie de la musique iustru*

mentale, considérer comme le 'Véritable prédécesseur de Byrd, Hugh Aston. Il appartient au coœmencement du siècle. Bien <fu'il ait fait aussi de la musique vocalç, c'est, en somme, sur le terrain de la musique pour virginale qu'il a moniié de l'originalité et peut-être du génie. Il comprit la différence essentielle des deuxstyles, pour voix ou pour instruments. Il est remarquable pour le don des rythmes et l'entente de leur combinaison, pour l'intérêt donné à la partie de chacune des deux mains, pour le soin et l'usage des contrastes résultant de l'emploi des divers registres du clavier. Ajoutons qu'il se sert d'une portée de sept lignes, et que le clavier pour lequel il écrit est d'une étendue de trois octaves et une tierce.

. Nous passerons maintenant brièv <-

ment «n revue les compositeurs, At moindre imporuoce, que l'on rencoDtre en Angleterre au xvi' siècle. Nous mentionnerons : Pascbe ; Richard Sampson, auteur de motets, et, en particulier, d'un PtaUite ftliea écrit en l'honneur d'Henry VIII; Richard Daiy, auquel on attribue l'honneur d'avoir composé la plus ancienne ' Paillon connue; William Newark; Orwell ; Wilkînson ; John Gwynneth; Robert Davis, qu'il conviendrait peut-être d'identifier avec le Richard Davy dont il vient d'être question; Risby ; Thomas Lovell ; Hen^ Petre ; Richard Parker ; John Gilbert ; Robert Cooper ; Sturion ; Thomas Ashwel! ; Jacket;Te5twood ; Bramston; John Mason. La plupart de ces noms semblent se rapporter k l'époque du règne de Henri VIII.

D'autres noms peut-être plus consi-

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dérable$ seraient ceux de Nicolas Ludford, dont les œuvres révèlent des Tacultês puissantes; de Fording; de Richard Vygou ; de William Cornjisshe, artiste d'un mérite supérieur, et dont le fils parait avoir été aussi un musicien de valeur. John Taverner a droit à une place un peu i part ; il a, dans son style, plus d'affi' nilé avec ses devanciers <iu'avec ses successeurs. Nommons encore John Hampton, John Dygon, James Northbroke, Walter Erell. On doit, pour un Filix namqut, à quatre parties réelles, développé et étudié, mentionner Selby, identique peut-être à celui dont le nom est ainsi transcrit : William Shelbye. Nous trouvons ensuite John Thorne, poèie et logicien, en même -temps qu'adonné à la musique, et dont un bon motet a été imprimé par Hawkins. Citons

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aussi Oclande (Okeland, Oakland]' et Avery Burton,

John fiedford, maître des Earants de la catliédrale de Sl-PauI, et' peut-être organiste, qualifié d'incomparable par un poème de l'époque, lui-même poète, passe pour un desmeilleurs compositeurs insirumen-' taux de son temps. C'est ici le lieu de rappeler le souvenir de John Hejwood, joueur de virginale, compositeur renommé d' i interludes »

et dont la seule composition connue est un chaut avec accompagnement de luth.

On attribue des pièces d'orgue et des antiennes à Richard Farrant, mais comme il y eut plusieurs artistes de ce nom, cette attribution d'oeuvres d'ailleurs remarquables demeure assez douteuse. John Shepherd écrivit une messe sur un chant populaire déjk

Utilisé par d'autres niusideDt. Il eu peut-être le véritable auteur de la belle antienne : Lord, iht Maker of ail things, inexattement attribuée, comme nous l'avons dit plus haut, à Henry VIII, Des doutes s'élèvent relativement à Robert Johnson, chapelain d'Anne de Boleyn, et peutêtre confondu avec des homonymes.

De Richard Edwards, de John Merbecke il subsiste peu d'œuvres, ainsi que de Georges Etheridge, médecin d'Oxford, qui eut la réputation d'un grand musicien. Nous iodiqueions encore : Robert Stone, Thomas CauslOD, dont le contre-point est pur et musical, Edward Halte, l'organiste Thomas Appleby, Wright, William Mundy',des œuvres de lui sont encore exécutées dans les églises), William More, dont nous désignerons spécialement le motet Levavi oculos,

William Biithman , organiste , qui eut l'honneur d'être le maître du grand musicien John Bull, dont il sera question ci-après ; William HuDDÎs, peut être plus distingué comme poète que comme compositeur, William Damon, auteur de

Nous ne voulons p Osbeft Parsiey, Henry Stonings, Richard Allwood, auteur de musique vocale et aussi de pièces instrumentales, et dont Hawkins a publié une improvisation compliquée en mode mixotydien; l'organiste William Fox; George Barcroft; Nathaniel Patrick, dont un certain nombre de pièces sacrées ei proFanes sont demeurées manuscrites, et que l'on a parfois comparé à Tallis; Robert Whjte, pourvu de qualités rares, qui jouit, en son temps,d'une haute renommée.

DE LA MUSIQUE ANGLAISE Si

mais qui, depuis, a été oublié, ou conrondu avec des corapositeun plus réceuis portant le aoro de Wbile ; Roben Persons ou Parsons, également confondu avec des homonymes ultérieurs. Il convient enfin de se souTenif de deui compositeurs italiens établis en Angleterre, et sur l'un desquels nous aurons sans doute occasion de revenir : Lupus Italus et Ferrabosco.

Nous dirons par la suite quels furent les progrès de ['édition et de l'impression musicales en Angleterre.

[| est k remarquer qu'à cet égard, le développement, dans ce pays, a été plutôt tardif, et que l'on y fut lent à suivre les exemples, souvent brillants, donnés sur le coniineni, par exemple par Peiruccià Venise, etc., etc.

Le règne et l'influence d'Elisabeth empiètent sur le siècle suivant. Mais

dès à présent nous pouvons appeler l'atteDlioQ sur la rare habileté avec laquelle cette souveraine jouait de la virginale; on a été jusqu'à prétendre quïcefutensoahoaneurqueceDom avait été donné à l'instrument. Elle jouait aussi du poliphani, instrameut dont les cordes étaient formées de fils de cuivre. 11 est possible qu'elle ait etle-mëme composé, mats on manque âcet égard d'une certitude positive.

On sait moins en général que sa sœur Marie, i qui elle succéda sur le trAne, avait également de grandes aptitudes musicales, aptitudes qui, dit-on, s'étaient révélées dès sa plus tendre enfance. On a gardé le souvenir d'une circonstance où, alors qu'elle avait onze ans, on i'enlendit jouer avec talent de l'épinette. Dés le commencement du xvi* siècle, d'aillenrs, le goût et l'usage des

ÏDStruments ï clavier s'étaient gittéislisés, et la culture de ce genre de musique faisait très habituelle ment partie de l'éducation féminine. Cest du reste au début du siècle que se rapportent trois pièces, sur lesquelles bien des mains de jeunes filles ont dû à cette époque s'exercer, et dont la plus longue et la plus difficile est une sorte de « Musette »

attribuée i cet Hugh Aston dont nous avons parlé un peu plus haut.

Il convient de réserver pour le chapitre suivant ce qui a trait au théâtre. Signalons du moins, sous Henry VIII, un grand partant (spectacle, — Taine, dans son HUtoirt de la Lilléralurt anglaise, a traité de ce genre d'ouvrages en même temps que des Masqats) , que rehaussait fexécutJon de chants inierprélés par des artistes de la Chapelle Royale.

En terminant ce chapitre, nous relèverons, comme nous l'avoa) fait précédemment, quelques particularités se référant à la musique en Ecosse. Elle y fut, en ce temps, cultivée avec beaucoup de faveur.

Les Écossais se distinguèrent dans l'barraonie diatonique. Pour ce qui regarde la composition, citons les DOras d'Andro Kemp, et ceux de divers auteurs de motets latins: Angus, David Peebles, Blackhall, chanoine d'Hoiyrood, puis minisire, Sir John Futhj, qui passa pour le plus habile organiste de son pa/s, et qui était fort au courant des progrès de son art. Il importe de mentionner un traité de ce temps, écrit en dialecte écossais, fort étudié et d'une réelle valeur, fondé principalement sur les idées d'Ornithoparcus, et dans lequel Josquin est cité, — On peut

noter que la musique écossaise eut, par contre-coup, fort à souffrir de l'eSet, rapide et puissant, des prédications de Kaox. Mais il est à croire que celte influence destructrice ne s'étendit pas aux airs populaires, nombreux et caractéristiques [et en partie d'ori^ae anglaise), aux ballades que ctiantftiem les bergers, etc.

A l'histoire de l'Ecosse se rapporte, pour cette époque, le nom d'un étranger, fameux par ses aventures et ses malheurs, Rizzio. Il paraît certain qu'il ne fut qu'exécutant (sur leluth), et qu'il ne composa pas. Il faut donc considérer comme erronée l'opinion, propagée au xvtii* siècle, de sa prétendue influence sur la musique écossaise.

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