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Dans le récit noté du fabliau d'Aucassin et Nicolette, dont j'ai parlé plus haut et qui est du treizième siècle, on trouve la tonalité majeure et la phrase carrée à laquelle se prête d'ailleurs le vers de sept syllabes :
Qui vauroit bons vers oïr Del déport du vicl caitif De, deux biax enfans petis Nicholette et Àucassis.
L'air le plus populaire a été celui de l'Homme armé; c'était une chanson de soldat assez grivoise. Selon un usage singulier, les contrapontistes des quatorzième, quinzième et seizième siècles composaient des motets et des messes en prenant pour motif un air connu, sur lequel ils faisaient passer des combinaisons de sons telles que l'état de la science harmonique le leur permettait alors. Le thème prenait le nom de teneure, parce que c'était la partie suivie, tenue, autour de laquelle se déroulait le travail harmonique. De ce mot teneure on a formé celui de ténor. Mais les musiciens ont souvent modifié ce chant principal pour y adapter leur contrepoint, soit en en répétant les fragments, soit en altérant la valeur des notes, de sorte qu'on ne peut se fier à la notation trop arbitraire de ces chants populaires. C'est en comparant les différentes versions que je suis parvenu à retrouver, je crois, le rythme de la célèbre chanson de l'Homme armé que Palestrina a encore traité dans ses messes avant que son génie le portât à s'affranchir de celte coutume aussi bizarre que peu convenable, et à écrire des œuvres absolument originales.
CHANSONS OU XIlIc SIECLE.
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