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MÉNESTRELS, TROUBADOURS, ETC

Hugues d'Athies, pannetier sous Philippe-Auguste et Louis Vlll ; onze chansons.

Gillebert de Berneville, attaché à Henri 111, duc de Brabant; trente et une «chansons.

Jean Bodel d'Arras ; cinq chansons.

Richard de Four-nival ; vingt chansons.

Mathieu, vidame de Chartres; neuf chansons.

Eustache le Peintre ; sept chansons.

Gaces Brûlés, ami de Thibaut IV de Champagne ; soixante-dix-neuf chansons.

Gautier d'Argies (messire) ; vingt-sept chansons.

Guillaume, Gille et Jacques le Yiniers.

Hélinand de Beauvais, trouvère de Philippe-Auguste, renommé particulièrement pour « chanter quelque belle chanson devant le roi ». Le poète Alexandre (le Paris en parle ainsi dans son roman :

Quant le Roy ot mangé, s'appella Hélinand, Pour l'y esbanoyer commanda que il chant.

Jean l'Orgueneur; deux chansons.

Pierre le Borgne, dit le Trésorier de Lille ; trois chansons.

Jean Moniot d'Arras ; seize chansons.

Colin Mu set, ménestrel protégé par le roi de Navarre, paraît avoir joui d'une certaine renommée. Dans une de ses chansons, il dit qu'il jouait de la vièle avec l'archet. 11 contribua de ses deniers à la construction du portail de Saint-Julien des Ménestriers, rue Saint-Martin, et il y était représenté jouant de son instrument.

Jean de Neuville; dix-neuf chansons.

Roger de Cambrai ; viéieur.

Richard de Semilli ; quinze chansons.

Adenez (le Roy), ménestrel du duc Henri de Brabant, auteur des romans de Cléomadh et de Berlin, a écrit beaucoup de chansons et était habile sur plusieurs instruments.

Simon d'Antie, Jean de Renti, Jean le Cuvelier, Vilains, tous quatre d'Arras, étaient trouvères.

Je citerai encore, au quatorzième siècle :

Errars Jean, chambrier de Philippe le Hardi; trente chansons et pastourelles.

Gautier d'Espinois, officiai de Binche; neuf chansons.

Guiot de Dijon, chantre de la chapelle des ducs de Bourgogne ; seize chansons.

Vieuxmaisons (mcssire Pierre-Gilles de), trouvère de Picardie ; douze chansons.

On voit quelle place occupait la poésie et le chant dans les esprits et dans les réunions mondaines à cette époque extraordinaire des douzième el treizième siècles, si féconde en événements glorieux, en travaux intellectuels et en ouvrages d'art; siècles où ont eu lieu ces expéditions d'outremer si hardies, si héroïques, où se sont élevées nos magnifiques cathédrales, où ont été élaborées les Institutions de saint Louis et la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, siècles précurseurs de l'art dantesque et de l'art préraphaélique. Ce temps offre encore dans ses plaisirs profanes des marques de sensibilité, de passion chevaleresque, de tendres sentiments, comme aussi de gaieté et d'enjouement.

L'intelligence des beautés de la nature est loin d'être absente. 11 y aurait même sous ce rapport plutôt un abus à signaler. La peinture des champs, des bois, du ramage des oiseaux, du printemps, de la verdure, des fleurs et des bosquets faisait dire à Thibaut de Champagne que ces descriptions ne servaient qu'aux rimeurs impuissants à trouver d'autres sujets :

Fouille ne Hors ne vaut rien en chantant Fors ke por défaute sans plus de rimoier.

Cette critique de l'abus de la poésie descriptive serait encore motivée an dix-neuvième siècle.

En relisant les chansons du jeune châtelain de Coucy, si malheureusement et sincèrement épris, je n'ai pu me défendre de comparer ces poèmes, car ces chansons sont de petits poèmes, aux sonnets de Pétrarque. Si, au lieu d'avoir été composés dans une langue en formation, ils l'eussent été dans une langue faite et parfaite, ils auraient une valeur littéraire considérable. Quant à la mélodie, elle est expressive et intéressante dans sa simplicité.

La tonalité dite moderne règne déjà exclusivement dans les chants composés au treizième siècle. Lorsque, dès l'année 1847, j'ai constaté ce fait dans les Annales archéologiques de Didron, à propos des séquences dont j'ai donné, deux ans plus tard, des auditions solennelles dans la Sainte- Chapelle et depuis à Saint-Eustache et dans des cathédrales en province, il y eut, de la part de quelques musiciens, des protestations qui prirent le caractère d'une polémique violente. J'étais fort jeune alors, mais je vivais

CHANSONS DU XIIIe SIECLE.

dans les manuscrits et j'étais sûr de ce que j'avançais. Je me défendis en publiant des fac-similés de séquences du treizième siècle; mais il y avait à cette époque trop peu de personnes s'occupant de ces études, et mon isolement me fut funeste sous bien des rapports. Le fait de l'existence de notre tonalité comme partie intégrante des modes antiques et du chant dit grégorien est maintenant admis.

Le treizième mode, supprimé dans la théorie du chant ecclésiastique, a reparu dans les séquences et dans les chants mondains. Cela est de toute évidence; néanmoins j'en mets ici la preuve sous les yeux du lecteur en donnant la transcription en notation usuelle de quatre chansons du treizième siècle. Les traductions qu'on en a faites ailleurs, entre autres celles qu'en a données Fétis, ne sont pas toutes exactes sous le rapport du rythme, parce qu'on a négligé de tenir compte de la coupe des vers et du sens mélodique qu'elle leur donne. Quant aux intonations, je n'ai eu à leur faire subir aucune modification, parce que les manuscrits sont d'une clarté parfaite sur ce point.

CHANSON (XIIP siècle).

M mj-iJ- I JpiJ- r i r r

JE

Pav le tons bel d'un maynou - vel l'au-trc jor clie-vau- choi - c,

UUlJL

P m J- p i rE

joste un bos - quel truis pas-to - rel soz un ar-bre s'om-broi - c. Moult

ÊË=É

de-me-noit grant joie

bien fait sein - blant à son re - vel poinz

soit d'une a-mou-ret - te, car a-vec sa mu- set - te à sa voix no -tait

per cop -aux

ei va la la du - riaus, du- riaus, ci va la la du- ret - te.

CHANSON (XIIIe siècle] O

P M J'r i i1 P J r r pu. Fpp

Au mon-de n'est plus grand sou - laz que de fai - re joi - ou - se

ir-J'ilipJ-lp^P

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