‹ Histoire de la musiqueChapitre 13 sur 222 · Méthode de chant, p. 1. Didot, 2e édition · texte numérisé non relu

Méthode de chant, p. 1. Didot, 2e édition

Or, chez les anciens, ce langage a été restreint, parce que les législateurs ont associé trop étroitement le système musical aux mœurs nationales et à un idéal politique.

En Orient, ce langage a été altéré et corrompu par la prédominance de la sensation voluptueuse sur la satisfaction de l'esprit et de l'oreille.

Il a été renfermé dans des limites trop étroites pendant le haut moyen âge, jusqu'au treizième siècle, en conséquence de l'exagération des formes hiératiques. Cet inconvénient a été racheté d'ailleurs par la production d'œuvres d'une beauté supérieure et par de grands bienfaits sociaux.

Cette propriété de langage a été asservie trop exclusivement, pendant les quinzième et seizième siècles, aux combinaisons du contrepoint, pour lesquelles on professait alors un culte idolàtrique.

Enfin, le langage musical, avec sa syntaxe, sa méthode, ses résonances virtuelles et logiques, avec la corrélation naturelle de ses éléments, s'altère sensiblement dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, sous l'influence des théories dites wagnériennes. Mais ce sont là des nuages qui n'assombriront l'horizon que pendant quelques années encore, jusqu'au moment où, d'un coup d'aile, un génie nouveau dissipera ces ténèbres, nous rendra la lumière, et avec elle le sentiment de la beauté.

La musique, comme la poésie, n'existe qu'à la condition d'associer l'idée à une forme rythmique. Si l'on réfléchit à la manière dont les actes de la vie commune s'accomplissent, on remarquera que le rythme, la mesure, le nombre y participent plus ou moins. 11 y a une métrique dans les battements du cœur et dans les pulsations de nos veines, dans les mouvements du corps, depuis la marche et la danse jusqu'aux gestes de l'orateur, et même dans l'action machinale ou instinctive de nos muscles.

Le point de départ du rythme est un accent dont la durée est déterminée, et chaque rythme se distingue par un assemblage défini d'accents plus ou moins forts, plus ou moins faibles. Ces accents ont formé ce qu'on appelle en musique des temps. Le retour périodique des temps forts et faibles, sous quelque aspect qu'ils se présentent, donne à une suite de sons un sens correspondant à une idée, à une impression conçue par le musicien, transmise à l'aide des instruments et des voix, et fixée au moyen de l'écriture musicale. Le mot vers, versus, indique cette loi de retour périodique dans la poésie lyrique.

L'harmonie des proportions, qui est une des règles du beau dans l'architecture, résulte de la notion du rythme appliquée à cet art.

Si nous empruntons à la langue prosodique des définitions analogiques, nous comparerons le temps fort à la thésis et le temps faible à Varsis.

Page 1