OPÉRETTES
Les opérettes qui depuis trente ans inondent de leurs flots fangeux le terrain musical, appartiennent à un genre sans précédent dans l'histoire de Fart; car les pièces des théâtres de la foire, tout en étant souvent grivoises, n'avaient pas leur caractère de grossièreté. Et cependant Grétry les avait condamnées. « J'ai tâché, dit-il au sujet du Tableau parlant, à relever la parade; je n'aime pas à traiter le bas comique; les situations les plus triviales doivent toujours être ennoblies. »
Les opérettes d'Offenbach, d'Hervé, de Lecocq et de leurs émules n'usurperont donc pas dans cette histoire une place dont elles ne sont pas dignes : les dessins grotesques des caricaturistes ne figurent pas dans les galeries du Louvre. Depuis trente ans que ces bouffonneries déshonorent l'art musical en en faisant le complice d'une industrie lubrique, aucun fragment des mille opérettes représentées sur les théâtres dits de genre n'a été admis à figurer sur les programmes des innombrables concerts donnés à Paris dans les salles Erard, Pleyel, Herz. On ne peut que plaindre les interprètes de ce répertoire tellement spécial qu'on n'en peut rien extraire pour être chanté dans une réunion d'honnêtes gens.